Allocution prononée par : Jim McArdle
Premier vice-président, Services juridiques, et secrétaire
À l’attention de : Déjeuner de la Chambre de Commerce Canada-Pérou
Toronto - 7 mars 2011
LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI
Vos Excellences, monsieur le ministre Sanchez, monsieur l’ambassadeur Jose Antonio Bellina, monsieur l’ambassadeur Richard Lecoq, l’honorable Luis Carranza, distingués invités. Bienvenue. Bienvenidos y gracias a todos por asistir.
Merci également à la Chambre de Commerce Canada-Pérou d’avoir organisé ce déjeuner. Mes collègues à EDC parlent encore du déjeuner de l’an dernier et de l’inoubliable cuisine péruvienne!
Stephen Poloz avait beaucoup aimé l’expérience et il était très déçu de ne pouvoir se joindre à nous aujourd’hui à titre de nouveau président et chef de la direction d’EDC. Il m’a demandé de vous saluer en son nom.
Merci au ministre Sanchez pour ses vues sur le Pérou.
Je suis particulièrement heureux d’être ici aujourd’hui parce que ça me rappelle qu’à peu près à la même période l’an dernier, j’étais justement au Pérou. J’avais participé à une série de rencontres avec des représentants du gouvernement – dont le ministre Sanchez –, des chefs d’entreprise et des organisations de la société civile parfaitement au courant des perspectives du marché et des questions de responsabilité sociale des entreprises.
Je suis reparti avec le sentiment profond que le Pérou offrait d’extraordinaires possibilités.
La responsabilité sociale des entreprises, ou RSE, est l’un de mes secteurs de responsabilité et j’ai joué un rôle dans tous les accords importants qu’EDC a conclus au Pérou. Vous comprendrez donc mon intérêt pour la question. Je reviendrai sur mon expérience un peu plus tard pour démontrer que de bonnes pratiques de RSE sont, en fait, de bonnes pratiques pour les affaires.
Avant d’aborder le thème d’aujourd’hui – l’expertise du Canada au service des infrastructures du Pérou – j’aimerais vous présenter brièvement les récentes Perspectives économiques mondiales d’EDC et faire le lien avec le Canada et le Pérou. Il sera ensuite plus facile de comprendre pourquoi les entreprises canadiennes constituent une bonne solution pour le développement des infrastructures péruviennes.
Je parlerai également des formes d’association qu’EDC peut créer avec les diverses organisations publiques et privées ici présentes, associations qui profiteraient aux deux pays.
Perspectives économiques mondiales
Comme nous le savons tous, les cinq dernières années ont été de véritables montagnes russes pour l’économie mondiale.
Celle-ci a d’abord atteint des sommets, puis a piqué du nez comme elle ne l’avait pas fait depuis longtemps. Et l’an dernier, elle a pris un brusque virage ascendant pour ensuite freiner vers le milieu de l’année, à notre plus grand désarroi.
Tous les pays ont été touchés, certains plus durement que d’autres, et qu’on le veuille ou non, nous en tenons tous compte lorsque vient le temps de décider avec qui nous ferons affaire et de quelle manière. La question maintenant est de savoir ce que ces montagnes russes économiques nous réservent pour la suite.
Les marchés partout dans le monde ont encore du chemin à faire avant de remonter au niveau d’activité d’avant la crise, mais il y a des exceptions. Le Pérou en est une. Fort d’un taux de croissance de près de 9 pour cent en 2010 – l’un des plus élevés au monde –, le Pérou est une étoile montante. Mais pour cette année, tant le Pérou que le Canada devraient voir leur PIB diminuer, comme la plupart des pays d’ailleurs.
Plusieurs raisons expliquent cette constante volatilité des marchés. En voici quelques-unes :
Le protectionnisme : De nombreux pays, dont les États-Unis, sont accusés de manipuler leurs devises à leur avantage. En règle générale, le protectionnisme demeure une menace jusqu’à ce que la croissance reprenne ses droits à l’échelle de la planète.
Les restrictions budgétaires : Une interruption soudaine des dépenses des gouvernements occidentaux et une suspension des investissements des entreprises privées pourraient miner l’économie mondiale, et il n’y a pas vraiment de plans politiques auxquels les gouvernements occidentaux peuvent recourir s’ils ont besoin d’agir.
Déséquilibre : Les abus qui persistent dans le marché de l'habitation américain, la précarité des finances publiques dans certaines régions d’Europe, et l’émergence possible de bulles d’actifs figurent au nombre des autres préoccupations.
Les bonnes nouvelles
Mouvement positif : Les commandes de biens provenant des États-Unis sont en hausse constante et les principaux marchés émergents stratégiques ajoutent à l’impulsion.
Accroissement des stimulants : Les exportations américaines progressent et d’autres stimulants alimentent présentement l’économie.
Demande refoulée : La diminution de la production permet de se défaire des surplus emmagasinés. Le rééquilibrage de l’offre et de la demande annonce une croissance forte et généralisée, qu’on devrait observer plus tard au cours de l’année.
Ces nouveaux éléments ont un effet positif sur les perspectives mondiales, abstraction faite des effets encore imprévisibles de l’instabilité politique qui sévit actuellement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Le Canada sera l’un des grands bénéficiaires de la reprise économique américaine, tout comme le Pérou, qui compte les États-Unis parmi ses plus importants partenaires commerciaux.
Pour cette année, la croissance globale du Canada devrait être légèrement supérieure aux prévisions et s’approcher du niveau de 2010, qui était de 3 pour cent. Cette croissance sera principalement attribuable à un meilleur rendement commercial. Quant au Pérou, on s’attend à ce que sa croissance atteigne 7 pour cent, un pourcentage supérieur au taux moyen de 4 ou 5 pour cent prévu pour l’ensemble de l’Amérique latine.
Par contre, les pays de l’Amérique latine doivent maintenant faire face à des pressions inflationnistes, conséquences d’une croissance plus forte que prévu l’an dernier. Encore là, le Pérou ne fait pas exception.
Comme pour le Canada, il serait avantageux pour le Pérou de diversifier ses exportations, ses importations et ses investissements directs, tant entrants que sortants. Une trop forte dépendance aux États-Unis, même si le pays reprend du poil de la bête, n’est pas saine à long terme, comme nous l’avons tous appris à la dure.
Compatibilité Canada-Pérou
Encore relativement modeste, le commerce bilatéral entre le Canada et le Pérou est cependant en plein essor. De 2006 à 2010, les échanges commerciaux entre les deux pays ont doublé pour atteindre une valeur de plus de 4 milliards de dollars; ce sont les importations du Pérou qui ont représenté la plus grosse part. Nous ne savons pas exactement combien d’entreprises canadiennes font des affaires au Pérou, mais si l’on en juge par notre expérience, ce nombre est en hausse. Le nombre de nos clients qui exportent vers le Pérou ou qui y investissent a presque doublé au cours des cinq dernières années. L’an dernier, leur nombre s’élevait à 170.
Autre indicateur encore plus révélateur de la forte affinité entre nos deux pays : l’investissement direct étranger. Le Canada est en effet l’un des pays qui investissent le plus au Pérou; en 2008, juste avant que la récession frappe la planète, nos investissements ont atteint le montant record de 3,6 milliards de dollars. Nous sommes l’un des principaux investisseurs des secteurs miniers et financiers péruviens. Pour le Pérou, le Canada est aujourd’hui le troisième marché d’exportation, après les États-Unis et la Chine.
Au classement de la Banque mondiale, le Pérou arrive au premier rang des pays d’Amérique du Sud en ce qui concerne la facilité de faire des affaires, et est devancé uniquement par le Mexique au classement général de l’Amérique latine. De plus, selon le Forum économique mondial, le Pérou fait partie des 20 pays où l’on retrouve la plus grande stabilité financière. Le Pérou dispose de plus de liquidités – publics et privés – que la plupart des marchés émergents pour entreprendre des projets d’envergure.
Bien sûr, tout n’est pas rose. L’inflation, dont j’ai parlé plus tôt, représente un risque au Pérou vu l’augmentation du prix des denrées alimentaires partout dans le monde. De plus, il suffit parfois de l’opposition de la population à un ou deux grands projets, comme nous l’avons déjà vu au Pérou, pour refroidir les investisseurs. Par ailleurs, les infrastructures du Pérou, dans leur état actuel, constituent une entrave à la croissance rapide du pays et à sa compétitivité sur la scène internationale. De toute évidence, le Pérou en est conscient puisque le gouvernement a prévu d’injecter, dans les 5 années à venir, plus de 40 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure, dont certains sont déjà amorcés.
Possibilités dans le secteur des infrastructures
Cela m’amène au cœur de notre thème d’aujourd’hui et des trois grandes raisons qui me portent à croire que le Canada et le Pérou sont, à bien des égards, des partenaires tout désignés pour le développement d’infrastructures.
Premièrement, on ne se cachera pas que n’importe qui peut construire des infrastructures dans de bonnes conditions. Le Canada, lui, peut en construire dans les conditions les plus difficiles. Nous avons un éventail complet de compagnies qui offrent de l’équipement, des services d’ingénierie et de construction ou encore des services environnementaux.
Environ 4 300 firmes canadiennes appuient des projets d’infrastructure à l’étranger par leurs exportations ou leurs investissements. Certaines de ces entreprises sont d’ailleurs ici aujourd’hui. Pour donner à nos invités péruviens une idée de l’expertise et de l’intérêt du Canada pour le Pérou, j’aimerais nommer quelques-unes de ces entreprises :
Aecom-Tecsult, Aecon, Amec, CWA, Dessau, Genivar, Golder Associates, Hatch, Klohn-Crippen-Berger, Knight-Piésold, Ledcor, Sandwell, SNC-Lavalin et Stantec.
Bon nombre de ces noms figurent parmi les meilleures firmes d’ingénierie et de construction au monde et certaines font des affaires au Pérou depuis plusieurs décennies.
Dans le secteur de l'électricité, Atco Power, Brookfield et TransAlta comptent au nombre des principaux opérateurs de centrales électriques et investisseurs en Amérique latine. Plusieurs autres entreprises canadiennes cherchent activement des occasions de les imiter.
Toutes ces firmes sont déjà venues à bout de difficultés géographiques ou climatologiques –éloignement, haute altitude, chaleurs ou froids extrêmes, manque d’eau – toutes des difficultés qu’on retrouve dans l’une ou l’autre région du Pérou. Comme nous a déjà dit l’un de nos clients : « Nous avons fait notre chemin en marchant sur une corde raide. »
Toujours est-il que les Canadiens ont conçu et construit des installations de traitement des eaux, des centrales hydroélectriques et des réseaux de transport en commun parmi les meilleurs au monde, sans oublier des ports et des aéroports qui ont même été primés.
De plus, des entreprises canadiennes se sont associées à des chefs de file péruviens pour réaliser des projets dans d’autres pays d’Amérique latine. Je pense notamment à la mine de cuivre Cobre Panama, pour laquelle SNC-Lavalin s’est associée à une division du groupe liménien Graña y Montero et à une firme colombienne. Ce type de partenariat pourrait s’avérer efficace dans le secteur des infrastructures compte tenu de la très forte demande dans l’ensemble de l’Amérique latine.
Pour les entreprises canadiennes ici présentes, j’aimerais présenter brièvement deux des projets péruviens d’envergure :
Premièrement, le projet des lignes de transmission électrique dans le sud du Pérou. Selon les estimations, ce projet coûtera 450 millions de dollars et nécessitera les services d’entreprises privées, d’abord pour concevoir, construire et financer les lignes et les sous-stations, puis pour s’occuper de leur exploitation et de leur entretien.
Deuxièmement, la nouvelle autoroute transocéanique. Cette autoroute sera formée de trois routes qui relieront le nord, le centre et le sud du Pérou à des villes brésiliennes. Le coût total maximal est évalué à 2 milliards de dollars. Là encore, la gestion, l’exploitation et l’entretien seront confiés à une entreprise privée ou à un consortium de compagnies.
Il y a en outre d’importants projets visant le chemin de fer, le transport en commun, le dessalement de l’eau, les ports et les aéroports.
Vu l’ampleur des projets et le risque qu’ils posent, sans parler des difficultés techniques, il est extrêmement important de pouvoir compter sur une solide gestion et un bon mécanisme de financement.
S’il y a une leçon que nous avons tirée du resserrement du crédit, c’est l’importance d’avoir de saines stratégies financières et de partager les risques avec des organisations fiables.
EDC est bien placée pour en parler : au cours des cinq dernières années, nous avons fourni plus d’un milliard de dollars pour financer des projets d’infrastructure dans diverses régions de l’Amérique latine.
Par exemple, l’an dernier, nous avons appuyé Dessau et son partenaire péruvien afin qu’ils puissent mener une étude de faisabilité pour le compte de la compagnie d’électricité Hidrandina S.A. L’étude visait la construction de lignes de transmission et de stations dans des régions rurales, type de projet que Dessau a déjà mené dans d’autres régions éloignées du pays.
EDC est très consciente que ce type de projet nécessite de nombreux intervenants ainsi qu’une structure adéquate et des services spécialisés en gestion des risques, souvent offerts en partenariat avec des organisations publiques et privées.
Ce dernier point m’amène au deuxième point en faveur d’une collaboration Pérou-Canada : le Canada compte parmi les pays qui tirent le meilleur parti des partenariats publics-privés – les PPP. Nous pouvons faire profiter le Pérou de nos meilleures pratiques.
Au Canada, nos PPP sont des contrats à long terme prévoyant que le secteur public obtient – habituellement auprès d’un consortium de firmes privées – des services de conception, de construction, d’exploitation et d’entretien d’une installation. L’acquisition est souvent financée par le privé pendant la durée de vie économique de l’actif, mais il peut y avoir du financement public, provenant à la fois du gouvernement et d’organismes de crédit à l’exportation comme EDC.
En général, le projet demeure la propriété du secteur public, ou bien la propriété est retransférée au gouvernement à la fin du contrat, qui peut avoir une durée allant jusqu’à 30 ans. Autrement dit, le secteur privé s’occupe de l’actif, mais celui-ci est payé par le secteur public et appartient à tout le pays.
À l’heure actuelle, il y a environ 55 projets PPP au Canada, dont une vingtaine ont récemment été terminés. Pratiquement tous ces projets ont été terminés en avance ou selon l’échéancier prévu, et il aucun dépassement de coûts n’a dû être assumé par le secteur public.
EDC possède une dizaine d’années d’expérience dans les PPP et a expérimenté divers modèles au Royaume-Uni, en Équateur, au Mexique, en République dominicaine, aux Émirats arabes unis et dans d’autres pays.
Pour réussir un PPP, il faut comprendre les processus de préqualification des candidats, d’appel d’offres et de sélection. Autre élément tout aussi important, sinon plus, il faut des partenaires d’affaires compatibles. En effet, les entrepreneurs généraux qui peuvent compter sur de solides partenaires, qui jouissent d’une position financière stable et qui peuvent fournir un cautionnement leur permettant de disposer de leurs fonds de roulement, ont souvent une longueur d’avance. EDC peut aider les entreprises pour chacun de ces aspects.
Troisième facteur positif pour nos deux pays : l’Accord de libre-échange – ALE – Canada-Pérou, en vigueur depuis août 2009. Cet accord est bien établi si l’on compare aux accords en attente de ratification avec d’autres pays d’Amérique latine. L’ALE Canada-Pérou présente trois grands avantages :
Les entreprises des deux pays n’ont pas à payer de droits de douane sur 95 pour cent de leurs exportations.
Dans le secteur des infrastructures, l’ALE procure aux investisseurs un climat d’investissement favorisant l’équité, la constance et la stabilité.
Il garantit que les engagements en matière de main-d’œuvre et d’environnement seront respectés, élément important pour la durabilité d’un projet.
À l’évidence, beaucoup d’arguments plaident en faveur d’un commerce mieux intégré entre nos deux pays. Notre commerce bilatéral doit s’étendre au-delà des exportations afin d’inclure davantage d’investissements directs, dont la création d’entreprises conjointes et l’établissement de bureaux pour mieux servir les principaux partenaires associés aux projets.
Ce qu’EDC peut faire
Avant de terminer, j’aimerais vous expliquer brièvement pourquoi les responsables de projets d’infrastructure se tournent souvent vers EDC pour obtenir de l’aide.
EDC a déjà des liens avec plusieurs grandes sociétés péruviennes ainsi qu’avec des entreprises canadiennes déjà présentes au Pérou, ou qui souhaitent le devenir. Nous avons un représentant à temps plein à Lima depuis 2009. Pour ceux qui ne le connaissent pas déjà, notre représentant en chef Stephen Benoit est des nôtres aujourd’hui. N’hésitez pas à aller le rencontrer; il est ouvert et peut vous guider vers l’information, les partenaires ou le financement dont vous pourriez avoir besoin.
En ce qui concerne le financement, les grands projets en ont besoin de beaucoup; habituellement beaucoup plus que ce qu’une seule institution financière est prête à fournir. Partenaire fiable, EDC fait affaire depuis longtemps avec des banques locales et internationales ainsi qu’avec des institutions publiques et privées. Nous augmentons la capacité financière de syndications et participons au montage de prêts et de cautionnements.
Nous pouvons aussi appuyer les entreprises péruviennes souhaitant venir au Canada pour former des coentreprises ou démarrer des activités d’exportation ou d’investissement.
Enfin, nous pouvons réduire les risques associés au développement de grands projets, qu’on parle de risques liés au crédit ou aux contrats ou de risques politiques, sociaux et environnementaux.
Pas plus tard qu’hier, j’étais à un atelier sur la responsabilité sociale des entreprises – ou RSE – dans le secteur minier et j’y ai parlé de l’importance d’intégrer les meilleures pratiques de RSE aux projets miniers pour assurer leur réussite à long terme. Cela vaut également pour les grands projets d’infrastructure, qui ont eux aussi des répercussions sur les localités et les zones environnantes.
Je suis certain que toutes les entreprises dans cette salle sont très conscientes que si elles veulent obtenir un prêt d’une institution financière réputée, elles doivent se conformer aux normes et aux lignes directrices de RSE en vigueur à l’échelle internationale. Et de nos jours, la RSE vise autant la performance sociale qu’environnementale.
Nous aidons souvent nos clients à comprendre les exigences de RSE et à prendre les mesures qui s’imposent. Par exemple, nous les guidons dans l’établissement de contacts afin qu’ils puissent trouver des terrains d’entente avec les principales parties prenantes, notamment les clients, les communautés touchées et les groupes d’intérêts de la société civile.
La RSE n’est pas à l’ordre du jour de ce déjeuner, mais comme le sujet fait partie de mes secteurs de responsabilité, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de faire quelques observations sur les tendances que j’ai observées dans ce domaine lors de mon voyage au Pérou l’an dernier.
Bien que le Pérou ait connu des conflits sociaux à cause de l’activité minière, nous avons vu des entreprises minières, Antamina notamment, faire preuve d’une grande responsabilité sociale. J’ai rencontré l’un des cadres d’Antamina à plusieurs reprises et j’ai appris de première main que la compagnie a investi 160 millions de dollars dans des programmes sociaux afin de soulager la pauvreté dans les communautés touchées par ses activités. Ce montant est en sus des milliards de dollars en taxes et en redevances que la compagnie paie, des nombreux emplois qu’elle crée et des infrastructures qu’elle a construites pour intégrer la région d’Ancash au reste du pays.
Le Pérou dispose de ressources en eau plutôt restreintes. De ce fait, il est crucial que les responsables de projets trouvent des moyens novateurs d’équilibrer les besoins en eau de leur projet et ceux de la communauté. Je suis convaincu que la technologie et l’expertise canadiennes – représentées par les entreprises dans cette salle – peuvent apporter une aide précieuse au Pérou pour trouver des solutions à cet épineux problème.
Conclusion
Voilà qui conclut ce que je souhaitais vous dire. Je suis conscient que cela fait beaucoup d’information à digérer. J’ai donc pensé résumer les points que j’aimerais que vous reteniez :
Le Pérou est l’un des marchés émergents d’Amérique latine les plus prometteurs et dont la croissance est la plus rapide.
Le pays a déjà pris la décision stratégique d’améliorer ses infrastructures pour maintenir sa compétitivité et sa croissance économique.
Comme le Canada, le Pérou est un pays rude où la construction d’infrastructures pose des défis particuliers. Le Canada compte des firmes d’ingénierie-construction et des entrepreneurs généraux qui ont de l’expertise et de l’ingéniosité à revendre. Présent dans les secteurs financiers et miniers péruviens, le Canada a développé de solides liens avec le Pérou.
Les avantages d’une collaboration Pérou-Canada dans le domaine des infrastructures sont évidents. Reste à concrétiser cette collaboration, et à le faire de manière économiquement et socialement responsable.
EDC peut aider les entreprises en mettant à leur disposition :
- ses connexions avec des partenaires de confiance dans les deux pays;
- sa capacité à offrir de nouveaux outils financiers et à s’associer à des institutions financières locales et internationales;
- une expertise sans pareil dans la gestion des risques, y compris les risques sociaux, afin d’assurer une réussite à long terme.
Merci de m’avoir donné l’occasion de m’adresser à vous aujourd’hui. Muchas Gracias. Si vous désirez discuter des positions que je viens d’exposer, n’hésitez pas à venir nous voir, Stephen Benoit ou moi-même.