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Tirer le meilleur parti de la crise du crédit: Comment le Canada s'est positionné pour la reprise

Allocution prononée par : Eric Siegel
Président et chef de la direction
Toronto - 26 novembre 2009  

LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Mesdames, messieurs, bonjour. Soyez les bienvenus. C’est un plaisir pour moi d’être des vôtres aujourd’hui et de partager avec vous quelques réflexions sur les événements de l’année qui vient de s’écouler.

Avant de commencer, cependant, je devrais mentionner que cette semaine marque un événement très particulier pour Exportation et développement Canada (EDC). Nous célébrons, en effet, notre 65e anniversaire. Beaucoup de choses ont changé en 65 ans. Le premier bureau d’EDC, créé en 1944 pour aider l’économie canadienne à se redresser après la Seconde Guerre mondiale, comptait tout juste quatre employés et, croyez-moi, ils ne chômaient pas. 

L’expansion rapide du commerce a depuis lors donné à EDC quantité d’occasions d’aider des entreprises canadiennes à accroître leurs activités à l’exportation. Aujourd’hui, EDC emploie plus d’un millier de personnes et elle a des bureaux dans tout le pays ainsi qu’aux quatre coins du monde.  Et nous ne chômons toujours pas!

Fin octobre, nous avions déjà fourni des services d'assurance et de financement à plus de 7 700 exportateurs canadiens. Nos services soutiennent une part importante de l’économie canadienne. Ainsi, nous nous attendons à appuyer cette année un volume d’activités avoisinant globalement les 80 milliards de dollars, soit 5 % de moins que l’an dernier. Mais nous n’avons pas ménagé nos efforts, puisque comme vous le savez, parallèlement, les exportations canadiennes ont chuté de 24 %. 

Si nous nous reportons un an en arrière, au crash de Wall Street, on ne donnait pas cher de notre avenir à l’époque. La sagesse populaire veut que lorsque l’économie américaine s’enrhume, l’économie canadienne écope d’une pneumonie. Eh bien, cette fois, l’économie américaine a attrapé quelque chose de beaucoup plus grave – l’équivalent économique d’une grippe pandémique – et, en comparaison, le Canada a eu un petit rhume.

Et si les virus responsables de pandémies ne respectent jamais les frontières tracées par l’homme, en revanche, les crises économiques étaient jusque-là assez contenues. Le pire de la récession était ressenti dans le pays d’où partait la bulle – comme le Japon à la fin des années 1990 – et les principaux partenaires commerciaux de ce pays, généralement proches voisins, éprouvaient des symptômes allant de bénins à graves. 

Mais dans l’année écoulée, le monde a été confronté à sa première vraie crise financière mondiale. 

Nous avons également assisté à la première réponse vraiment mondiale à une crise, car nos économies sont liées par la mondialisation – et les chocs se propagent de plus en plus vite –, ce qui nous permet aussi de réagir en coordonnant mieux les politiques monétaires et budgétaires.

La réponse des gouvernements est d’une ampleur sans précédent. Nous avons vu des renflouements, des nationalisations et d’énormes trains de mesures de relance publiques, le tout se chiffrant en dizaines de billions de dollars.

Ces mesures draconiennes ont certes atténué les conséquences, mais il faudra du temps pour arriver à une « nouvelle normale ». Les choses ne se sont pas encore tassées, mais il est certain que nous ne pouvons renouer avec nos vieilles habitudes.

Le fait est que l’on ne peut plus tenir pour acquis un des aspects fondamentaux du commerce mondial, à savoir la libre circulation des capitaux. Croyez-moi, le secteur financier mondial se montrera plus prudent dans un proche avenir.

Cette prudence variera, évidemment, d’un pays à l’autre. Soulignons que, de par leur capitalisation, les banques canadiennes se trouvent dans une position enviable. Cependant, partout dans le monde, les institutions financières devront consolider leur bilan et regagner la confiance de leurs investisseurs. Elles devront aussi réévaluer les critères selon lesquels elles jugent des risques acceptables.

Ce que cela veut dire, même si l’économie commence à montrer des signes de reprise, c’est qu’il reste des lacunes importantes sur le marché mondial du crédit. Certaines de ces lacunes tiennent uniquement à un problème de capacité. Autrement dit, les banques reconstituent leur capital et n’ont pas les moyens d’accorder de nouveaux financements.

D’autres sont sectorielles. Les institutions financières réévaluent leur appétence pour le risque. Elles prennent leurs distances avec certains secteurs qui sont hautement capitalistiques ou qui traversent des temps difficiles. La foresterie, l’aéronautique et la fabrication en sont de parfaits exemples.  

Ces lacunes nécessiteront un engagement continu des gouvernements – ce que nous attendons de voir, c’est quelle forme il prendra. Les gouvernements du monde entier sont confrontés à un dilemme : ils ne peuvent pas continuer de dépenser au rythme actuel, mais ils doivent sevrer l’économie des fonds de relance sans provoquer pour autant de récession prolongée. 

Grâce à son système financier unique, le Canada évite, dans une large mesure, ce dilemme, et c’est de cela dont je veux vraiment vous entretenir aujourd’hui.

Il y a un an, l’économie mondiale semblait au bord du gouffre, mais le Canada est maintenant sur la voie de la reprise, après une récession que certains qualifieraient d’étonnamment modérée. Il n’est pas question de minimiser les effets de la récession, car nous ne pouvons oublier les suppressions d’emplois, les entreprises qui ont dû fermer leurs portes et les familles qui se sont retrouvées sans toit.

Mais tout bien considéré, le Canada a été relativement épargné. Ainsi, le gouvernement du Canada n’a nationalisé aucune banque. Il n’a même pas dû « renflouer » d’entreprise au sens où le gouvernement américain a dû le faire. 

Alors quelle est la différence? Qu’avons-nous fait de si remarquable?

La réglementation du système bancaire canadien est la première grande différence. Il ne fait aucun doute que nos institutions financières privées, naguère considérées comme trop prudentes, figurent parmi les institutions les plus solides et les plus respectées du monde. 

Autre différence clé, il existe au Canada des prêteurs et des assureurs publics bien structurés, que voici :

  • Premièrement, ma propre organisation, Exportation et développement Canada, qui joue un rôle clé dans l’expansion du commerce international en offrant des services de financement et de gestion des risques pour aider les entreprises canadiennes dans leurs activités internationales. Le mandat d’EDC a été élargi afin qu’elle puisse aider ses clients à surmonter la tempête économique en leur offrant aussi ces solutions au Canada, et elle a reçu des capitaux supplémentaires pour renforcer son noyau principal d'activités d’encouragement au commerce et à l’investissement.
  • Deuxièmement, la Banque de développement du Canada, qui travaille en partenariat avec EDC et avec des institutions financières privées pour que les entreprises canadiennes aient plus facilement accès au crédit par le Programme de crédit aux entreprises (ou PCE). La BDC a également créé un mécanisme de crédit additionnel pour acheter jusqu’à 12 milliards de dollars de titres adossés à des crédits mobiliers, signe du net déclin de ce marché.
  • Troisièmement, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui a aidé à éviter une crise des prêts hypothécaires au Canada et aide véritablement le gouvernement à dégager des crédits dans le secteur privé en rachetant aux banques canadiennes des prêts hypothécaires d’une valeur de 65 milliards de dollars.
  • Et enfin, Financement agricole Canada, qui continue de fournir des services de financement, d’assurance et de capital-risque aux entreprises agroalimentaires dans tout le Canada.

Ce réseau d’institutions financières du secteur public signifie que le système financier canadien était muni d’un filet d’arrêt capital. L’essentiel en l’espèce est que nous n’avons pas travaillé isolément mais ensemble.

Conclusion de tout cela : Le modèle de coopération entre les secteurs public et privé canadien est unique. Il a permis d’atténuer le resserrement du crédit et la récession qui a suivi, et il joue maintenant un rôle majeur dans le positionnement des entreprises canadiennes en vue de la reprise.

Grâce à ce modèle, nous nous en sommes mieux sortis que les pays qui n’avaient pas cette infrastructure en place. C’est aussi simple que cela.

Je suis, pour ma part, immensément fier à ce moment dans l’histoire, d’être président d’une institution financière publique canadienne parce que je pense que le Canada a clairement montré au reste du monde, par ses sociétés d’État, la solution pour un secteur financier plus stable et plus sûr. 

Je me rends compte que ce n’est pas très « canadien » de ma part de fanfaronner ainsi à une réunion publique, mais je pense qu’il y a une leçon à apprendre en l’occurrence.

Et il s’agit d’une leçon dont nous devrions tous en être fiers, que ce soit à la Bourse ou en tant que simple citoyen.

Non pas que le modèle financier hybride canadien n’ait pas essuyé sa part de critiques. En des temps économiques plus cléments, certains craignaient que les institutions publiques canadiennes empiètent sur l’activité de crédit du secteur privé.

Cependant, cette crise du crédit nous montre que si nous laissons ces institutions s’atrophier, tandis que le secteur privé s’approprie le marché en période de forte croissance, il devient extrêmement difficile, voire impossible, de les remettre sur pied quand nous avons de nouveau besoin d’elles.

Les relations qu’entretient EDC avec le secteur de l’automobile depuis quelques années en sont un exemple frappant pour moi. 

Comme tout le monde dans le Sud de l’Ontario ne le sait que trop bien, les Trois Grands – Ford, GM et Chrysler – connaissent leur part de problèmes ces derniers temps. Mais ils ont encore un rôle majeur à jouer dans l’économie nord-américaine et il est de l’intérêt public qu’EDC, en tant que société d'État, contribue à maintenir les emplois de ce secteur au Canada.

Les Trois Grands étaient aux prises avec des difficultés même avant la crise du crédit, et les financiers et les assureurs du secteur privé avaient déjà commencé à retirer leur soutien à ces entreprises et à leurs fournisseurs. Quand cela s’est produit, EDC a fait en sorte d’aider le secteur canadien de l’automobile de plusieurs façons.

Une des façons les moins comprises était que nous avons répondu à une plus grande demande d’assurance crédit. Pour parler simplement, les affaires avec les Trois Grands paraissant plus risquées, il devenait essentiel pour les fournisseurs de pièces d’automobile d’assurer leurs créances, et EDC était là pour proposer ce service. Les produits et services d’EDC ont fourni un relais important pour leur survie à près de 600 entreprises canadiennes du secteur de l’automobile, des PME pour la plupart. 

Avoir une assurance comptes clients signifie, concrètement, si vous êtes une PME qui fournit des pièces d’automobile aux Trois Grands, que vous serez encore payée, même si vos plus gros clients sont au bord de la faillite.  Vous pouvez aller demander un prêt à votre banque, et il y a plus de chances qu’elle vous l’accorde parce que vous avez fait en sorte de pouvoir la rembourser. Cela peut faire la différence entre rester en activité – être en mesure de régler les salaires et d’honorer les commandes – et faire faillite.

Pendant ce temps, les États-Unis s’efforçaient de trouver un moyen de mettre en place une solution similaire à celle des programmes d'assurances d’EDC. En bref, de trouver un moyen de faire ce que nous faisions déjà.

Ce qu’ils ont découvert, c’est que quand arrive une crise financière, il est déjà trop tard pour les gouvernements d’essayer de créer une nouvelle capacité pour apporter un soutien au crédit. 

Le fait qu’EDC avait déjà des programmes, entretenait déjà des relations solides avec ses clients et leurs banques, a donné aux entreprises canadiennes un avantage concurrentiel parce qu’elles ont pu utiliser ces solutions rapidement et à moindre coût. Et ceux d’entre vous qui êtes dans les affaires savent combien c’est important!

Ceux qui critiquent la présence du secteur public sur le marché du crédit poseront sans doute des questions sur le risque que prend EDC avec ces transactions. 

Sachez que nos transactions sont toutes menées dans des conditions commerciales, afin de réduire au minimum le risque pour le contribuable. Au total, à la fin du mois de juin, l’engagement d’EDC sur le plan des assurances approchait le milliard de dollars par rapport aux Trois Grands – ce qui a été ramené depuis à 575 millions de dollars. À ce jour, nous avons payé environ 2 millions de dollars d’indemnités, dont 1,6 million ont été recouvrés. Il reste environ 400 000 $ non recouvrés – montant qui se situe nettement dans nos marges de planification et dans les primes que nous touchons pour couvrir ces frais, ce qui fait que le coût pour le contribuable canadien est inexistant.

Et je vous demande quel aurait été le coût en entreprises en faillite et en pertes d’emplois sans ce soutien? 

Ce n’est qu’un exemple, mais il y en a d’autres. Dans le secteur forestier durement touché, EDC travaille avec plus de 80 % des exportateurs canadiens et cette année, elle a déjà assuré pour près de 12 milliards de dollars de transactions. Par ailleurs,  elle a fourni de l’assurance crédit au secteur de l’aéronautique s’élevant à plus de 1 milliard de dollars d’assurance crédit au secteur de l’aéronautique.

Nous avons tiré le meilleur parti de la crise. Nous avons renforcé nos relations avec nos partenaires dans le secteur financier, qui nous considère maintenant comme une source de capacité supplémentaire. Et nous nous sommes mieux fait connaître des entreprises canadiennes qui peuvent utiliser nos services. Jusqu’ici cette année, plus de 1 500 nouveaux clients de tous les secteurs de l’économie canadienne se sont adressés à EDC.

Il n’y a cependant pas qu’EDC.

Comme je l’ai dit plus tôt, le Canada a tout un réseau de sociétés d'État qui comblent des lacunes du secteur privé, qui s’efforcent d’ajouter à ce qu’il apporte sans le supplanter.

Pourquoi est-ce que cela a si bien fonctionné? Pourquoi est-ce que cela a eu une telle incidence, comparé à la réaction a posteriori dans bien d’autres pays?

  • Tout d’abord, tout comme EDC, ces organismes existaient déjà. Dans le cas de la SCHL, ses activités ont aidé à empêcher que s’instaure un marché des prêts hypothécaires à risque aussi irresponsable que celui qui a complètement déréglé les marchés du crédit américains. Et dans le cas des autres sociétés d’État financières – EDC, BDC et FAC –, nous avions déjà mis en place toute une série de services et noué des relations avec quantité d’entreprises canadiennes et avec leurs banques.
  • Ensuite, comme ces organismes existaient déjà, ils avaient acquis des compétences internes qui leur permettaient d’assumer efficacement un mandat élargi.
  • De plus, ces organismes fonctionnent dans des conditions commerciales, ce qui leur permet de partager les risques avec le secteur privé. Il n’y a aucune subvention dans ce que nous faisons. Nous ne poussons donc pas le secteur privé vers la sortie.
  • Enfin, nous avons pu mettre des limites à notre rôle, pour voir comment notre sortie interviendrait. Dans le cas d’EDC, notre mandat a été élargi pour deux ans, après quoi le marché du crédit intérieur reviendra pratiquement à sa capacité antérieure, mais avec des partenariats renforcés en place.

J’aime parler de « mesures de relance intelligentes », c’est-à-dire qui profitent de la capacité existante, qui sont conçues pour travailler avec le marché et dans lesquelles est prévue une stratégie de dessaisissement. Ce n’est pas une béquille pour un marché boiteux, mais une physiothérapie - non seulement nous nous remettrons du traumatisme, mais nous serons plus solides que jamais.

Qu’est-ce que cela veut dire pour l’avenir? Eh bien, si nous acceptons que le marché mondial des capitaux est irrévocablement transformé par les événements des 18 derniers mois, nous devons aussi accepter que les institutions financières publiques auront un rôle plus profond à jouer sur le marché à l’avenir.

Ce que nous verrons probablement, c’est un système financier mondial qui ressemblera beaucoup plus au système canadien, avec plus de coopération entre les secteurs public et privé, parce que ni l’un ni l’autre ne suffit seul à la tâche.

C’est essentiellement ce que j’ai à dire – seuls, nous ne suffisons pas à la tâche. 

Il suffit de regarder au sud de la frontière pour comprendre que le secteur privé était incapable d’y arriver seul. Et sans le soutien et les compétences de leurs partenaires du secteur privé, les efforts des sociétés d’État n’auraient pas été aussi fructueux. Seuls, nous n’aurions pas suffi à la tâche.

C’est ce modèle – le modèle canadien – de partenariat entre un secteur public solide et un secteur privé dynamique qui permet de surmonter le resserrement du crédit et la récession actuelle.

Laissez-moi vous donner un autre exemple de la façon dont cela fonctionne.

Plus tôt, j’ai mentionné le Programme de crédit aux entreprises – partenariat entre EDC, BDC et des institutions financières du secteur privé mis en place pour aider des entreprises canadiennes pendant le resserrement du crédit. 

Ce partenariat public-privé renforcé est entré en vigueur en mars 2009, avec pour objectif de soutenir des transactions de 5 milliards de dollars sur deux ans.  À la fin du mois d’août – après tout juste six mois –, le programme soutenait déjà des transactions totalisant 2,7 milliards de dollars et aidait près de 6 000 entreprises canadiennes.

Je crois qu’il y a quelques banquiers dans la salle aujourd’hui, et je pense qu’ils seront d’accord avec moi pour dire que 2,7 milliards de dollars de transactions – 2,7 milliards –, ce serait impossible sans ce partenariat.

Ce n’est pas seulement une question d’argent. Nous parlons de sauver des entreprises et des emplois et d’en créer d’autres. C’est cela même que nous pouvons accomplir en travaillant ensemble.

C’est le cas non seulement au Canada, mais dans le reste du monde. En réponse à la crise financière mondiale, nous avons vu des interventions dépasser le cadre du G-7 pour inclure les gouvernements d’économies émergentes. 

Après les crises financières des années 1990, le Canada a joué un rôle déterminant dans la création du G-20. Nous avons, en effet, compris que les marchés émergents, moteurs de la croissance économique mondiale, devaient jouer un rôle dans la gouvernance économique mondiale.

Et cette vision a réellement pris forme. En avril, les gouvernements du G-20 ont présenté un plan global pour s’attaquer au resserrement du crédit et à la récession économique. Il prévoyait un rôle pour les organismes de crédit à l'exportation tels qu’EDC. Il prévoyait aussi que des institutions financières multilatérales comme la Banque mondiale jouent un rôle accru pour ce qui est de combler les lacunes du marché du crédit. Plus particulièrement, il était demandé à ces organismes de débloquer 250 milliards de dollars en financement du commerce extérieur dans les deux prochaines années.

Cela s’ajoutant aux transactions que les OCE soutiennent chaque année. D’après l’Union de Berne, les OCE membres souscrivent au total des risques d’un demi-billion de dollars par an globalement – et ajouté au volume d'activités des assureurs privés membres, l’Union de Berne couvre environ 10 % du volume des échanges mondiaux.

Mais attention, alors même que nous nous empressons de contrer les effets du resserrement du crédit, nous devons être mesurés dans la façon dont nous augmentons la capacité des institutions financières publiques. Nous devons veiller à tirer parti de leurs atouts sans créer d’administration supplémentaire ni de chevauchements entre les organisations multilatérales et les organismes de crédit à l'exportation.

Nous ferions bien d’adhérer aux principes sur lesquels reposent les « mesures de relance intelligentes » du Canada, autrement dit travailler avec les acteurs existants, à des conditions commerciales, et adopter une stratégie de dessaisissement claire. Nous devons faire en sorte que les institutions financières du secteur public puissent tirer le meilleur parti de cette crise et qu’elles en sortent avec des partenariats renforcés.

Pour cela, il faut entre autres que les organismes de crédit à l'exportation, comme EDC, développent des compétences sur le terrain et nouent des relations avec des institutions financières sur les marchés émergents. Ce n’est que logique, puisque ces économies devraient mieux faire que le G7 dans un proche avenir. 

Pour ce qui est des gouvernements, la mondialisation a préparé le terrain pour une meilleure coordination de la réponse face à la crise financière. Elle sera aussi la clé du redressement des entreprises, car celles dont les marchés sont diversifiés seront en mesure de profiter de la reprise, où qu’elle s’amorce.

Pour rester à l'avant-garde, plus d’entreprises canadiennes doivent constituer des chaînes d'approvisionnement mondiales ou en faire partie, s’installer dans le pays de leurs clients, former des coentreprises avec des partenaires étrangers et trouver leur créneau dans des activités qui se mondialisent.

J’ai dit tout à l’heure que nous avions tiré le meilleur parti de la crise – nous avons renforcé nos partenariats et avons noué de nouvelles relations avec des entreprises canadiennes. Ces entreprises ont découvert de nouveaux services qui feront désormais partie de leurs stratégies financières. Cela est positif pour le commerce extérieur canadien, car ces services peuvent aider nos entreprises à faire preuve d’un peu plus d’audace quand elles offrent leurs produits et leurs compétences au reste du monde.

Ce qui est une bonne nouvelle, car nous devons faire preuve d’audace. Nous avons connu bien des difficultés depuis un an environ, et nous nous en sortons fort bien. Il ne faudrait surtout pas renouer avec de vieilles habitudes.

Le fait est que, grâce aux progrès que nous avons accomplis en un an, nous serons en mesure de regagner le terrain perdu. Parce que, même avant la récession, le Canada accusait un retard pour ce qui est de la pénétration commerciale. 

Nous devons faire mieux. Le commerce est la pierre angulaire de l’économie canadienne : un emploi sur trois en dépend dans ce pays. L’an dernier, le Canada a exporté des biens et services de plus de 500 milliards de dollars, autrement dit, plus de 1 milliard de dollars par jour pour l’économie canadienne pendant que les entreprises canadiennes répondent aux besoins du reste du monde.

EDC fait sa part :

  • Nous encourageons l’investissement canadien à l'étranger, en aidant des mécanismes de placement tels que les fonds de pension à trouver des possibilités sur de nouveaux marchés.
  • Nous multiplions les représentations à l’étranger afin de pouvoir renforcer nos relations avec les acheteurs étrangers et leurs banques. Ainsi, nous avons ouvert dernièrement un nouveau bureau à Lima, au Pérou, et nous nous préparons à en ouvrir d’autres ailleurs dans les tout prochains mois.
  • Nous élaborons de nouvelles stratégies pour mettre à profit nos relations avec les principaux acheteurs étrangers pour pouvoir jumeler des entreprises, autrement dit, présenter ces acheteurs à des fournisseurs canadiens.

Nous sommes convaincus que notre approche aidera les entreprises canadiennes à profiter de la reprise là où elle s’amorcera, dans des pays comme le Brésil, l’Inde et la Chine. Et nous sommes convaincus que cette approche aidera les entreprises canadiennes à prospérer au-delà de la reprise et à l’avenir. 

Je mentionnais au début de mon intervention que cette semaine marque le 65e anniversaire d’EDC. Je travaille dans cette organisation depuis 30 ans. Je crois donc pouvoir parler avec une certaine autorité des raisons de son succès. C’est la même formule que pour des milliers d’entreprises canadiennes dans tous les secteurs de notre économie : se fixer clairement des objectifs, ne pas ménager ses efforts et prendre soin de ses clients. Et travailler ensemble!

Nos objectifs sont peut-être un peu plus complexes que dans le passé, nos clients sont peut-être un peu plus éloignés, mais si nous travaillons ensemble et si nous ne ménageons pas nos efforts, je crois que nous sommes bien placés non seulement pour profiter de la reprise mais aussi pour nous positionner dans le peloton de tête.

Bâtir sa résilience en des temps incertains:

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