Prévisions pour 2012 : un optimisme prudent
La turbulence en 2011 a été telle que, pour bon nombre d’entreprises, survivre constitue déjà un exploit. Pourtant, des risques multiples et variés demeurent, et presque toutes les prévisions du début de l’année sont révisées à la baisse. Le résultat ultime étant plus facile à voir que le résultat immédiat, il faut sérieusement se méfier des déclarations audacieuses au sujet de 2012. C’est dans ce contexte délicat que se situent les prévisions à l’exportation d’EDC pour l’hiver 2012.
Pour la plupart des analystes, les risques pèsent beaucoup plus lourd que les possibilités. La turbulence politique accrue – héritage de 2011 – a été encore aggravée par la menace d’un conflit avec l’Iran, au moment même où les États-Unis mettent fin à leur coûteuse intervention en Iraq. Les puissantes économies des pays BRICA ralentissent la cadence tandis que les grandes économies développées peinent à régler leurs difficultés budgétaires. L’accès au financement limite même les projets les plus prometteurs. Et notre vision dichotomique de la conjoncture – le contraste frappant entre la morosité que nous éprouvons et l’activité économique réelle –n’arrange pas les choses.
Malgré cette liste décourageante, nous faisons preuve d’un optimisme prudent à l’égard de la constante progression du dynamisme de l’économie américaine, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que cet élan est bien réel, même si pratiquement personne ne s’y attendait. Ensuite, parce qu’il survient dans un contexte de faiblesse mondiale généralisée. Cette fois-ci, la croissance économique s’accélère sans l’aide de nouveaux programmes de relance publics : elle n’est pas un phénomène limité à un secteur, mais plutôt un mouvement généralisé. Enfin, la hausse de la croissance s’explique par des fondamentaux économiques qui ramènent l’économie américaine à des niveaux d’activité plus normaux.
La faiblesse européenne ralentira la croissance mondiale cette année. Malgré tout, l’accélération aux États-Unis et au Japon portera la croissance dans le monde industrialisé au-dessus du niveau de l’an dernier, ce qui permettra aux marchés émergents de garder le cap. La croissance mondiale devrait donc s’établir à 3,7 %, soit légèrement au-dessus des 3,5 % de 2011. Le dynamisme s’intensifiera au fil de l’année, à moins de grandes interruptions imprévues en cours de route.
Le Canada dépendra davantage de facteurs extérieurs pour assurer sa croissance économique en 2012. Les consommateurs ont grandement soutenu la croissance ces trois dernières années, mais la montée de l’endettement et les tensions du marché du logement pèseront sur les dépenses cette année. Le tassement du cours des produits de base assombrira le commerce extérieur en 2012, ce qui pourrait empêcher le dollar canadien de s’envoler. Nous prévoyons d’ailleurs qu’il se maintiendra autour de 0,98 USD. Conjugué à la hausse de la production américaine et à la croissance acceptable des marchés émergents, ce facteur stimulera les exportations canadiennes à forte valeur ajoutée. La progression des exportations devrait se fixer à 6 % cette année, après une hausse de 11 % en 2011.
Les industries primaires sont un point faible des prévisions. Les exportations d’énergie devraient stagner, celles des métaux augmenter de seulement 3,2 %, tandis que le secteur agroalimentaire devra se contenter d’une hausse de 2,7 %. Mais, dans tous les cas, les prix seront un facteur déterminant. Les expéditions en volume devraient poursuivre leur forte augmentation. Le succès est plus évident dans les autres secteurs. Une activité plus marquée dans le secteur du logement américain fera monter les exportations de produits forestiers de 12 %; le secteur aéronautique devrait quant à lui progresser de 16 %, et l’industrie automobile peut s’attendre à un bond de 21 % cette année.
Conclusion?
Au début d’une année où tant de choses pourraient tourner mal, la réserve est de mise. Le Canada est particulièrement vulnérable aux turbulences de l’activité mondiale en 2012, mais, de façon générale, le commerce extérieur canadien est en bonne posture, compte tenu de la relance de l’économie américaine et de la diversification continue vers les marchés non traditionnels.
Le présent propos est uniquement présenté à titre d’information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n’est faite à l’égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière, juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l’auteur se dégagent de toute responsabilité à l’égard des pertes ou des dommages attribuables à l’utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu’ils peuvent contenir.