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Pas de surprises en juin - Le 12 août 2008

L’excédent du commerce des marchandises du Canada a augmenté de près de 550 M CAD en juin, passant de 5,22 G CAD à 5,76 G CAD, soit tout près de l’estimation consensuelle de 5,8 G CAD. La valeur des exportations de marchandises dans le monde s’est accrue de 3,1 % m/m, après une progression révisée à la baisse de 4,3 % m/m en mai. Le renchérissement de l’énergie explique la plus grande partie de la hausse des recettes à l’exportation, qui ont gonflé l’excédent commercial du Canada avec les É. U. Les exportations vers les autres pays ont décliné, sauf celles vers les autres pays de l’OCDE. Le déficit commercial du Canada par rapport à la plupart des autres pays s’est donc creusé.

Les prix à l’exportation plus élevés (surtout les prix de l’énergie) expliquent presque tout l’accroissement mensuel des exportations de marchandises. Compte tenu des fluctuations des prix à l’exportation cependant, les livraisons exportées (ou les volumes) ont en réalité reculé de 1,4 % m/m, pour un septième mois consécutif au cours des dix derniers mois. À l’échelle sectorielle, il n’y a pas de surprises en juin. Les livraisons exportées de produits forestiers et de machinerie et d’équipement ont fléchi. Les expéditions d’énergie et de produits industriels ont augmenté légèrement. Ce qui est cependant un peu étonnant, c’est la hausse des exportations d’automobiles et de produits de consommation, qui ont affiché les plus fortes augmentations des expéditions en juin, même si elles restent fortement en baisse depuis le début de l’année.

Jusqu’ici, les prix plus élevés de l’énergie ont aidé à appuyer la valeur des exportations canadiennes vers les É. U. et compensé en partie la faiblesse des recettes dans d’autres secteurs importants comme les produits forestiers, l’automobile et la machinerie et l’équipement. À près de 140 USD le baril en juin, le prix du pétrole a bondi de 44 % par rapport à janvier, ce qui a fait grimper d’autant la valeur des exportations de pétrole brut depuis le début de l’année. En outre, les prix plus élevés du gaz naturel et du charbon ont appuyé les hausses de la valeur des exportations d’énergie. De fait, collectivement, ces autres exportations d’énergie se sont accrues de près de 30 % depuis le début de l’année.

Les exportations de produits forestiers ont repris leur tendance à la baisse en juin, effaçant la poussée du mois précédent. Les expéditions de bois d’œuvre et de produits du sciage ont reculé de près de 5 % m/m et baissé de 26 % par rapport à la même époque l’an dernier. Les livraisons exportées de machinerie et d’équipement ont dégringolé de 7,6 % m/m, la faiblesse étant évidente dans toutes les composantes de l’équipement. Ces déclins mensuels des exportations ont été accentués par les légères baisses dans le secteur agroalimentaire, en particulier le blé, les aliments et boissons et les produits carnés.

Depuis juin, nous constatons un repli important des prix du pétrole brut et des autres produits de base. La demande de pétrole brut a légèrement diminué, mais le marché à terme du brut se détend lui aussi. Fait intéressant, le cours de l’or s’est également replié fortement et se situe à environ 830 USD l’once. Ces facteurs sont de solides indications que les marchés s’inquiètent davantage des perspectives de croissance de l’économie mondiale que de l’inflation. De fait, en plus du ralentissement économique américain, il est désormais de plus en plus clair que la croissance s’affaiblit en Europe occidentale, au Japon et au R. U. Les marchés émergents en expansion rapide ont aussi modéré la cadence et continueront de ralentir le pas à mesure que leurs marchés extérieurs s’affaibliront, ce que renforcera le durcissement de la politique monétaire des banques centrales. Nous prévoyons que l’activité économique mondiale ralentira davantage, à mesure que le marché à terme du brut sera délaissé au profit d’autres actifs financiers.

Les exportations nettes du Canada ont probablement pesé sur la croissance du PIB réel au deuxième trimestre (nous prévoyons une croissance annualisée de 0,8 %). Dans le contexte de la faiblesse économique et financière des É. U., les signes évidents de l’affaiblissement de la croissance en Europe occidentale, au Japon, au R. U. et ailleurs dans le monde augurent mal pour les perspectives d’exportation du Canada.



Pour plus de détails, veuillez contacter David Madani, Economist, Services d’analyse et de prévision économiques d’EDC. Tél. : (613) 598-3841. Courriel : dmadani@edc.ca