Le chemin de la reprise n’est pas sans obstacles pour les régions canadiennes - Le 11 novembre 2009

Par Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef, Exportation et développement Canada

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Cette année est déjà historique. Aussi loin que l’on remonte, les exportateurs canadiens n’ont jamais connu pire année que 2009, et elle aura été cinq fois pire que la pire enregistrée, rien de moins! La récession canadienne était effectivement importée, et la baisse de l’activité est tellement spectaculaire qu’aucune province, si ce n’est la plus petite, n’a échappé à ses effets. Nous pouvons cependant relever des différences d’une province à l’autre, de même que dans les perspectives pour 2010.

À voir les résultats prévus pour 2009, les pertes à l’exportation semblent incroyablement lourdes dans certaines provinces. Des baisses de 29 % au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, plus le plongeon de 36 % en Alberta et l’effondrement inimaginable de 44 % à Terre-Neuve. L’ampleur du décrochage semble presque incroyable, jusqu’à ce qu’on la remette en contexte. Globalement, les plus gros perdants de cette année avaient enregistré de très belles performances en 2008 – pour Terre-Neuve, une augmentation de 27 %, pour l’Alberta un gain époustouflant de 34 %. Mais rien n’approchait le bond prodigieux de 55 % affiché par la Saskatchewan. Ces fluctuations correspondaient à l’évolution des cours des principaux produits de base exportés qui sont retombés cette année après leur poussée de fin de phase d’expansion.

Malheureusement, toutes les provinces n’ont pas vu leur chute aussi bien amortie. Avant le plongeon de cette année, la Colombie-Britannique avait enregistré une croissance de tout juste 5 % en 2008, la crise du secteur du bois d’œuvre pesant lourdement sur sa performance globale. Avant la chute de 24 % de cette année, la Nouvelle-Écosse avait enregistré un gain relativement faible de 7,6 % en 2008, reflet de la faiblesse des résultats des secteurs du bois d’œuvre et de la pêche enregistrés plus tôt. En 2008, la forte baisse des exportations d’aluminium avait freiné la croissance du Québec. Cependant, c’est la position de l’Ontario qui était la plus faible quand la récession a frappé. Les malheurs précoces du secteur de l’automobile ont fait reculer les exportations de 7,7 % l’an dernier, pire performance provinciale en 2008, année aussi où l’Ontario a été la seule région à afficher un recul.

Pour la plupart des provinces, la performance de l’an prochain ne différera guère d’une tendance nationale modeste. Comme l’économie mondiale devrait prendre laborieusement le chemin de la reprise, la performance à l’exportation sera dans une large mesure atone dans tout le pays, à l’exception notable du Nouveau-Brunswick, où s’achève la construction d’un grand complexe de gaz naturel liquéfié et d’une grande centrale électrique. À l’autre extrémité du spectre, une croissance mondiale stagnante et une faible production de denrées alimentaires et de métaux limiteront la Saskatchewan et le Manitoba à tout juste 1 % de croissance en 2010. Quant à Terre-Neuve-et-Labrador, la baisse de la production de pétrole limitera sa croissance à 2 %, ce qui contraste avec la croissance impressionnante de l’économie globale tirée par l’investissement.

En milieu de peloton, l’Alberta enregistrera une croissance de ses exportations de 8 % en 2010, grâce à une remontée partielle des cours de l’énergie. La Nouvelle-Écosse devra aussi ses gains aux cours de l’énergie, et elle recueillera également les fruits d’une amorce de redressement du secteur de l’automobile, avec une croissance de 9 %. Les exportateurs ontariens feront leurs premiers pas vers la reprise, avec une augmentation de 8 % qui traduira la légère amélioration dans le secteur de l’automobile, dans le secteur des produits chimiques et dans celui des métaux de base. Dans l’ensemble, c’est pour Terre-Neuve-et-Labrador, la Colombie-Britannique et l’Ontario que la récession des exportations se révélera être la plus dure, quand on comparera les chiffres de 2010 à ceux de 2007. Les Territoires du Nord-Ouest, l’Île-du-Prince-Édouard et la Saskatchewan seront les régions les moins éprouvées par la pire récession mondiale depuis la Crise de 1929.

Conclusion? La récession mondiale actuelle ne fait pas de gagnant parmi les provinces et territoires du Canada. Partout, les exportations sont touchées et, dans la plupart des provinces, il faudra une reprise vigoureuse pour les ramener aux niveaux d’avant la récession. Prévisible, mais pas avant 2011.


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