Si 2020 reste gravée dans les mémoires comme l’année de la distanciation, elle peut aussi être considérée comme celle où le système financier canadien – ministères, sociétés d’État, institutions financières – a fait preuve d’une cohésion sans précédent.

En règle générale, dans un rapport annuel, le message de la présidente du Conseil d’administration est l’occasion de mettre en contexte les activités de l’entreprise pendant l’année écoulée, le tout dans une perspective mondiale. En 2020, un seul événement d’envergure planétaire était – et demeure – au centre de tout : la pandémie. Cette crise planétaire s’est répercutée sur notre entourage, nos clients, nos priorités, nos programmes et même notre mandat.

Il n’est donc pas étonnant qu’en l’espace d’un an Exportation et développement Canada (EDC) ait mis en place plus de changements que pendant les cinq années précédentes. Je suis fière de dire que nous avons répondu à l’appel en donnant un énorme coup de main au Canada pour l’aider à faire face à la pandémie. 

Avant de faire le bilan de l’année et de nos réalisations, je tiens à reconnaître, au nom de tous ici à EDC, qu’il reste encore beaucoup à faire. Le Canada et le monde sont toujours en crise. Les entreprises canadiennes souffrent, et les choses ne se replaceront pas demain matin. Comme vous le constaterez à la lecture de ce rapport, EDC a apporté une contribution positive en 2020. Malgré tout, de nombreuses entreprises sont toujours en difficulté et comptent sur notre soutien.

Notre effectif s’emploie avec passion à venir en aide aux entreprises canadiennes. La crise a accentué le sérieux et l’urgence de cette mission, et nos gens ont réagi en faisant plus, plus vite, et ce, malgré les effets de la pandémie sur leur propre vie. Mairead Lavery, notre présidente et chef de la direction, aborde plus en détail cette réalité dans son message. Pour ma part, je tiens à dire au nom du Conseil d’administration à quel point la souplesse et l’inventivité de nos employés nous ont inspirés. Ces qualités nous ont permis de traverser cette année inédite, et elles nous motiveront à faire de même au cours de l’année à venir.

Équipe Canada

Si 2020 reste gravée dans les mémoires comme l’année de la distanciation, elle peut aussi être considérée comme celle où le système financier canadien – ministères, sociétés d’État, institutions financières – a fait preuve d’une cohésion sans précédent. Jamais dans mes trente ans de carrière dans le secteur bancaire, y compris durant la récession de 2008-2009, je n’ai vu un si grand travail d’équipe à l’échelle du pays. En ce sens, il n’est pas exagéré d’affirmer que la nation a réagi à la pandémie en tant qu’Équipe Canada.

Le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) en est sans doute l’exemple le plus probant. Le gouvernement fédéral a annoncé ce programme de 73 G$ en mars, lorsque les retombées économiques de la pandémie commençaient à se faire sentir, dont la vocation était d’offrir des prêts sans intérêt pouvant aller jusqu’à 60 000 $ aux PME et aux organismes sans but lucratif admissibles pour les aider à surmonter la crise.

EDC a assuré la gestion de tous les aspects du CUEC. Notre rôle était de servir d’intermédiaire, en raison de notre expertise, pour gérer le transfert de fonds des caisses fédérales vers les institutions financières, où ces fonds pouvaient ensuite être versés aux propriétaires d’entreprises. Nous avons collaboré étroitement avec l’administration fédérale et mis à contribution nos relations fructueuses avec les institutions financières canadiennes pour exécuter le programme rapidement. À la suite des commentaires formulés par les chefs d’entreprises canadiennes, notamment lors de conservations avec des représentants d’un centre d’appels ouvert et géré par notre équipe, le CUEC a été élargi et amélioré à plusieurs reprises.

À la fin de 2020, plus de 800 000 prêts avaient été consentis dans le cadre du CUEC, mettant plus de 40 G$ en financement à la disposition des entreprises canadiennes. Le Programme de crédit aux entreprises (PCE) est un autre parfait exemple de travail d’équipe. Également lancé en mars, ce programme a permis de répondre aux besoins immédiats de trésorerie des entreprises en crise en misant sur l’action concertée de la Banque de développement du Canada (BDC), du gouvernement du Canada et des institutions financières canadiennes. Plusieurs produits ont été mis en place dans le cadre du PCE, notamment nos garanties de prêt qui procurent aux banques l’assurance voulue pour accorder des prêts aux entreprises dans le besoin.

En date du 31 décembre 2020, les quelque 800 garanties établies au titre du PCE ont assuré 850 M$ sur les 1,1 G$ de prêts octroyés aux entreprises canadiennes par les institutions financières. Dans les mois suivant le lancement du PCE, EDC a annoncé la mise sur pied du Programme d’investissement de contrepartie. Dans le cadre de cette initiative, EDC s’engage à injecter un montant équivalent au capital provenant du secteur privé, notamment les investisseurs institutionnels, les fonds de capital-risque, les fonds de capital-investissement et les partenariats commerciaux. C’était là un moyen novateur d’aider des entreprises au fort potentiel, dont plusieurs du secteur des technologies propres, à se prémunir contre une conjoncture économique défavorable et à réaliser leurs plans de commercialisation et de croissance perturbés par la pandémie. Le programme a permis de soutenir 56 entreprises en 2020 et de consentir un total de 126 millions de dollars en financement.

Tirant parti de l’élan insufflé par ces programmes spéciaux, à la fin de 2020, le gouvernement du Canada a lancé le Comité sur les affaires, l’économie, le commerce et la relance. Ce comité réunit tous les organismes relevant du ministre de la Petite Entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international, dont BDC, la Corporation commerciale canadienne et nous-mêmes, dans le but de constituer un réseau de soutien aux entreprises canadiennes. Il a pour mandat de repérer et de combler les lacunes de services, de catalyser la croissance commerciale et d’assurer la cohérence du soutien de tous les membres du Comité. Il lancera aussi des initiatives visant des secteurs particuliers et des marchés porteurs. Ses activités contribueront beaucoup à la réponse du Canada à la crise en 2021.

Commerce inclusif

Ces initiatives ont aidé de nombreuses entreprises l’an dernier. Pourtant, comme nous le savons tous, celles-ci ont été éprouvées par les effets dévastateurs de la pandémie. À cet égard, il est troublant de comparer comment les groupes historiquement sous-représentés dans le monde des affaires – les Noirs, les Autochtones, les personnes de couleur, la communauté LGBT+ et les femmes – s’en sont sortis par rapport à leurs vis-à-vis en 2020.

Déjà désavantagés avant la pandémie, ils ont vu les inégalités économiques se creuser. Ils ont perdu plus de contrats et d’emplois. Ces groupes d’entreprises ont non seulement plus de difficulté à rester à flot, mais la relance de leurs activités s’annonce aussi encore plus laborieuse. Voilà pourquoi il est essentiel de faire du commerce inclusif une priorité.

La Société a d’ailleurs maintenu le cap sur ce front en 2020. Nous avons bonifié l’enveloppe du programme d’investissement pour les femmes en commerce visant à faciliter des transactions totalisant deux milliards de dollars d’ici 2023, ce qui représente un montant huit fois plus élevé que la cible de 250 millions de dollars (maintenant dépassée) établie en 2018. Nous avons lancé notre stratégie pour les exportateurs autochtones, dont la première année a été consacrée à la création de partenariats et à nous faire connaître dans l’écosystème commercial autochtone. En outre, nous avons amorcé la mise sur pied de notre premier programme visant à promouvoir la diversité des fournisseurs, dont la vocation est de créer plus de débouchés pour les entreprises issues de la diversité en mettant à profit notre propre chaîne d’approvisionnement.

Bien que nous ayons tourné la page sur 2020, nous ressentirons encore les turbulences de cette année sans précédent. La pandémie demeurera d’actualité en 2021, mais nous nourrissons l’espoir qu’elle ne monopolise pas toutes nos énergies.

Même si le travail de nos équipes mérite d’être vivement salué, l’heure n’est point encore à la fête. Trop d’entreprises canadiennes peinent toujours et tant qu’elles n’auront pas triomphé de leurs difficultés, nous ne ménagerons aucun effort pour les soutenir dans cette épreuve.

L’année 2020 ne marquera sans doute pas les esprits pour ses bonnes nouvelles. Pourtant, c’est aussi l’année où de multiples acteurs des secteurs commercial, financier, public et privé ont fait preuve d’une incroyable capacité à collaborer. Cette coopération est un élément positif de 2020, et je suis persuadée qu’elle le sera aussi en 2021.

La présidente du Conseil d’administration,
Martine Irman