Il ne fait aucun doute que les entreprises canadiennes appartenant à des femmes entrepreneures peuvent connaître autant de succès que celles détenues par des hommes. Alors, les femmes ne devraient-elles pas être plus nombreuses à explorer les occasions d’exportation sur les marchés internationaux?

Cette question revêt toute son importance en mars, alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme et le Mois des femmes dans le domaine du commerce. Qu’est-ce qui freine les femmes entrepreneures et que pouvons-nous faire pour changer la donne?

EDC cible surtout les petites et moyennes entreprises canadiennes (PME). Notre recherche démontre qu’entre 13,5 % à 16 % des PME canadiennes appartiennent à des femmes, mais que seulement 7,5 % d’entre elles exportent leurs produits et services. Bien que la totalité des PME ne soit pas axée sur l’exportation, 8 % des PME appartenant à des femmes cherchent à accroître leurs activités au-delà des frontières canadiennes; en comparaison, ce pourcentage grimpe à 11,3 % pour l’ensemble des PME.

Les femmes œuvrant dans le commerce se butent à des obstacles complexes

Malgré les progrès importants accomplis au cours des dernières années, les femmes d’affaires rencontrent encore des obstacles sexospécifiques parfois complexes dans le monde du travail, du commerce et des affaires. Pour les surmonter, elles doivent absolument avoir une meilleure compréhension de ces obstacles et des raisons de leur pérennité.

La première étape consiste à reconnaître que les femmes entrepreneures doivent faire face à des défis uniques pour accroître leur participation au commerce, particulièrement dans le domaine de l’exportation, et à dissiper certaines des idées fausses au sujet de l’approche des femmes d’affaires.

Par exemple, les résultats d’une recherche cofinancée par la Banque de Montréal, le gouvernement du Canada, l’Université Carleton et The Beacon Agency démontrent que la majorité des politiques et des programmes d’appui financier, l’innovation est synonyme de progrès technologiques. Par conséquent, ils ne tiennent pas compte du fait que les femmes innovent de façon beaucoup plus générale.

Plusieurs des femmes entrepreneures interrogées ont indiqué qu’elles ne se sentaient ni bienvenues au sein des grands réseaux d’entrepreneurs, des pépinières et des programmes accélérateurs d’entreprises, ni intégrées à leurs missions. Elles sentent également que la sous-représentation des femmes mentores et investisseuses nuit à leur capacité de mobiliser des capitaux et d’attirer les décideurs politiques pour obtenir du financement.

Certaines femmes entrepreneures racontent, par ailleurs, avoir subi un éventail de comportements discriminatoires et sexistes : depuis des commentaires sur leur apparence, leur niveau d’expérience, leurs connaissances et leur tenue vestimentaire jusqu’à un manque de compréhension vis-à-vis des différences entre les argumentaires de vente des femmes et des hommes.

Le Service des délégués commerciaux du Canada souligne que les femmes qui possèdent des PME sont, de façon générale, plus scolarisées que leurs homologues masculins. En principe, cette caractéristique devrait augmenter les chances que ces entreprises aient une vocation exportatrice.

EDC appuie les femmes dans un contexte commercial

Chez EDC, nous savons que le commerce international comporte des risques, mais qu’il offre également son lot de récompenses. La diversification des activités de l’entreprise, l’augmentation des revenus et la viabilité des affaires ne sont là que quelques exemples.

Les entreprises exportatrices sont avantageuses pour l’économie canadienne dans son ensemble. Il est donc primordial de lever les barrières qui pourraient retenir certains exportateurs, plus particulièrement les femmes entrepreneures. Pour atteindre cet objectif, EDC compte appuyer un nombre croissant d’entreprises détenues et dirigées par des femmes en leur offrant des solutions pour les inciter à se lancer, à croître et à connaître du succès à l’échelle internationale.

Pour commencer, EDC participera à la stratégie pour l’entrepreneuriat chez les femmes du gouvernement fédéral. L’objectif de cette stratégie est d’aider les femmes à stimuler la croissance des entreprises sur le marché national et à les développer sur le marché international.

La contribution d’EDC à cette stratégie se traduit par une initiative de 250 millions de dollars qu’EDC mettra à profit au cours des trois prochaines années. Cette enveloppe sera disponible, selon des conditions commerciales, pour les entreprises détenues et dirigées par des femmes qui exportent déjà ou qui souhaitent se lancer.

Parallèlement, le ministère Condition féminine Canada a invité le Réseau canadien du Pacte mondial à mettre en œuvre un projet d’une durée de 36 mois visant à promouvoir l’égalité des sexes en mobilisant le secteur privé et en lui confiant le rôle d’accélérateur. EDC a été choisie pour collaborer avec le secteur privé afin de trouver des solutions pour contrer les barrières et les défis structurels auxquels font face les femmes en milieu de travail.

Enfin, en plus de fournir ses solutions d’exportations actuelles, telles que le financement et l’atténuation des risques, EDC continuera de promouvoir le succès des femmes exportatrices au moyen de conseil d’experts, de documents d’information et de formation, ainsi qu’en les aidant à établir des liens avec les acheteurs étrangers.

L’avenir s’annonce prometteur

Les femmes sont sous-représentées actuellement, mais le vent tourne. Je m’attends à voir un nombre croissant de femmes entrepreneures et exportatrices prêtes à conquérir le monde au cours des prochaines années. Je suis très fière qu’EDC, de concert avec nos partenaires et le gouvernement fédéral, mette en place des programmes visant à encourager les femmes à atteindre ces objectifs.

Ce sont des initiatives comme celles-ci qui permettent de sensibiliser la société pour atteindre ces objectifs. EDC est très prête à relever ce défi et je suis très enthousiaste d’y contribuer.