Réplique d’EDC aux accusations fictives et hyperboliques

Le samedi 10 mars, le Globe and Mail a publié un article d’opinion sur EDC intitulé « The Death Star of Canada’s economy » (L’Étoile de la Mort de l’économie canadienne), un titre évocateur qui annonçait clairement la couleur de la suite – un récit fictif raconté dans un style hyperbolique.

Le sujet au cœur de l’article est une requête introduite par EDC devant un tribunal sud-africain pour faire clouer au sol un aéronef Bombardier loué par Westdawn Investments, une entreprise liée à la famille Gupta de l’Afrique du Sud, dont l’exploitant avait obtenu un financement commercial d’EDC en 2014.

À l’automne de 2017, nous avons résilié le contrat de location et entamé des efforts de reprise de possession en raison des violations d’obligations contractuelles par Westdawn.

Voilà la réalité des faits au centre de cette affaire. Nous aimerions bien sûr vous en dire plus, mais tant que cette affaire est devant les tribunaux (à Johannesburg et au Royaume-Uni), certains détails ne peuvent pas être rendus publics afin d’éviter tout préjudice à la position d’EDC.

Heureusement, la procédure judiciaire ne nous empêche pas de répondre à certaines des allégations formulées dans cet article. Nombreuses, disparates et sans trame précise, ces allégations dépeignent le commerce international et la finance comme un monde opaque où les transactions se font dans l’ombre, sans encadrement politique ou réglementaire. Ces allégations doivent être corrigées.

Mais par où commencer. L’article d’opinion s’attaque à de nombreux secteurs et acteurs importants de l’industrie canadienne, à des ministères fédéraux et à des membres du Parlement. Pour démêler tout ça, allons-y étape par étape.

1 - La feuille de route d’EDC est exemplaire

Comme l’admet l’auteur lui-même, c’est la première fois en près de 80 ans qu’EDC est confrontée à une situation de ce genre. EDC a réalisé plus de 20 000 transactions de financement partout dans le monde, et c’est la première fois que nous nous retrouvons devant les tribunaux pour une affaire comparable. Une seule transaction problématique sur 20 000 est un résultat exceptionnel qui en dit long sur nous et sur nos partenaires. Et c’est sans compter toutes les transactions que nous refusons chaque année en raison de risques de crédit et de RSE.

2 - EDC est transparente

Depuis 2001, EDC rend publiques toutes les transactions de financement et de garantie qu’elle entreprend, sans exception. Nous divulguons le pays et le secteur visé, l’entreprise qui bénéficie du financement, l’usage prévu des fonds et, lorsqu’il est question d’un financement acheteur, l’entreprise canadienne qui en profitera. Le montant du financement est aussi dévoilé, en fonction de fourchettes préétablies pour que les concurrents étrangers ne soient pas en mesure de déterminer les coûts commerciaux des entreprises d’ici.

L’auteur de l’article laisse entendre que les états financiers de fin d’exercice d’EDC ne dévoilent pas le montant exact des prêts accordés, ce qui est totalement faux. La ventilation du portefeuille de financement d’EDC présente les montants exacts par secteurs, par pays et par types d’exposition (prêts bruts, engagements, garanties, transferts de risques, etc.), de même que la classification des risques (prêts de première qualité, de qualité inférieure ou dépréciés) et le risque de taux d’intérêt. Nous divulguons également le rendement des prêts et notre marge de financement nette. Tous ces renseignements se trouvent dans les rapports annuels publics que nous déposons chaque année devant le Parlement.

L’auteur suggère également qu’EDC devrait divulguer les modalités exactes de toutes ses opérations financières, ce qui dénote une profonde incompréhension du financement du commerce extérieur, puisqu’aucun autre organisme de crédit à l’exportation ni aucune institution financière commerciale au monde ne dévoile ce genre d’information. Dévoiler ce genre d’information constituerait une violation de plusieurs lois et de la confidentialité des entreprises canadiennes.

3 - EDC fonctionne en partenariat étroit avec le gouvernement du Canada

Non content de s’attaquer à EDC, l’auteur s’en prend aussi aux politiciens et aux ministères chargés de superviser la Société, prétendant qu’ils n’ont pas même une compréhension de base du mandat et de la raison d’être de notre organisation. Parlant de « compréhension », nous aimerions volontiers comparer la compréhension du commerce international de l’auteur à celle des nombreux experts du gouvernement qui ont consacré leur carrière au commerce et à la finance, et qui ont le mandat direct de superviser EDC.

EDC jouit d’une certaine indépendance qui lui permet d’agir pour s’adapter rapidement aux dynamiques changeantes du marché, dans l’optique d’avancer à la même vitesse que les entreprises canadiennes. Les gouvernements successifs ont constaté la valeur qu’EDC apporte au Canada et l’importance de son modèle commerciale.

4 - EDC fait l’objet de plusieurs niveaux de surveillance de la part du gouvernement et du public

La portée des obligations de reddition de comptes et de la surveillance d’EDC dépasse celle de nombreuses institutions publiques et va bien au-delà de la surveillance exercée dans les pays concurrents. Notre système de gouvernance comprend un Conseil d’administration indépendant nommé par le gouvernement (dont tous les membres possèdent une vaste expérience dans le secteur privé), qui se réunit avec le Comité de direction d’EDC au moins six fois par année. De plus, EDC reçoit une orientation annuelle de la part du ministre du Commerce international et fait approuver annuellement son Plan d’entreprise par le gouvernement.

Les activités d’EDC sont-elles parfaites pour autant? Non, et c’est pourquoi nous accueillons avec plaisir l’avis de divers intervenants gouvernementaux, y compris dans le cadre d’un audit annuel par le Bureau du vérificateur général (BVG), des examens spéciaux par le BVG, et d’un examen législatif d’EDC par le Parlement tous les dix ans. L’idée qu’EDC exerce ses activités à l’insu du public défie l’entendement.

5 - EDC est à l’écoute

Ne vous y trompez pas : les activités d’EDC bénéficient du regard critique de différents intervenants, dont le Conseil consultatif sur la RSE d’EDC (d’éminents spécialistes du domaine), et de divers groupes de la société civile. En plus de la supervision gouvernementale et juridique, nous recevons les commentaires des groupes de travail internationaux et des groupes sectoriels dont nous faisons partie. Nous recevons une rétroaction régulière et constante tous azimuts. Et nous en sortons gagnants.

Nous avons la conviction que nos efforts mutuels de dialogue et de communication de l’information ont amélioré la compréhension de nos points de vue divergents, ainsi que de nos terrains d’entente. Voilà pourquoi EDC est un meneur parmi les institutions financières internationales pour l’examen des projets et des transactions, et ses pratiques s’inspirent régulièrement de la collaboration avec d’autres chefs de file du secteur, comme la Banque mondiale, l’IFC et la BERD.

Pourquoi tant d’efforts? Nous croyons que la raison est toute simple. Parce qu’EDC joue un rôle important dans l’économie canadienne. Pour des milliers d’entreprises qui cherchent une première occasion de percer à l’étranger, des entreprises qui tentent de prendre de l’expansion et de se diversifier sur les marchés étrangers, nous sommes un partenaire de confiance.

En retour, nos clients créent des emplois au Canada, font croître notre économie et offrent des produits et des services dont profitent beaucoup de gens partout dans le monde. On nous a confié la mission de protéger et de promouvoir une composante importante de l’image de marque du Canada, à juste titre, et nous avons le mandat d’aider les entreprises canadiennes à réussir et de faire prospérer notre économie. Toute menace à la réputation d’EDC menace notre capacité à remplir ce mandat.

C’est bien sûr pourquoi nous nous devions de répondre à l’article paru le 10 mars. Devant la désinformation, nous avons le devoir de donner l’heure juste. À mesure que nos retombées continuent de s’accroître et que nous continuons d’étendre la présence mondiale du Canada, nous nous attendons à recevoir d’autres questions sur ce que nous faisons et comment nous le faisons. Le fait est – et c’est un fait – que nous apprécions cette vigilance. Mais mettons l’opinion extrémiste à l’épreuve des milliers de voix qui respectent et soutiennent le travail d’EDC.

Si vous n’y voyez pas les sombres machinations de l’Étoile de la Mort, nous sommes désolés de vous décevoir. Ce sont plutôt les rouages internes d’une société d’État fière, dirigée par des professionnels dévoués qui travaillent pour et avec les entreprises canadiennes dans le monde entier.

À propos d'EDC

Société d’État à vocation financière, Exportation et développement Canada (EDC) aide les entreprises canadiennes de toutes tailles à réussir à l’étranger. En tant qu’experts du risque international, nous leur offrons les outils dont elles ont besoin – savoir commercial, solutions de financement et d’assurance, placements en capitaux propres et réseaux de relations – pour conquérir le monde en toute confiance. Dans la conduite de ses affaires, EDC souscrit au principe de durabilité et de responsabilité des entreprises.

Pour savoir comment nous pouvons aider votre entreprise, appelez le 1-888-434-8508 ou rendez-vous au www.edc.ca.