Peter G. Hall

Vice-président et économiste en chef
Exportation et développement Canada

 

La crise du coronavirus

La pandémie de coronavirus (COVID-19) aura des conséquences considérables sur l’activité des personnes et des entreprises avant que l’économie ne renoue avec la croissance. Les mesures prises par les gouvernements pour contenir la propagation de cette pandémie feront basculer l’économie mondiale dans la récession. Les données économiques récentes confirment que le ralentissement de l’activité causée par la pandémie de COVID-19 placera l’économie dans la pire situation qu’elle ait connue depuis la crise financière de 2008-2009.

Dans son scénario de référence, EDC prévoit que la récession mondiale aura de vastes conséquences au premier semestre de 2020. Cette crise se déroule en deux vagues : la Chine a été frappée la première, mais les effets du virus se sont étendus si bien qu’une seconde vague déferlera et fera entrer en récession plusieurs autres grandes économies : notamment le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Japon, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Allemagne.

  • L’épidémie a plombé la croissance au moment même où l’amélioration de la conjoncture lui insufflait un nouvel élan. De fait, en décembre 2019, on a observé plusieurs développements positifs dans divers dossiers – l’impasse commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Brexit et les négociations liées à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) – ce qui a ranimé l’espoir d’une baisse de l’incertitude entourant les politiques commerciales. Dans le même temps, les indicateurs avancés se sont améliorés.
     
  • La croissance a marqué le pas du jour au lendemain, la mise à l’arrêt prolongé des usines chinoises mettant à mal la production et perturbant les chaînes d’approvisionnements mondiales. Si les marchés financiers ont au départ affiché un optimisme pour le moins surprenant, l’intensification des effets de l’épidémie sur la santé et l’économie ont fait dévisser les places boursières et miner la confiance des consommateurs. Le fléchissement de la production pétrolière s’est produit en période de surplus; l’incapacité des pays producteurs de s’entendre sur une réduction de la production a fait dégringoler les cours mondiaux de 40 % et entraîné plusieurs plongeons des marchés boursiers.
     
  • Le repli s’est manifesté dans les pans les plus vigoureux de l’économie : les marchés boursiers, les marchés du travail, la consommation et les secteurs des services. Le commerce international et l’investissement, déjà éprouvés par l’incertitude sur le plan des politiques, se retrouvent dans une situation encore plus fâcheuse.
     
  • Lors de la dernière récession, la demande était en berne. Or, aujourd’hui, la demande sous-jacente n’est pas fondamentalement apathique. Voilà pourquoi les Services économiques sont d’avis que l’économie mondiale rebondira rapidement dès que les taux d’infection se stabiliseront et commenceront à diminuer. Cette évolution positive devrait s’amorcer au second semestre de 2020 et se poursuivre au début de 2021. 
     
  • L’étendue et la durée des impacts de la crise du coronavirus sont des facteurs déterminants dans la formulation des perspectives. En se fondant sur le temps mis pour contenir l’épidémie en Chine, la gestion réussie de la crise à Hong Kong et à Singapour ainsi que les signes précurseurs de stabilisation en Corée du Sud, les Services économiques croient que la pandémie pourrait être maîtrisée à l’échelle du globe dès cet été. La reprise soutenue de l’activité dans les usines et partout ailleurs relancera la production et augmenteront les revenus. De plus, la demande comprimée s’étant accumulée lors de la crise imprimera un regain d’activité qui portera les taux de croissance à des sommets surprenants. 
     
  • Les politiques mises en œuvre par les principales nations de la planète joueront considérablement sur la durée de la crise et les perspectives. Les autorités monétaires sont intervenues rapidement, notamment en abaissant de façon marquée les taux d’intérêt dans l’espoir de prévenir un durcissement des conditions financières et renforcer la confiance. Ainsi, des plans de relance sont promptement mis au point et dévoilés avec un double objectif : aider les acteurs de première ligne du système de santé et s’assurer que les ménages et les entreprises peuvent accéder à des liquidités. Fait singulier, au sortir d’un conflit commercial pour le moins perturbateur, les gouvernements font appel aux politiques commerciales comme moyen d’action pour redonner confiance aux marchés et aux acteurs du commerce international. La ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) le 13 mars était assurément un premier pas vers le resserrement des règles encadrant les échanges commerciaux nord-américains. Cela dit, nous persistons à croire que les États-Unis et la Chine voudront poursuivre sur la voie de l’élimination des droits de douane, et que le Royaume-Uni souhaitera conserver les avantages que lui procure le libre-échange avec l’Europe continentale. 
     
  • Dans l’édition de mars 2020 des Perspectives économiques mondiales, les Services économiques d’EDC ont pris en compte les effets des guerres commerciales, de la pandémie de COVID-19, du choc mondial des cours pétroliers, des corrections subies par les marchés boursiers de même que de la plupart des changements récents à la politique monétaire.
     
  • Selon nos prévisions, la croissance mondiale se limitera à tout juste 1,6 % en 2020 – la pire performance depuis la crise financière mondiale –, mais nous tablons sur un très net rebond qui la portera à 5,3 % en 2012. Les économies avancées inscriront un taux de croissance pratiquement nul à 0,2 %. Toutefois, cet élan s’accélérera à 3,7 % en 2021. Quant aux marchés émergents, leur croissance sera exceptionnellement poussive à tout juste 2,4 % avant de grimper à 6,3 % en 2021, ce qui est conforme à la tendance observée au cours des dernières décennies.
     
  • Les enjeux sont immenses à l’échelle mondiale. Des vies sont en jeu. Nos pensées et nos prières vont aux personnes touchées. Les entreprises seront durement frappées durant la première moitié de l’année, et les exportateurs canadiens ressentent déjà les contrecoups de cette crise. EDC est prête à mobiliser ses capitaux et à mettre en œuvre les mesures de relance annoncées par le gouvernement fédéral afin de venir en aide aux exportateurs canadiens pendant cette période difficile et de faire en sorte qu’ils puissent braver la tempête jusqu’à la prochaine éclaircie. Espérons que la pandémie soit rapidement maîtrisée. 

Aperçu des perspectives économiques mondiales

Prévisions – Tableau présentant les  taux de croissance du PIB pour des pays et des régions

    

Prévisions – Tableau présentant les taux d’intérêt, les taux de change et les mises en chantier

  

Prévisions – Tableau présentant les cours du pétrole, du gaz naturel, de l’or et du cuivre


 

Un globe terrestre repose sur une table.

Perspectives pour des pays d’intérêt

Portrait, pays par pays des tendances économiques, des défis et des occasions de croissance.


 

Des gens d’affaires s’apprêtent à traverser une  avenue dans un centre-ville bourdonnant d’activité

Taux d’intérêt et taux de change

Découvrez les principaux indicateurs économiques aux États-Unis et au Canada, notamment le PIB et les mises en chantier.

   


 

Un agriculteur à bord d’un gros tracteur laboure un champ de blé.

Produits de base

Soyez au fait de la tenue des cours mondiaux des produits de base comme le pétrole, le gaz naturel, le cuivre et l’or.

 

 

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