Le dernier sondage sur l’indice de confiance commerciale d’Exportation et développement Canada (EDC) indique que l’optimisme des exportateurs canadiens en matière de commerce est à son plus bas depuis la crise de la dette européenne, il y a plus de sept ans.

Les cinq composantes de l’indice d’EDC sont une nouvelle fois en baisse, confirmant la tendance observée dans les résultats du sondage mené en fin d’année dernière. Ce déclin généralisé s’explique principalement par des perspectives sombres pour les débouchés sur le marché international et concorde avec des attentes modestes envers l’économie canadienne et l’économie mondiale.

Avec une chute de 5,3 %, l’indice de confiance commerciale tombe à 69,8, presque quatre points en deçà de sa moyenne historique.

« L’effet perturbateur des politiques actuelles en matière de commerce international a indéniablement mis à mal la confiance des exportateurs canadiens », déplore Peter Hall, économiste en chef à EDC. « C’est un tiers des répondants qui subissent déjà les effets négatifs des mesures protectionnistes mises en place, et une écrasante majorité qui n’entrevoit aucune résolution des grands différends commerciaux dans l’année à venir. »

L’élimination des droits de douane sur l’acier et l’aluminium : un pas dans la bonne direction depuis le sondage

Les tarifs douaniers et les obstacles au commerce demeurent la principale préoccupation des entreprises canadiennes qui envisagent d’étendre leurs activités ou de continuer à faire affaire à l’étranger.

Plus d’un tiers des répondants (34 %) affirment que leurs stratégies d’exportation et d’investissement à l’étranger sont influencées par le protectionnisme ambiant, et presque autant (31 %), que leurs activités à ce chapitre ont subi les effets néfastes du différend commercial qui oppose les États-Unis à la Chine.

Côté perspectives, peu d’exportateurs canadiens s’attendent à voir la situation s’améliorer au cours des 12 prochains mois : plus de 90 % des répondants pensent soit que les mesures protectionnistes vont se durcir (47 %), soit qu’elles resteront les mêmes (45 %).

Sur une note positive, mentionnons toutefois la récente décision des États-Unis de faire marche arrière sur l’imposition de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, qui étaient toujours en vigueur en mars et en avril, au moment du sondage d’EDC. Aux vues de l’indice de confiance commerciale, ces tarifs douaniers pesaient sur certaines entreprises des secteurs directement touchés, qui cherchaient alors d’autres marchés et d’autres fournisseurs – notamment locaux pour contourner les droits de douane – et augmentaient leurs prix.

« L’élimination des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium en Amérique du Nord est une excellente nouvelle, confirme M. Hall. Elle améliore nos chances de voir l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique être ratifié. Ce qui, au moment du sondage, ne paraissait possible qu’à une petite majorité de 55 % des répondants à l’horizon 2019 ou 2020. »

« D’ailleurs, l’incertitude qui régnait lors des négociations de l’ALENA et le processus actuel de ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique semblent susciter l’hésitation de certains exportateurs canadiens en matière d’investissement, qui préfèrent attendre d’y voir plus clair dans les règlements commerciaux nord-américains. »

Le sursaut d’intérêt pour la diversification observé durant les négociations de l’ACEUM s’est émoussé

Si la tendance à la diversification perd de sa vigueur depuis l’année dernière, les exportateurs canadiens continuent tout de même de s’intéresser à de nouveaux marchés, et bon nombre des répondants ont déclaré vouloir tirer avantage des nouveaux accords commerciaux signés par le Canada. Ce sont 18 % d’entre eux qui prévoient développer leurs activités dans l’Union européenne, dans le cadre de l’Accord économique et commercial global (AECG), et 15 % qui s’intéressent au marché de l’Asie-Pacifique, visé par l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).

Même constat pour les entreprises qui cherchent à se lancer en exportation sur ces marchés : 14 % ont mentionné l’Union européenne et 12 %, la région Asie-Pacifique.

Toutefois, après une hausse durant les négociations de l’ACEUM, la proportion d’entreprises canadiennes qui prévoient percer un nouveau marché ou investir à l’étranger est maintenant redescendue à sa moyenne historique.

Les chefs d’entreprise qui planifient conquérir un nouveau marché ne représentent plus que 50 % des répondants, par rapport à 60 % il y a un an. Quant aux investisseurs, la proportion de répondants qui prévoient investir à l’étranger a chuté à 11 %, contre 20 % à la même période l’an passé.

Les risques associés à l’entrepreneuriat, EDC les connaît bien, et elle a conscience des nombreux défis à relever lorsqu’on décide – ou simplement envisage – de se lancer dans l’exportation. C’est pour cette raison qu’EDC a minutieusement préparé une boîte à outils à l’intention des exportateurs, quels que soient leur secteur d’activité ou la taille de leur entreprise, pour leur indiquer les marchés prometteurs et leur offrir un appui tout au long de leur parcours.

Autres points à retenir

  • Plus de 40 % des répondants ayant une opinion sur la question prévoient une récession mondiale dans les deux années à venir.
  • La confiance s’est amenuisée dans la plupart des régions du pays, mais l’indice est remonté dans le Canada atlantique, qui devient ainsi la région la plus optimiste quant aux débouchés commerciaux à venir.
  • Parmi les exportateurs sondés, 36 % ont déclaré rencontrer de plus en plus de difficultés pour trouver de la main-d’œuvre qualifiée, un chiffre qui progresse continuellement depuis 2017.

Cliquez ici pour accéder au sondage.

À propos de l’indice de confiance commerciale d’EDC

Deux fois par an, EDC sonde 1 000 exportateurs canadiens pour calculer l’indice de confiance commerciale, qui recueille des observations absentes des statistiques commerciales traditionnelles. Elle prend ainsi le pouls des exportateurs canadiens et de leurs attentes relativement aux débouchés sur le marché international. Les répondants sont de petites, moyennes et grandes entreprises des quatre coins du pays. Le sondage a été mené par téléphone du 19 mars au 15 avril 2019.

Nota  Lors du sondage, un report de six mois de la date butoir du Brexit a été annoncé le 10 avril. Le 13 mai, après le sondage, les tarifs douaniers imposés sur l’acier et l’aluminium en Amérique du Nord ont été éliminés.

À propos d'EDC

Société d’État à vocation financière, Exportation et développement Canada (EDC) aide les entreprises canadiennes de toutes tailles à réussir à l’étranger. En tant qu’experts du risque international, nous leur offrons les outils dont elles ont besoin – savoir commercial, solutions de financement et d’assurance, placements en capitaux propres et réseaux de relations – pour prospérer en toute confiance. Dans la conduite de ses affaires, EDC souscrit aux principes de la durabilité et de la responsabilité des entreprises. Pour aider les entreprises canadiennes qui doivent faire face à des difficultés financières extrêmes à cause de la réaction mondiale à la COVID-19, le gouvernement du Canada a inclus le marché intérieur dans le mandat d’EDC jusqu’au 31 décembre 2021. Ce mandat élargi permet à EDC d’étendre son soutien aux entreprises principalement actives au pays.

Pour savoir comment nous pouvons aider votre entreprise, appelez le 1-800-229-0575 ou rendez-vous au www.edc.ca.