Les exportateurs canadiens ont toutes les raisons d’être craintifs et de réorienter leurs stratégies d’affaires en ce moment. Le discours anticommerce continue de dominer les manchettes; de grands accords commerciaux sont renégociés ou torpillés, et une menace imminente plane sur la relation entre le Canada et son plus grand partenaire commercial.

Et pourtant, malgré le haut degré d’incertitude des politiques commerciales, la force du huard et le ralentissement des exportations canadiennes de marchandises dans les derniers mois, la confiance globale des entreprises canadiennes envers leurs ventes à l’étranger a à peine fléchi au cours des six derniers mois, selon l’indice de confiance commerciale, un rapport semestriel d’Exportation et développement Canada (EDC).

Le dernier sondage a creusé plus en profondeur pour découvrir les mesures prises par les entreprises, s’il en est, pour se protéger contre la forte incertitude d’un contexte du commerce mondial qui évolue à toute vitesse.

« Nous devions poser plus de questions cette fois-ci pour savoir si les entreprises réagissent à ce qu’elles observent, afin d’apprécier l’ampleur des répercussions du contexte changeant du commerce mondial sur les exportateurs canadiens », rapporte Peter Hall, économiste en chef d’EDC. « Bien que les entreprises ne soient pas nécessairement en panique, nous avons découvert que près du quart des exportateurs canadiens ressentent les effets négatifs de la renégociation en cours de l’ALENA sur leurs activités au Canada, et qu’ils sont déjà en train ou en voie de mettre en œuvre des stratégies pour les atténuer. »

Dans ce contexte où il règne une grande incertitude sur la politique commerciale américaine, l’enquête a révélé une baisse marquée du nombre d’exportateurs canadiens qui prévoient exporter vers les États-Unis dans les deux prochaines années. Cette constatation fait partie d’une preuve émergente, quoiqu’encore fragile, qui laisse présager un ralentissement de la croissance de l’intérêt et de la capacité d’exportation du Canada.

« Malgré le contexte extérieur difficile, l’essentiel, c’est que la confiance des commerçants canadiens semble tenir le coup, même si elle est tirée dans toutes les directions par des forces contraires, indique Peter Hall. C’est le reflet direct des conditions antagonistes actuelles de l’économie mondiale, et nous ne pouvons qu’imaginer ce que serait la situation sans l’aura d’incertitude de l’ALENA. »

L’indice de confiance commerciale (ICC), publié aujourd’hui, sert à prendre le pouls des exportateurs canadiens et à connaître leurs attentes relativement aux occasions d’affaires internationales dans les six prochains mois.

Cliquez ici pour en savoir plus sur le rapport de l’ICC de l’automne 2017.

Faits saillants

ALENA

Près du quart des exportateurs canadiens ont déclaré que la renégociation en cours de l’ALENA plombait leurs activités au Canada. Les entreprises touchées rapportent qu’elles réagissent par les stratégies suivantes :

  • envisager de relocaliser leurs activités aux États-Unis pour éviter les perturbations potentielles à la frontière;
  • chercher de façon proactive à diversifier leurs activités en dehors du marché américain;
  • adopter une approche plus prudente et passive pour voir l’évolution de la situation, en ne faisant rien ou en retardant les investissements ou l’embauche.

Europe

Avec l’entrée en vigueur d’un nouvel accord commercial entre le Canada et l’Union européenne, et l’économie européenne qui continue de prendre du mieux, les entreprises canadiennes portent de plus en plus attention à ce marché. Elles comptent d’ailleurs intensifier leurs exportations vers l’Europe, ou développent de nouveaux produits et services destinés à ce marché, en plus de profiter d’importations européennes plus abordables grâce à la réduction des tarifs douaniers.

Chine

Pendant que le Canada et la Chine sont engagés dans des discussions exploratoires en vue de la négociation d’un possible accord commercial bilatéral, nous avons demandé aux entreprises canadiennes qui exportent en Chine à quelles difficultés elles se heurtaient sur ce marché. Voici les réponses les plus fréquentes : respecter la réglementation ou les normes locales; protéger leurs droits de propriété intellectuelle; surmonter la barrière de la langue et des différences culturelles; bâtir des relations; se renseigner sur le marché; se faire payer; soutenir la concurrence des sociétés d’État.

Taux d’intérêt

La montée des taux d’intérêt pourrait devenir de plus en plus problématique pour les exportateurs canadiens à l’avenir. Près du quart des répondants ont indiqué que les taux d’intérêt plus élevés avaient une incidence négative sur leurs ventes à l’exportation.

À l’échelle régionale

Les indicateurs psychologiques ont légèrement fléchi dans toutes les régions du pays, et ce sont les provinces de l’Atlantique, où l’indice est passé de 73,5 à 70,8, qui accusent la baisse la plus marquée et qui continuent d’afficher les résultats les plus faibles parmi toutes les régions.

À propos d'EDC

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