En 2023, nous avons eu un été enflammé : Partout au Canada et dans le monde, les flammes ont été dévastatrices, réduisant forêts et maisons en cendres. Ensemble, les faibles précipitations hivernales et l’arrivée hâtive du printemps ont provoqué une saison d’incendies de forêt sans précédent.

L’automne venu, les brasiers avaient ravagé près de 19 millions d’hectares au Canada, soit sept fois la moyenne annuelle. En Nouvelle-Écosse, dans le nord de l’Ontario et en Colombie-Britannique, les feux de forêt ont entraîné des évacuations massives et obligé des milliers de personnes à se réfugier dans des abris d’urgence.

D’un bout à l’autre des États-Unis, le ciel s’est couvert d’un grand voile jaunâtre toxique. Les New-Yorkais l’ont surnommé le « smog canadien ».

Chez Coulson Aviation, l’heure était au combat contre cette catastrophe naturelle. L’entreprise familiale de troisième génération de Port Alberni, en Colombie-Britannique, pouvait compter sur plus de trois décennies d’expérience en gestion forestière et en lutte contre les incendies.


Avec ses effectifs qui foulent tant la terre que les airs, Coulson Aviation a exporté ses compétences et ses technologies à travers le monde, se retrouvant souvent à lutter contre des incendies sur plusieurs continents simultanément. Présente aux États-Unis, au Chili et désormais de plus en plus dans la région de l’Indo-Pacifique, notamment en Australie, l’entreprise a développé des technologies de pointe lui permettant entre autres de détecter et de combattre les incendies la nuit.   

Grâce à l’aide d’Exportation et développement Canada (EDC), elle est devenue bien plus qu’une entreprise technologique; elle est un chef de file mondial dans le domaine de la lutte aérienne contre les incendies dont le succès repose sur le courage, la sueur et les ampoules de braves gens.

Le contexte

Coulson Aviation offre ses services de gestion forestière depuis 1960. Wayne Coulson et son fils, Britt, dirigent l’entreprise, qui a été fondée par le père de Wayne, Cliff Coulson.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Cliff est rentré chez lui en Colombie-Britannique. Comme beaucoup de jeunes hommes partis à la guerre, il cherchait à retrouver le réconfort et la paix sur la côte Ouest. Les arbres et les forêts ont été pour lui un antidote au chaos des combats. Ayant également toujours été très travaillant, il démarra bientôt une entreprise de débroussaillage.

En 1960, Cliff avait épargné suffisamment d’argent pour acheter une société de gestion des terres à Port Alberni. Son plus jeune fils, Wayne, a suivi ses traces, mais pas derrière un bureau. On lui a plutôt donné une pelle et une hache, puis on l’a envoyé dans des contrées sauvages pour qu’il apprenne à gérer la terre sous tous ses aspects.

Au fur et à mesure que l’entreprise grandissait, les Coulson se sont tournés vers la fabrication. Mais au lieu de profiter de leur succès, en 1986, le père et son fils ont fait un pari risqué. Ils ont acheté un hélicoptère et se sont lancés dans l’hélidébardage, une activité qui n’est pas de tout repos.

Contrairement aux méthodes employées par les pionniers de la côte Ouest, qui avaient recours aux chevaux pour défricher les terres, l’hélidébardage est efficace et respectueux de l’environnement. Nul besoin de routes pour faire venir des débusqueurs et des bulldozers; les arbres sont plutôt coupés de manière sélective et transportés par voie aérienne au moyen de câbles suspendus sous un hélicoptère.

Wayne Coulson and his son Britt Coulson standing in front of a Coulson Aviation aircraft

Britt et Wayne Coulson sont debout devant leur C-130 Hercules


Encore une fois, le sens des affaires des Coulson s’est avéré payant.

Rapidement, ils sont passés d’un hélicoptère à quatre et leur bail forestier initial s’est multiplié pour en donner six au total. Au début des années 1990, l’usine de transformation du bois des Coulson fonctionnait 24 heures sur 24 avec 900 employés. Mais les étés insulaires sont longs et chauds, et les feux de forêt étaient fréquents. Les Coulson ont donc décidé d’adapter leurs hélicoptères, non pas pour l’exploitation forestière, mais pour la lutte contre les incendies.

« Nous avons décidé de vendre 70 % de nos activités pour nous concentrer sur la lutte contre les incendies. Nous entretenions de bonnes relations avec le Service forestier américain, qui souhaitait mettre en service nos avions-citernes de prochaine génération. Nous allions toutefois avoir besoin d’un nouvel avion : le C-130 », explique Wayne Coulson à propos du plan d’expansion ambitieux de son entreprise.

Les solutions d’EDC

En tant qu’entreprise de taille moyenne, Coulson Aviation n’avait pas le capital nécessaire pour acheter la flotte souhaitée par les Étatsuniens. Elle s’est donc tournée vers EDC pour obtenir de l’aide.

« Nous n’étions pas une grande entreprise et nous nous sommes adressés à EDC pour discuter de solutions. C’est à ce moment que nous avons pu financer l’achat de l’avion », se remémore Wayne.

Grâce au soutien d’EDC, les Coulson ont remporté le contrat étatsunien et acheté le premier de leurs cinq avions C-130 Hercules de pointe.

« Voilà le genre de solutions qui nous ont été offertes par EDC au fil des années. Elles nous ont aidés à bâtir notre entreprise », affirme Wayne.

L’expansion en Indo-Pacifique

Coulson Aviation a finalement décentralisé ses bureaux en Australie, qui est devenue une rampe de lancement pour son expansion en Indo-Pacifique.

Traditionnellement, les agriculteurs indonésiens ont eu recours au brûlage dirigé pour défricher la terre. Mais sans l’équipement adéquat ou les connaissances techniques, le brûlage de parcelles isolées peut se transformer en feux de forêt, se propageant aux régions avoisinantes à Singapour et en Malaisie, coûtant ainsi des milliards de dollars au gouvernement indonésien en dédommagement.

Coulson Aviation y a vu une occasion de transmettre ses connaissances et ses compétences en matière de lutte contre les incendies en Indonésie. Mais si faire des affaires dans cette région en plein essor offre son lot de possibilités, cela comporte également des risques élevés.

« En Indonésie, se faire payer est toujours le plus gros enjeu, explique Wayne à propos du principal défi de son entreprise.

Les autres pompiers de l’air qui étaient là-bas n’ont pas tous connu du succès. Certains n’ont pas été payés. Ce ne fut pas notre cas, mais uniquement parce que nous pouvions compter sur le soutien d’EDC. »

Grâce à l’Assurance crédit d'EDC qu’elle avait souscrite, Coulson Aviation a réduit ses risques et son contrat indonésien a été réglé en entier. Sans l’aide d’EDC, il croit que l’entreprise aurait subi d’énormes pertes.

Nous sommes reconnaissants envers EDC de nous avoir protégés. Nous n’aurions pas pu poursuivre les contrats en cours sans ce soutien.

Dire que tout a commencé avec un ancien combattant de retour chez lui qui a créé une entreprise à lui seul. Maintenant chef de file mondial dans le domaine de la lutte aérienne contre les incendies, Coulson Aviation est l’exemple parfait de la capacité d’une famille à bâtir une entreprise internationale prospère. Wayne remercie son épouse, Suzan, qui est à ses côtés depuis 42 ans, et ses fils, Britt et Foster, de lui avoir apporté le soutien dont il avait besoin pour faire croître et survivre son entreprise dans la dangereuse industrie du combat contre les incendies.

« C’est un peu comme si on jouait chaque jour dans les séries éliminatoires. C’est ce que nous disons à nos équipes. On ne peut pas se permettre d’avoir une mauvaise journée », conclut-il.