À première vue, c’était un prêt à la construction comme les autres, accordé à une entreprise expérimentée qui construisait des appartements de copropriété de deux et trois chambres dans le Nord du Canada. Les ventes sur plan se chiffraient déjà à 5 millions de dollars, et la nouvelle construction dans la région de Whitehorse était à moitié terminée.

De Saskatoon, où siège la Banque des Premières Nations du Canada (BPNC), Dan Murza s’était rendu sur place en avion pour rencontrer Wayne Cunningham, le propriétaire de Kareway Homes. En tant que vice-président associé responsable des services bancaires aux entreprises à la BPNC, Dan Murza met un point d’honneur à rencontrer ses clients en personne et à visiter les projets que finance la banque.

À mi-projet, M. Cunningham a eu besoin de fonds supplémentaires pour respecter les délais, car les premiers acheteurs devaient emménager dans six mois. Compte tenu de l’intérêt constant que suscitaient les appartements restants, la demande de financement aurait dû passer comme une lettre à la poste.

Mais la pandémie de COVID-19 est venue tout changer. Les institutions financières canadiennes ont dû prendre des décisions difficiles dans des situations où un prêt aurait normalement été accordé sans problème. « Nous nous sommes sentis terriblement mal », se souvient Dan Murza, lorsqu’il a fallu annoncer à Wayne Cunningham qu’il ne pouvait lui octroyer de crédit supplémentaire. Presque du jour au lendemain, les valeurs immobilières sont devenues incertaines. Personne ne savait s’il y aurait même encore un marché de l’immobilier dans six mois. Les personnes qui avaient déjà acheté un appartement moderne de 2 000 pieds carrés s’inquiétaient que la vente tombe à l’eau. « Ça n’aurait pas pu tomber plus mal », se rappelle-t-il.

L’incertitude liée à la COVID-19 s’accentue

Wayne Cunningham, ancien président de la Yukon Homebuilders Association qui travaille dans le secteur de la construction depuis 40 ans, a expliqué à ses fournisseurs qu’il n’avait pas obtenu le prêt. Il n’était pas prêt à interrompre les travaux, mais il voulait être transparent quant aux difficultés qu’il rencontrait. Deux de ses plus gros fournisseurs étaient des partenaires de longue date dont il avait besoin pour le bois d’œuvre, les fenêtres, les portes et beaucoup de finitions intérieures.

Bien vite, M. Cunningham a commencé à perdre le sommeil à l’idée de ne pas pouvoir rémunérer ses employés. La perspective de devoir licencier notamment des employés permanents qui travaillaient pour lui depuis 25 ans n’était pas seulement une source de stress et de tourment. « C’est comme s’ils faisaient partie de ma famille. Sans parler de tout le travail de formation qu’exigerait le recrutement de nouvelles personnes le moment venu », confie-t-il en secouant la tête. Et pour couronner le tout, lorsque les mesures de distanciation physique ont été prises, les quelques appels par semaine d’acheteurs potentiels sont tombés à zéro.

« Je comprenais pourquoi on me refusait le prêt, mais ça n’en était pas moins complètement décourageant », se rappelle Wayne Cunningham. Sa femme Carol acquiesce d’un signe de tête. Le couple est marié depuis 40 ans. Entrepreneure elle aussi, Carol travaille étroitement avec son mari, pour qui elle s’occupe des ventes, des relations avec la clientèle et de la recherche de produits.

« Perdre ce financement, ce n’était pas juste croiser un obstacle sur notre chemin, se remémore-t-elle. C’était ni plus ni moins tomber d’une falaise. »


Le couple a dû emprunter de l’argent à des amis et utiliser ses cartes de crédit le temps de trouver une façon de financer le reste de la construction. Or les seules options à leur disposition auraient fortement alourdi le coût du projet.

C’est à ce moment-là qu’ils ont reçu un coup de fil inattendu de Dan Murza. La BPNC était en plein déploiement du Programme de crédit aux entreprises (PCE) du gouvernement du Canada. Et il s’est dit qu’en ajoutant au prêt une garantie d’EDC, la banque pourrait lui accorder le financement nécessaire pour terminer le projet. Wayne Cunningham a rempli la demande le jour même. Avec l’aide d’EDC, le risque serait nettement moins élevé pour la banque. Deux jours plus tard, le prêt était approuvé.

Cet appel a été une très grande source de fierté pour Dan Murza. « Une fois le PCE mis en œuvre, il s’est avéré très rapide de structurer et d’exécuter une transaction de ce type et même de décaisser les fonds. L’entreprise obtient ce dont elle a besoin, et la garantie apporte à la banque l’assurance qu’il lui faut dans ce contexte de crise sanitaire. »

La BPNC entend faire appel au soutien d’EDC dans le cadre du nouveau programme pour des clients de nombreux secteurs (foresterie, commerce de détail, hôtellerie, aviation, industrie, etc.). Consciente que beaucoup d’entreprises se sentent dépassées par la situation, la banque a décidé de prendre les devants en proposant à ses clients commerciaux différentes solutions aux difficultés qu’ils rencontrent à cause de la pandémie.

« J’ai été impressionné par le soutien et la rapidité de réaction d’EDC malgré le fait qu’il s’agissait d’un nouveau programme. Nous avons ainsi pu le mettre en œuvre et l’offrir aux clients rapidement, ce qui est inestimable, car nous savons à quel point les entreprises canadiennes ont besoin de liquidités en ce moment. Il fallait faire vite, et EDC a bien fait les choses. »

« Ces outils visent à permettre à un grand nombre d’entreprises de bénéficier d’un financement qu’elles n’auraient pas pu avoir dans d’autres circonstances afin qu’elles puissent traverser cette période particulièrement difficile. »

Dan Murza  —  Vice-président associé responsable des services bancaires aux entreprises Banque des Premières Nations du Canada

Le mandat d’EDC a été élargi pour qu’elle puisse venir en aide aux entreprises canadiennes qui n’exportent pas – en plus des milliers d’exportateurs qu’elle sert déjà. Mais Dan Murza reconnaît que beaucoup de ses clients ne savent pas comment tirer profit du partenariat entre EDC et la BPNC. Pour l’instant, la plupart essaient juste de traverser cette crise sanitaire mondiale en gardant la tête hors de l’eau. Ils s’efforcent de gérer leur situation financière au jour le jour tout en essayant de prévoir où ils seront dans six mois et plus. « La plupart des entreprises réussissent très bien à mesurer les répercussions de la COVID-19 sur leurs activités, que ce soit évaluer leurs besoins, faire des prévisions ou déterminer leur capacité de rétablissement », explique-t-il.

Dan Murza conseille aux propriétaires d’entreprise canadiens de demander à leur institution financière comment elle peut leur venir en aide : « Si l’institution dispose d’un arsenal complet d’outils, parmi lesquels figurent les programmes d’EDC, elle devrait pouvoir trouver une solution pour combler leurs besoins de fonds de roulement. Ces outils visent à permettre à un grand nombre d’entreprises de bénéficier d’un financement qu’elles n’auraient pas pu avoir dans d’autres circonstances afin qu’elles puissent traverser cette période particulièrement difficile. »

Quant à Wayne Cunningham, il en est déjà à présenter des demandes de permis pour son prochain projet de construction. Grâce aux nouvelles mesures de santé et sécurité en place pour son personnel et à la solide relation avec sa banque, il aborde l’avenir avec confiance. « Je recommence à recevoir des appels pour les appartements restants. Alors oui, la situation s’améliore », se réjouit-il.

 

À propos de la Banque des Premières Nations du Canada 

La Banque des Premières Nations du Canada (BPNC) est une banque à charte canadienne dont la mission principale est d’offrir des services financiers aux entrepreneurs autochtones. Elle est détenue et contrôlée à plus de 80 % par des Autochtones, et 90 % de ses clients sont issus des Premières Nations. La BPNC fournit à des particuliers, à des sociétés et à des gouvernements, autochtones ou non, une gamme complète de services bancaires tels que des prêts, des prêts hypothécaires, des placements (enregistrés ou non), des comptes d’opérations et des solutions de gestion de trésorerie, en plus des services de fiducie assurés par sa filiale en propriété exclusive, FNB Trust.

À propos de Kareway Homes

Kareway Homes est une entreprise familiale du Yukon qui construit tous types de bâtiments, de la première maison modeste à la demeure sur mesure à plusieurs millions de dollars, en passant par les boutiques, les immeubles et les importants projets résidentiels multifamiliaux. Son propriétaire, Wayne Cunningham, détient plus de 40 ans d’expérience en construction. Sa femme Carol a développé des compétences diversifiées en relations avec la clientèle et en conception. Depuis 20 ans, Kareway Homes est fière de mettre son expertise au service de propriétaires individuels, d’organismes gouvernementaux et de Premières Nations du Nord du Canada au travers d’un large éventail de projets.