Une place plus grande pour les exportateurs dans les chaînes de valeur mondiale
Précisions au sujet de l’auteur
Glen Millard
Vice-président régional pour l'Ontario
Dans cet article :
Alors que les exportateurs canadiens continuent d’axer leurs efforts sur la recherche de nouveaux marchés mondiaux pour diversifier leurs activités et attirer davantage de clients, des études montrent qu’ils pourraient tirer plus de valeur du commerce et renforcer l’économie canadienne en misant sur l’innovation, les investissements stratégiques et des biens et services plus complexes.
« Le Canada possède de puissants facteurs d’attractivité économique au sein même de ses frontières : d’abondantes ressources naturelles, des institutions de recherche de premier ordre, des entreprises innovantes, une main-d’œuvre très qualifiée et un climat d’investissement stable », affirme Alison Nankivell, présidente et chef de la direction d’Exportation et développement Canada (EDC) dans l’avant-propos du dernier livre blanc d’EDC, Des ressources à la résilience : le Canada peut tirer plus de valeur du commerce.
« Si nous développions ces capacités à grande échelle pour fabriquer des produits uniques et complexes qui procurent au Canada un avantage concurrentiel, nous pourrions générer des retombées concrètes pour l’économie : d’abord, une augmentation de près de 100 milliards de dollars du produit intérieur brut (PIB) en valeur actuelle d’ici la prochaine décennie; puis, un renforcement des capacités et de la productivité », explique Mme Nankivell.
Depuis plusieurs dizaines d’années, certains pays, comme le Japon, l’Allemagne et la Corée du Sud, se sont tournés vers des activités à plus forte valeur ajoutée, tandis que le Canada, lui, a pris la direction opposée, en se concentrant davantage sur la production et la vente de matières premières. La complexité économique du pays a reculé depuis le milieu des années 1990, ce qui a fait chuter la productivité et entraîné une diminution d’environ 3 % de la croissance du PIB réel par habitant en dix ans.
Selon le rapport des Services économiques d’EDC, les exportateurs canadiens peuvent contribuer à inverser la tendance en proposant des produits et des services plus complexes. Au lieu de se limiter à l’exportation de matières premières, ils peuvent miser sur leurs atouts en se lançant dans des activités à plus forte valeur ajoutée, notamment dans les domaines de la conception, de la production, du marketing, de la distribution et de la prestation.
Cette approche offrira, à son tour, la possibilité de réaliser des marges plus élevées, de générer des revenus récurrents grâce à de nouvelles activités et de se démarquer sur les marchés nationaux et mondiaux.
Que signifie concrètement se tailler une plus grande place dans les chaînes de valeur mondiale ? Prenons l’exemple de la réussite d’AGT Food and Ingredients (AGT), une entreprise agroalimentaire de la Saskatchewan qui compte parmi les clients stratégiques d’EDC depuis plus de 25 ans.
Depuis sa création en 2001, l’entreprise est passée du commerce en vrac de légumineuses (pois et lentilles) à la production intégrée verticalement d’aliments emballés, d’ingrédients à base de légumineuses et de protéines végétales.
Parmi ses produits à plus forte valeur ajoutée figurent les pâtes à base de pois ou de lentilles corail et la chapelure à base de pois. Pour fabriquer ces produits, AGT s’appuie sur ses infrastructures et son expertise dans la transformation des légumineuses. Elle a également renforcé ses capacités de chargement et de transport en vrac grâce à des acquisitions et à des investissements stratégiques.
À l’instar d’AGT, de plus en plus de clients d’EDC réussissent sur les marchés mondiaux parce qu’ils tirent davantage de valeur du commerce. Ces réussites reposent notamment sur les éléments suivants :
- Des investissements dans la fabrication de pointe, ainsi que dans la machinerie, les équipements et les technologies pour concevoir des produits plus complexes : par exemple, certains producteurs de bois d’ingénierie ont commencé à utiliser des systèmes avancés, notamment des technologies robotiques de pointe, afin d’améliorer la précision de leurs procédés de fabrication et de favoriser l’innovation.
- Le passage des produits de base à des produits à valeur ajoutée : Les entreprises du secteur agroalimentaire délaissent progressivement la vente de produits agricoles primaires au profit de la fabrication de produits alimentaires transformés et de marque.
- Le développement des capacités dans le secteur des minéraux critiques, au-delà de leur extraction : De plus en plus d’entreprises canadiennes investissent dans des capacités de transformation et de raffinage des minéraux critiques, tels que les éléments des terres rares, le graphite et le lithium. Cette évolution a multiplié les débouchés dans plusieurs secteurs, notamment ceux de l’automobile, de la défense et de l’aéronautique.
- La participation à des projets internationaux de grande envergure dans le domaine des technologies propres qui associent les énergies renouvelables, la transformation des minéraux critiques et la fabrication de pointe. Ces projets permettent aux entreprises canadiennes de s’intégrer aux chaînes d’approvisionnement mondiales et créent des possibilités d’exportation de technologies, de savoir-faire et de produits spécialisés.
Pour de nombreuses entreprises, le manque de capital constitue un obstacle à la concrétisation des occasions qui leur permettraient de tirer davantage de valeur du commerce. Les solutions d’EDC, comme le Programme de garanties d’exportations, le Programme de prêts à l’expansion internationale et la Marge pour garanties de cautionnements bancaires, peuvent aider les exportateurs canadiens à accéder à du financement supplémentaire auprès de leurs banques. Pour en savoir plus : Garanties de fonds de roulement d’EDC.
Apera AI a su tirer plus de valeur du commerce mondial
Apera AI, une entreprise en démarrage du secteur technologique établie à Vancouver, en Colombie-Britannique, a su transformer son expertise dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA) et de la fabrication de pointe en exportations à forte valeur ajoutée destinées aux marchés mondiaux. Sa technologie de vision 4D combine des caméras, l’IA et l’apprentissage automatique pour permettre aux robots industriels d’exécuter des tâches complexes avec plus de précision et d’efficacité. Celle-ci est utilisée dans des installations de fabrication sur plusieurs continents, y compris en Europe. En 2026, Apera AI tirait la majeure partie de ses revenus de l’exportation.
L’un des facteurs clés de la réussite de l’entreprise est la constance de ses investissements dans l’innovation, les technologies de pointe et le savoir-faire spécialisé. Deux programmes d’EDC ont aidé Apera AI à poursuivre ses investissements : le Programme de garanties d’exportations, qui lui a permis d’accéder à des fonds de roulement pour financer ses stocks et honorer ses commandes internationales, et la Marge pour garanties de cautionnements bancaires, qui l’a aidée à répondre aux exigences de cautionnement sans donner d’actifs en garantie. Ces deux programmes ont permis à Apera AI de continuer à investir dans la recherche et le développement pour stimuler sa croissance et accroître ses ventes sur les marchés internationaux.
L’expérience d’EDC auprès des exportateurs canadiens a permis de dégager plusieurs pistes pour se tailler une plus grande place dans les chaînes de valeur mondiale :
- C’est la manière dont les entreprises exploitent les ressources et les idées une fois celles-ci générées qui permet de générer de la valeur ajoutée. Les gains les plus importants en matière de revenus et de compétitivité à l’exportation proviennent d’activités commerciales, comme la transformation, le raffinage, le développement de produits, la production de matériaux de pointe, le développement de la marque et la commercialisation.
- Les entreprises doivent investir stratégiquement dans de nouvelles capacités afin de se tailler une plus grande place dans leur chaîne de valeur.
- Investir dans les bonnes capacités peut tout changer. EDC peut aider les exportateurs à déterminer celles qui pourraient offrir le meilleur rendement du capital investi. Nous proposons des renseignements sur les marchés, des solutions financières et des services consultatifs pour soutenir la croissance des entreprises, leur expansion internationale et l’innovation.
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On ne pourra pas accroître la part du Canada dans les chaînes de valeur mondiale sans un effort national coordonné par le gouvernement, les industries et les investisseurs. Dans son livre blanc, EDC a défini six mesures prioritaires pour créer des conditions favorables aux exportateurs canadiens :
1. Concevoir un cadre commercial intégré qui englobe l’écosystème dans son ensemble : Les entreprises canadiennes doivent regarder au-delà des exportations de biens. Les services représentent une part croissante de la valeur ajoutée dans les secteurs de la fabrication et les secteurs axés sur le savoir, tandis que les importations favorisent l’innovation et la productivité en permettant aux entreprises d’accéder aux technologies et aux intrants mondiaux. L’investissement direct canadien à l’étranger peut aussi aider les entreprises canadiennes à s’implanter sur les marchés étrangers.
2. Accroître le capital de croissance pour favoriser l’émergence d’un plus grand nombre de champions mondiaux canadiens : Le Canada doit mettre en place des écosystèmes de financement solides qui permettent d’accéder à des capitaux assortis d’une plus grande tolérance au risque. En Europe, par exemple, les bureaux de gestion de patrimoine, les fondations industrielles et les fonds d’investissement souverains sont devenus d’importantes sources de capital à long terme pour soutenir l’innovation et le développement des capacités.
3. Tirer parti des services à forte valeur ajoutée et de la propriété intellectuelle (PI) : La recherche et le développement, la PI, l’ingénierie, les services professionnels et les conseils techniques favorisent la complexité économique et la création de valeur. Le Canada doit ouvrir davantage de voies favorisant la commercialisation de notre PI au Canada et sa mise à profit au sein des chaînes de valeur mondiale.
4. Accroître notre bassin de talents qualifiés : Le Canada doit tirer parti de sa place de chef de file au sein du G7 en tant que pays comptant la plus forte proportion d’adultes en âge de travailler et adopter une stratégie plus globale en matière de capital humain; un programme qui complète la formation technique et la formation en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques (STIM) par l’acquisition de compétences dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la gestion et des affaires.
5. Renforcer nos infrastructures de facilitation du commerce : Des infrastructures physiques et numériques efficaces permettent aux exportateurs de prendre part à des activités commerciales plus complexes et à plus forte marge bénéficiaire, en réduisant les coûts à chaque étape de la chaîne de valeur.
6. Accroître la diversification du commerce sur les marchés offrant des possibilités à plus forte valeur ajoutée : Le Canada devrait se concentrer davantage sur les marchés qui exigent des capacités avancées dans un plus grand nombre de chaînes de valeur mondiale. La diversification régionale est un volet crucial : l’ouverture à un éventail de marchés oblige les exportateurs à améliorer leurs produits et leurs processus pour répondre à des normes plus strictes et aux besoins variés des clients.
Une stratégie commerciale repensée, axée sur la fabrication de produits uniques et complexes et sur la conservation d’une plus grande part de la valeur économique générée dans les chaînes de valeur mondiale, pourrait donner un élan considérable à l’économie canadienne. Les exportateurs canadiens peuvent participer à cette croissance en investissant dans des innovations qui leur permettront d’offrir des produits et des services à plus forte valeur ajoutée sur les marchés du monde entier.
« Le Canada possède déjà bon nombre des éléments nécessaires pour développer des secteurs industriels capables de rivaliser sur la scène mondiale. Notre pays doit saisir la balle au bond : tirer parti de ses atouts, attirer des investissements, étoffer ses capacités et créer les conditions qui aideront les entreprises canadiennes à tirer plus de valeur des idées, des ressources et des innovations qui font rayonner le Canada dans le monde », déclare Alison Nankivell.
Vous devriez également consulter
Le livre blanc phare d’EDC sur la façon de renforcer la compétitivité du Canada, de hausser la valeur de ses exportations et de croître à long terme.
Pour vous tailler une plus grande place dans la chaîne de valeur de vos produits ou services, vous devez d’abord déterminer les capacités à développer.
1. Quelles activités de votre chaîne de valeur génèrent les marges les plus élevées ?
Si vous exportez du bois d’œuvre, vous constaterez peut-être que les produits en bois d’ingénierie ont une valeur nettement supérieure à celle du bois de construction traditionnel. Une analyse approfondie des activités en aval associées à vos produits ou services peut vous aider à repérer des occasions de réaliser des marges plus élevées.
2. Quelles activités commerciales de la chaîne de valeur de vos produits ou services sont actuellement réalisées par des fournisseurs externes ?
Par exemple, un producteur alimentaire qui fait appel à un tiers pour la transformation ou l’emballage de ses produits pourrait effectuer ces activités lui-même. Pour ce faire, il pourrait procéder à une acquisition stratégique ou investir dans de nouvelles installations, de nouveaux équipements et du personnel possédant des compétences spécialisées.
3. Quels éléments liés à la propriété intellectuelle (PI), aux données ou au savoir-faire de votre entreprise pourriez-vous commercialiser ?
Vous pourriez vendre vos technologies exclusives ou votre savoir-faire spécialisé en matière de production à des clients étrangers. Par exemple, une plateforme de gestion des stocks que vous avez développée pour répondre à vos propres besoins pourrait intéresser une entreprise similaire dans un autre pays.
4. Quels produits ou marchés connexes pourraient s’inscrire naturellement dans le prolongement de vos activités actuelles ?
Une entreprise de transformation de légumineuses, comme AGT, pourrait tirer parti de ses capacités existantes pour développer des ingrédients, des aliments emballés ou des protéines végétales à plus forte valeur ajoutée. De même, une entreprise de transformation de poisson pourrait chercher à établir un partenariat avec une entreprise du secteur médical qui utilise la peau de poisson pour le traitement des plaies.
5. Quels talents, partenariats ou investissements pourraient vous permettre de tirer plus de valeur du commerce ?
Par exemple, un producteur de minéraux critiques pourrait s’associer à une entreprise technologique ou investir dans des capacités de transformation pour étendre ses activités au-delà de l’extraction. De même, si vous fournissez des matériaux de pointe destinés à la fabrication à petite échelle, un investissement dans la technologie d’impression 3D pourrait vous permettre d’élargir vos capacités tout au long de la chaîne de valeur.
Vos réponses à ces questions pourraient faire émerger de nouvelles idées de produits ou de services uniques et complexes qui vous permettront de tirer plus de valeur du commerce. EDC peut vous accompagner dans la prochaine étape de votre croissance internationale grâce à des solutions qui vous aideront à maximiser votre fonds de roulement et à protéger vos flux de trésorerie. Communiquez avec EDC dès aujourd’hui.