Les partenaires commerciaux stressés parcourent les impacts COVID.

1. Prolongation de la crise de la COVID-19    

La pandémie de COVID-19 a porté un coup sans précédent à l’économie mondiale, criblant de dettes maints pays, dont le Canada. La reprise économique dépendra de la réouverture des nations du monde entier. Le risque réside dans la trajectoire incertaine qu’empruntera le virus ainsi que dans les vagues de contagion subséquentes et l’incapacité à prédire quand un vaccin sera disponible. La grande dépendance du Canada aux échanges commerciaux nous rend vulnérables à la propagation du virus et à ses répercussions sur la fermeture ou l’ouverture du commerce mondial. À n’en point douter, toute cette incertitude complique la tâche des exportateurs et des investisseurs canadiens.

Drapeaux américains et chinois imposés aux conteneurs d'expédition.

2. Rivalité entre les États-Unis et la Chine

La concurrence stratégique entre les États-Unis et la Chine continue d’être à l’avant-plan. Si l’on se fie à l’escalade des tensions commerciales, ces deux géants de la sphère géopolitique cherchent à faire payer au maximum leur adversaire au lieu d’alimenter l’économie mondiale. Les missions de paix, les accords de libre-échange et la coopération internationale dans une foule de domaines sont relégués au second rang. Les tensions actuelles pourraient dégénérer en une confrontation encore plus houleuse, d’abord sur le plan économique. Les pays et les entreprises du monde entier sont entraînés dans le conflit sino-américain et pourraient avoir à choisir un camp. Cette grande lutte de pouvoir ne cesse de s’intensifier, et on n’en connaît pas encore les conséquences à long terme.

 

 

Clôture grillagée présentant d’un côté un paysage d’hiver et de l’autre un joli jardin

3. Protectionnisme mondial

Ces dernières années, le populisme a atteint un nouveau sommet lorsque le Royaume-Uni a choisi de quitter l’Union européenne et que les États-Unis ont élu Donald Trump. La montée du protectionnisme a exacerbé les tensions commerciales et diplomatiques, ce qui a entravé le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement mondiales. La pandémie de COVID-19 a accru les risques de perturbations, les pays agissant pour protéger leurs secteurs stratégiques et potentiellement former des chaînes d’approvisionnement locales. Les obstacles au commerce et à l’investissement sont des plus problématiques pour les exportateurs canadiens, comme l’illustrent les résultats du récent sondage d’EDC sur l’indice de confiance commerciale. Les exportateurs espèrent que l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) conclu récemment atténuera ce risque. 

Place du marché animée en Pologne

4. Montée rapide de la dette souveraine

La majorité des banques centrales sur les marchés émergents ou développés ont réduit les taux d’intérêt pour stimuler leur économie. La pandémie a accentué cette tendance, favorisant les emprunts pour limiter les effets néfastes de l’arrêt soudain de l’activité économique et soutenir la relance économique. Devant cet assouplissement monétaire et cette baisse des dépenses publiques, certains pays déjà surendettés risquent de ne plus pouvoir honorer leurs obligations de paiement, surtout si les taux d’intérêt venaient à augmenter. L’inquiétude entourant le niveau d’endettement de certains pays pourrait nuire aux entreprises canadiennes qui y font des affaires.

 

 

Investisseurs jetant un regard inquiet sur un écran de la Bourse

5. Hausse vertigineuse de l’endettement des sociétés à l’échelle du globe

L’endettement des sociétés est en hausse à l’échelle mondiale ces dernières années, et la qualité de leurs dettes se dégrade. À l’instar des gouvernements, les entreprises voulant profiter des taux d’intérêt plus faibles se sont empressées d’émettre des obligations et de s’endetter davantage. Même avant la pandémie, le Fonds monétaire international (FMI) a multiplié les avertissements sur l’endettement des sociétés, qui atteignait des niveaux risqués. L’incapacité des entreprises à verser leurs paiements obligataires à temps pourrait entraîner une vague de défauts qui déstabiliserait encore plus les marchés financiers et aggraverait potentiellement le choc économique de la COVID-19. Cette situation pourrait à son tour défavoriser les entreprises canadiennes faisant des affaires à l’étranger.

Globe de cristal déposé dans la paume d’un homme.

6. Récession mondiale

La crainte de plonger dans une récession aux proportions planétaires s’est concrétisée dans les derniers mois, à cause de la pandémie et de ses conséquences sur l’économie mondiale. La récession frappe déjà de nombreux pays partout dans le monde. Bien que les gouvernements prennent des mesures extraordinaires pour lutter contre la crise, il est fort probable que le ralentissement économique mondial persiste, provoquant ainsi une récession dans le monde entier. Le Canada n’est pas à l’abri des risques associés à un ralentissement prolongé. Une croissance anémique découlant d’une compression des dépenses et des investissements pourrait desservir les entreprises canadiennes à plusieurs égards, notamment le tassement  de la demande de la part des consommateurs et des entreprises, ce qui toucherait presque tous les maillons de leurs chaînes d’approvisionnement.

 

 

Feu rouge devant le Capitole américain.

7. Paralysie politique aux États-Unis

L’élection présidentielle américaine aura lieu en novembre, potentiellement en plein cœur d’une pandémie, d’une récession économique et de grands mouvements de protestation. Selon l’issue du scrutin, une période prolongée d’incertitude politique accompagnée d’une capacité limitée à  mener des réformes importantes pourrait représenter un risque majeur pour le Canada et ses entreprises présentes sur le marché américain.

Drapeau américain hissé devant une institution bancaire

8. Isolationnisme des États-Unis et vide géopolitique

Les États-Unis se repliant de plus en plus sur eux-mêmes, le pays risque de limiter ses relations diplomatiques avec les institutions multilatérales, comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que la conclusion d’accords commerciaux multilatéraux; d’ailleurs, divers pays tentent déjà activement de combler ce manque de leadership éventuel. Ces institutions, qui ont contribué à la stabilité économique et politique mondiale de l’après-guerre, risquent de se faire remplacer ou de perdre leur pertinence. Le Canada et ses exportateurs dépendent de cet ordre établi, et tout bouleversement à ce chapitre poserait de nouveaux risques.

 

 

Un militant afro-américain manifeste avec un foulard sur la bouche.

9. Tensions sociales profondes

Devant la détérioration des conditions socio-économiques, les inégalités et la morosité des perspectives économiques, un nombre croissant de pays fait face à des tensions sociales. La pandémie de COVID-19 dégrade les conditions de vie des populations défavorisées, faisant sombrer plus de gens dans la pauvreté et ruinant beaucoup d’avancées qui ont fait progresser la classe moyenne. Les vastes mouvements de protestation dans les grandes capitales sont de plus en plus fréquents et perdurent dans le temps, et les citoyens sont mécontents de la réponse du gouvernement. Le taux de chômage élevé et la faible croissance économique attisent les tensions sociales dans certains pays où elles étaient déjà vives, ce qui accroît la violence et l’instabilité. Ce contexte présente des risques accrus pour les investisseurs et les exportateurs canadiens qui font des affaires à l’étranger.

 

Hacker surveille la carte du monde à l'écran.

10. Guerre informatique

La possibilité que des cyberattaques se transforment en cyberguerre représente une menace croissante. À l’heure où les multinationales continuent d’intensifier leur passage au numérique – notamment leurs activités, leurs chaînes d’approvisionnement et leurs transactions – et où les entités publiques et privées dépendent plus que jamais des technologies de l’information pour gérer leur infrastructure névralgique, les cyberattaques sont appelées à poser un risque croissant. Les attaques de plus grande étendue et gravité viseraient les infrastructures essentielles d’un pays, par exemple la production et la distribution d’électricité, le transport ou les sites manufacturiers. De plus, il faut s’attendre à ce que le pays attaqué riposte. Une entreprise canadienne qui tenterait d’exercer ses activités sur place durant ou après une telle attaque pourrait s’exposer à des dommages ou se heurter à des obstacles majeurs.

Principaux risques 2019 vs 2020