Un travailleur dans une usine du Québec teste la force de blocs de béton sans ciment.

CarbiCrete remporte le concours de présentations 2022 d’EDC

« Après l’eau, c’est la substance qu’on utilise le plus sur Terre, mais souvent, on ne se rend pas compte que le ciment que contient le béton est mauvais pour l’environnement », indique Chris Stern de CarbiCrete, l’entreprise gagnante du concours de présentations de cette année, organisé par Exportation et développement Canada à l’intention des entreprises du secteur des technologies propres.

Le ciment est le plus grand polluant industriel en carbone, on lui attribue « 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) », ajoute le fondateur et PDG de l’une des entreprises technologiques durables les plus dynamiques au Canada. 

Lors de la dernière Semaine de l’exportation des technologies propres organisée par EDC, CarbiCrete faisait partie des cinq « meilleures des meilleures » entreprises canadiennes invitées à prendre part au troisième concours annuel, qui a eu lieu le 26 octobre.

« C’est l’occasion de mettre en valeur les entreprises prometteuses du secteur des technologies propres et de montrer les retombées de leurs solutions dans la lutte contre les changements climatiques », expose Lynn Côté, responsable nationale de l’équipe des technologies propres à EDC et modératrice de l’événement virtuel de 2022.

« Nous avons choisi CarbiCrete en raison de la grande incidence de sa technologie sur l’environnement », poursuit Mme Côté, qui ajoute que le gagnant du concours a été choisi par un panel de six juges et grâce au vote du public.

L’entreprise

Fondée en 2016, CarbiCrete a breveté une technologie permettant de produire du béton sans ciment et carbonégatif. Au lieu du ciment, nous utilisons des scories d’acier – un déchet industriel facile à obtenir auprès d’aciéries – comme liant dans les produits en béton préfabriqués.

Le mélange est façonné en blocs de construction standard. On fait durcir le béton pendant 24 heures dans des chambres d’absorption spéciales où l’on injecte du CO2. Le CO2 réagit avec les scories d’acier présentes dans le béton frais; il est capturé et converti en carbonates de calcium, qui donne au béton toute sa résistance.

Un bloc de béton sans ciment durcit dans une chambre d’absorption spéciale dans laquelle est injecté du CO2.


Il faut habituellement 28 jours au béton ordinaire pour durcir, mais le processus de CarbiCrete est 97 % plus rapide. Le fait qu’il est possible d’installer cette nouvelle technologie dans les usines actuelles représente un autre avantage.

« Les fabricants de ciment n’ont pas à construire de nouvelles usines. Ils n’ont qu’à modifier leur système de durcissement », explique M. Stern, qui a travaillé dans le secteur de l’énergie solaire avant de fonder CarbiCrete.

Et comme il l’a mentionné aux juges durant sa présentation de cinq minutes, cette technologie négative en carbone offre de nombreux avantages du point de vue de l’environnement :

  1. On élimine le ciment.
  2. En n’utilisant plus de ciment, on réduit de 100 % les émissions de GES associées au béton.
  3. Nous utilisons un sous-produit industriel qui autrement constitue un déchet. Chaque année, environ 250 millions de tonnes de scories sont produites et souvent, les « usines doivent payer pour s’en débarrasser », fait valoir M. Stern.
  4. Le CO2 est séquestré de façon permanente dans le béton. 

« Les avantages sont indéniables », ajoute M. Stern, qui cherche à exporter sa technologie en France, en Inde et au Royaume-Uni.

Un projet pilote doit en outre avoir lieu dans une grande usine de Drummondville, au Québec, dont l’objectif ultime est de produire 25 000 blocs quotidiennement. CarbiCrete a pour cible de produire une gigatonne de béton carbonégatif d’ici 2030.

« L’élimination du carbone est une solution permanente. Nous ne nous contentons pas de stocker le carbone dans le sol en nous croisant les doigts. Nous l’éliminons », conclut Chris Stern.