La confiance est un facteur déterminant des résultats économiques. Quand les consommateurs sont confiants, ils sont davantage portés à faire des achats importants, comme une voiture ou une maison; pareillement, les chefs d’entreprise sûrs d’eux sont plus à même d’investir dans le renforcement de leurs capacités de production. Mais lorsque la confiance n’est pas au rendez-vous, les gens sont moins enclins à prendre des risques et à faire des choix.

Le sondage semestriel d’Exportation et développement Canada (EDC) mesure la confiance, en particulier celle d’une catégorie unique d’entreprises canadiennes : celles qui exportent ou qui aspirent à le faire. Comme elles dépendent des développements économiques à l’échelle mondiale, ces entreprises proposent un point de vue intéressant.

Parmi ces entreprises, EDC en sonde 1 000 pour constituer son indice de confiance commerciale (ICC). L’ICC est un sondage prospectif qui met en lumière des considérations absentes des statistiques traditionnelles. Il analyse les attentes des exportateurs concernant l’avenir, l’évolution de leurs stratégies mondiales et leur avis sur les problèmes émergents.

L’économie du Canada dépendant essentiellement du commerce international pour maintenir le niveau de vie de la population, l’ICC est un indice économique révélateur. Les derniers résultats sont d’autant plus intéressants au vu des récentes tensions commerciales.

Des perspectives relativement sombres pour les exportateurs

Ce qui est surtout ressorti du sondage de mi-année 2019, c’est que les exportateurs canadiens sont plus pessimistes à l’égard des perspectives à court terme. L’indice de confiance commerciale, qui a chuté de 5,3 %, est au plus bas depuis la crise de la dette européenne, il y a plus de sept ans.

L’indice de confiance commerciale du Canada n’a jamais été aussi bas en sept ans

L’indice de confiance commerciale du canada n’a jamais été aussi bas en sept ans

Les cinq composantes de l’indice d’EDC ont chuté, confirmant la tendance observée dans les résultats du précédent sondage. Ce déclin généralisé s’explique principalement par des perspectives relativement sombres pour les débouchés sur le marché international, et concorde avec des attentes plus modestes envers l’économie canadienne et l’économie mondiale.
 

Les 5 composantes ont baissé, d’abord à cause des perspectives sombres pour les débouchés sur le marché international

Les 5 composantes ont baissé

Ces résultats indiquent qu’un ensemble de facteurs a assombri les perspectives du point de vue ses exportateurs canadiens, par exemple :

  • l’essoufflement du commerce international;
  • la montée du protectionnisme;
  • l’incertitude des politiques commerciales.

Les tarifs et les obstacles au commerce demeurent toutefois la préoccupation numéro un des entreprises canadiennes qui font des affaires à l’étranger, avant les autres facteurs habituels (recrutement de personnel qualifié, conformité à la réglementation gouvernementale et financement).

Plus d’un tiers des répondants affirment que le protectionnisme a influencé leurs stratégies d’exportation et d’investissement à l’étranger. Ils évoquent l’imposition récente de nouveaux tarifs, les politiques américaines d’achat local et la difficulté d’exporter vers les États-Unis, qui constituent, et de loin, le plus important partenaire commercial du Canada. Environ 31 % d’entre eux soutiennent également que le différend commercial opposant les États-Unis et la Chine nuit à leurs affaires.

Côté perspectives, peu d’exportateurs canadiens s’attendent à voir la situation s’améliorer. La plupart des répondants (92 %) croient que les mesures protectionnistes vont se durcir ou rester les mêmes au cours des 12 prochains mois.
 

La plupart des exportateurs canadiens s’attendent à ce que le protectionnisme demeure stable ou augmente

La plupart des exportateurs canadiens s’attendent à ce que le protectionnisme demeure stable

Sur une note positive, mentionnons toutefois que depuis notre sondage, réalisé en mars et en avril, les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium en Amérique du Nord ont été éliminés. Nous savons que ces tarifs avaient des effets négatifs sur certaines entreprises des secteurs les plus touchés.

L’incertitude liée à l’ACEUM

Ces tarifs constituaient un obstacle majeur à la ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ou ACEUM), qui a mis à jour l’ALENA. Depuis la levée des tarifs, le Mexique a signé l’accord – malgré les menaces d’imposition de tarifs additionnels (lesquelles n’étaient pas directement liées au commerce, mais plutôt aux craintes concernant l’immigration des Centraaméricains vers le sud des États-Unis). Avec le Mexique désormais signataire de l’ACEUM, il faut maintenant que le Canada et les États-Unis ratifient l’accord pour qu’il soit enfin entériné.

Parmi les exportateurs sondés, une faible majorité (55 %) s’attendent à ce que l’ACEUM soit entériné en 2019 ou en 2020, mais une minorité importante (19 %) s’attend à ce qu’il ne le soit pas.

 

Une faible majorité des répondants s’attendent à ce que l’aceum soit entériné en 2019 ou en 2020

Une faible majorité des répondants s’attendent à ce que l’ACEUM soit entériné en 2019 ou en 2020

L’issue incertaine de cet accord commercial empêche certains projets d’investissement au Canada de se concrétiser. Parmi les personnes ayant affirmé que la négociation de l’ACEUM avait influencé leurs plans d’investissement, le plan d’action le plus courant (32 %) est de « reporter les investissements ».

De nouveaux accords commerciaux au service de la diversification?

Après une hausse durant les négociations de l’ACEUM, la proportion d’entreprises qui prévoient percer un nouveau marché ou investir à l’étranger est redescendue à sa moyenne historique. Peut-être est-ce un signe que les exportateurs canadiens se contentent de ce qu’ils ont. La quête de diversification se poursuit toutefois chez les répondants désireux d’accroître leur volume d’exportations ou de percer les marchés ouverts par les nouveaux accords commerciaux du Canada avec l’Europe (l’Accord économique et commercial global, ou AECG) et l’Asie-Pacifique (l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste, ou PTPGP).

 

L’intérêt accru pour la diversification observé chez les exportateurs canadiens durant les négociations de l’ACEUM s’est essoufflé

L’intérêt accru pour La diversification observé chez les exportateurs canadiens durant les négociations de l’ACEUM s’est essoufflé

Un vent d’optimisme au Canada atlantique

Heureusement, notre sondage n’apporte pas que de mauvaises nouvelles. Bien que la confiance se soit amenuisée dans la plupart des régions du pays, l’indice a remonté légèrement dans le Canada atlantique, qui se montre plus optimiste quant aux débouchés internationaux. Plusieurs raisons pourraient expliquer ce résultat. D’abord, le Canada atlantique jouit d’une position géographique idéale pour profiter du nouvel accord commercial entre Canada et l’Union européenne. Ensuite, au cours de présentations données récemment dans la région, j’ai entendu plusieurs histoires d’entreprises qui indiquaient que le secteur canadien des produits de la mer avait bénéficié des nouveaux débouchés créés par les tarifs chinois de 25 % sur les homards des États-Unis, imposés dans la foulée de la guerre commerciale actuelle.

Qu’est-ce qui attend les exportateurs canadiens?

La proportion d’entreprises canadiennes s’attendant à ce que leur volume d’exportations augmente dans les six prochains mois est passée de 64 % dans le dernier sondage à 55 %. Et si les projets d’investissement ont perdu de leur élan, les exportateurs demeurent fermes dans leurs intentions d’embauche, malgré les difficultés croissantes à recruter de la main-d’œuvre qualifiée. Il est possible que, plutôt que de faire les investissements nécessaires, les entreprises canadiennes remplacent le capital par du travail, ce qui pourrait expliquer les résultats étonnamment solides du marché de l’emploi dans les derniers mois, malgré la faible croissance de la production.

Selon une étude menée par Capital Economics, l’important déclin de l’indice de confiance commerciale d’EDC n’augure rien de bon pour les exportations canadiennes de produits non énergétiques ni, par ricochet, pour le dollar canadien (voir le graphique ci-dessous).

 

L’indice de confiance commerciale et exportations  des produits énergétiques 

Indice de confiance commerciale et Exportations des produits Énergétiques

Les exportations canadiennes ont cependant affiché une performance impressionnante durant les cinq premiers mois de 2019. Nous suivrons de près leur évolution future. Pour en savoir plus sur les résultats du sondage d’EDC et sur ce qu’ils signifient pour les entreprises canadiennes, ou encore pour nous poser des questions, joignez-vous à moi et à mes collègues d’EDC (Carolyn Carson, Jennifer Topping et Phil Turi) lors du webinaire qui se tiendra le 11 juillet à 13 h (HE).

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