Silhouette du quartier d’Asakusa, à Tokyo, au Japon, avec le temple Sensō-ji en arrière-plan. Les exportateurs canadiens de secteurs clés, notamment l’agroalimentaire, les technologies propres, les minéraux critiques et bien d’autres encore, peuvent connaître le succès au Japon.

Faire des affaires au Japon : ce que les exportateurs doivent savoir

On parle beaucoup des marchés émergents à forte croissance dans l’Indo-Pacifique. Au milieu de toute cette effervescence, il peut être facile d’oublier le Japon. Bien que sa trajectoire de croissance ait été plus lente que celle de certains de ses voisins, la nation insulaire demeure la quatrième économie mondiale et, comptant 125 millions d’habitants, elle se classe parmi les plus riches au monde pour ce qui est de la valeur nette par habitant. Le Japon est un centre financier international, un chef de file incontesté en matière d’innovation technologique et un pilier de stabilité dans un monde qui évolue rapidement.

Dans un contexte d’incertitude géopolitique croissante partout sur la planète, le Japon cherche à renforcer ses relations commerciales avec des partenaires fiables afin de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement dans des secteurs stratégiques. Le Canada, qui est un allié de confiance doté de solides capacités pour fournir les biens dont le Japon a besoin, a le profil qu’il faut. Grâce à l’accès préférentiel au marché que procure l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le moment est venu pour les exportateurs canadiens de porter un regard neuf sur l’empire du Soleil levant.

Comment le PTPGP profite au commerce entre le Canada et le Japon

Le Canada et le Japon entretiennent de bonnes relations commerciales, leurs échanges bilatéraux se chiffrant à environ 35 milliards de dollars par année. Les entreprises canadiennes ont exporté pour 15,8 milliards de dollars de biens vers le Japon en 2023, ce qui en fait notre troisième plus important marché d’exportation.

Le PTPGP, qui est entré en vigueur le 30 décembre 2018, a joué un rôle essentiel dans la consolidation de ces relations bilatérales. Voici certains des avantages clés qu’il offre aux entreprises canadiennes :

  • Réduction des droits de douane sur les principales importations canadiennes au Japon, notamment les produits agricoles et agroalimentaires, le poisson et les fruits de mer, les biens industriels et les produits forestiers. Une fois sa mise en œuvre complétée, 99 % des lignes tarifaires entre les parties seront exemptes de droits.
  • Admission temporaire simplifiée pour les professionnels canadiens, permettant aux exportateurs de services de faire plus facilement des affaires au Japon.
  • Position d’égalité avec les fournisseurs nationaux lors des soumissions pour des contrats avec le gouvernement japonais, grâce aux dispositions de l’accord sur les marchés publics.

Outre le PTPGP, l’Accord de partenariat économique (APE) Canada-Japon vient aussi renforcer les relations commerciales bilatérales dans le but d’intégrer davantage les deux économies.

Le Canada et le Japon ont établi des relations diplomatiques bilatérales complètes en 1929 et partagent un engagement ferme envers le multilatéralisme et un ordre international fondé sur la règle de droit. Le Japon est un partenaire clé dans la Stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique visant à stimuler le commerce, l’investissement et l’engagement dans la région, dont la croissance est la plus rapide au monde. Alors que les tensions économiques et politiques s’accentuent en Asie, le Japon accueille favorablement le soutien d’alliés, comme le Canada, pour accroître la prospérité et la stabilité dans la région.

L’équipe d’EDC à Tokyo

Forte de ces bases solides, Exportation et développement Canada (EDC) ouvrira une nouvelle représentation à Tokyo en 2024. Cette équipe aura pour objectif d’ouvrir de nouvelles voies commerciales pour les entreprises canadiennes au Japon afin qu’elles profitent pleinement du potentiel de ce marché.

« Le Japon est l’un des principaux pôles d’affaires en Asie et demeure l’une des portes d’entrée vers la région, explique Jean-Bernard Ruggieri, représentant en chef d’EDC au Japon. Il est essentiel d’établir des relations dans ce marché. Le gouvernement japonais et les sociétés japonaises (publiques et privées) possèdent une connaissance approfondie de la région, ainsi que l’expertise, l’expérience et les réseaux nécessaires au succès des entreprises canadiennes. Il est important qu’EDC, nos clients et nos partenaires profitent de l’occasion pour tirer parti de ces facteurs afin d’accroître le commerce et les investissements canadiens en Asie et dans l’Indo-Pacifique. »
 

Perspectives économiques

Le mois de mars 2024 a été un mois charnière pour l’économie japonaise. Premièrement, les plus grandes entreprises japonaises ont consenti aux travailleurs syndiqués la plus forte augmentation de salaire enregistrée depuis plus de trois décennies. Peu de temps après, la Banque du Japon a mis fin à sa politique de longue date de taux d’intérêt négatifs et de contrôle de la courbe des rendements.

La hausse des salaires et la fin des taux d’intérêt négatifs, initialement mis en place pour encourager l’inflation dans une économie stagnante, sont des signes positifs pour l’économie japonaise. Susanna Campagna, du Centre d’information économique et politique d’EDC, prédit que la croissance continuera d’être régulière, mais modérée.

« Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a augmenté d’environ 1,9 % par an entre 2019 et 2023 et nous prévoyons une croissance annuelle de 1 % au cours des cinq prochaines années, poursuit-elle. Ce taux de croissance est modeste, mais il sera soutenu par des taux de consommation intérieure plus élevés, notamment une demande accrue de services et d’investissements privés. La faiblesse du yen soutient également l’essor du tourisme au Japon et une plus grande vigueur des exportations. »

Qu’est-ce que cela signifie pour les exportateurs et les investisseurs canadiens? Les consommateurs japonais ont plus d’argent dans leurs poches, mais la réalité démographique du pays reste un défi. « Le vieillissement et la diminution de la population japonaise pourraient nuire au potentiel de croissance du pays à moyen et à long terme, parallèlement à une pénurie persistante de main-d’œuvre dans certains secteurs, qui continue de restreindre la croissance et l’expansion des entreprises », déclare Mme Campagna.

En même temps, ces tendances créent aussi des débouchés dans des secteurs clés, alors que les consommateurs, les entreprises et les investisseurs japonais cherchent des produits et des services innovants pour rendre leur économie plus verte, plus efficace et plus sûre.

Débouchés sectoriels au Japon

Agroalimentaire

Le Canada est un grand exportateur de produits agroalimentaires de haute qualité, sûrs et écoresponsables. Il est ainsi un partenaire attrayant pour le Japon, qui accorde une grande importance à la sécurité alimentaire, au développement durable et à l’innovation dans les produits agricoles.

Les produits agroalimentaires canadiens, notamment les céréales, la viande et les fruits de mer, sont très appréciés sur le marché japonais en raison de leur qualité et des principes de gérance de l’environnement appliqués par les producteurs canadiens.

Les normes de qualité rigoureuses du Japon sont respectées dans toute la région indo-pacifique, ce qui peut ouvrir des portes sur d’autres marchés, selon Stephen Boudreau, directeur général, Concombres de mer et palourdes pour Clearwater Seafoods. « La culture alimentaire japonaise a une influence considérable sur les pays asiatiques voisins. Si votre produit a du succès au Japon, les acheteurs des autres pays de la région y voient souvent une preuve de qualité et d’acceptation par les consommateurs. Par conséquent, ils peuvent l’approuver plus rapidement ». M. Ruggieri ajoute : « À mon avis, cette dynamique s’applique non seulement aux produits alimentaires, mais aussi à d’autres produits. »

Le PTPGP a rationalisé le commerce agroalimentaire en réduisant les droits de douane sur les produits agroalimentaires canadiens, donnant ainsi aux importations canadiennes un avantage concurrentiel sur le marché japonais. De plus, les entreprises agrotechnologiques canadiennes étant à l’avant-plan de l’innovation, elles développent des technologies très recherchées au Japon pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire et aux pratiques agricoles durables.

Technologies propres

Le Canada et le Japon possèdent tous deux des secteurs de technologies propres florissants. Il existe par ailleurs des possibilités de développer une intégration plus étroite de l’industrie en établissant des partenariats au sein de la chaîne d’approvisionnement et des projets communs de recherche. Par exemple, il est possible d’arrimer les progrès du Canada dans le développement de technologies pour l’utilisation de l’hydrogène en tant que combustible à l’engagement du Japon en faveur de l’énergie verte, mettant en évidence un domaine potentiel de collaboration élargie. Le Japon est un marché prometteur pour les innovations canadiennes en matière de technologies propres liées aux biocarburants, au recyclage du plastique et à l’efficacité énergétique. Enfin, de nombreux investisseurs canadiens dans les technologies propres considèrent le Japon comme une destination sûre pour placer leurs capitaux dans ce secteur essentiel, comparativement aux autres marchés à plus haut risque en Asie.

Minéraux critiques

Soutenues par leur gouvernement, les entreprises et les principales maisons de commerce japonaises (les « sōgō shōsha », en japonais) cherchent activement à sécuriser leurs approvisionnements en minéraux critiques. Leurs besoins et leur stratégie sont en adéquation avec le programme de minéraux critiques du Canada pour deux raisons principales :

1. Le Canada extrait des minéraux critiques et accueille favorablement les investisseurs provenant de nations amies, comme le Japon, dans ce secteur stratégique.

2. L’expertise minière canadienne jouit d’une excellente réputation dans le monde et les entreprises japonaises du secteur voient d’un bon œil notre participation à des projets miniers dans d’autres régions où elles ont des investissements, comme en Amérique latine.

En 2023, le Canada et le Japon ont publié un Protocole de coopération sur l’établissement de « chaînes d’approvisionnement mondiales en batteries écoresponsables et fiables, de l’amont à l’aval, au Canada et au Japon », qui comprennent les minéraux critiques. Même si le Protocole est non juridiquement contraignant, il démontre l’engagement commun des nations en faveur de la coopération dans ce secteur d’importance.

Automobile

Le Japon et le Canada sont des partenaires de longue date dans le secteur automobile. L’industrie se tournant vers les véhicules hybrides et électriques dans le cadre de la transition verte, on constate des possibilités de renforcer et d’élargir la relation. Les capacités canadiennes en matière de technologie de batteries et de matériaux écoresponsables sont complémentaires à l’expertise japonaise dans la fabrication automobile. Cela ouvre la voie à des alliances dans le secteur, notamment l’engagement récent de Honda à investir 15 milliards de dollars pour créer, en Ontario, la première chaîne d’approvisionnement complète de véhicules électriques au Canada.

Santé et sciences de la vie

Le Japon ayant le deuxième âge médian le plus élevé au monde, on ne se surprendra pas de la vigueur de son marché des produits pharmaceutiques et des appareils médicaux. La demande de produits et d’innovations dans ces domaines, tout comme de technologies numériques pour les soins de santé, offre aux entreprises canadiennes de solides possibilités de concession de licence, d’investissement direct étranger et de débouchés en science, technologie et innovation (STI). Les nouvelles solutions, notamment les pièces robotiques, sont également les bienvenues dans ce marché où l’innovation est mise en valeur.

Autres secteurs prometteurs

Technologies de pointe : En raison des tensions croissantes dans la région, les fabricants de puces réduisent les risques liés à leurs chaînes d’approvisionnement en renforçant leurs capacités de fabrication au Japon.

Foresterie : Alors que la population vieillissante entraîne une réduction de la main-d’œuvre disponible, le secteur forestier japonais est à la recherche de nouvelles technologies susceptibles d’augmenter la productivité.

Cerisiers en fleurs devant un parc éolien, au Japon. Grâce è l’accès préférentiel au marché que procure l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le moment est venu pour les exportateurs canadiens de porter un regard neuf sur l’empire du Soleil levant.

Comprendre l’environnement des affaires au Japon

Au Japon, l’environnement des affaires est très développé et possède de nombreuses qualités qui en font un endroit exceptionnel pour faire des affaires. En voici quelques-unes :

  • Un historique en matière d’innovation
  • Des infrastructures enviables
  • Un engagement fort en faveur de la règle de droit
  • Des normes éducatives solides et une main-d’œuvre hautement qualifiée
  • Des villes sûres et propres

La culture japonaise accorde beaucoup d’importance aux liens interpersonnels. Lorsqu’une relation est établie, les entreprises japonaises ont tendance à être extrêmement fidèles à leurs partenaires commerciaux. Les nouveaux arrivants doivent être prêts à passer beaucoup de temps sur place pour créer ce genre de liens. Prévoyez des visites fréquentes au Japon, surtout pendant les premières étapes de vos rencontres d’affaires. Il est conseillé d’avoir un partenaire local qui peut vous aider à établir et à entretenir des relations.

Les Japonais ont une culture des affaires formelle et hiérarchique. La tenue de ville est de mise pour les rencontres. Ayez toujours des cartes professionnelles avec vous (traduites en japonais, si possible) et adressez-vous d’abord à la personne la plus haut placée dans la pièce. Si l’on vous propose du thé et un goûter pendant votre rencontre, veillez à accepter, car un refus sera considéré comme une impolitesse.

Principaux défis liés aux affaires au Japon

Voici quelques-uns des principaux obstacles auxquels doivent faire face les entreprises canadiennes :

  • Processus d’affaires longs et compliqués
  • Cadre réglementaire complexe
  • Gestion de la logistique dans un marché éloigné
  • Vive concurrence entre fournisseurs nationaux et étrangers
  • Différences linguistiques et culturelles

Pour vous aider à naviguer dans le monde des affaires japonais lors de votre première visite, il est recommandé de faire appel aux services de traducteurs ou interprètes et de conseillers culturels. Les entreprises canadiennes auront tout avantage à travailler avec un partenaire local qui parle japonais et qui comprend les traditions, les normes et les processus du pays.

Soutien à l’importation au Japon

Exportation et développement Canada

EDC fait partie de l’écosystème de spécialistes du commerce du gouvernement du Canada, qui sont là pour vous aider à gagner du temps, à vous informer sur vos marchés cibles et à faciliter l’accès au capital dont vous avez besoin afin de favoriser la croissance de votre entreprise.

Dans le cadre de sa stratégie pour l’Indo-Pacifique, EDC s’engage à aider les entreprises canadiennes à se diversifier en perçant de nouveaux marchés et à réussir dans cette région dynamique. Notre représentation au Japon devrait ouvrir ses portes plus tard en 2024 et l’équipe chevronnée d’EDC sera bien placée pour vous offrir les connaissances du secteur, les renseignements et les outils dont vous avez besoin pour réussir au Japon. EDC offre également :

  • Une gamme complète de produits d’assurance-crédit pour réduire vos risques lorsque vous faites affaire à l’étranger
  • De l’aide pour augmenter votre fonds de roulement
  • Une expertise pour vous permettre d’en apprendre davantage sur les marchés internationaux
  • L’accès à un réseau international d’entreprises qui ont besoin de vos produits et services

Renseignez-vous sur les solutions financières et les connaissances d’EDC, qui peuvent vous aider à comprendre les occasions d’affaires dans votre marché cible et à atténuer les risques inhérents à l’exportation. Pour parler à l’un de nos conseillers en exportation, consultez notre Centre aide-export.

Service des délégués commerciaux (SDC)

Le SDC du Canada peut compter sur une équipe d’environ 50 professionnels du commerce international en poste à Tokyo, à Sapporo et à Osaka. Grâce à leurs connaissances spécialisées dans des secteurs clés, ils sont passés maîtres dans l’art d’établir des relations avec des collaborateurs qui peuvent aider les entreprises canadiennes à faire des affaires au Japon.

Bureaux commerciaux des provinces et Chambre de commerce du Canada

Les gouvernements de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et de la Saskatchewan ont des bureaux commerciaux au Japon pour promouvoir les possibilités d’investissement et soutenir les exportateurs. Les entreprises canadiennes peuvent également communiquer avec la Chambre de commerce du Canada au Japon, qui est présente dans le marché depuis près de 50 ans et qui dispose de connaissances approfondies du milieu des affaires.

Le Centre aide-export d’EDC fournit des réponses d’experts aux questions les plus fréquentes portant sur le commerce international. Créez un compte MonEDC gratuit pour obtenir les réponses à ces questions sur le Japon. Vous pouvez également poser votre propre question à un conseiller.

Question 1: J'envisage de vendre mes produits au Japon. Que dois-je savoir ?

Question 2: Je souhaite proposer mes produits et services au Japon. Où puis-je trouver sa liste d’appels d’offres ou de demandes d’approvisionnement?

Question 3: Comment puis-je faciliter l’expansion de mes activités au Japon en misant sur ma propriété intellectuelle?

Vous aimeriez développer vos activités au Japon et en Indo-Pacifique?

Communiquez avec EDC et voyez votre entreprise prospérer sur la scène internationale.

Répondez à quelques questions à propos de votre entreprise pour en savoir plus sur la façon dont EDC peut vous aider à planifier, à établir des relations et à faciliter votre expansion en Indo-Pacifique.

     

   

                                               


Amélioré au moyen de l’IA générative

Cet article a été créé par une rédactrice d’EDC avec l’aide partielle de la technologie d’IA générative.

Date de modification : 2024-06-07