Une femme tenant un cellulaire regarde la boîte de fruits et de légumes frais sur son comptoir de cuisine.

Les épiceries en ligne alimentent la croissance en Indo-Pacifique.

En Indo-Pacifique, de plus en plus de consommateurs font leur épicerie en ligne. Comment les entreprises agroalimentaires canadiennes peuvent-elles tirer parti de cette tendance pour croître dans la région? Découvrez comment les achats en ligne sont en train de transformer l’alimentation au détail dans des pays comme l’Indonésie, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon et la Chine, créant ainsi une foule de débouchés pour nos exportateurs.

Dans cet article :

Bien que les marchés alimentaires à ciel ouvert et les petits magasins fassent partie de la trame culturelle partout en Indo-Pacifique, les consommateurs de cette région sont nombreux à se tourner vers les supermarchés et les chaînes à l’occidentale lorsque vient le temps de remplir le garde-manger. Récemment, ces consommateurs ont aussi adopté les achats en ligne pour faire leur épicerie, séduits par l’aspect pratique, les bas prix, la disponibilité de marques internationales et l’incroyable choix d’aliments frais ou emballés qu’ils peuvent faire livrer chez eux en quelques clics.

La concurrence est féroce dans le domaine du commerce électronique en Asie et en Indo-Pacifique. En effet, des acteurs locaux et mondiaux se disputent les parts de marché. Pour rester dans la course, les entreprises ne cessent d’innover et de proposer de nouveaux produits. Les producteurs agroalimentaires canadiens peuvent tirer profit de la demande croissante pour percer ces marchés prometteurs en offrant des produits originaux et de grande qualité pour remplir les rayonnages infinis des plateformes.

Mais pour entrer sur ce marché, il faut une planification minutieuse et une bonne compréhension des comportements de ces consommateurs, des subtilités réglementaires et de la dynamique du marché, de même que de solides partenariats au Canada et dans votre marché cible – et tout ce qui se trouve entre les deux. Cet article traite de l’état de l’épicerie en ligne en Indo-Pacifique et des stratégies que peuvent employer les exportateurs agroalimentaires d’ici pour réussir dans cette filière.

Le commerce mobile et la COVID-19 intensifient l’adoption du numérique

Deux facteurs convergents ont intensifié la croissance du commerce électronique en Indo‑Pacifique ces cinq dernières années :

1. L’essor du commerce mobile : En Asie et en Indo-Pacifique, quand on parle de commerce électronique, on parle en fait de commerce mobile, c’est-à-dire que les transactions s’effectuent sur des applications mobiles plutôt que sur des sites Web. Ces dix dernières années, les téléphones intelligents et l’abordabilité des données mobiles ont démocratisé l’accès à Internet partout en Asie, ce qui fait que des centaines de millions d’utilisateurs de régions autrefois mal desservies ont maintenant facilement accès au Web. Environ 70 % de la population de l’Asie du Sud-Est est en ligne. Cette proportion est considérablement plus élevée à Singapour (96,9 %) et en Malaisie (96,8 %). Quelque 140 millions d’Indonésiens et 800 millions d’Indiens ont maintenant accès à Internet, et ces chiffres devraient continuer à augmenter.

2. COVID-19 et restrictions imposées par la santé publique : Durant la pandémie, les confinements stricts imposés dans beaucoup de pays de l’Indo-Pacifique ont forcé la fermeture des magasins pendant des mois, ce qui a obligé les consommateurs à changer leurs habitudes d’achat du jour au lendemain. Les commandes en ligne et la livraison de l’épicerie sont donc devenues une nécessité. Une fois les restrictions levées, il est devenu évident que les comportements avaient changé pour de bon puisque les consommateurs avaient appris à apprécier les avantages de l’épicerie en ligne. Dans certains marchés, comme en Inde, les consommateurs préfèrent encore passer au marché local pour se procurer des fruits et légumes frais, mais ils sont de plus en plus nombreux à acheter des aliments emballés et des articles ménagers en ligne.

Graphique illustrant les ventes totales de commerce électronique au détail (milliards de dollars américains) en 2018 et 2022 en Inde, en Indonésie, aux Philippines, au Vietnam, en Corée du Sud et au Japon.

Le commerce électronique a connu une importante croissance entre 2018 et 2022 dans de nombreux marchés de l'Indo-Pacifique. Source : Euromonitor.

Les sociétés de commerce électronique de l’Indo-Pacifique ont tiré parti de ces tendances en proposant des innovations qui facilitent les achats en ligne, songeons au paiement à la livraison, aux portefeuilles électroniques, aux virements bancaires en ligne et autres options offertes aux consommateurs qui n’ont pas de carte de crédit.

Les commerçants n’ont pas tardé eux non plus à réagir à ce changement de comportement. Par exemple, beaucoup d’entreprises de commerce mobile ont adopté le commerce social et donnent à leurs clients la possibilité de commander au moyen d’applications de messagerie. Ils vont à la rencontre de leurs clients, là où ceux-ci se trouvent en ligne plutôt que de les diriger vers un autre site Web. Au vu de ces nouvelles habitudes de consommation et de ces technologies facilitantes, les perspectives de croissance de l’épicerie en ligne sont excellentes.

Selon Joy Rankothge, représentant en chef d’EDC en Corée du Sud, le rythme des innovations numériques dans le commerce électronique est beaucoup plus rapide en Asie qu’en Amérique du Nord.

« Les entreprises canadiennes doivent apprendre à s’adapter à un environnement au sein duquel les comportements et les tendances changent pour ainsi dire du jour au lendemain. Il peut aussi s’avérer très utile de travailler avec un partenaire local pour mieux connaître les stratégies d’entrée sur le marché du commerce électronique et mieux comprendre ce contexte en évolution », fait-il valoir.

Un environnement riche en consommateurs qui attire l’attention mondiale

Les entreprises d’épicerie en ligne peuvent croître rapidement en Indo-Pacifique puisqu’on y trouve des zones relativement petites, mais très populeuses. La densité de la population permet d’offrir des services pratiques comme la livraison le jour même (et même dans l’heure), l’expédition gratuite et aucun minimum d’achat requis. Contrairement au Canada, où l’immensité du territoire et la faible densité de la population font qu’il est difficile d’offrir de tels services pour l’industrie alimentaire, dans les marchés de l’Indo-Pacifique, ces services sont rentables.

L’immense potentiel de l’alimentation au détail en ligne en Indo-Pacifique a attiré l’attention des sociétés agroalimentaires et des géants mondiaux. En 2018, Walmart a déboursé 16 milliards de dollars américains pour acquérir une participation de 77 % dans Flipkart, une grande société indienne du commerce électronique, et a augmenté la mise en 2023 avec le rachat de l’actionnaire minoritaire de Flipcark pour la somme de 1,4 milliard de dollars américains. Amazon occupe quant à elle une position dominante au Japon et est en train de croître en Inde et à Singapour.

Cela dit, beaucoup des principaux acteurs de l’espace hautement concurrentiel et novateur de l’épicerie en ligne de la région sont des entreprises locales qui adaptent leur modèle d’affaires et leurs offres au marché local. Ces plateformes ont beau être inconnues au Canada, elles offrent tout de même de nombreux avantages aux exportateurs canadiens d’aliments et de boissons qui vendent en Indo‑Pacifique, comme une bien meilleure pénétration du marché, une bien meilleure visibilité et un bien meilleur affichage en ligne de vos produits à un coût plus faible que sur les plateformes traditionnelles de vente au détail.

Les principales épiceries en ligne en Indo-Pacifique

  • Asie du Sud-Est : Lazada, Shopee, Grab
  • Japon : Rakuten, Amazon Fresh
  • Corée du Sud : Gmarket, Coupang Fresh
  • Inde : BigBasket, Amazon Fresh, Blinkit
  • Chine: Alibaba, JD, Taobao

En plus des grands acteurs du secteur, chaque pays possède son propre écosystème de services d’épicerie en ligne, comprenant des applications qui relient les consommateurs et les petits magasins locaux qui peuvent livrer.

Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) offre des renseignements détaillés sur le commerce électronique pour les entreprises canadiennes d’aliments et de boissons dans les grands marchés mondiaux comme l’Indo-Pacifique. Cette analyse peut vous aider à mieux comprendre les subtilités de chaque marché et à déterminer dans lesquels il pourrait y avoir de l’intérêt pour vos produits.
 

Les avantages des plateformes

En Asie, on navigue sur Internet surtout au moyen d’applications et les consommateurs magasinent, commandent et payent leur marchandise sur leur téléphone intelligent. Contrairement aux marchés occidentaux où les consommateurs magasinent souvent sur le site Web de la marque, le commerce électronique asiatique repose sur les plateformes qui regroupent une grande variété de marques, de catégories et de services en une seule application. Les plateformes telles que Tmall, Rakuten et Lazada donnent aux différentes marques la possibilité de créer des sites et d’adapter leur contenu tout en offrant aux consommateurs un ensemble préétabli de politiques et d’avantages qui favorisent la confiance.

Dans un webinaire offert aux abonnés à MonEDC, Peter McMath de WPIC Marketing and Technologies, un organisme de commerce numérique qui se concentre sur l’Asie, exposait l’un des principaux avantages de ces plateformes pour les entreprises :

« Les "places de marché" ont joué un rôle crucial dans l’élimination des risques pour les consommateurs. En offrant des politiques comme les garanties de remboursement après sept jours sans poser de question, elles ont favorisé la confiance et encouragé les consommateurs à acheter auprès de marques inconnues. Grâce à ces plateformes populaires et respectées, les entreprises canadiennes ont une occasion en or d’entrer sur ces marchés. »

La mention « fait au Canada » se démarque dans les marchés saturés

En plus de la confiance que procurent les plateformes, nos entreprises d’aliments et de boissons peuvent gagner la confiance des consommateurs et profitant du programme Marque Canada d’AAC, qui renforce la réputation de notre pays en Indo-Pacifique comme fournisseur de confiance de produits alimentaires et de boissons. Ce programme met l’accent sur la qualité, l’écoresponsabilité, le caractère innovant et la diversité des produits alimentaires que nous apportons à la table.

« La pandémie a changé la façon de mener des affaires, qu’il s’agisse de l’augmentation du commerce électronique ou de la façon dont on fait la promotion des produits auprès des consommateurs partout dans le monde. Le Canada a la réputation d’offrir des produits alimentaires de grande qualité. En rafraîchissant notre marque nationale pour l’optimiser sur le marché électronique, nous aidons nos entreprises à demeurer concurrentielles dans l’environnement numérique d’aujourd’hui », explique Lauren Donihee, directrice exécutive, Développement des marchés, à AAC.

« Nous procurons à notre industrie une scène internationale où mettre en valeur des produits de confiance, écoresponsables et innovants. Collectivement, nous sommes mieux outillés pour montrer au monde… que l’alimentation est dans notre nature », ajoute-t-elle.

Le programme Marque Canada propose à ses membres des outils de marketing conçus pour mieux faire connaître les produits agroalimentaires d’ici et faire en sorte qu’ils se démarquent de la concurrence. Ce programme est offert aux entreprises canadiennes qui jouent un rôle dans la production, la promotion ou le soutien des produits agricoles, alimentaires ou de la mer canadiens. Ces entreprises ont gratuitement accès aux éléments graphiques de la marque, à des photographies, à des messages sur les avantages du Canada et à des pièces de marketing électronique. AAC et ses partenaires utilisent aussi la marque dans différentes initiatives de développement des marchés internationaux pour mieux promouvoir le secteur en général.

AAC a deux campagnes de commerce électronique et de marketing numérique en cours, l’une au Japon, l’autre au Vietnam. Celles-ci doivent durer un an et visent à mettre en valeur les produits canadiens sur les plus importantes plateformes d’épicerie en ligne dans chacun de ces deux marchés.

Commencez à vendre vos produits sur les sites de commerce électronique en Asie

Beaucoup d’applications de places de marché asiatiques sont des écosystèmes fermés et les marques qui souhaitent y vendre leurs produits doivent suivre un processus de demande. Mais cette étape ne devrait pas être un obstacle.

« La plupart des sites de commerce électronique en Indo-Pacifique peuvent offrir aux entreprises canadiennes une liste de partenaires de confiance qui peuvent vous aider dans ce processus », explique Ashley Kanary, directeur de la stratégie agroalimentaire à EDC.

Il ajoute que votre partenaire peut aussi vous conseiller quant au meilleur modèle de gestion des commandes et des transactions pour votre produit et votre entreprise :

  • Commerce électronique intérieur : Les marchandises sont importées dans le pays avant d’être vendues à une entreprise ou à un consommateur local. Ce modèle permet une expédition plus rapide et des quotas de clients plus faibles, mais peut aussi entraîner plus de formalités administratives au départ.
  • Commerce électronique transfrontalier : Habituellement, les marchandises sont entreposées dans une zone franche, puis importées par le client.

Les partenariats sont un autre élément essentiel une fois que vous êtes prêt à vendre. Comme l’explique Ruzan Desai, gestionnaire régional d’EDC en Inde, « il est impératif pour les entreprises canadiennes d’avoir un partenaire local dans le secteur alimentaire pour assurer la livraison sur le dernier kilomètre et pour assurer la qualité des aliments grâce à l’entreposage réfrigéré et des chaînes d’approvisionnement pourvues d’équipement de réfrigération ».

Tirer parti des relations que vous entretenez déjà avec les détaillants en alimentation internationaux peut constituer un moyen efficace de commencer à exporter vers de nouveaux marchés. Si vous n’avez pas de telles relations, EDC peut vous aider en vous présentant aux principaux acteurs de votre marché cible grâce à ses relations stratégiques avec des chefs de file du marché comme Tata (Big Basket) et Reliance en Inde.

Dans le cadre de notre stratégie en Indo-Pacifique, nous tissons aussi des liens dans d’autres marchés de cette région. En outre, l’écosystème commercial du Canada peut vous ouvrir des possibilités et vous aider à comprendre l’environnement du commerce électronique dans votre marché cible.

Nos produits alimentaires et nos boissons sont recherchés

Les produits emballés et de longue conservation sont parfaits pour le commerce électronique, mais les fruits et les légumes frais ainsi que la viande se vendent aussi sur les plateformes d’épicerie en ligne de l’Indo-Pacifique. Les produits qui requièrent la confiance et la transparence quant aux ingrédients ont tendance à bien se vendre en Asie et en Indo-Pacifique. Il faut bien comprendre les préférences alimentaires dans votre marché cible et vous assurer que vos produits répondent aux attentes de la population, par exemple :

  • Point vert : En Inde, les aliments emballés qui sont végétariens et ne contiennent pas d’œufs sont marqués d’un point vert, autrement, c’est un triangle brun. Puisque beaucoup d’Indiens ont un régime lacto-végétarien, les aliments pouvant porter le point vert se vendent mieux dans ce marché.
  • Halal : Dans les pays à majorité musulmane comme l’Indonésie et la Malaisie, cette certification est essentielle. Les exportateurs canadiens doivent évaluer les réglementations de leur marché cible pour s’assurer que leurs produits répondent aux exigences de la certification halal.
  • Biologique : Partout dans la région, les consommateurs soucieux de leur santé recherchent l’étiquette « certifié biologique ». Le Canada a conclu des ententes d’équivalence relatives aux produits biologiques avec le Japon, la Corée du Sud et Taïwan pour simplifier le processus d’importation dans ces pays.

Cinq conseils pour réussir dans le commerce électronique en Indo-Pacifique

1. Prévoyez soigneusement votre budget d’entrée sur le marché, tenez compte des dépenses liées au marketing local, des coûts liés aux produits, de la localisation, des frais de la plateforme, des coûts liés aux réglementations, de l’entreposage, du traitement des paiements, du service à la clientèle et des taxes.

2. Ciblez des partenaires ou des intermédiaires locaux qui peuvent vous donner accès à des espaces d’entreposage, à des chaînes d’approvisionnement dotées de systèmes de réfrigération et à la livraison de vos produits à domicile. Prévoyez vous rendre sur place pour solidifier vos liens avec vos partenaires.

3. Attendez-vous à devoir respecter des exigences de conformité et d’inscription des aliments et des boissons. Consultez le Service des délégués commerciaux (SDC) et AAC pour obtenir des renseignements sur l’exportation d’aliments vers votre marché cible et créez votre compte MonEDC pour entrer en contact avec un conseiller commercial d’EDC qui pourra répondre à des questions plus spécifiques.

4. S’il y a risque de non-paiement, protégez vos comptes clients grâce à l’Assurance crédit d’EDC.

5. Après avoir fait votre étude de marché, consultez le SDC pour connaître les débouchés, obtenir des contacts et d’autres renseignements utiles pour faire des affaires dans votre marché cible.

Renseignement sur votre marché

La Chine est certes le chef de file incontesté du commerce électronique dans le monde, mais d’autres marchés de l’Indo-Pacifique offrent aussi d’excellentes occasions de diversification et de croissance.

Le Japon : C’est le troisième marché de commerce électronique en importance au monde (après la Chine et les États‑Unis). D’ici 2025, les ventes annuelles en ligne devraient atteindre plus de 131 milliards de dollars américains. C’est Rakuten qui domine le marché japonais avec environ 100 millions d’utilisateurs.

L’Asie du Sud-Est : D’ici 2025, l’Indonésie devrait représenter environ 50 % du marché du commerce électronique en Asie du Sud-Est grâce à la croissance de sa classe moyenne et à l’élargissement de l’accès à Internet. Mais d’autres marchés, comme la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie et le Vietnam, connaissent aussi une croissance rapide. Lazada est en train de devenir un chef de file dans la région.

La Corée du Sud : C’est en Corée du Sud que les dépenses liées au commerce électronique sont les plus élevées par habitant. Les consommateurs ont pleinement adopté les achats en ligne pour toutes sortes de produits, y compris l’épicerie. Des entreprises locales, comme Coupang, Naver et G‑Market, dominent le marché. 

L’Inde : Le marché du commerce électronique en Inde est le septième dans le monde. BigBasket, Amazon (qui a un magasin consacré au Canada), Blinkit (anciennement Grofers) et Flipkart (Walmart) sont les principales plateformes d’épicerie en ligne.

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Date de modification : 2023-12-04