Les ventes à l’export du Canada vers la Chine ont redécollé en 2017, ce qui est franchement une bonne nouvelle puisque la croissance avait auparavant été peu éclatante. De fait, de 2013 à 2016, la Chine a perdu son appétit pour les produits canadiens, ce qui a remis sérieusement en cause les aspirations en matière de diversification. Alors, est-ce que 2017 est une « année chanceuse » ou bien assiste-t-on à une reprise soutenue des exportations canadiennes vers la Chine?

La croissance fulgurante de la Chine est devenue la norme pour les exportateurs canadiens du nouveau millénaire. La croissance annuelle moyenne des expéditions de marchandises était de 16,7 % et assez bien répartie à l’ensemble des secteurs; le grand défi était de maintenir cette cadence. Puis, de façon assez imprévue, la croissance a glissé à 5,7 % en 2013, puis elle a été étonnamment lente pendant plus de trois ans : une déconvenue parmi d’autres qui a été invoquée pour montrer que la Chine a perdu du terrain et tentait de reprendre pied.

Pendant un moment, la Chine a donné l’impression qu’elle avait rejoint les rangs – déjà compacts – des économies postrécessionnistes à la croissance lente; autrement dit, que la « nouvelle normalité » avait aussi gagné l’Empire du Milieu. On a redouté que la croissance lente du PIB devienne un état permanent – dans un contexte de surendettement du secteur financier chinois –, et que cette conjoncture mine non seulement le potentiel économique de la Chine, mais aussi celui du monde. L’embellie récente, favorisée par le sursaut de l’économie aux États-Unis et en Europe, bouscule cette idée qui semble confortée par les récents succès à l’export du Canada. Si tel est le cas, qu’est-il arrivé lors des années de vaches maigres?

Détente des ventes à l’export du Canada vers la Chine

Les chiffres du secteur canadien des exportations donnent un indice intéressant. Le repli marqué de notre performance s’est dessiné de manière très nette entre les diverses industries exportatrices. Par exemple, ensemble, les mines et l’énergie ont chuté de près de 13 %, le minerai de fer de 23 %, le charbon de 17 % et les hydrocarbures de 50 %. Ces replis sont surtout attribuables à la dégringolade des cours amorcée à la mi-2014. Les chiffres montrent aussi que l’activité s’est contractée avant la chute des cours, ce qui indique que des facteurs plus importants sont à l’œuvre dans l’économie, comme une production excessive. L’accumulation de vastes stocks d’acier après la récession explique en partie le fléchissement de la demande, et les excédents ailleurs ont mis à l’arrêt des complexes industriels chinois connus pour leur appétit sans fin pour les matières premières.

Les principaux secteurs échappent à la tendance

Toutefois, dans le même temps, d’autres industries ont continué d’afficher une croissance rapide. En moyenne, les exportations agroalimentaires ont inscrit une croissance annuelle de 12 %, et leur part du total des exportations mondiales agroalimentaires n’a cessé d’augmenter. Quels segments mènent la charge? Les exportations céréalières (autre que le blé), les produits de la mer et la fève de soja; cependant, comme je l’ai affirmé dans mon dernier Propos, le secteur des aliments préparés est également très porteur.

Les gains sont aussi impressionnants du côté des exportations à forte valeur ajoutée. Les exportations d’automobile et de véhicules utilitaires légers ont été multipliées par plus de 40 entre 2012 et 2016, et elles ont poursuivi sur cette lancée en 2017. Les exportations de métaux précieux n’étaient pas très loin derrière, leur progression doublant en moyenne chaque année durant le même intervalle de quatre ans. Les produits aéronautiques, d’habitude volatils, ont dégagé une croissance moyenne de 15 % pendant le même intervalle.

Ces secteurs s’orientent surtout à la hausse, mais ils ont fait un bond notable depuis un niveau relativement bas. Les principales filières font aussi belle figure, notamment celles des pâtes à papier et des oléagineux (abstraction faite des fèves de soja) qui ont toutes deux grimpé annuellement de 7 %. Elles comptent respectivement pour 15 et 12 % des exportations totales de marchandises à destination de la Chine.

Le commerce entre la Chine et le Canada se porte bien

De toute évidence, le commerce entre la Chine et le Canada est toujours vigoureux. Ceux qui avaient annoncé la fin de la diversification observée avant la récession font l’amalgame de deux tableaux très différents. La diversification vers ce marché en croissance se porte bien, et cette réalité sera encore plus manifeste lorsque les stocks excédentaires de la Chine commenceront à disparaître. À vrai dire, des éléments indiquent que ce processus est enclenché, notamment le regain des importations chinoises de matières premières.

Conclusion?

Ce n’est absolument pas le moment de renoncer à votre stratégie ciblant le marché chinois. L’Empire du Milieu a sans doute fait une pause ces dernières années, mais des indications probantes révèlent que la situation change. Le pouvoir d’achat de la Chine reste une force indéniable sur la scène mondiale : sa valeur représente chaque année 25 milliards de dollars pour les exportateurs canadiens. Nous avons donc tout intérêt à surveiller ce marché – et à combler l’appétit des consommateurs chinois.

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