Tous les acteurs le savent : il est difficile d’obtenir des véhicules. C’est le cœur du problème : aux États-Unis, les stocks ont fondu de 80 % et les entreprises du secteur font l’impossible pour maintenir les stocks. Sur le marché américain, on cherche généralement à maintenir 60 jours de stocks. À l’heure actuelle, l’ampleur des stocks se limite à 24 jours. Cet intervalle étant inférieur au cycle d’expédition mensuel, les vendeurs ont tout juste assez de stocks pour le mois. Voilà pourquoi, ces temps-ci, il est si difficile de mettre la main sur un véhicule.
Cette situation a porté la demande comprimée à des niveaux inimaginables. Si vous parlez à des chefs de file du secteur, ils évoqueront sans hésitation l’accès problématique aux semiconducteurs. La production va bon train, mais l’étape de la construction ne peut être menée jusqu’au bout en raison de la pénurie criante de puces, qui sont essentielles pour la fabrication des composantes électroniques. Les stocks sont abondants, mais les nombreux véhicules qui ne se sont pas terminés du fait du manque de puces ne peuvent être vendus. Les constructeurs commencent à s’inquiéter de la taille de ces stocks et, du coup, diminuent leur production. Ils savent qu’ils pourront vendre ces véhicules, mais la question du jour est à quel moment ils pourront le faire…
Sur ce front, la normalisation du côté de l’approvisionnement en puces électroniques aura un effet déterminant. Certains prévoient qu’elle aura lieu à la mi-2022, alors que d’autres estiment qu’il faudra attendre jusqu’à 18 mois. Le sentiment est que cela se produira dans un avenir proche. Les Européens et les Américains tentent d’accélérer la cadence dans les nouvelles installations afin de se procurer le matériel dont ils auront besoin et éviter à nouveau ce genre de situation. Les fabricants de puces électroniques bien établis font des affaires d’or vu le prix élevé de leur produit, mais ils ne souhaitent pas une entrée massive dans la production mondiale. Voilà un puissant incitatif pour augmenter la production le plus possible et le plus vite possible.
Pour l’heure, la demande est robuste et les fondamentaux solides. En clair, quand l’activité redémarrera, les ventes progresseront à vive allure. Dans l’intervalle, les acteurs demeurent dans l’expectative.
Conclusion?
Les consommateurs nord-américains sont friands d’automobiles, et sont prêts à en acquérir davantage. Je suis persuadé que lorsque ces véhicules seront disponibles, nous n’hésiterons pas à les acheter. Il semble d’ailleurs que les incitatifs se multiplient pour dénouer la congestion actuelle, et ce, plus tôt que ne l’affirment les pessimistes. Lorsque nous serons à cette étape et que notre principale préoccupation sera de répondre à la demande comprimée, nous délaisserons une partie des idées protectionnistes particulières au secteur qui circulent de nouveau ces derniers jours.