L’inflation continue d’être élevée. On constate que les tensions sur les biens disponibles culminent avant l’automne, une saison déterminante pour le secteur du détail. Les grands acheteurs ne prennent donc pas de risques : ils usent de leur pouvoir d’achat à leur avantage. À l’échelle du globe, les acheteurs de plus faible envergure devront se montrer créatifs pour que leurs commandes soient remplies et livrer à temps. En fait, tout est ici question de prix : un vaste éventail de produits revient au plus offrant, et cela ne touche pas seulement les intrants commerciaux en amont. Ces prix grimpent à une telle vitesse qu’ils pèsent depuis six mois consécutifs sur les prix à la consommation aux États-Unis. Et on observe la même situation en Europe, au Canada et dans d’autres économies.
Ce mouvement, qui s’impose de plus en plus, inquiète vu ses effets sur les salaires. Voilà pourquoi cet automne il sera primordial de surveiller l’évolution du marché du travail, notamment des salaires, alors que sévit une grave pénurie de main-d’œuvre. La pandémie ayant contribué à un virage vers le travail en ligne, il est de plus en plus difficile de retenir les employés de talent. Le chômage glisse à des niveaux déjà atteints, tandis que la mécanisation accentue le besoin de personnel hautement qualifié. Je le répète : les acteurs de moindre envergure devront relever des défis encore plus imposants.
Par chance, l’économie dispose d’abondantes liquidités. Les fonds publics de relance continuent d’être injectés. Comme l’idée d’un resserrement monétaire commence tout juste à être débattue, on semble loin d’un durcissement de la politique budgétaire. Rappelons que les entreprises et les consommateurs un peu partout sur la planète ont d’immenses liquidités à leur disposition. Aux États-Unis, ce pactole représente jusqu’à 17 % du produit national brut (PIB); au Canada, c’est plus de 13 % du PIB; et en Europe, les chiffres sont du même ordre. Si tous ces fonds inondent le marché au même moment – et cela pourrait se produire si les consommateurs et les entreprises sentent que la conjoncture est favorable –, la demande ainsi libérée minimiserait considérablement les contraintes actuelles. Voilà un beau problème, du moins à court terme. Les entreprises doivent prendre acte de la situation qui se profile tout en se dotant d’une stratégie pour garantir l’exécution de leurs commandes.
Une chose est sûre : après 18 mois de pandémie, nous savons que des aléas – ces événements imprévisibles – peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur nos plans et notre avenir. Pour le moment, il est impossible de dire si nous serons à nouveau confrontés à des défis de ce genre. Croisons-nous les doigts et espérons que sur ce front nous aurons d’autres sujets de préoccupation que la pandémie.
Conclusion?
Nous connaissons cette célèbre citation de Yogi Berra : Si tu arrives à la croisée des chemins, n’hésite pas à changer de voie. Nous avons appris ces derniers mois que nous devons être prêts à composer avec ce qui se présente à nous. Pour y arriver, il sera crucial de faire preuve de souplesse, d’adaptabilité et de créativité.