Cependant, à l’approche de la date des élections, AMLO a semblé adoucir son ton en affirmant qu’il n’avait pas l’intention d’« exproprier » des entreprises ou de « nationaliser » quoi que ce soit. Il a explicitement déclaré, lors du débat des chefs diffusé le 12 juin, qu’il envisagerait de s’éloigner des politiques économiques de ses prédécesseurs, axées sur l’exportation. Il a précisé que « le Mexique peut produire ce qu’il consomme ». Parallèlement, il a évoqué son ferme appui au renforcement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), sous réserve de ne pas signer un « mauvais accord ».
En plus de prononcer un discours mitigé, AMLO a pourvu des postes ministériels importants dirigeants politiques, lesquels bénéficient d’une réputation relativement bonne et qui ont exprimé des points de vue plus modérés, souvent même en désaccord avec AMLO.
En fin de compte, la mesure dans laquelle son parti MORENA mettra en œuvre certaines des promesses électorales les plus controversées dépend du résultat des élections au Congrès, ainsi que de sa capacité à maintenir la cohésion au sein de la coalition au Congrès. La coalition dirigée par le parti MORENA a obtenu une majorité simple au Congrès, et non une majorité absolue. Ce résultat est susceptible de s’avérer un facteur modérateur et d’entraîner une prise de décision politique plus pragmatique.