La frontière canado-américaine – la plus longue frontière non militarisée à être constamment ouverte au commerce – est fermée depuis le 18 mars pour tous les biens et les services non essentiels.

Cette frontière a longtemps été le symbole de la relation commerciale profondément ancrée qui profite aux deux pays, et sa fermeture n’est qu’un des signes que la situation est loin d’être normale. L’année dernière, les échanges commerciaux de biens représentaient à eux seuls 751 milliards de dollars – un chiffre qui sera, comme tout le reste, anéanti par la COVID-19 cette année.

Après une vague de fermetures sans précédent, plusieurs constats ressortent alors qu’on commence à accepter la situation dans le monde :

  1. Il s’agit d’une situation sans précédent.
  2. Le retour à la normale sera long.

Personne ne peut dire précisément à quoi ressemblera la nouvelle normalité. Comme l’a indiqué Peter Hall, vice-président et économiste en chef d’EDC, dans un récent webinaire : « Il est évident que la COVID-19 a tout changé pour toutes les économies et toutes les industries dans le monde. »

Dans ce webinaire, il faisait part des dernières Perspectives économiques mondiales d’EDC qui, à l’instar d’autres prévisions, annoncent comme scénario de référence une reprise « en V » dans la deuxième moitié de l’année – une prédiction assurément optimiste que partagent le Fonds monétaire international, l’Institute of International Finance et l’Organisation de coopération et de développement économiques.


Si personne ne peut prédire ce que la COVID-19 nous réserve, l’économie mondiale finira par se relever, car elle l’a toujours fait. Et lorsque ce jour viendra, les affaires reprendront fort probablement leur cours comme avant, c’est-à-dire qu’environ 75 % des exportations du Canada seront destinées aux États-Unis.

Avoir représentation d'EDC aux États-Unis

Étant donné l’importance prioritaire du marché américain pour le commerce canadien, EDC y a ouvert deux bureaux régionaux en 2019 :

  • Le premier à Atlanta, en Géorgie, pour servir les entreprises canadiennes faisant affaire avec les États du Sud-Est : Géorgie, Floride, Alabama, Mississippi, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Tennessee.
  • Le deuxième à Chicago, en Illinois, pour les États des Grands Lacs : Illinois, Indiana, Iowa, Michigan, Minnesota, Missouri, Ohio et Wisconsin.
Autoroute d’Atlanta la nuit


Ces bureaux ont tous deux le mandat de développer le commerce bilatéral en présentant des entreprises canadiennes à de grandes entreprises américaines par l’intermédiaire du Programme de jumelage d’affaires. En bref, EDC a mis en place des mécanismes de financement stratégique avec de grandes entreprises de partout aux États Unis et dans le monde. En offrant un soutien financier à des entreprises internationales, EDC est mieux en mesure d’anticiper leurs besoins en approvisionnement et de les mettre en contact avec des entreprises canadiennes pouvant répondre à ces besoins.

Aux États-Unis, ces grandes sociétés sont considérables en soi, mais aussi en raison des occasions d’entrée dans leur chaîne d’approvisionnement mondiale. EDC appuie financièrement plusieurs conglomérats américains, dont :

De même, chaque bureau régional travaille activement à nouer et à approfondir des relations avec les institutions financières nationales et régionales ainsi qu’avec d’autres grands acheteurs américains, dans l’optique d’enrichir continuellement le Programme de jumelage d’affaires.

« À l’heure de la crise de la COVID-19, il est plus important que jamais d’avoir representation d'EDC aux États-Unis. Nous sommes là pour rassurer les acheteurs américains en leur montrant que nous soutenons les entreprises canadiennes de leur chaîne d’approvisionnement. »

Michael Gonsalves  —  directeur régional principal, Sud-Est des États-Unis

En direct d’Atlanta

Bien entendu, l’un des principaux avantages d’avoir des représentants sur un marché est qu’ils sont aux premières loges pour recueillir des renseignements sur le terrain. À l’amorce du déconfinement, les activités commerciales reprennent progressivement, à un niveau réduit ou minime pour la plupart.

« Certaines entreprises ont pris l’innovation numérique à bras le corps dans le seul but de maintenir leurs opérations. Cette nouvelle vague technologique laisse présager une foule d’occasions pour les exportateurs canadiens de tous les secteurs », indique Michael Gonsalves, directeur régional principal, Sud-Est des États-Unis.

L’extrême volatilité des marchés pétroliers et la demande d’énergie nulle consument le secteur du pétrole et du gaz naturel, qui est l’un des plus importants de la région. « EDC a vu beaucoup d’entreprises accéder à du financement par leurs lignes de crédit renouvelables et continue à aider des clients dont les prêts arrivent à échéance prochainement, poursuit M. Gonsalves. Mais il y a aussi du positif : nous avons mis des sociétés d’énergie américaines en contact avec des fournisseurs canadiens d’appareils de balayage thermique, qui permettront aux travailleurs de retourner sur leur lieu de travail en toute sécurité le moment venu. »

Le Sud-Est des États-Unis, où sont basés les sièges sociaux nord-américains de Mercedes Benz, de Porsche et de Nissan – ainsi que les installations de production de BMW, de Toyota, de Volkswagen et de Hyundai – est une région qui rassemble un très grand nombre d’équipementiers du secteur de la fabrication automobile. Le secteur automobile compte d’ailleurs parmi les plus durement touchés par les fermetures d’entreprises, ce qui a créé un effet domino sur les fournisseurs canadiens comme Magna and Linamar. « La bonne nouvelle, c’est que tandis que ces usines américaines relancent leurs activités, des fournisseurs canadiens comme Magna leur transmettent les principales mesures et procédures de sécurité qu’ils ont apprises en Chine durant l’éclosion de la pandémie. »

La situation dans la région des Grands Lacs

On sait que 40 % des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis prennent leur source dans la région des Grands Lacs. Pôle mondial de la fabrication de pointe, de la technologie et de la recherche et développement, cette région est un véritable moteur économique dont le produit intérieur brut régional s’élève à 6 000 milliards de dollars.

Le secteur automobile y est particulièrement important et, tout comme dans le Sud-Est, a grandement souffert des mesures de confinement imposées pour freiner la propagation de la COVID-19. Et même si les fabricants automobiles ont brillamment tiré leur épingle du jeu en se mettant à produire des masques et des ventilateurs, le fait que les prochaines étapes restent floues suscite une grande incertitude. « La question de savoir quand et comment les chaînes de montage recommenceront à fonctionner normalement court aujourd’hui sur toutes les lèvres », indique Gayle Roenbaugh, directrice régionale principale, région des Grands Lacs pour EDC à Chicago. Elle poursuit : « Une autre interrogation récurrente porte sur la capacité des fournisseurs à répondre à la demande lorsque toutes les grandes usines automobiles rouvriront en même temps. »

Les grands détaillants du secteur des biens de consommation et des épiceries mettent quant à eux les bouchées doubles rien que pour répondre à l’explosion de la demande en ligne. Mais Gayle Roenbaugh avertit que les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement sont une constante source d’inquiétude. Ni les détaillants ni les fournisseurs ne sont outillés pour assumer des changements aussi soudains et radicaux. « Ce secteur mènera assurément le bal en matière d’innovation dans la réorientation des chaînes d’approvisionnement. Ce virage rapide du mode physique au mode numérique, conjugué à la réduction des stocks, pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs et l’innovation. Il s’agit d’une bonne nouvelle, car c’est l’occasion parfaite pour les Canadiens de se lancer », indique Gayle Roenbaugh.

Célèbre sculpture du « Haricot » de Chicago

Soutenir les entreprises à l’heure de la COVID-19

Bien qu’ils soient chacun responsables de régions très différentes aux États-Unis, Gayle Roenbaugh et Michael Gonsalves ont travaillé en étroite collaboration dans le cadre de leurs conversations avec les principales parties prenantes américaines. En cette période difficile, ils sont constamment en contact et ne comptent pas leurs heures pour rassurer les acheteurs américains en leur indiquant qu’EDC soutient les entreprises canadiennes de leurs chaînes d’approvisionnement.

Michael Gonsalves ajoute que les réactions ont été très positives : « On pouvait voir tout ce qui se passait dans leur tête. Ils comprennent que nous appuyons les entreprises canadiennes qui ont besoin de liquidités ou de financement pour des contrats plus importants. Nous prenons donc soin non seulement des acheteurs américains sur le plan financier, mais aussi de leur chaîne d’approvisionnement dans les périodes difficiles. »