Dans cette entrevue avec Jennifer Cooke, Responsable de Stratégie  pour les femmes dans le domaine du commerce a EDC, découvrez pourquoi plus de femmes doivent internationaliser leur entreprise et comment elles peuvent le faire. Vous ne voudrez pas non plus manquer le webinaire gratuit d’EDC, intitulé Femmes entrepreneures et commerce international : les frontières sont ouvertes. Inscrivez-vous ici ou à la fin de ce billet.

Q : EDC veut aider plus de Canadiennes à exporter. Pourquoi?

R : Selon ce que nous savons, les femmes démarrent des entreprises à un rythme de plus en plus rapide chaque jour au Canada. Par contre, elles sont encore largement sous-représentées parmi les propriétaires d’entreprises canadiennes. Seulement 16 % des petites et moyennes entreprises canadiennes appartiennent à des femmes. Ce n’est pas beaucoup. 

Seulement 11 % de ces PME exportent. Pourquoi y en a-t-il si peu? C’est une très bonne question, parce qu’il y a de nombreuses possibilités pour les femmes de lancer et de diriger des entreprises à forte croissance et de les faire croître grâce à l’exportation.

L’an dernier, EDC annonçait avec fierté une enveloppe de 250 millions de dollars, dans le cadre du budget du gouvernement fédéral, destinée à soutenir davantage les entreprises canadiennes détenues et dirigées par des femmes et à les aider à se développer grâce à l’exportation.

Q : Quels sont les défis que doivent relever les femmes à l’échelle internationale et comment EDC peut-elle les aider à les surmonter?

R : La peur de l’inconnu peut constituer un obstacle, surtout dans le domaine de l’exportation. Quelle est la réglementation commerciale en vigueur sur votre marché cible? Qui sont vos concurrents et comment pouvez-vous séduire de nouveaux clients? Sans les connaissances et les compétences appropriées, les femmes ont moins confiance en leurs capacités à gérer les risques et les variables inconnues, comme la façon de percer efficacement un marché.

Le deuxième défi à relever est celui des relations. Souvent, les femmes n’ont pas les réseaux nécessaires pour accéder à des clients, à des partenaires et à des fournisseurs potentiels. À EDC, nous avons des relations d’affaires, des partenaires commerciaux et des liens avec d’autres organisations axées sur les femmes, autant d’outils qui nous permettent de soutenir les entrepreneures à toutes les étapes de leur parcours d’exportation. 

Enfin, le troisième défi à relever est celui du financement. Les femmes hésitent généralement à s’endetter ou à tirer profit de l’emprunt pour faire croître leur entreprise. Elles préfèrent s’autofinancer, ce qui entrave considérablement leur potentiel de croissance. Lorsqu’elles s’endettent, elles ne demandent souvent pas suffisamment de fonds pour gérer leurs besoins à moyen ou à long terme et elles remboursent leurs dettes souvent rapidement, ce qui limite également leur capacité d’expansion. Il est essentiel de les aider à comprendre comment obtenir du financement pour élargir leur portée et leur réseau.

Q : Quelles sont les principales idées fausses au sujet de l’exportation?

R : En tant que responsable de la Stratégie d’EDC pour les femmes en commerce international, j’ai parlé à de nombreuses entrepreneures, et ce qui est ressorti de mes conversations, c’est qu’il existe de nombreuses idées fausses au sujet de l’exportation. Certaines personnes pensent que seules les grandes entreprises de plusieurs millions de dollars peuvent en profiter, d’autres croient que le commerce international s’adresse seulement aux entreprises qui fabriquent et expédient des marchandises de l’autre côté de la frontière. Ce n’est tout simplement pas vrai. Avec les nouvelles méthodes et technologies de distribution, même les plus petites entreprises ou celles qui fournissent des services peuvent atteindre de nouveaux marchés plus facilement que jamais.

Autre idée fausse : les femmes sont plus réticentes à prendre des risques que les hommes. Ce n’est pas vrai non plus. Les femmes abordent simplement les risques différemment. Elles veulent bien comprendre leur nature, savoir comment les atténuer et connaître leurs répercussions possibles sur leur entreprise avant de prendre une décision. 

Q : Quels sont les avantages de l’exportation? 

R : Le commerce international offre de nombreux avantages, et une croissance plus rapide n’en est qu’un parmi d’autres. Les recherches montrent que les entreprises qui exportent ont tendance à rester en affaires plus longtemps, qu’elles sont plus rentables et qu’en raison de ce qu’elles font, elles sont plus innovatrices. 

Q : La diversification stimule-t-elle la croissance des entreprises? 

R : En ce qui concerne la diversification, il est important de comprendre que, de manière générale, l’exportation présente une foule d’avantages aux entreprises canadiennes. Il peut être risqué de dépendre d’un seul marché, et les entreprises canadiennes peuvent explorer de nombreux marchés rentables à l’extérieur de l’Amérique du Nord.

Diversifier les exportations et avoir des clients dans différents marchés sont des moyens de réduire les risques, d’augmenter la stabilité et de faire croître son entreprise. La montée de l’économie numérique permet aux PME canadiennes de se démarquer et de servir plus facilement et efficacement les clients étrangers, et les nouveaux accords de libre-échange négociés par le Canada ouvrent de nouveaux marchés et uniformisent les règles du jeu pour les entreprises canadiennes à l’étranger.

Q : Comment les exportateurs peuvent-ils diversifier leurs marchés? 

R : Les entreprises canadiennes peuvent diversifier leurs marchés de différentes façons. L’une d’entre elles consiste à s’intégrer aux chaînes d’approvisionnement de leurs clients actuels et de les suivre vers de nouveaux marchés, où qu’ils aillent. La diversité des fournisseurs est un moyen d’offrir aux fournisseurs habituellement sous-représentés un meilleur accès aux grandes entreprises ou aux entités faisant appel aux marchés publics. 

Q : Quelle est la recette du succès des exportations? 

R : Les connaissances et la préparation sont essentielles : 

  • Prenez le temps de faire des recherches pour trouver des débouchés internationaux et déterminer le potentiel à long terme. Trouvez qui sont vos concurrents et vos clients potentiels, et quels pays veulent vos produits. Il est également essentiel que vous déterminiez votre proposition de valeur.
  • Investissez le temps nécessaire pour comprendre la culture dans laquelle vous faites des affaires, car le manque de sensibilisation culturelle pourrait vous faire rater des occasions de conclure des contrats. 
  • Plus important encore, assurez-vous de disposer d’un fonds de roulement suffisant et de mobiliser les bonnes personnes dans votre équipe pour donner suite à votre plan d’exportation. Si vous n’avez pas accès au capital, votre entreprise aura du mal à croître. 

Q : Quelles sont les mesures de soutien offertes aux entrepreneures qui songent à exporter? 

R : Il y a tellement de ressources à la disposition des entreprises appartenant à des femmes que le défi est de savoir à qui s’adresser, à quel sujet et à quel moment. 

Innovation Canada, par exemple, a un excellent site Web où vous pouvez saisir des renseignements sur votre entreprise pour obtenir une liste de ressources qui s’appliquent à vous.

Il faut aussi encourager les femmes à demander de l’aide, par exemple pour faire croître leur entreprise. Il est donc vraiment important pour chacun d’entre nous, dans cet écosystème visant à soutenir les entrepreneures, de connaître les mesures de soutien qui sont à leur disposition et de nouer des liens au bon moment et avec les bonnes personnes pour les aider à prendre de l’expansion. 

Q : Que pouvons-nous faire?

R : Il faut inspirer les femmes, leur présenter des cas de réussite. Plus nous leur rapporterons des exemples d’entrepreneures qui prospèrent à l’étranger, plus elles seront audacieuses et oseront voir grand.