Les principaux marchés du Moyen-Orient – le Bahreïn, le Koweït, l’Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU), qui forment le Conseil de coopération du Golfe (CCG) – n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère aux premiers jours de la pandémie : interruption de tous les vols, fermeture des aéroports, confinement et couvre-feux stricts. 

De plus, ces pays ont placé les voyageurs (citoyens et expatriés) en quarantaine, ont mené l’une des plus vastes campagnes de dépistage (les Émirats arabes unis se classent au troisième rang pour le nombre de personnes testées par million d’habitants, et comptent tester toute la population) et mettent à l’essai de nouveaux traitements et méthodes de dépistage novateurs.

 Le taux de mortalité est faible comparativement à d’autres régions du monde, comme l’Europe et l’Amérique de Nord. Si les pays du CCG commencent à assouplir les restrictions, ils maintiennent toutefois des règles d’éloignement social et de protection claires et strictes.

Vue du centre-ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis

Quels sont les secteurs les plus touchés par la pandémie dans la région?

Le Moyen-Orient, et en particulier le CCG, traverse une double crise sectorielle.

  1. À l’instar de bien d’autres pays, le tourisme, l’hôtellerie, le commerce de détail, le transport, le secteur industriel et la construction n’ont pas été épargnés. Beaucoup de projets sont en veilleuse, et les entreprises ont été forcées de mettre à pied des travailleurs qui devront quitter leur pays de résidence dès que les restrictions sur les voyages imposées au début de la crise seront levées.
  2. Le secteur du pétrole et du gaz naturel a été encore plus durement touché par la pandémie. En effet, le secteur souffre de la dégringolade des cours pétroliers et de la capacité excédentaire de production ayant  accompagné la sévère chute de la demande mondiale. On pense que cette crise pourrait changer le paysage économique de la région, mais il est encore trop tôt pour bien en mesurer les répercussions à long terme.

Quels sont les plus grands défis des entreprises canadiennes actives dans votre région?

Au Moyen-Orient, les relations personnelles sont primordiales dans le monde des affaires, entre autres pour décrocher des contrats. Compte tenu des restrictions – pas de rencontres en personne et aucun vol pour se rendre sur place –, les entreprises canadiennes doivent suspendre la plupart de leurs activités de développement des affaires, et comme on l’a dit, bon nombre de projets importants de la région sont interrompus jusqu’à nouvel ordre. Mais il y a aussi de nouveaux débouchés : les gouvernements là-bas ont annoncé clairement leur intention de gérer les prochaines vagues d’éclosion, s’il y en a, en misant sur le secteur de la santé. Ils ont donc donné le feu vert à des projets de construction d’hôpitaux et à l’achat de l’équipement médical dont ils auront besoin. La sécurité alimentaire est aussi l’une de leurs priorités, puisque presque toute la nourriture est importée de partout dans le monde.

Désert d’Oman, au Moyen-Orient

Quelle est l’atmosphère dans le monde des affaires de votre région?

Les membres de notre réseau font preuve de résilience et de patience, et comprennent qu’ils devront s’adapter à une nouvelle réalité. Nous recevons encore des demandes et des questions concernant les débouchés dans la région, preuve que les entreprises canadiennes sont prévoyantes et se préparent à l’après-crise.

Comment EDC aide-t-elle le marché?

Nous gardons le contact avec nos clients, bien entendu, mais aussi avec leurs acheteurs actuels ou potentiels. Par exemple, nous avons informé les forces vives du marché qu’EDC avait lancé la Garantie – Programme de crédit aux entreprises (PCE) d’EDC afin de soutenir les entreprises canadiennes et leurs fournisseurs. Ainsi, nous rassurons les acheteurs locaux, qui peuvent continuer de faire des affaires et de signer des contrats avec leurs clients sans avoir à se soucier de la stabilité de leurs partenaires canadiens dans leur chaîne d’approvisionnement. Nous poursuivons aussi notre collaboration étroite avec les services commerciaux des missions diplomatiques canadiennes établies dans la région afin de collecter des renseignements utiles pour nos clients, comme les projets et contrats à venir, en vue d’un retour à la normale.

Pour savoir comment EDC vient en aide aux entreprises internationales pendant la pandémie de COVID-19, cliquez ici.