L’environnement économique indien

L’Inde a démarré la libéralisation à long terme de son économie en 1991. Les gouvernements qui se sont succédé depuis ont déréglementé certains secteurs industriels, réduit les tarifs douaniers, abaissé les taxes intérieures et facilité l’investissement étranger. La croissance a alors été constante, malgré quelques contrecoups occasionnels, faisant de l’Inde l’une des plus grandes économies du monde.

Pour l’Inde, comme pour tous les autres pays vastes et très peuplés, il n’est pas possible de parler d’un unique « marché indien ». L’Inde c’est plusieurs marchés qui se distinguent les uns des autres par autant de facteurs que sont la religion, la géographie, la langue, l’ethnie, le revenu, le statut social, la profession et l’allégeance politique. Ces marchés sont très concurrentiels et sensibles aux prix. La plupart des entreprises locales y sont bien gérées, dynamiques et tout à fait capables de concurrencer les entreprises étrangères.

La relation commerciale indo-canadienne

L’Inde est un marché prioritaire autant pour Exportation et développement Canada (EDC) que pour le gouvernement du Canada, et de plus en plus d’entreprises canadiennes ont des clients et des partenaires indiens

En 2019, nous avons expédié pour 4,8 milliards de dollars de biens en Inde. En 2020, ce chiffre est descendu à 3,7 milliards, une baisse essentiellement due aux confinements et à la pandémie. On s’attend toutefois à une reprise des exportations de biens dans le courant de l’année prochaine. Le commerce bilatéral entre l’Inde et le Canada a pour sa part atteint un pic de 10,1 milliards en 2019, avec une chute à 8,62 milliards en 2020, due encore une fois à la COVID 19. Il est fort probable, une fois passés les effets de la pandémie, que nos échanges bilatéraux rebondissent.

Sur le plan politique, l’Inde et le Canada explorent activement diverses avenues pour la suite de la négociation d’un accord de partenariat économique global et d’un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers.

Centrale hydroélectrique en Inde

Les secteurs prometteurs en Inde

Il y a de nombreux débouchés pour les entreprises canadiennes dans plusieurs secteurs de l’industrie indienne. On peut citer :

  • L’intelligence artificielle (IA) et les services numériques, dont le jeu vidéo et l’Internet des objets.
  • Les technologies propres, utilisées pour le traitement des eaux et le contrôle des émissions automobiles et industrielles.
  • Les énergies renouvelables, dont l’éolien, le solaire et l’hydroélectrique.
  • Le commerce électronique et de détail, dont la croissance a été propulsée par le passage généralisé à l’achat en ligne. (Ex. : le « Canada store », une boutique d’Amazon Inde spécialisée dans les marques canadiennes.)
  • Les technologies agricoles, particulièrement dans les domaines de la mécanisation des fermes, de la gestion des chaînes d’approvisionnement et de la transformation des aliments.
  • L’écosystème des véhicules électriques, notamment les bornes de recharge, les technologies de stockage des batteries et les moteurs d’entraînement pour véhicules électriques.
  • Les soins de santé, dont les services diagnostiques haut de gamme, l’appareillage médical et les fournitures.
  • La fabrication de pointe, particulièrement dans les domaines pharmaceutique, de l’usinage de précision et de la robotique. 
  • L’amélioration des compétences dans plusieurs domaines.

Il ne fait aucun doute que les effets de la pandémie se feront ressentir dans certains secteurs davantage que dans d’autres. Le secteur de la construction, par exemple, continuera de fonctionner comme avant. Donc, pas beaucoup de changements à prévoir dans ce secteur-là.

Mais dans d’autres, comme celui de la santé, on observe que la vidéoconférence et les équipes virtuelles sont de plus en plus répandues. C’est là une occasion pour les entreprises canadiennes de faire valoir les solutions efficaces et à bas coût qu’elles ont élaborées pour desservir des régions éloignées. Notre expertise dans ce sous-secteur cadre à merveille avec les besoins du marché indien.

Pour ce qui est du commerce de détail, la pandémie est à l’origine d’une véritable transformation des habitudes d’achat d’une bonne partie de la population indienne. En effet, ces consommateurs se tournent désormais vers le commerce en ligne, au détriment des magasins ayant pignon sur rue, pour leurs achats de matériel électronique, de vêtements, d’épicerie et de médicaments. Cette mutation est l’occasion pour les entreprises canadiennes de vendre leurs biens en ligne directement, plutôt que d’investir massivement dans des infrastructures commerciales sur le terrain. 

Il est intéressant de savoir que le gouvernement indien, en novembre 2020, a mis en place un programme d’incitation à la production dont peuvent profiter les entreprises canadiennes qui font des affaires en Inde ou qui envisagent de s’y implanter. Ce programme consiste à verser des primes aux entreprises dont les ventes de produits fabriqués dans des usines indiennes ont augmenté (au cours de l’exercice financier 2019-2020).

Les primes vont de 4 % à 7 % dans plusieurs catégories et sur plusieurs années. Les dix secteurs compris dans le programme à l’heure actuelle sont l’industrie pharmaceutique, l’automobile et les composants automobiles, les produits de télécommunications et de réseau, la technologie de pointe des batteries chimiques de téléphone cellulaire, le textile, l’alimentation, les panneaux solaires, les électroménagers et l’acier spécialisé. Pour en savoir plus sur Invest India et sur ce programme d’incitation à la production, vous pouvez cliquer ici et voir comment se décline le programme pour la fabrication de matériel électronique.

Les obstacles sur le marché indien

Le marché indien, comme tous les autres, présente son lot de difficultés pour les exportateurs et investisseurs. Voici les principaux obstacles :

  • Concurrence
    Vous serez confrontés à une rude concurrence aussi bien des entreprises locales que des entreprises étrangères. Le marché et les consommateurs indiens sont aussi extrêmement sensibles aux prix. Il est donc possible que votre marge de profit soit très mince, même si vous réduisez vos coûts en produisant en Inde. Un des principaux défis est donc de savoir si vous pouvez vendre votre produit à un prix que les entreprises et les consommateurs indiens sont prêts à payer.
  • Réglementation imprévisible et hermétique
    La réglementation et les régimes tarifaires peuvent être modifiés arbitrairement et presque sans préavis (les tarifs douaniers indiens sont plus élevés que ceux des autres marchés d’exportation du Canada), en fonction des changements de politiques gouvernementales. Il arrive, par ailleurs, que les règles et les procédures manquent de transparence, ce qui peut compliquer le dédouanement et l’obtention de permis ou de visas.
  • Absence d’un écosystème industriel canadien
    Dans l’économie indienne, il n’y a pas d’écosystème industriel canadien qui puisse rassembler les entreprises canadiennes présentes en Inde. Les économies asiatiques développées, par comparaison, ont réussi à créer un écosystème connectant les différents acteurs entre eux, notamment dans le secteur indien de l’automobile et dans celui du génie industriel.
  • Infrastructure sous-développée
    Un autre défi est celui de l’infrastructure indienne qui n’est pas suffisamment développée. L’Inde s’urbanise rapidement et s’efforce de construire ou de rénover des routes, des voies ferrées, des ports, des aéroports, des réseaux électriques et des réseaux de télécommunications dignes d’une économie moderne. Si vous pensez faire des affaires en Inde, il vous faudra tenir compte de ces réalités.
  • Une culture des affaires différente
    Les Indiens accordent beaucoup d’importance aux relations interpersonnelles, et cet aspect s’étend au monde des affaires d’une manière que nous ne connaissons pas au Canada. Donner un caractère personnel aux relations d’affaires est nécessaire pour établir une confiance mutuelle, sans laquelle il vous sera très difficile de négocier et de conclure une vente. Sans l’aide d’un guide bien renseigné, une entreprise canadienne qui débute pourrait avoir beaucoup de mal à progresser sur le marché indien. Voilà pourquoi il peut être très important de nouer des partenariats locaux, surtout lors de votre entrée sur le marché.

Faire affaire avec des partenaires locaux ou non?

Travailler avec des partenaires indiens peut vous aider à surmonter certaines difficultés. Ils peuvent :

  • trouver et embaucher des talents sur place qui s’occuperont du développement des affaires et des relations avec les entreprises locales ou avec l’administration publique;
  • vous aider à comprendre la culture locale et à élaborer des stratégies adaptées qui réduiront votre temps d’implantation;
  • vous aider à travailler avec des firmes indiennes qui préfèrent faire affaire avec des entreprises ayant une présence et des liens locaux forts, ce qui garantit un service après vente de qualité.

Vous devriez aussi envisager de faire affaire avec des groupes d’entreprises solides et solvables (dont certains sont clients d’EDC) pour profiter de leur expertise lors de votre entrée sur le marché indien.

Il existe toutefois des secteurs dans lesquelles vous n’aurez pas nécessairement besoin d’une présence locale pour réussir. Dans les secteurs de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets et de la fabrication de pointe, par exemple, le produit est souvent livré à distance, et la différence se trouve uniquement dans la technologie et le prix. Pour le reste, les règles du jeu sont les mêmes. Quand vous êtes dans cette situation, vous êtes à armes égales avec vos concurrents indiens et vous n’avez pas besoin de partenaire sur place.

Vue aérienne de Mumbai au bord de l’eau

Conseils de pro pour faire des affaires en Inde

Pour faire des affaires en Inde, il faut connaître les trois P :

  1. Patience : Trois à cinq années peuvent s’écouler entre votre entrée sur le marché et la signature de votre premier contrat.
  2. Présence : Les relations interpersonnelles sont cruciales sur les marchés indiens. Vous devez impérativement établir une présence sur le marché et pouvoir rencontrer vos clients en personne.
  3. Prix : Les marchés indiens sont très sensibles aux prix, et les entreprises canadiennes, quoique connues pour la qualité de leurs produits, ont la réputation de ne pas s’en soucier autant qu’elles le devraient.

Où obtenir de l’aide

Le service des Délégués commerciaux du Canada (SDC) peut vous aider à savoir si votre entreprise a les moyens de réussir sur le marché indien et vous trouver des contacts d’affaires de confiance et des partenaires stratégiques pour vos activités d’exportations sur place. Une fois votre entreprise implantée en Inde, le SDC pourra vous appuyer avec diverses solutions qui assureront votre réussite. 

EDC peut mettre à profit ses relations avec des entreprises et des institutions indiennes afin de dénicher des occasions qui pourraient passer sous le radar d’entreprises canadiennes. Nous offrons également de nombreux autres services financiers et de renseignements pour les entreprises canadiennes qui souhaitent faire des affaires en Inde et ailleurs. Pour en savoir plus, visitez la page des solutions d’EDC.

Enfin, il faut savoir que faire partie de réseaux d’affaires indiens peut vous permettre d’élargir vos horizons et de nouer des relations. Par exemple, EDC est membre de la Chambre de commerce indo-canadienne et du Conseil de Commerce Canada Inde, des associations qui font des mises en contact d’entreprises et organisent des événements de réseautage et autres événements professionnels. Les entreprises canadiennes peuvent faire appel à ces associations pour obtenir des conseils sur leurs projets d’affaires en Inde et se renseigner sur les possibilités de promotion et de réseautage sur le marché indien.

Il est également important de signaler que les renseignements de cette chronique sont publics et qu’ils ne visent aucunement à donner des conseils précis et ne devraient pas être consultés dans cette optique. Aucune mesure ou décision ne devrait être prise sans recherches indépendantes et conseils professionnels.