En tant que représentant en chef d’EDC en Inde basé à Mumbai, je suis aux premières loges pour voir le pays se transformer en une force économique. Les entreprises canadiennes doivent sans contredit envisager la possibilité de se lancer sur ce marché dynamique; pour en savoir plus, visionnez le webinaire informatif « L’Inde : le pays où dynamiser vos ventes ». En plus de moi-même, vous y verrez également Robert McCubbing, ancien délégué commercial principal en Inde du SDC, ainsi que Motria Savaryn-Roy, économiste d’EDC pour l’Asie.

Tigre économique

Quand les entreprises songent à accroître leurs activités sur des marchés asiatiques à forte croissance, la Chine trône souvent en tête de liste. Les gens sont habituellement surpris quand je leur dis que c’est en fait l’Inde, dont le PIB a crû de 8,2 % au deuxième trimestre de 2018, qui affiche la croissance économique la plus rapide dans la région. Encore plus que la Chine. Et pour ceux qui se demandent si les résultats du dernier trimestre n’étaient qu’un feu de paille, sachez que le marché a également enregistré une croissance moyenne du PIB de 6,9 % entre 2012 et 2016. Qui plus est, l’Inde affiche un meilleur bilan que la plupart des économies avancées et émergentes et devrait continuer sur cette lancée à moyen et à long terme.

Depuis que je suis en poste à Mumbai, j’entends dire que pour les exportateurs canadiens en Chine, les débouchés sont évidents, mais les risques sont souvent dissimulés. C’est le contraire en Inde : les risques sont flagrants, mais les débouchés, plutôt cachés.

Voyons le tout de plus près.

En bonne voie

Le gouvernement indien a lancé une réforme institutionnelle qui améliore l’environnement d’affaires à la fois pour les entreprises nationales et pour les investisseurs étrangers. La croissance constante de la classe moyenne, qu’on estime à environ 300 millions de personnes, alimente une forte croissance économique. Par ailleurs, on prévoit que la TPS introduite l’an dernier pourra réduire les coûts de fabrication de pas moins de 15 %. Grâce entre autres aux progrès récents pour l’accès au réseau électrique ainsi qu’à une meilleure exécution des contrats, l’Inde s’est hissée dans les 100 premiers rangs du classement de la Banque mondiale des pays où il est facile de faire des affaires.

Le commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et l’Inde totalise 8,3 milliards de dollars. Quant à l’investissement direct étranger bilatéral, il s’élève à plus de 4 milliards de dollars. Mais le chiffre le plus parlant concerne peut-être les institutions et caisses de retraite canadiennes, qui ont investi environ 15 milliards de dollars en Inde. Par ailleurs, des négociations commerciales entre les deux pays sont en cours, et on prévoit qu’ils concluront un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers et un accord de partenariat économique global. N’oublions pas que l’anglais est la langue des affaires en Inde et que les marques canadiennes y jouissent d’une grande notoriété, grâce aux quelque 1,5 million de Canadiens d’origine indienne. Le commerce entre nos deux pays ne date pas d’hier, et l’annonce plus tôt cette année d’investissements prévus de 1 milliard de dollars ne fait que renforcer le tout.

Débouchés cachés

Alors, quels sont les produits et services en demande? À l’heure où l’Inde cherche à augmenter sa production de pétrole et de gaz naturel, les produits canadiens intermédiaires et d’amont ont la cote, et les produits en aval de la filière technologique recèlent également un bon potentiel. L’Inde investit massivement dans le développement et la modernisation des réseaux de TIC partout au pays. Et vu son énorme économie de consommation, la demande de téléphones intelligents et de réseaux 4G sera sans nul doute forte à court terme. En outre, comme le pays compte bâtir 100 villes intelligentes, ses besoins seront constants au chapitre du développement des infrastructures, en particulier les routes, les ports et les réseaux électriques, ainsi que des solutions écotechnologiques visant à améliorer la qualité de l’air et de l’eau.

Assurez-vous de surveiller certains des secteurs de croissance stratégiques en Inde. Le secteur automobile y est très dynamique, avec une forte demande de nouvelles technologies. Comme le gouvernement s’est engagé à intégrer au réseau 100 gigawatts d’énergie verte d’ici trois à cinq ans, les débouchés foisonnent du côté de l’énergie solaire et éolienne, ainsi que du transport de l’énergie et de la construction de réseaux. Comme la majorité des exportateurs canadiens en Inde proviennent encore du secteur agricole, tous les domaines connexes affichent un excellent potentiel de croissance, entre autres la manutention et l’entreposage des céréales et des produits alimentaires, ainsi que les technologies d’optimisation des cultures.

Risques flagrants

Mais l’Inde comporte également son lot de difficultés. Ironiquement, certains des principaux obstacles représentent également des débouchés. Par exemple, les infrastructures inadéquates figurent encore parmi les grands irritants pour les entreprises canadiennes qui font affaire en Inde… sauf, bien entendu, pour celles qui œuvrent dans le secteur de l’infrastructure! Malgré de nets progrès, certains obstacles aux affaires persistent. Par exemple, l’inefficacité de l’administration publique a donné lieu à une réglementation étendue et contradictoire, sans parler des tarifs élevés dans de nombreux secteurs, qui tendent à connaître des fluctuations fréquentes et imprévisibles. De plus, la main-d’œuvre peu instruite, combinée à un système de santé publique déficient, peut freiner vos plans d’expansion sur ce marché. Autre fait, moins connu : l’appareil judiciaire indien est saturé. Il est particulièrement important de s’assurer que les contrats sont clairs d’entrée de jeu, puisque les instances civiles portées en cour peuvent s’étirer sur des années.

De nombreuses ressources peuvent vous aider à surmonter les obstacles

Si vous envisagez de faire des affaires en Inde, n’oubliez pas ceci : il y a plus de 55 délégués commerciaux canadiens sur le terrain prêts à vous aider dans huit centres névralgiques. Ces professionnels peuvent vous mettre directement en contact avec des ressources stratégiques et qualifiées, qu’il s’agisse d’experts juridiques, de spécialistes en douane, d’agents, de distributeurs, de clients potentiels ou de représentants du gouvernement. Nous vous recommandons d’abord de communiquer avec le bureau régional du SDC le plus près de chez vous au Canada. Le personnel pourra vous aider à évaluer le potentiel du marché visé et vous faire prendre le pouls de celui-ci par l’intermédiaire de salons commerciaux et de missions commerciales.

EDC entretient des relations de prêteur-emprunteur de longue date avec des sociétés de premier rang en Inde, comme Tata Group, Aditya Birla Group et Reliance Industries. Au fil des ans, nous avons recueilli des renseignements sur leurs décisions d’investissement et d’achat, et pouvons leur présenter des entreprises canadiennes qualifiées capables de répondre à leurs besoins en approvisionnement. Nous pouvons également vous fournir un fonds de roulement, un financement acheteur et des solutions de gestion des risques, comme l’assurance crédit.

Le mot d’ordre : patience

La clé d’une stratégie réussie pour le marché indien, c’est de penser à long terme, un peu comme une partie de cricket. Dans un pays où les relations d’affaires sont tenues en haute estime, il est particulièrement important d’assurer une présence locale. Trouvez le bon partenaire qui vous aidera à bien composer avec la bureaucratie indienne, et vous en récolterez les fruits pendant des années. De plus, les Indiens sont sensibles aux prix et futés, alors assurez-vous d’avoir une proposition de valeur claire et concurrentielle. Surtout, avant de vous lancer dans ce pays incroyable, ne manquez pas de consulter le SDC et EDC : nous vous aiderons à partir du bon pied.