Pour Todd Evans, responsable national des exportateurs autochtones à EDC depuis près de un an, il reste beaucoup à faire pour aider et accompagner efficacement cette communauté dynamique et motivée dans ses projets d’expansion internationale.

C’est pourquoi, d’après lui, l’organisme de crédit à l’exportation du Canada doit absolument gagner la confiance et le respect des entrepreneurs et des entreprises autochtones, dont l’empreinte grandit considérablement depuis dix ans et qui s’enracinent dans le paysage économique du pays.

« Ce que je veux, c’est que les entreprises autochtones en arrivent à nous voir comme un partenaire de confiance. Mais pour ça, il faut du temps. Nous devons nous faire connaître et bâtir notre crédibilité, pour que la communauté sache qui nous sommes et ce que nous faisons. C’est ce que je souhaite. Mais ça va dans les deux sens : EDC doit elle aussi comprendre notamment comment l’histoire et la culture s’inscrivent dans les activités de nombreuses entreprises autochtones. »

Travaillant pour la société d’État depuis 23 ans, entre autres comme directeur du Groupe d’analyse et de prévisions économiques ainsi que des Services de recherche, Todd prend plaisir à réseauter avec des organisations, des partenaires et des gens d’affaires de la communauté autochtone du Canada. Son poste actuel vient en fait combler une lacune décelée dans un examen ministériel intégral en 2018. Le milieu des affaires autochtone et un responsable des pratiques autochtones de BDO Canada avaient alors été mis à contribution en vue de concevoir une initiative vouée aux entreprises de cette communauté.

Même si la pandémie de COVID-19 entrave une partie de son travail, Todd Evans, avec l’aide de Jennifer Cooke, responsable de la stratégie pour les femmes dans le domaine du commerce, poursuit ses démarches vers la création d’une stratégie nationale exhaustive pour les entreprises autochtones à EDC.

« Avant la crise, je voyageais beaucoup pour aller à la rencontre d’organisations et assister à des événements, afin d’avoir un portrait clair de la situation; de tisser des liens, en somme », explique Todd. « Maintenant, je passe surtout par le téléphone. Et je m’entretiens directement avec des entreprises autochtones pour comprendre leurs difficultés. »

Inukshuk sur une berge de Terre-Neuve


Quelques partenaires pivots d’EDC :

  • Le Conseil canadien pour le commerce autochtone (CCCA), qui fait le pont entre les entreprises autochtones et non autochtones par des programmes et des événements nationaux visant à bâtir une nouvelle économie fondée sur le respect et la prospérité pour tous;
  • L’Association touristique autochtone du Canada (ATAC), qui travaille avec des partenaires du milieu des affaires et du gouvernement pour promouvoir le tourisme autochtone au pays et dans le monde;
  • L’Association nationale des sociétés autochtones de financement (ANSAF), un réseau de 58 institutions financières autochtones qui offrent des prêts directs au développement aux entrepreneurs et aux communautés autochtones.

De récents sondages montrant que les Canadiens reconnaissent la valeur des entreprises dirigées et exploitées par des Autochtones, d’autres entreprises d’ici sont intéressées à investir dans ce secteur solide et à créer des partenariats dans le cadre de nouveaux débouchés. Le Canada compte quelque 56 000 entreprises détenues par des Autochtones, qui contribuent annuellement à hauteur de plus de 30 milliards de dollars à l’économie. De plus, entre 2014 et 2017, l’industrie du tourisme autochtone a connu une croissance de 23 % pour atteindre 1,7 milliard.

« Tout le monde sait que le tourisme est durement touché par la COVID-19. Le tiers des visiteurs étrangers viennent vivre une expérience traditionnelle. Ça profite beaucoup aux entreprises autochtones, et ça fait aussi tourner l’industrie du tourisme dans son ensemble. »


Todd Evans a entre autres pour priorité de favoriser des relations avec les acteurs du milieu des affaires autochtone, comme les organismes d’État, les conseils de bande et les institutions financières, de leur présenter EDC et d’établir des partenariats.

« Nous avons pu mettre en contact des institutions financières avec des entreprises et des fournisseurs autochtones. On est encore au début, mais on continuera nos efforts en ce sens. J’entrevois de bien belles choses. »

Si les entreprises autochtones connaissent sensiblement les mêmes difficultés que les entreprises canadiennes (accès au capital, gestion des liquidités, formation, manque de connaissances sur l’exportation et la réglementation, etc.), Todd note quelques différences fondamentales du point de vue opérationnel.

« Les entrepreneurs autochtones ont des valeurs bien ancrées et entretiennent des liens solides avec leur communauté, ce qui soutient l’emploi et le développement économique à l’échelle locale. Nous devons comprendre cette dynamique et porter attention à ce contexte culturel et historique. Nous pouvons en faire plus. Je ne parle pas d’accorder un traitement préférentiel aux entreprises autochtones, mais bien de donner une chance égale à tous en veillant à ce que nos produits financiers et solutions du savoir répondent à leurs besoins. Comment pourra-t-on y arriver autrement? »

Originaire de Terre-Neuve-et-Labrador, Todd Evans est fier de ses racines Mi’kma’ki, une Première Nation dont le territoire traditionnel s’étend sur une bonne partie du Canada atlantique, de Gaspé jusqu’à Terre-Neuve. Normalement, à ce temps-ci de l’année, Todd assisterait à des pow-wow, ces rassemblements en hommage à la culture autochtone, richement vêtu de la tenue cérémonielle pour se livrer à une danse traditionnelle.

« Ça me manque beaucoup. Les danses de pow-wow, c’est un mode de vie. C’est un engagement qu’on prend, et en ce qui me concerne, c’est aussi une façon de servir d’exemple aux jeunes. De voir mes amis entre autres aux pow-wow du Festival autochtone du solstice d’été à Ottawa et à Miawpukek (Conne River), c’est le plus beau moment de l’année pour moi. »

Pour l’heure, Todd voit à forger des liens et à étudier différents segments du milieu des affaires autochtone, y compris les femmes, les jeunes, le commerce international et le tourisme.

« Quand l’heure sera à la reprise et aux rajustements, de nombreuses entreprises se tourneront vers de nouveaux marchés. Cette tendance est là pour rester, et elle présente en fait une occasion pour EDC de soutenir les entreprises autochtones à la recherche de nouvelles avenues vers la pérennité. »

EDC en est à examiner ses produits et services financiers et de gestion des risques et à étendre son Programme de jumelage d’affaires en fonction des entreprises autochtones. Pour répondre aux besoins des entreprises pendant la crise actuelle, nous offrons une gamme de programmes de prêts, des solutions de fonds de roulement, une assurance crédit, une assurance pour avances sur paiement et une protection contre les fluctuations de change.