Stratégie en matière de services et croissance pérenne du commerce
Précisions au sujet de l’auteur
Meena Aier
Économiste principale, Servie de recherche et analyse, Services économiques d'EDC
Dans cet article :
- Principaux points à retenir : Les exportations de services stimulent la croissance, la valeur ajoutée et l’emploi
- Catégories dans lesquelles les exportations de services se concentrent au Canada
- Rendement des exportations de services du Canada au fil du temps
- Les exportations de services contribuent-elles à accroître les revenus et la productivité du Canada?
- Comment les exportations de services stimulent la productivité et favorisent le commerce des biens
- Marchés sur lesquels les exportations de services du Canada connaissent la plus forte croissance
- Soutien d’EDC aux exportateurs
2e partie de la série d’articles des Services économiques d’EDC sur la compétitivité commerciale à long terme du Canada.
Le tableau du commerce extérieur du Canada est en pleine évolution. Si les biens ont longtemps dominé les exportations, ce sont désormais les services qui sont le moteur de la croissance, de la valeur ajoutée et de l’emploi au niveau national. Pourtant, les exportations de services restent trop peu mises en avant dans les débats sur le commerce et dans la stratégie d’affaires.
Pour les exportateurs, cette évolution est importante. Les exportations de services sont souvent plus évolutives, moins limitées par des contraintes géographiques et de plus en plus intégrées dans les chaînes de valeur mondiales. Ils jouent également un rôle essentiel dans la facilitation des exportations de biens, qu’il s’agisse du transport et de la logistique ou des services numériques et professionnels.
« C’est de plus en plus dans le secteur des services que se crée de la valeur et que réside la croissance future des exportations », explique Stuart Bergman, économiste en chef chez EDC.
Cet article examine comment les exportations de services façonnent les résultats commerciaux du Canada, où se trouvent les principaux débouchés et pourquoi une stratégie nationale plus délibérée est nécessaire pour soutenir la croissance, la diversification et la résilience à long terme.
Principaux points à retenir : Les exportations de services stimulent la croissance, la valeur ajoutée et l’emploi
- La croissance des exportations canadiennes repose désormais sur les services.
- Au cours des dix dernières années, les exportations de services ont représenté 87 % de la croissance réelle (corrigée de l’inflation) des exportations canadiennes.
- Ce secteur génère davantage de valeur au pays : chaque dollar d’exportation de services ajoute 0,86 dollar au produit intérieur brut (PIB) canadien, contre 0,69 dollar pour les biens.
- Les services génèrent une croissance plus forte du revenu national, car ils nécessitent généralement moins d’intrants importés, affichent des marges bénéficiaires plus élevées et emploient une main-d’œuvre hautement qualifiée.
- Tous les services ne se valent pas. Par exemple, chaque dollar généré par les exportations de services d’hébergement et de restauration contribue à hauteur de 0,78 dollar au PIB, contre 0,89 dollar pour les services professionnels, techniques et scientifiques.
- Les exportations de services du Canada génèrent 1,9 million d’emplois, soit 49 % de tous les emplois liés aux exportations.
- Les services renforcent la compétitivité du secteur de la fabrication, représentant près de 53 % de la valeur mondiale comprise dans les exportations de produits de fabrication.
- Le commerce repose sur les services : le transport, la logistique et les infrastructures rendent possible le commerce mondial.
- Selon le sondage de mi-année 2026 d’EDC sur l’indice de confiance commerciale (ICC), mené par Jennifer Topping et l’Équipe de l’expérience client et les Services économiques d’EDC, les entreprises canadiennes qui exportent à la fois des biens et des services ont obtenu un ICC de 75,5, contre 68,6 pour celles qui n’exportent que des biens. Les exportateurs qui associent des biens à des services semblent mieux placés pour générer des revenus provenant de sources multiples, nouer des relations plus solides avec leurs clients et renforcer leur résilience grâce à des modèles commerciaux intégrés.
- Les exportations de services sont plus diversifiées que celles de biens : environ 47 % d’entre elles sont destinées à des marchés autres que les États-Unis.
- Selon le récent sondage sur l’ICC, les exportateurs qui vendent à la fois des biens et des services sont les acteurs les plus actifs au sein de l’écosystème commercial en général. Ils affichent les intentions de diversification les plus élevées (80 %), l’incidence d’investissements étrangers la plus importante (47 %) et la participation la plus forte aux activités relatives au commerce d’intégration en général.
- D’ici 2035, les exportations de services du Canada pourraient atteindre 272 milliards de dollars américains, contre 176 milliards de dollars américains en 2025. C’est en Europe que se trouvent bon nombre des débouchés les plus importants, notamment en Irlande, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Autriche, en Pologne, en Suède, en Norvège et au Danemark.
- Malgré cela, les exportations de services font l’objet d’une attention bien moindre lors des discussions commerciales du Canada.
- Au cours du premier quart de ce siècle, la croissance des exportations a été principalement tirée par les services. Compte tenu des progrès rapides de l’intelligence artificielle (IA) et des percées potentielles dans le domaine de l’informatique quantique, il est probable que les services soient le moteur de la croissance économique mondiale au cours des prochaines décennies.
- La croissance du secteur des services au Canada a ralenti au cours des deux dernières années, les exportations réelles de services ayant diminué pour la première fois depuis le début de la pandémie. Entre 2024 et le début de l’année 2026, les exportations canadiennes réelles de services corrigées de l’inflation ont enregistré une croissance négative pendant six trimestres.
- Les services jouent un rôle essentiel dans la création d’un avantage concurrentiel dans le secteur de la fabrication. Les services fournis par voie numérique offrent un fort potentiel de croissance et favorisent la diversification.
- Dans un contexte d’incertitude commerciale et de tensions géopolitiques, les services peuvent contribuer à bâtir une économie plus résiliente et plus concurrentielle.
Vous devriez également consulter
Le livre blanc phare d’EDC sur la façon de renforcer la compétitivité du Canada, de hausser la valeur de ses exportations et de croître à long terme.
Présentation des exportations de services et de leur fonctionnement pratique
Prestation des exportations de services au-delà des frontières
Les exportations de services ne se définissent pas par un mouvement physique, mais par la manière dont la valeur franchit les frontières. Elles sont classées dans quatre catégories : Approvisionnement transfrontalier, consommation à l’étranger, présence commerciale et circulation des personnes.
Ensemble, ces canaux couvrent l’ensemble des services, des services numériques offerts à distance aux missions de conseil réalisées sur place sur les marchés étrangers.
Exportations canadiennes de services dans le secteur spatial : Un exemple concret de commerce sans frontières
Les exportations de services ne connaissent pas de frontières géographiques. Elles peuvent même s’étendre jusqu’à l’espace.
Les contributions de longue date du Canada à la Station spatiale internationale (SSI) ont permis de faire progresser l’innovation grâce à des applications concrètes. Le robot IGAR (Image-Guided Autonomous Robot), par exemple, fonctionne avec des appareils d’IRM pour aider les radiologues à réaliser des biopsies d’une grande précision tout en prélevant un minimum de tissu.
Ces capacités s’appuient sur l’expertise canadienne en robotique spatiale. Le Canadarm a révolutionné le secteur dans les années 1970 et 1980, tandis que le Canadarm 3 est conçu pour fonctionner avec une intervention humaine minimale, grâce aux progrès réalisés dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique et de la visionique.
Si des systèmes tels que le robot IGAR et le Canadarm sont des produits manufacturés, leur valeur repose en grande partie sur les logiciels, la propriété intellectuelle et la recherche qui les sous-tendent.
En ce sens, les services – en particulier les services numériques et ceux fondés sur le savoir – constituent de plus en plus le moteur du commerce mondial. Ils sont évolutifs, moins limités par les frontières géographiques et capables de s’adapter à différents secteurs et marchés.
Du point de vue des données, les exportations de services sont classées dans quatre grandes catégories : services commerciaux, gouvernementaux, de transport et de voyage. Les services commerciaux occupent une place prépondérante, représentant près de 60 % des exportations totales, suivis par les services de voyage et de transport.
Une décennie de forte croissance portée par le secteur des services
En 2025, le secteur des services représentait 75 % du PIB réel du Canada. Les exportations de services ont atteint 240 milliards de dollars canadiens, soit 24 % des exportations totales du Canada, contre 18 % en 2016.
Le Canada a également affiché un léger excédent commercial, ses exportations de services dépassant ses importations d’environ 3 milliards de dollars.
Au cours des dix dernières années, les exportations de services ont largement dépassé celles de biens :
- Les exportations de services en valeur nominale ont augmenté à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 7,6 %, contre 4 % pour les biens;
- Les exportations de services en valeur réelle ont augmenté à un TCAC de 4,6 %, contre 0,3 % pour les biens;
- Les services ont représenté 87 % de la croissance des exportations du Canada en valeur réelle au cours de cette période.
Ces statistiques témoignent d’un changement structurel : La croissance des exportations en valeur réelle est de plus en plus tirée par les services, tandis que les exportations de biens ont été davantage influencées par les prix.
On observe toutefois les premiers signes d’un ralentissement de la dynamique. Les exportations de services en valeur réelle ont diminué au cours de six des neuf trimestres compris entre 2024 et le premier semestre de 2026. Consultez les perspectives des exportations canadiennes en 2026 pour obtenir une vue d’ensemble de la tenue des exportations du Canada et des risques connexes.
Figure 1 : Exportations réelles de biens et de services du Canada : taux de croissance annuels (corrigés de l’inflation)
Sources : Statistique Canada; Haver Analytics; Services économiques d’EDC
Services commerciaux : premier segment d’exportation du Canada par sa taille et son potentiel
Figure 2 : Composantes des services commerciaux du Canada (2025)
Sources : Statistique Canada; Haver Analytics; Services économiques d’EDC
Les services commerciaux constituent la deuxième catégorie d’exportations du Canada après le pétrole et le gaz naturel; ils représentent 61 % de la croissance des exportations de services en valeur nominale au cours des dix dernières années et affichent un TCAC de 7,8 %.
Leur résilience pendant la pandémie de COVID-19 met en évidence un atout majeur : bon nombre d’entre eux peuvent être offerts sous forme numérique, ce qui permet aux entreprises de percer à l’étranger.
Prochaines étapes : L’IA présente à la fois des débouchés et des risques. Si l’IA pourrait élargir l’offre de services numériques, elle pourrait également banaliser certaines activités axées sur le savoir, comme le codage logiciel et l’analyse de données.
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Services de voyage : Forte croissance accompagnée d’une plus grande vulnérabilité aux chocs
Les services de voyage ont représenté près de 30 % des exportations totales de services du Canada en 2025 et ont affiché une croissance annuelle de 9,1 % au cours des dix dernières années.
Cette croissance est toutefois plus volatile. Ce secteur est très exposé aux chocs externes, notamment aux pandémies, aux fluctuations des devises et aux risques géopolitiques. Les tendances récentes ont également été influencées par les résidents non permanents, notamment ceux originaires de pays tels que l’Inde.
Le tourisme demeure un moteur économique important, générant plus de 104 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, répartis entre près de 267 000 entreprises. Il convient notamment de noter que le PIB réel du tourisme a augmenté de 2,2 % au Canada en 2025, contre 1,6 % pour l’ensemble de l’économie. Bien que le tourisme ne représente qu’une part relativement faible du PIB, il connaît une croissance soutenue et présente un potentiel à long terme.
Exportations de services de transport : Le pilier de la diversification du commerce
Les services de transport, qui représentent environ 10 % des exportations canadiennes de services en 2025, jouent un rôle essentiel dans la facilitation du commerce.
Ils facilitent la circulation des marchandises sur les marchés mondiaux grâce aux ports, aux chemins de fer, au transport de marchandises et de passagers, ainsi qu’aux services d’entreposage, de stockage et de logistique. Ensemble, ils constituent un élément central des infrastructures canadiennes de facilitation du commerce.
Entre 2016 et 2025, les exportations canadiennes de services de transport ont augmenté à un TCAC de 3,5 %, soit un taux nettement plus faible que celui des services de voyage et des services commerciaux. L’augmentation des capacités, en particulier pour le commerce est-ouest, sera essentielle à la diversification.
Les exportations de services contribuent-elles à accroître les revenus et la productivité du Canada?
Retombées directes : Valeur ajoutée plus élevée au pays
Les exportations de services génèrent une valeur ajoutée nationale nettement supérieure à celle des biens. En 2023, chaque dollar de services exportés a contribué à hauteur d’environ 0,86 dollar au PIB, contre 0,69 dollar pour les biens.
Figure 3 : Valeur des exportations ajoutée au PIB – Certains services vs l’ensemble des biens
Sources : Statistique Canada; Services économiques d’EDC
Les services contribuent davantage au revenu national, car ils nécessitent généralement moins d’intrants importés, génèrent des marges bénéficiaires plus élevées et emploient une main-d’œuvre hautement qualifiée. Leur position dans les maillons de la chaîne de valeur axés sur le savoir contribue également à renforcer les retombées positives au niveau national.
Certains secteurs vont même plus loin. Les services professionnels, techniques et scientifiques génèrent près de 89 cents par dollar exporté, ce qui témoigne de l’expertise requise et du potentiel de création et de conservation de la propriété intellectuelle.
Tous les services ne se valent pas. Par exemple, les services d’hébergement et de restauration – compte tenu de leur dépendance vis-à-vis des infrastructures physiques et des intrants importés – génèrent environ 78 cents par dollar exporté.
Les exportations de services contribuent également à soutenir l’emploi. En 2023, elles représentaient 1,9 million d’emplois, soit 49 % de l’emploi total lié aux exportations, contre près de 43 % en 2016.
Rapport connexe : Des ressources à la résilience : le Canada peut tirer plus de valeur du commerce
Les services constituent une source croissante de création de valeur pour l’économie canadienne. Mais cela ne représente qu’un sujet d’un débat plus vaste sur la manière dont le Canada peut tirer davantage de valeur du commerce mondial. Découvrez le livre blanc des Services économiques d’EDC sur la complexité économique, les chaînes de valeur mondiales et les six priorités qui pourraient renforcer la compétitivité à long terme du Canada. Ce rapport examine les raisons pour lesquelles la stratégie commerciale du Canada devrait viser non seulement à accroître les exportations et à diversifier les marchés, mais aussi à tirer davantage de valeur du commerce.
Les exportations de services jouent un rôle essentiel dans l’économie en général, car elles facilitent les exportations de biens en fournissant les infrastructures et la logistique nécessaires pour acheminer les produits vers les marchés mondiaux. À mesure que les entreprises canadiennes s’implantent en Europe, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, elles s’appuient également sur un écosystème complet de services, générant des retombées en amont dans les chaînes de valeur mondiales. Les intrants de services représentent près de 53 % de la valeur intégrée dans les exportations de produits de fabrication.
Dans les économies de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les services jouent un rôle essentiel dans la valorisation des produits manufacturés. Les fonctions de soutien, telles que la R-D, les technologies de l’information et les services après-vente, représentent entre 25 % et 60 % des emplois dans les entreprises du secteur de la fabrication.
« Les services font partie intégrante du processus de production et de commercialisation des économies modernes : ils ne sont pas distincts des biens, mais en font partie intégrante », explique Stuart Bergman, économiste en chef à EDC.
Les sous-secteurs des services, en particulier les services aux entreprises, affichent généralement une croissance de la productivité plus élevée en raison de leur nature axée sur le savoir. Au Canada, les progrès réalisés dans le secteur de l’information et des communications après la pandémie de COVID-19 ont contribué à l’amélioration de la productivité.
Pour les petites entreprises, les services constituent une porte d’entrée plus accessible vers les marchés mondiaux. En 2024, les petites et moyennes entreprises (PME) représentaient près de 50 % des exportations de services, contre 40 % pour les exportations de biens. Elles sont particulièrement actives dans des sous-secteurs à forte valeur ajoutée tels que les services professionnels, scientifiques et techniques, ainsi que dans le domaine des services d’information et culturels.
Les États-Unis demeurent la première destination des exportations canadiennes, représentant près de 53 % des exportations de services en 2025, une part nettement inférieure à celle des exportations de biens, qui s’élève à 72 %.
Outre les États-Unis, des marchés clés comme l’Inde (6,3 %), le Royaume-Uni (environ 5 %) et la Chine (4,1 %) figuraient parmi les principales destinations des exportations de services du Canada en 2025. Les marchés européens, notamment la France, l’Allemagne et la Suisse, ont également occupé une place prépondérante. Les autres marchés clés comprenaient le Mexique, l’Australie, Hong Kong, le Japon, les Pays-Bas, la Corée du Sud, Singapour, la Belgique et le Brésil.
Selon le dernier indice de confiance commerciale, 52 % des entreprises canadiennes qui exportent des services déclarent dépendre au moins modérément du marché américain, contre 67 % des exportateurs de biens. Les exportateurs de services et les entreprises qui exportent à la fois des biens et des services ont également été moins touchés par la récente baisse des ventes aux États-Unis. Seuls 25 % et 28 % d’entre eux, respectivement, ont fait état d’une baisse au cours des six derniers mois, contre 40 % des exportateurs de biens uniquement. Ces résultats suggèrent que les exportateurs dont les sources de revenus sont plus diversifiées, en particulier ceux qui associent les biens et les services, pourraient être mieux protégés contre la volatilité des marchés et mieux placés pour gérer les risques tout en maintenant leur croissance.
Les entreprises canadiennes qui exportent à la fois des biens et des services considèrent de plus en plus la diversification et la participation à diverses formes de commerce comme des facteurs clés de croissance, une majorité écrasante d’entre elles (80 %) prévoyant de percer de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années.
Ces projets de diversification mettent en évidence le potentiel inexploité des exportations canadiennes de services sur un large éventail de marchés. D’ici 2035, les exportations de services du Canada pourraient atteindre 272 milliards de dollars américains, contre 176 milliards de dollars américains en 2025. Cette estimation reflète le potentiel en fonction des tendances de la croissance économique mondiale et ne tient pas compte de changements structurels dans les exportations de services du Canada. Elle ne tient pas compte de l’IA ni des changements de politique liés à la souveraineté, ce qui en fait une perspective prudente.
Dans les années à venir, l’Europe représente l’une des plus grandes perspectives de croissance. Des marchés comme l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, l’Autriche, la Pologne, la Suède, la Norvège et le Danemark devraient être les principaux moteurs de cette expansion. Les autres débouchés comprennent Singapour, l’Australie, le Japon, les Émirats arabes unis (EAU), l’Arabie saoudite, le Brésil, la Corée du Sud et la Malaisie.
Figure 4 : Marchés les plus prometteurs pour les exportations de services du Canada (2035)
Pourquoi le Canada a besoin d’une stratégie en matière de services pour soutenir la croissance durable du commerce extérieur
Les exportations de services jouent un rôle central dans l’avenir économique du Canada. Au cours des dix dernières années, les exportations de services ont représenté 87 % de la croissance réelle (corrigée de l’inflation) des exportations canadiennes, ont généré davantage de valeur ajoutée au pays (86 cents par dollar exporté contre 69 cents pour les biens) et ont soutenu 1,9 million d’emplois, soit 49 % des emplois liés aux exportations.
À l’avenir, les exportations de services du Canada pourraient atteindre 272 milliards de dollars américains d’ici 2035, contre 176 milliards en 2025, bon nombre des occasions les plus importantes se situant à l’extérieur des États-Unis, notamment en Europe.
Pourtant, les décisions politiques n’ont pas encore pleinement pris la mesure de cette évolution.
Selon le dernier ICC, les exportateurs de services sont moins enclins à accorder la priorité aux accords de libre-échange (ALE) et s’appuient davantage sur la facilité de faire des affaires lorsqu’il s’agit de prendre des décisions relatives à l’entrée sur le marché. Ils sont également confrontés à un éventail de défis financiers et non financiers.
Sur le plan financier, la volatilité des taux de change arrive en tête de liste, suivie par la hausse des charges d’exploitation et les inquiétudes liées au maintien de la rentabilité. Sur le plan non financier, les exportateurs canadiens de services sont, pour l’instant, moins touchés par les droits de douane, mais restent préoccupés par la conjoncture économique mondiale et les risques géopolitiques. Par ailleurs, les exportateurs de services suivent également de près l’adoption de l’IA, qui pourrait présenter à la fois des risques d’amélioration et de dégradation.
« Le Canada a une réelle occasion de jouer un rôle de chef de file dans le domaine des services à forte valeur ajoutée, mais il faudra adopter une approche plus délibérée », déclare M. Bergman.
Il sera essentiel de faire des exportations de services une priorité commerciale majeure et d’éliminer les obstacles auxquels font face les entreprises de services afin d’améliorer la productivité, de favoriser la diversification des marchés et de soutenir la croissance à long terme dans une économie mondiale de plus en plus incertaine.
EDC offre aux entreprises canadiennes des renseignements sur les marchés ainsi que des solutions de financement et de gestion des risques pour aider les exportateurs canadiens à surmonter l’incertitude mondiale. Les entreprises qui font face à des pressions tarifaires ou à des perturbations commerciales peuvent se renseigner sur le Programme d’impact commercial d’EDC, qui donne accès à un financement accru, à un soutien au fonds de roulement, à de l’assurance crédit commercial et à des solutions pour gérer les risques de change. Les entreprises peuvent également accéder à la page de renseignements sur le marché américain d’EDC pour obtenir des analyses, des renseignements sur le marché et des ressources qui les aideront à faire face aux droits de douane et à l’incertitude commerciale. Les exportateurs peuvent également utiliser des outils tels que l’Analyse trimestrielle des risques pays ou communiquer avec un conseiller d’EDC pour soutenir leur stratégie de croissance.