En tant que nouvelle responsable à l’échelle nationale de la stratégie d’Exportation et développement Canada pour les femmes dans le domaine du commerce, Jennifer Cooke espère pousser les entrepreneures à oser voir grand et à être audacieuses pour partir à la conquête du monde.

« Les entrepreneures m’inspirent vraiment, et les aider à exporter pour faire croître leurs activités, c’est vraiment une mission qui me passionne. J’adore travailler pour une organisation qui favorise la diversité et l’inclusion, et si j’ai été nommée responsable de notre stratégie pour les femmes dans le commerce, je me considère plus comme une facilitatrice — tout le monde joue un rôle à EDC. »

Mme Cooke a intégré l’organisme de crédit à l’exportation du Canada il y a huit ans, d’abord à titre de directrice principale de comptes puis de directrice de district, poste où elle agissait en première ligne pour aider les petites et les moyennes entreprises à percer les marchés internationaux.

Avec ce nouveau rôle de responsable de la stratégie d’EDC pour les femmes dans le domaine du commerce, elle va maintenant se consacrer entièrement à l’accompagnement des exportatrices pour leur permettre de faire leurs marques sur les marchés internationaux. Appuyée par son équipe d’ambassadeurs des femmes au sein d’EDC ainsi que par des partenaires stratégiques, elle mettra les entrepreneures en relation avec des interlocuteurs essentiels, leur fournira des renseignements commerciaux spécialisés et facilitera leur accès au financement et au capital de croissance.

« C’est enthousiasmant de se mettre au service des entrepreneures. J’ai deux filles, et ça me donne l’occasion de rendre le monde meilleur, et plus équitable, pour la prochaine génération. »

Le visage de Mme Cook s’illumine quand elle parle de ses filles de 10 et 13 ans, à qui elle aimerait aussi insuffler l’audace de conquérir le monde. Avec son mari et ses enfants, elle s’est établie à Burlington, en Ontario, même si elle est fréquemment en déplacement pour le travail. Diplômée de l’Ivey Business School de l’Université de Western Ontario, Mme Cooke se plaît à dire que son envie d’être leader lui vient de l’esprit avant-gardiste de sa mère.

« J’ai grandi dans une famille d’entrepreneurs et d’immigrants. Ma grand-mère possédait un commerce en Égypte, où elle vendait — croyez-le ou non — des réchauds Coleman. Quand mes grands-parents ont dû quitter l’Égypte pour des raisons politiques, ils ont choisi de s’installer au Canada, pour offrir à ma mère et à ses frères une vie meilleure. Partir vivre au Canada, c’était un rêve pour ma mère, qui voulait aller à l’école et apprendre. Étant issue d’une région où les filles n’accédaient pas toujours à l’éducation, elle a étudié assidûment, a remporté de nombreuses bourses, puis est entrée à l’école de médecine pour en ressortir diplômée. Sa promotion de quelque 300 étudiants ne comptait alors que 7 filles. »

La mère de Jennifer Cooke reçoit un gâteau d’anniversaire des mains de ses deux petites-filles.

 

Mme Cooke affirme que l’esprit entrepreneurial coule dans ses veines et qu’elle a été grandement influencée par la ténacité de sa mère et de sa grand-mère.

« Ma mère m’a toujours dit que rien n’était impossible et que je pouvais accomplir tout ce que je désirais. Par son exemple et ses encouragements, elle a réussi à me transmettre son audace. À la sortie de l’université, j’ai fait une formation en commerce et en finance pour pouvoir travailler à Wall Street. »

Mme Cooke a ensuite décroché un emploi à Enron, au Texas, où elle a travaillé pendant plusieurs années dans le milieu très masculin du financement des activités pétrolières et gazières.

« En grandissant dans le pays multiculturel qu’est le Canada, j’ai été habituée à côtoyer toutes les origines ethniques et les religions. J’avais un groupe d’amis très diversifié et je voulais m’entendre avec tout le monde. Si ma première expérience m’a beaucoup appris sur la finance, au bout d’un certain temps, je me suis rendu compte que le domaine de l’énergie n’était pas ma passion. Après six ans, je suis donc rentrée au Canada et j’ai lancé mon entreprise. »

Avec deux partenaires, Mme Cooke a fondé BéBís Design Corp, une entreprise de vêtements et d’accessoires pour femmes haut de gamme, au sein de laquelle elle était responsable du design, de la fabrication, et de la vente en gros et au détail.

« J’ai vu concrètement ce que ça signifie de faire croître une entreprise : il faut un portefeuille bien garni pour bâtir une marque. Si on n’a pas accès au capital, c’est parfois difficile de se développer. Et lancer des produits sur de nouveaux marchés peut être un défi — ce n’est pas évident de choisir des partenaires et de savoir comment réussir à percer à l’étranger. »

Mme Cooke raconte que son entreprise s’est concentrée sur l’exportation vers les États-Unis et le Mexique et est parvenue à atteindre l’équilibre la première année. Mais les défis de ce projet d’internationalisation ont commencé à peser lourd, puisqu’elle fondait en parallèle une famille, ce qui l’a poussée à saisir une occasion de travailler à EDC lorsqu’elle s’est présentée.

Mme Cooke est reconnaissante de cette expérience, car elle lui a permis de mieux comprendre les épreuves et les préoccupations qui sont le lot des entrepreneures. Elle reconnaît qu’il existe des idées préconçues sur l’exportation, et que beaucoup de gens d’affaires la croient réservée aux grosses entreprises fabriquant et expédiant des biens de l’autre côté de la frontière.

« Selon nos données au Canada, les femmes se lancent de plus en plus dans la création d’entreprises, mais elles sont toujours largement sous-représentées parmi les entrepreneurs canadiens et leurs activités restent modestes. À EDC, nous essayons de savoir pourquoi les femmes canadiennes n’exportent pas. »

D’après les statistiques données par Mme Cooke, environ 16 % des entreprises sont détenues en majorité et gérées par des femmes au Canada, et moins de 2 % de ces organisations sont moyennes ou grandes. L’une des façons pour EDC d’aider les femmes souhaitant faire croître leurs activités est de faciliter leur accès aux ressources et aux relations.

« Les femmes n’ont pas peur de prendre des risques, mais elles veulent comprendre et atténuer ces risques avant de faire des affaires à l’étranger. Si elles contractent des dettes, elles les remboursent trop rapidement et ne profitent pas de l’effet de levier pour alimenter leur croissance. C’est là où EDC et ses partenaires peuvent aider. »

Mme Cooke explique qu’une partie de son rôle consistera à rendre plus compréhensibles les produits phares d’EDC — à mieux faire connaître nos solutions financières et nos produits du savoir et à favoriser l’établissement de liens.

« Plus nous aurons d’histoires d’exportatrices à raconter, plus cela en encouragera d’autres à faire de même. EDC offre une mine de renseignements commerciaux spécialisés et s’associe avec des organisations qui partagent sa volonté d’accompagner les entrepreneures, en les aidant notamment à obtenir des conseils et du mentorat tout au long de leur parcours. Nous travaillons également avec toutes les institutions financières canadiennes pour veiller à ce que les femmes accèdent au fonds de roulement dont elles ont besoin pour saisir des occasions à l’étranger. »

Mme Cooke indique que les entreprises canadiennes commencent souvent par exporter aux États-Unis, en raison de l’intégration des économies de nos deux pays et de nos fuseaux horaires communs, mais aussi de notre proximité sur le plan de la langue et des pratiques d’affaires. Elle prévient toutefois que de compter sur un seul marché peut accroître les risques, ce qui est d’autant plus regrettable qu’il existe un très grand nombre de marchés prometteurs pour les entreprises canadiennes dans le monde.

Selon Mme Cooke, renforcer le soutien aux entreprises détenues et gérées par des femmes au Canada relève du bon sens économique.

La Banque Royale du Canada estime que si le nombre d’entreprises appartenant à des femmes augmentait de 10 % au cours des dix prochaines années, cela pourrait avoir d’énormes retombées pour l’économie canadienne, notamment parce que la contribution supplémentaire de ces nouvelles organisations atteindrait pas moins de 198 milliards de dollars.

Mme Cooke se réjouit de la nomination récente de Mairead Lavery, première présidente et chef de la direction d’EDC en 75 ans d’histoire.

« Mairead est elle-même une ancienne entrepreneure et est très bien placée pour comprendre les défis que doivent relever les femmes. Elle est leur parfaite ambassadrice et peut les pousser à voir grand. Elle a à cœur de tenir l’engagement de notre organisation en faveur de la diversité des genres et de l’inclusion et se range entièrement derrière notre stratégie pour les femmes dans le domaine du commerce. »

Nous vous invitons à consulter notre nouvelle page informative sur le site d’EDC, qui vise à outiller les entrepreneures dans leur conquête de nouveaux marchés.

« J’adorerais réussir à inciter les femmes et les filles à oser voir grand et à être audacieuses pour conquérir le monde », déclare Mme Cooke.