Près de six mois après le début du « grand confinement » – dont ne voyons toujours pas la fin –, des signes nous révèlent que le retour à l’activité économique d’avant la pandémie pourrait être plus long que prévu. Dans ce contexte, les gouvernements de par le monde doivent se livrer à un exercice difficile : maintenir les mesures pour freiner la propagation du virus tout en soutenant la relance de leur économie respective.

Certains pays semblent avoir réussi cet exercice plutôt bien. C’est le cas de l’Allemagne, du Chili, de l’Australie et de la Corée du Sud, où on s’approche d’une certaine « normalité économique ». Par contre, d’autres pays ont du mal à contenir le virus et à limiter ses impacts économiques négatifs; ces difficultés sont attribuables à l’effet combiné de politiques incohérentes, de l’inaction et aussi peut-être de circonstances défavorables.

En tenant pour acquis que les mesures radicales de confinement prises en mars et avril sont une chose du passé – et qu’à l’avenir si de telles mesures sont requises elles seront plus ciblées –, les deuxième et troisième trimestres de 2020 pourraient être le point culminant de la récession mondiale qui sévit. La pandémie traînant en longueur, une nouvelle normalité s’installe à l’échelle du globe. Le pire est sans doute derrière nous, mais de nombreux défis nous attendent.

Les progrès accomplis ont été faits à un coût substantiel, tout particulièrement pour les finances publiques. Le recul économique de 2020 a plombé la croissance et fait chuter les recettes fiscales; il a aussi forcé la plupart des gouvernements à emprunter et dépenser des quantités sans précédent de liquidités pour limiter la propagation du virus et garder l’économie à flot.

En 2020, la variation annuelle des ratios de la dette publique au PIB a connu sa hausse la plus marquée de l’histoire récente. À l’échelle mondiale, les niveaux de la dette ont grimpé de 15 %, un bond surtout attribuable aux marchés développés. En comparaison, depuis la fin de 2019, les gouvernements empruntent à un rythme qui dépasse de plus de 40 % celui enregistré pendant les pires moments de la crise financière.  

La conjoncture d’emprunt offre aux marchés développés qui en ont la possibilité de refinancer leur dette à moindre coût. Les taux d’intérêt très bas et l’accès facile au crédit – dont une bonne partie émise en monnaie locale – maintiendront les coûts du service de la dette à un niveau minimal. Pourtant, bon nombre de marchés émergents – en particulier ceux exposés à la diminution du cours des produits de base, du tourisme et des envois de fonds des travailleurs à l’étranger – devront payer plus pour emprunter. Pourquoi? Tout simplement parce que les investisseurs en quête de sécurité se tournent vers d’autres marchés. Résultat : les déficits continuent de se creuser à court terme, ce qui est hautement problématique pour la soutenabilité de la dette et l’accès au crédit à long terme.

 

Depuis le début de 2020, la dette souveraine de plusieurs pays a été restructurée ou le sera bientôt : c’est le cas, entre autres, de l’Argentine, de l’Équateur, de la Zambie, du Liban et du Suriname. Ces marchés, où il existait déjà des faiblesses comme des emprunts insoutenables, avaient tiré la sonnette d’alarme avant la crise de la COVID-19. Pour certains, la pandémie a simplement facilité un scénario inévitable.

La fin de la pandémie n’étant pas en vue, plusieurs marchés émergents aux prises avec une crise de liquidités pourraient aussi traverser une crise de la solvabilité. Depuis le début de l’épidémie, Exportation et développement Canada (EDC) a abaissé la notation souveraine de plusieurs pays en raison des risques d’une envolée de la dette et d’autres facteurs connexes. Ainsi, au cours des deuxième et troisième trimestres de 2020, pas moins de 60 notations souveraines ont été abaissées, contre seulement 16 en 2019.

Les incidences d’une aggravation du surendettement des gouvernements vont au-delà de la solvabilité des entités souveraines. En fait, le spectre que ces gouvernements soient incapables d’honorer leurs obligations sur leurs prêts actuels plane aussi sur le milieu des affaires de leur pays. Cette situation pourrait avoir comme conséquence de faire augmenter les coûts d’emprunt pour les entreprises actives à l’échelle nationale, et même pire : fermer la porte des marchés financiers et des marchés des capitaux. Ce scénario risque d’entraver la capacité d’un marché à se développer et, dans une économie mondiale caractérisée par l’interdépendance, la faible croissance dans un pays aura forcément des retombées ailleurs, notamment une diminution des échanges commerciaux, un fléchissement de l’activité économique et une hausse des actifs non productifs.

Conclusion?

L’année 2020 n’a pas d’équivalent dans l’histoire moderne compte tenu des multiples répercussions de la COVID-19 sur les personnes, les entreprises et les gouvernements. Décrypter les risques et les occasions qui se présentent peut alors sembler relever de l’impossible. Heureusement, EDC peut vous aider à trouver un sens à tout cela en mettant à votre disposition de multiples ressources, dont l’Analyse trimestrielle des risques pays. Cet outil interactif vous permet de suivre l’évolution de la conjoncture dans 50 pays du globe.

 

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