Le dernier Propos de la semaine a été l’occasion de lancer les Perspectives économiques mondiales d’EDC – une publication dans laquelle nous expliquons pourquoi l’heure des décisions a sonné pour les exportateurs actuels et potentiels. Malgré la présence continue de risques géopolitiques (notamment en Amérique du Nord) et des faiblesses structurelles persistantes, nous sommes d’avis qu’une véritable reprise mondiale est en cours. Si nous disons vrai, les conditions sont alors réunies pour que les entreprises exportatrices saisissent de nouvelles occasions. Les Prévisions à l’exportation d’EDC donnent justement un aperçu de ces occasions, en fonction des divers secteurs.

Faisons d’abord le point sur la croissance. Après deux ans d’un essor modéré, l’économie mondiale gagnera en puissance en 2017-2018. En effet, les économies du monde développé ont repris de la vigueur, ce qui est d’ailleurs visible dans la performance bonifiée des principaux marchés (les États-Unis, le Japon et la zone euro). L’accélération marquée de l’économie américaine en 2018 est plus prometteuse pour les exportateurs canadiens. Pour ce qui est du monde émergent, il profite de perspectives encore plus positives. Fait digne de mention, la croissance devrait redémarrer au Brésil et en Russie après deux années de récession.

La croissance est de nouveau sur les rails dans les pays développés et émergents : mais quelles seront les conséquences de cette évolution sur les exportations canadiennes? L’année 2017 a jusqu’ici fait la belle part aux exportations canadiennes. La croissance à l’export a atteint 8 %, surtout portée par des gains substantiels dans le secteur des produits de base. Cet élan se modérera quelque peu en 2018. Le dynamisme des exportations de services sera plus équilibré et s’établira à 6 % cette année et l’an prochain. Comme par le passé, la vaste majorité des exportations canadiennes de biens (88 %) sont destinées aux marchés développés. Bien que représentant une part nettement plus faible à 12 %, les exportations vers les marchés émergents inscriront une impressionnante croissance de 12 % en 2017, avant de se ralentir à tout juste 3 % l’an prochain.

La croissance se manifestera de diverses façons en fonction des secteurs à l’export. Le secteur de l’énergie est de loin le plus grand contributeur à la valeur des exportations canadiennes de marchandises en 2017. Son apport se chiffre à 77 milliards de dollars canadiens et devrait bondir de 31 %. Cette embellie sera passagère, car la croissance stagnera en 2018. La majeure partie de ce dynamisme se trouvera en Alberta, mais Terre-Neuve-et-Labrador récoltera aussi les retombées de l’entrée en service du projet Hebron.

Le secteur des minerais et des métaux ne sera pas en reste puisqu’il dégagera en 2017 une croissance dans les deux chiffres, surtout à la faveur de la montée des cours du minerai de fer. Ce secteur ralentira toutefois la cadence en 2018 sous l’effet de la détente des exportations de minerai de fer. Les exportations aurifères du Canada afficheront une vive croissance pendant l’horizon prévisionnel grâce à une production accrue. La persistance des risques géopolitiques, un facteur fréquent de stimulation de la demande en or comme « actif doté d’une valeur refuge », donnera une impulsion aux cours de l’or.

Outre le secteur de l’énergie et celui des minerais et des métaux, seul le secteur de la machinerie et de l’équipement industriels enregistrera une croissance dans les deux chiffres en 2017. La vigueur de l’économie américaine sera le ressort de cette croissance, ce qui peut paraître étonnant vu les nombreux signaux récents liés à la présence d’aléas aux États-Unis, notamment l’incertitude entourant les politiques et la renégociation de l’ALENA. Malgré le brouhaha provoqué par la conjoncture américaine, nous tablons sur une véritable relance de l’investissement commercial qui bonifiera la performance à l’export du secteur de la machinerie et de l’équipement en 2017. Pour l’essentiel, cette impulsion se maintiendra en 2018.

En 2017, la croissance des exportations aéronautiques repassera en territoire positif grâce à une envolée de 4 %. Ce secteur s’est retrouvé sous les feux de la rampe dernièrement en raison de la décision du département américain du Commerce d’imposer des droits de douane préliminaires visant certaines exportations aéronautiques canadiennes à destination des États-Unis. Même si ce geste est jugé préoccupant au Canada – et une source de turbulences, tout particulièrement dans la belle province –, une décision définitive ne devrait pas être rendue avant 2018. Il reste à voir si ces droits seront effectivement maintenus. Quoi qu’il en soit, d’après nos prévisions, les exportations aéronautiques devraient garder le cap en 2018.L’élan des exportations forestières se tempérera en 2017 et en 2018. Par contre, l’industrie bénéficiera de la demande américaine, car les mises en chantier continueront d’augmenter pendant l’horizon prévisionnel, au gré de l’intensification de la croissance économique. Cette perspective positive est assombrie par le conflit du bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis, qui pénalisera les exportations canadiennes, surtout celles de la Colombie-Britannique, jusqu’à la signature d’un accord.

Conclusion?

Comme on l’a annoncé dans nos Perspectives économiques mondiales, la croissance mondiale est de retour après une longue absence. Les exportateurs continueront de tirer parti de cette impulsion en 2017 et 2018. Ils devront toutefois se rappeler que les occasions varient d’un secteur à l’autre, qu’il existe de nombreuses variables à considérer, et de multiples risques à atténuer. Les Prévisions à l’exportation d’EDC comptent parmi les nombreuses ressources à la disposition des exportateurs canadiens : ils y trouveront analyses et conseils pouvant faciliter la prise de telles décisions.

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