Le secteur automobile fait ces jours-ci les manchettes pour de multiples raisons. La technologie révolutionne l’ensemble de l’industrie, alors que la mondialisation modifie ses bases de production. Le protectionnisme, pour sa part, menace de bousculer les règles du jeu. Pourtant, dans le même temps, les ventes s’envolent, surtout aux États-Unis. Ce contexte alimente les spéculations quant à son évolution. Certains croient qu’une récession est imminente. En pareil cas, quelle serait l’orientation des ventes : à la hausse, à la baisse ou stable?

Automobile : la reprise installée depuis un bon moment

Tout d’abord, prenons un peu de recul. Le contexte actuel est bien loin de la débâcle des Trois de Détroit de 2009. À l’époque, si ce n’était pas évident, le citoyen ordinaire s’est vite rendu compte des importants liens entre le secteur automobile et le reste de l’économie nord-américaine. Par chance, le secteur a surmonté ces heures sombres et est devenu le premier – et pendant un temps le seul – à se redresser complètement, une situation alors observée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Les ventes se hissent à des sommets sur le marché américain, et y restent – selon toute vraisemblance, elles sont en mode pilote automatique. Parallèlement, au Canada et au Mexique, la tendance est surtout à la hausse. Le secteur de ces trois pays réunis tourne à plein régime pour répondre à la demande. La capacité d’utilisation se situe bien au-delà des niveaux d’avant la récession : il semble donc y avoir un besoin criant d’investissements. Or, le nouveau vent de protectionnisme a jeté une certaine confusion quant à la réalisation des projets d’expansion. Les politiques placées sous la bannière de « l’Amérique d’abord » menacent de changer les règles portant sur la teneur, ce qui fait que dans l’intervalle, il s’exerce une immense pression pour investir sur le marché américain.

Voilà un énorme problème pour les entreprises devant et voulant investir dans l’immédiat – et un péril encore plus grand pour les petites entreprises et celles évoluant dans des créneaux. Les projets en marche vont de l’avant, mais dans le cas des projets qui ne sont toujours pas lancés, nous estimons qu’il y a une bonne dose d’hésitation. En effet, les entreprises prévoyant investir au Mexique ou au Canada s’inquiètent maintenant d’avoir du mal à accéder à l’incontournable marché américain. Or, diriger leurs investissements vers les États-Unis n’est pas une solution simple : cette décision pourrait également ne pas être viable en raison de la monnaie, sans compter les coûts liés à la main-d’œuvre et à la capacité – même en tenant compte des récentes réductions fiscales consenties aux sociétés aux États-Unis. Le danger, c’est que les effets négatifs sur les projets d’investissement soient masqués par les activités d’investissement actuelles, qui sont depuis longtemps prévues.

États-Unis : des ventes d’automobiles très dynamiques

Il y a toutes les raisons de croire que les ventes poursuivront sur leur belle lancée. Il existe un lien très étroit entre le marché automobile américain et l’activité du marché du logement, qui recèle un solide potentiel de croissance à court terme. En ajoutant à cela les millions de membres de la génération du millénaire attirés par un marché de l’emploi caractérisé par un faible chômage, et la promesse de salaires nouvellement bonifiés, les perspectives pour la consommation sont favorables. Ainsi, le niveau élevé des ventes d’automobiles révèle un aspect positif. 

Mexique : des ventes d’automobiles moins robustes

Comme on l’a indiqué, le secteur automobile du Mexique se portait bien, mais les ventes ont désormais chuté sous l’effet de l’incertitude économique. Il est regrettable de constater qu’au moment même où le revenu par habitant augmente à un niveau faisant du Mexique une destination respectable en matière de ventes d’automobiles, le pays est la cible de mesures hostiles au commerce d’une façon qui limite les occasions d’exporter des véhicules sur ce marché. La situation du Canada est différente : notre pays surfe sur la vague formée par une bulle du crédit, dont les niveaux élevés récemment observés sont jugés non viables. 

Les discussions entourant l’ALENA s’intensifient

Heureusement, les représentants en charge des négociations entourant l’ALENA seraient en voie de résoudre l’impasse. De fait, les autorités américaines auraient accepté de ramener les exigences relatives à la teneur nord-américaine de 85 à 75 %, et renoncé à l’exigence de 50 % de teneur américaine. Voilà un pas de géant dans la bonne direction. À l’heure actuelle, on cherche à clore ce dossier, si bien que les négociations de haut niveau s’intensifient. On pourrait bientôt avoir un portrait plus clair des perspectives d’investissement – et de manière générale, un contexte plus stable pour les ventes.

Cela pourrait se produire bientôt, car la montée des taux d’intérêt fait souffler un vent de face avec lequel le secteur compose déjà, et qui pourrait persister. Cette situation devrait être plus que gérable vu la croissance actuelle de l’emploi, les liquidités dont disposent les entreprises et l’incroyable optimisme ambiant. En avant toute!

Les ventes d’automobiles semblent en apparence au beau fixe, mais le secteur connaît son lot de turbulences. Si le ressentiment provoqué par les politiques disparaît, le secteur pourra s’engager vers encore quelques années de vigoureuse croissance. 

 

 

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