Les tarifs et l’offre limitée accentuent les disparités sectorielles
La fermeté du cours des produits de base améliorera la tenue générale des exportations, mais de façon inégale. En effet, les exportations d’énergie de métaux devraient être le grand gagnant à court terme en tirant parti de l’ascension des cours plutôt que des gains en matière de volume. En revanche, les secteurs liés aux activités de fabrication, en particulier l’automobile, continueront de pâtir des surtaxes douanières et des perturbations de la production.
Le tableau est plus contrasté du côté des autres filières. Les exportations agroalimentaires se sont stabilisées après avoir surmonté les récents défis posés par les tarifs grâce à un meilleur accès aux marchés et à une production robuste. Quant aux exportations de services, elles devraient poursuivre sur leur lancée, portées par la vigueur de la demande de services de voyages et technologiques. L’activité d’autres industries comme les engrais, les produits chimiques et l'aéronautique serait marquée par la combinaison de facteurs comme le coût plus élevé des intrants, les perturbations de la chaîne logistique et une demande mondiale tonique.
L’horizon des exportateurs voilé par l’incertitude mondiale et la hausse des coûts
Les perspectives pour le secteur canadien des exportations se sont éclaircies à court terme, à la faveur de la progression des cours, mais le contexte sous-jacent s’inscrit dans une plus grande incertitude. La persistance des perturbations sur les marchés mondiaux de l’énergie accroît le risque que l’économie soit minée par le coût élevé des carburants, des engrais et du transport.
Les conditions financières plus strictes, la montée du coût des intrants et les tensions géopolitiques tenaces pourraient plomber la demande mondiale et les flux commerciaux. Dans ce contexte de volatilité accrue, les bons résultats des exportateurs canadiens pourraient masquer une augmentation des tensions sur les coûts et des risques opérationnels.
Conclusion : le regain de la croissance pourrait être passager
L’horizon s’annonce radieux pour les exportations canadiennes en 2026, mais la belle tenue du secteur s’expliquera en grande partie par l’ascension des cours. Cette accélération pourrait donc être éphémère et difficile à répéter. Pour assurer la pérennité de la croissance, il faudra investir et continuer à développer l’infrastructure de facilitation du commerce.
La poussée du cours des matières premières dope la performance générale du secteur. Pourtant, elle témoigne aussi de la présence d’une conjoncture mondiale plus fragile et incertaine. Or, à mesure que cette embellie s’essouffle, la croissance devrait marquer le pas et les risques de détérioration des perspectives devenir plus visibles. Les exportateurs seront alors confrontés à un autre défi : maintenir la cadence dans un monde où la volatilité – et non la stabilité – est devenue la norme.
Pour une analyse plus détaillée, nous vous invitons à visionner le notre webinaire Perspectives économiques mondiales et exportation animé par l’économiste en chef adjoint Ross Prusakowski et d’autres spécialistes, qui se pencheront sur l’évolution de la conjoncture mondiale et ses répercussions sur les exportateurs en 2026.
Nous tenons à remercier chaleureusement Ross Prusakowski, directeur de l’Équipe des renseignements sur les secteurs et les pays, pour sa contribution à la présente chronique.
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