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Stuart Burgman

Les exportateurs renforcent leur résilience en période d’incertitude

À quoi ressemble la résilience lorsque l’incertitude devient la norme?

L’économie canadienne est confrontée à de multiples frictions concurrentes : droits de douane, différends commerciaux, chocs géopolitiques et perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Cette conjoncture continue de peser sur les exportations et de faire augmenter les coûts pour les entreprises déjà confrontées à des conditions difficiles.

La dernière salve de tarifs et les représailles retrancheront  quelques dixièmes points de pourcentage à la croissance du produit intérieur brut (PIB) cette année et l’an prochain, et s’accompagneront de tensions inflationnistes. Malgré ce climat éprouvant, les entreprises canadiennes font le choix délibéré de s’adapter plutôt que d’attendre que les conditions se stabilisent ou reviennent « à la normale ».

Nos exportateurs s’adaptent à l’incertitude commerciale persistante

Du 8 juin au 27 juillet, Exportation et développement Canada (EDC) a mené son sondage de mi-année de l’Indice de confiance commercial (ICC) auprès des exportateurs canadiens. L’indice a progressé de deux points par rapport au score de 71,1 de l’automne 2025.

Si cette amélioration ne rend pas compte des points de vue exprimés par les exportateurs depuis les changements survenus en août, elle nous renseigne sur l’approche des entreprises canadiennes et leur volonté de s’adapter.

Les répondants sont conscients que l’incertitude commerciale est maintenant permanente. Bien que le résultat demeure en deçà de la moyenne de 72,4, les entreprises sont devenues plus aptes à réagir à la volatilité, à se préparer au prochain bouleversement et à concevoir des moyens de croître sur la scène mondiale.

 

Les exportateurs gagnent en résilience   grâce à la diversification des marchés

Les exportateurs qui se montrent les plus résilients privilégient une stratégie en deux volets : ils poursuivent leurs activités sur le marché américain et se tournent vers de nouveaux marchés. Cette stratégie leur permet à la fois de conserver des avantages de nature structurelle et de réduire leur dépendance trop importante à une seule source de revenus.

Près des trois quarts des répondants (72 %) prévoient percer de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années. Il s’agit d’un bond par rapport au taux de 65 % cinq d’il y a cinq mois et de 51 % enregistré en 2015.

Pour 31 % des entreprises interrogées, l'Europe est le principal marché cible, suivie de la région de l'Asie-Pacifique, à 20 %. Les entreprises se prévalent de plus en plus des accords de libre-échange pour profiter de l’accès préférentiel aux marchés où l’on observe une convergence de la demande, des atouts du Canada et de la stabilité institutionnelle. La perspective de la signature d’accords avec l’Inde, les Émirats arabes unis, le Mercosur et l’Indonésie pourrait soutenir les efforts de diversification.

Ces résultats concordent avec le nouveau livre blanc d’EDC, Des ressources à la résilience : le Canada peut tirer plus de valeur du commerce, qui souligne que la compétitivité à long terme dépend non seulement de la diversification des marchés, mais aussi d’activités commerciales à plus forte valeur visant à s’emparer d’une plus grande part de la valeur des échanges commerciaux.

L’investissement canadien et les chaînes d’approvisionnement mondiales soutiennent la croissance

Dans le contexte actuel, la stratégie ne consiste pas uniquement à exporter dans plus de marchés. Les trois quarts de la hausse du résultat de l’indice sont attribuables à la façon qu’ont les exportateurs de considérer les ventes et les conditions économiques sur le marché intérieur.

Plus de la moitié des répondants (55 %) s’attendent à un regain de leurs ventes sur le marché national. Cela suggère qu’ils s’appuient sur leurs forces au pays pour circonscrire leur vulnérabilité en cas de perturbations à l’international.

Les entreprises augmentent également leur investissement dans les capacités canadiennes. Les deux tiers des répondants (66 %) investissent déjà au Canada alors que 18 % prévoient le faire. L’approvisionnement et les partenariats à l’échelle locale demeurent importants puisque 83 % des répondants achètent de fournisseurs canadiens.

Les répondants les plus résilients rapportent également participer plus étroitement aux chaînes de valeur mondiales par l’entremise d’un plus vaste éventail d’activités commerciales. Le recours à des stratégies comme l’approvisionnement double peut aider à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Une part croissante des exportateurs est aussi bien positionnée pour investir à l’étranger. Cette proportion s’est accrue, passant de 29 % à 34 % alors que les entreprises visent la croissance, la résilience et la compétitivité à long terme.

Les partenariats internationaux créent d’importants canaux pour l’échange de connaissances, le transfert de technologies, la familiarisation avec de nouvelles pratiques de gestion et l’accès à des intrants spécialisés. Au fil du temps, ces avantages renforcent la capacité de production et permettent aux entreprises de concurrencer pour des activités à valeur plus élevée.

La gestion des risques aide les exportateurs à se préparer aux perturbations

Les entreprises sont bien au fait des risques associés à cette nouvelle réalité, y compris ceux qui pourraient entraver l’exécution de leurs stratégies d’atténuation des risques.

Les principales préoccupations citées par les répondants comprennent les conditions économiques mondiales, les tarifs douaniers étrangers, le maintien de la rentabilité, la gestion de la hausse des dépenses d’entreprise et la préservation d’un flux de trésorerie suffisant. Bien que certaines de ces préoccupations ne soient pas récentes, les entreprises prévoient de plus en plus de les traiter de front plutôt que d’attendre que les conditions changent.

Les répondants disent préparer des réponses opérationnelles avant que les perturbations ne surviennent et intégrer la gestion des risques dans les décisions commerciales courantes.

Conclusion : il faut améliorer la résilience à long terme des entreprises canadiennes

La résilience ne signifie plus de survivre à une perturbation temporaire. Il s’agit plutôt de prévoir une incertitude continue et de trouver de nouvelles voies de croissance malgré tout.

C’est exactement ce que font les entreprises canadiennes. Elles se diversifient au-delà des États-Unis sans pour autant lui tourner le dos, investissent au pays et à l’étranger, renforcent les réseaux d’approvisionnement intérieurs, participent plus étroitement aux chaînes de valeur mondiales et intègrent la gestion des risques à leurs décisions quotidiennes.

Maintenant, il faut faire correspondre cette agilité commerciale au financement, aux infrastructures, aux compétences, aux accords commerciaux et à l’innovation nécessaires en vue de transformer l’adaptation en une meilleure productivité, en une plus grande valeur et en une prospérité pérenne.

Nous tenons à remercier chaleureusement Ian Tobman, gestionnaire de l’Équipe des renseignements sur les secteurs et les pays, pour sa contribution à la présente édition. N’oubliez pas que votre avis est très important pour les Services économiques d’EDC. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer à l’adresse economics@edc.ca et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future.

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Date de modification : 2026-10-01