Les États-Unis, l’Europe et l’Asie-Pacifique les plus riches en débouchés
Les États-Unis demeurent le premier marché d'exportation du Canada, une situation qui devrait rester inchangée dans un avenir prévisible. En effet, il serait compliqué de reproduire ailleurs les forces consolidant les liens commerciaux canado-américains. Nous pensons notamment ici à des facteurs comme la proximité, les chaînes d’approvisionnement intégrées et les relations commerciales étroites.
Selon la version actualisée de notre modèle de gravité, les exportations canadiennes de biens pourraient frôler les 930 milliards de dollars américains d’ici 2035; pour ce qui est des exportations de services, elles pourraient se chiffrer à presque 193 milliards de dollars américains. À l’avenir, d’autres mises à jour du modèle pourraient s’imposer pour tenir compte des accords commerciaux, des réalités géopolitiques et d’autres éléments. Ces mises à jour pourraient révéler un potentiel d’exportation différent.
L'Europe recèle toujours d'immenses débouchés pour les exportateurs canadiens. D’ici 2035, le potentiel d’exportation des biens canadiens dans cette région pourrait dépasser les 100 milliards de dollars américains, et plus de 40 milliards dans le cas des services. Des marchés tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et la Pologne pourraient figurer parmi les destinations les plus avantageuses pour les exportateurs.
La région de l’Asie-Pacifique est aussi prometteuse. Son potentiel d’exportation pour les exportateurs de biens pourrait franchir la barre des 70 milliards de dollars américains. La Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Australie, Singapour et le Vietnam se démarquent dans la région pour leurs multiples débouchés, leur croissance économique pérenne et leur demande en augmentation. La valeur des exportations de services pourrait alors y dépasser les 30 milliards de dollars américains.
Quels marchés d’exportation émergents présentent la plus forte croissance?
Le volet de l’analyse qui interpelle le plus, au-delà des constatations sur les principaux partenaires commerciaux du Canada, est celui qui se penche sur les marchés autres que les principaux partenaires commerciaux du Canada.
Plusieurs pays qui dominent rarement les discussions sur le thème de la diversification commerciale se présentent comme des destinations parmi les plus prometteuses pour les exportateurs canadiens. Et pour les exportateurs de services, plusieurs pays sortent du lot : la Belgique, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Pologne et la Malaisie.
Ces pays ne constituent pas forcément les destinations actuellement privilégiées pour les exportations du Canada. Ils sont plutôt des marchés où la demande, l’essor économique et les conditions commerciales laissent entrevoir d’immenses possibilités de croissance.
Conclusion : il est capital de développer une stratégie efficace de diversification des marchés
Diversifier ses marchés n’implique pas nécessairement de tenter de saisir toutes les occasions, mais plutôt d’avoir une idée claire des marchés où la demande sera la plus vigoureuse et où les produits et services auront le plus de chance de susciter un réel intérêt commercial.
Les grands marchés bien établis continueront d’être au cœur des échanges commerciaux du Canada. Pourtant, au cours de la prochaine décennie, certains marchés négligés aujourd’hui pourraient être les plus porteurs.
Pour les exportateurs canadiens, le défi n’est pas tant de choisir s’il faut cibler les occasions sur les marchés établis ou émergents, mais plutôt de trouver la parfaite combinaison de marchés qui les aidera à renforcer leur croissance à long terme, leur résilience et leur compétitivité.
Nous tenons à remercier chaleureusement Jean Victor, analyste quantitatif dans l’Équipe des études fondées sur des données, de l’analyse économique et de la modélisation, dont les recherches ont éclairé la rédaction de la présente analyse.
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