L’an dernier à pareille date, j’entamais la première année de mon mandat à titre de présidente et chef de la direction d’Exportation et développement Canada (EDC) – et je vous exprimais ici même ma fierté et mon enthousiasme à intégrer ce nouveau rôle.

Une année auparavant, la Société avait donné les preuves de sa capacité à étendre son influence sur le marché et à offrir davantage de valeur à plus d’exportateurs canadiens. De fait, EDC avait alors pratiquement doublé le nombre de ses clients traditionnels, lancé de nouveaux produits et services et ouvert de nouvelles représentations.

En 2018, nous avons montré que nous pouvions en faire plus pour développer le commerce extérieur du Canada. En 2019, nous avons poursuivi sur cette lancée et fait état de notre capacité à accroître nos activités, et à le faire d’une manière différente.

Le commerce international a l’immense potentiel de créer de la richesse et des emplois, et de faire reculer la pauvreté aux quatre coins du globe. Cependant, mal géré et réglementé, il peut engendrer des incidences négatives sur les personnes et les collectivités, et sur l’environnement. Ce constat sous-tend les deux grandes initiatives d’EDC en 2019.

Notre nouvelle Politique sur les droits de la personne, publiée en mai 2019, s’inscrit globalement dans les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de la personne des Nations Unies et exprime avec plus de clarté – à nos clients comme à nos partenaires – notre position au chapitre des droits de la personne. La Politique précise que le soutien d’EDC en tant qu’institution financière pourrait être tributaire d’une évaluation des risques relatifs aux droits de la personne et réaffirme notre responsabilité à prévenir et à atténuer ces risques à l’ensemble de notre portefeuille de transactions. En adoptant sa Politique sur les droits de la personne, EDC se dote d’un important outil qui lui permettra d’affermir son action dans ce domaine et de jouer le rôle qui lui incombe : favoriser une meilleure conduite des affaires.

La mise en place de cette politique, qui a suscité un bel intérêt auprès des membres de la société civile et d’autres parties prenantes, m’est particulièrement chère. Ayant grandi en Irlande du Nord dans les années 70 et 80, j’ai été témoin du coût humain d’une société divisée par les préjugés et la discrimination. Nous avons tous un rôle à jouer pour faire en sorte que les droits de la personne soient respectés, que nous vivions dans une société plus inclusive et que nos collectivités soient plus sûres et plus accueillantes. Pour ma part, je n’ai cessé d’enrichir ma connaissance des interactions complexes entre les activités des entreprises et les droits de la personne, notamment lors de ma participation à des forums internationaux consacrés à ce thème. Depuis le début de mon mandat, j’ai eu de l’occasion de parler du bilan d’EDC au chapitre des droits de la personne – là où nos actions ont porté fruit et là où nous aurions pu faire mieux – et de chapeauter les efforts visant à renforcer nos pratiques.

Par ailleurs, en janvier 2019, EDC a publié sa première politique entièrement consacrée aux changements climatiques. Dans ce document, la Société reconnaît la nécessité d’opter pour une approche plus proactive et éclairée afin de faciliter la transition mondiale vers une économie à faible intensité carbone et résiliente face aux changements climatiques. En vertu de cette politique, EDC s’engage à mesurer, à surveiller et à communiquer les risques et les occasions en lien avec les changements climatiques, à intégrer les changements climatiques au processus entourant ses décisions d’affaires et à encourager ses partenaires à faire de même.

En plus d’interdire d’emblée l’octroi de nouveau financement à des mines de charbon thermique, à des centrales au charbon ou à des infrastructures connexes – peu importe où elles se trouvent sur le globe –, EDC prend aussi des mesures pour réduire l’intensité en carbone de son portefeuille de prêts. Ces mesures s’inscrivent dans les efforts déployés par EDC en vue d’adhérer pour une deuxième année aux recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC), qui figurent au présent rapport. Je suis fière du fait qu’EDC, forte de la mise en œuvre de cette politique, peut se compter parmi les organismes de crédit à l’exportation qui se démarquent par leurs initiatives visant à s’attaquer à cet enjeu vital et complexe de portée mondiale.

Nous avons continué de faire preuve de leadership dans la sphère des technologies propres. Dans cette optique, nous n’avons cessé d’augmenter notre appétit pour les risques et nos investissements dans de nouvelles solutions afin de propulser la croissance des exportateurs de ce secteur prioritaire. Depuis 2012, nous avons facilité plus de 9 milliards de dollars d’exportations pour les entreprises canadiennes de technologies propres, confortant ainsi notre place de premier bailleur de fonds auprès de cette filière.

L’esprit d’innovation qui a animé ces initiatives nouvelles et prometteuses a été un élément prédominant des efforts déployés par EDC pour développer ses secteurs d’activité traditionnels, offrir des solutions de financement et d’assurance, et fournir conseils et expertise aux exportateurs canadiens à l’ensemble du pays.

En septembre 2018, nous avons mis à l’essai à la Banque Nationale un projet pilote, qui a été déployé à l’ensemble du pays en novembre 2018. Le Programme de prêts à l’expansion internationale (PPEI) a été officiellement lancé l’année suivante, et la RBC y a adhéré en mars 2019. Dans le cadre de ce programme, les partenaires bancaires d’EDC disposent de capacités prédéfinies pour consentir des garanties de prêts à leurs clients exportateurs. Ce faisant, l’accès à un fonds de roulement se trouve facilité pour un plus grand nombre d’exportateurs canadiens. En 2019, je constate avec bonheur que cette initiative pilote est une réussite, et qu’elle contribuera à forger de nouveaux partenariats avec au moins quatre banques canadiennes en 2020.

Le programme a permis à EDC de rehausser la valeur de ses services, mais aussi d’accomplir quelque chose d’encore plus percutant. En intégrant un outil d’aide à l’exportation comme le PPEI à la gamme des produits offerts par de grandes banques commerciales canadiennes, EDC se trouve à faire connaître l’exportation comme une stratégie gagnante pour les petites entreprises. C’est cette même approche qui a insufflé l’élan à l’origine de l’incroyable travail réalisé en 2019 pour étoffer nos services des produits du savoir et nos services consultatifs, notamment dans le cadre de partenariats, de webinaires, d’ateliers et d’autres événements. Ces services demeurent un moyen d’aider des milliers d’entreprises canadiennes à comprendre la valeur et les avantages de l’exportation.

D’ailleurs, en 2019, EDC a intensifié son rayonnement mondial en inaugurant deux représentations aux États-Unis, respectivement à Chicago et à Atlanta. Même si les exportateurs canadiens prospèrent depuis longtemps sur le marché américain, les récentes tensions commerciales entre nos deux pays ont montré que l’accès à ce marché au Sud de la frontière ne doit pas être tenu pour acquis. Or, grâce à ces nouvelles représentations dans le Sud-Est américain et dans la région des Grands Lacs du Midwest, les entreprises canadiennes disposent de nouvelles têtes de pont dans des régions florissantes et dynamiques du premier partenaire commercial du Canada.

Au pays, auprès de la communauté canadienne du monde des affaires, EDC s’est employée à aménager un environnement stimulant sur le plan économique. À mes yeux, cela signifie favoriser le développement d’une culture d’entrepreneuriat célébrant la diversité et l’inclusivité. Dans cet esprit, EDC a continué de jouer un rôle prédominant en veillant à élargir les perspectives des entrepreneures. À ce jour, nous avons facilité des activités de plus de 1 milliard de dollars en appui aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes et, en 2019, nous avons aidé 333 de ces entreprises à prendre leur envol à l’international et à s’implanter sur de nouveaux marchés.

En qualité de présidente et chef de la direction, j’ai aussi eu le privilège de présider le conseil d’administration de FinDev Canada, le premier institut de financement du développement du Canada. Cette filiale d’EDC, en activité depuis à peine deux ans, accumule les réalisations et ne cesse d’accroître son soutien aux entreprises dans les pays en développement en luttant contre la pauvreté, en renforçant le pouvoir économique des femmes et en s’attaquant aux changements climatiques. À la fin de 2019, par le biais de neuf transactions, FinDev Canada avait investi plus de 124 millions de dollars en Afrique subsaharienne et en Amérique latine dans des secteurs comme l’agroalimentaire, la croissance verte et les institutions financières locales, en offrant des services aux microentreprises et aux PME.

En 2019, Exportation et développement Canada a célébré ses 75 années d’existence. La création de la Société en 1944 s’inscrivait dans un mouvement mondial qui a donné naissance à une myriade d’institutions nationales et internationales, dont la majorité poursuivait sensiblement le même objectif : créer un monde meilleur en développant l’économie, en favorisant un commerce réglementé et en jetant les fondements sur lesquels reposent les relations internationales de l’après-guerre.

Pour ma part, je crois qu’EDC peut se dire fière de la place qu’elle occupe parmi ces institutions – une fierté qu’elle tire de son rôle d’artisan de la prospérité économique du Canada, mais aussi de promoteur de quelque chose de tout aussi important : la marque du Canada et les valeurs canadiennes. Nos employés ressentent une immense fierté de faire carrière dans une société qui leur offre un milieu de travail sûr, inclusif et accueillant. À vrai dire, EDC aspire à devenir aussi diverse et attentionnée que le pays qu’elle sert. Dans l’exercice de mes fonctions, j’ai eu la chance de parcourir le globe et de voir cette marque et ces valeurs en action.

Aujourd’hui, alors que j’amorce la deuxième année de mon mandat de présidente et chef de la direction d’EDC, je suis à la fois fière et emballée d’être à la barre d’une organisation qui, au quotidien, fait rayonner dans le monde la marque et les valeurs du Canada.