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2026 : investissement et croissance en Amérique du Nord malgré l’incertitude tarifaire
Précisions au sujet de l’auteur
Prince Owusu
Économiste principale, Centre d’information économique et politique
Hani Wannamaker
Responsable du contenu économique
Dans cet article :
- États-Unis : l’IA et l’investissement des entreprises, moteurs de la croissance
- Canada : reprise des exportations et du soutien aux infrastructures
- Mexique : la reprise demeure tributaire du commerce et de l’investissement
- L’incidence de la révision de l’ACEUM sur le commerce en Amérique du Nord
- Vous exportez sur le marché nord-américain en mutation? EDC peut vous aider.
À l’heure actuelle, trois éléments redéfinissent les perspectives économiques de l’Amérique du Nord : la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), les cours plus élevés de l’énergie en raison du conflit au Moyen-Orient, le bond des investissements dans l’intelligence artificielle (IA) et la fabrication de pointe. Réunis, ces trois éléments se répercutent sur les échanges commerciaux, l’investissement des entreprises et les possibilités d’exportation à l’échelle du continent.
Parmi les trois pays, les États-Unis mènent toujours le bal au chapitre de la croissance. Les sociétés y injectent des milliards de dollars dans les centres de données, l’automatisation et la fabrication de pointe. On s’attend à ce que le Canada reprenne peu à peu du poil de la bête après un début d’année hésitant, principalement grâce à ses exportations, à ses projets d’infrastructure et à ses investissements dans le secteur des ressources. Le Mexique, quant à lui, éprouve des défis constants sur les fronts des politiques et des investissements, mais il devrait profiter d’une détente de l’inflation et d’une demande intérieure plus vigoureuse.
Selon les plus récentes Perspectives économiques mondiales d’Exportation et développement Canada (EDC), la croissance nord-américaine demeurera positive. Toutefois, les exportateurs seront confrontés à un contexte des affaires plus complexe alors que la hausse des coûts énergétiques, l’incertitude commerciale et la dynamique changeante du côté de l’investissement remodèlent le paysage économique de la région.
Pour les exportateurs canadiens, le principal n’est pas de savoir si la croissance perdurera, mais bien d’où émergeront les nouveaux débouchés et comment l’évolution de la dynamique commerciale et de l’investissement se répercutera sur les chaînes d’approvisionnement nord-américaines.
Selon David Weiner d’EDC, vice-président régional, États-Unis, les occasions d’affaires aux États-Unis demeurent solides, mais les exportateurs doivent se préparer à un contexte plus instable.
« Les États-Unis offrent toujours d’importantes possibilités de croissance aux exportateurs canadiens pour des raisons toutes simples : ce pays est notre marché d’exportation le plus proche, il est la plus grande économie du monde, il accueille des chaînes d’approvisionnement parfaitement intégrées et il entretient des liens commerciaux de longue date avec le Canada. Les exportateurs doivent toutefois aborder ce marché avec une plus grande clairvoyance. Son évolution est beaucoup moins prévisible que par le passé. Résultat : les sociétés canadiennes doivent composer avec une politique commerciale changeante, rester souples dans leur planification et être prêtes à s’adapter si les conditions venaient à changer. Et elles ont à maintes reprises démontré leur résilience et leur adaptabilité. »
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Perspectives économiques pour les États-Unis : l’IA et l’investissement des entreprises favorisent la croissance
L’économie étatsunienne continuera d’être en tête de peloton sur le continent nord-américain, avec une croissance frôlant 2 % en 2026 et se fixant à 2,1 % en 2027. Bien que la confiance des consommateurs soit en demi-teinte, la résilience du marché du travail, les gains sur les places boursières favorisés par l’IA et les dépenses des ménages à revenu plus élevé continueront de soutenir la consommation. Les Services économiques d’EDC estiment que chaque dollar supplémentaire de richesse des ménages produit près de trois cents de dépenses de consommation. Par conséquent, les gains récents sur les marchés boursiers donnent un coup de pouce aux dépenses des ménages et à l’activité économique dans son ensemble.
Toutefois, l’investissement et la consommation sont devenus les principales dynamos de la croissance. Les dépenses dans les infrastructures d’IA, les centres de données, la fabrication de pointe, les semi-conducteurs, les technologies d’automatisation et les réseaux numériques alimentent un nouveau cycle d’investissement.
Au moment même où les sociétés cherchent à renforcer leur productivité, leur résilience et leurs capacités, l’investissement demeurera le principal levier de l’élan économique.
Figure 1 : La croissance étatsunienne est surtout le fruit de l’investissement et de la consommation
Au taux annuel désaisonnalisé, part du PIB réel par type de dépense (%), en pourcentage
Source: Haver Analytics
Pour les exportateurs, ce boom de l’investissement s’accompagne de débouchés dans toutes les chaînes d’approvisionnement nord-américaines. La demande pour la machinerie, l’équipement électrique, les composants industriels, les matériaux de construction, les produits énergétiques, les minéraux critiques et les intrants technologiques restera soutenue au fur et à mesure que les entreprises augmentent leur capacité de production et modernisent leurs activités.
La révision actuelle de l’ACEUM, les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés de l’énergie pourraient jouer sur la confiance des entreprises, tout comme leurs décisions d’investissement dans les secteurs non technologiques. Néanmoins, des investissements massifs dans les technologies, une demande soutenue du côté des consommateurs ainsi que des gains de productivité potentiels devraient aider à stabiliser la croissance aux États-Unis au cours de l’horizon prévisionnel.
Cela étant, le conflit au Moyen-Orient demeure un risque majeur. De fait, l’inflation pourrait dépasser la cible de 2 % de la Réserve fédérale jusqu’à la fin de 2027. L’inflation étant maintenant bien ancrée, la Fed devrait relever son taux directeur de 25 points de base d’ici la fin de 2026 dans l’espoir de mieux la maîtriser.
Perspectives économiques pour le Canada : reprise des exportations et du soutien aux infrastructures
L’activité économique s’est légèrement contractée au premier trimestre de 2026, mais les plus récentes données en matière de consommation, d’investissement et d’exportations montrent un rebond au deuxième trimestre qui permettra de sortir l’économie de sa stagnation cette année. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait augmenter légèrement de 1 % avant de s’établir à 2,1 % en 2027 et 2,2 % en 2028.
La demande intérieure restera modeste à court terme. Même si l’inflation de base demeure contenue, les coûts énergétiques plus élevés en raison du conflit au Moyen-Orient mettent à l’épreuve les ménages, les entreprises et la confiance des consommateurs. Parallèlement, l’incertitude entourant la révision actuelle de l’ACEUM incite de nombreuses sociétés à reporter d’importants investissements.
Malgré ces vents contraires, le secteur canadien des exportations demeure résilient. Les cours plus élevés de l’or et de l’énergie ainsi qu'un meilleur accès à certains marchés internationaux ont contribué à soutenir les activités commerciales.
Figure 2 : Les exportations de biens du Canada : les métaux précieux (surtout l’or) et l’énergie en sont les principaux moteurs
Sources : Haver Analytics/Services économiques d’EDC
Pour les exportateurs, les débouchés se concentreront sans doute dans l’énergie, les minéraux critiques, les industries liées aux infrastructures ainsi que les secteurs associés à la demande d’investissements des États-Unis. L’administration Trump continuant d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires visant les marchandises canadiennes, l’incertitude planant sur la politique commerciale demeurera élevée. Dernière mesure en date : des tarifs proposés de 50 % sur l’alcool, les produits laitiers et certaines pièces automobiles canadiens qui ne sont pas déjà soumis à des tarifs sectoriels. Si elle est mise en place, cette mesure aurait pour effet d’alourdir le fardeau des exportateurs canadiens. Malgré tout, la plupart des biens canadiens devraient continuer de bénéficier de l’accès préférentiel au marché en vertu de l’ACEUM.
L’investissement des entreprises devrait augmenter progressivement en raison de l’avancement de plusieurs grands projets d’infrastructure liés à l’énergie, aux ressources et au commerce l’an prochain. Par ailleurs, les dépenses publiques dans la défense et les infrastructures devraient favoriser davantage la croissance, avec en toile de fond l’amélioration graduelle des conditions du marché, ce qui soutiendra les dépenses des ménages.
Afin de concilier les risques inflationnistes et le manque de vigueur persistant de l’économie, la Banque du Canada optera pour la prudence et gardera un œil sur la croissance économique et les tensions inflationnistes en pleine évolution. Dans ce contexte que le huard s’échangera face au billet vert à environ 73 cents pour le reste de 2026 et l’an prochain.
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Perspectives économiques pour le Mexique : la reprise demeure tributaire du commerce et de l’investissement
L’économie mexicaine se rétablira graduellement après un début d’année 2026 moins vigoureux que prévu. La croissance s’élèvera à 0,9 % en 2026, puis grimpera à 2,1 % en 2027 et en 2028. L’incertitude politique et l’investissement modeste tempéreront l’activité économique à court terme.
Figure 3 : L’inflation au Mexique ralentit et les conditions budgétaires s’améliorent
Indice des prix à la consommation : désaisonnalisés en juillet (du 16 au 31), 2018=100, taux d’intérêt : pourcentage, fin de la période
Sources : Haver Analytics/Services économiques d’EDC
Les dépenses de consommation devraient soutenir la croissance, alors que les salaires réels élevés imposés par le gouvernement et le repli de l’inflation inciteront la Banque centrale du Mexique à abaisser son taux directeur.
Pour les exportateurs, la fabrication demeure un secteur prometteur. La profonde intégration du Mexique aux chaînes d’approvisionnement nord-américaines continue d’appuyer des secteurs tels l’électronique et la machinerie industrielle. Cependant, les tarifs douaniers, la confiance fragile des entreprises et l’incertitude entourant la révision de l’ACEUM vont tempérer la croissance des exportations et les projets d’expansion des entreprises.
L’investissement des entreprises restera modéré à court terme, plombé par l’incertitude relative aux réglementations, aux lois et aux politiques commerciales. Si l’incertitude s’atténue et que le Mexique et les États-Unis peuvent résoudre leurs différends liés à l’ACEUM, les activités d’investissement devraient reprendre et ainsi favoriser une reprise modeste.
Bien que la révision de l’ACEUM soit un dossier de première importance pour les entreprises, les mesures tarifaires étatsuniennes fluctuantes sont source de plus en plus d’incertitude pour les exportateurs nord-américains. Réunies, ces situations influencent les décisions d’investissement, les stratégies relatives aux chaînes d’approvisionnement ainsi que la planification à long terme des entreprises dans toute la région. Toutefois, l’ACEUM demeure en vigueur jusqu’en 2036, ce qui permettra de préserver l’accès préférentiel aux marchés nord-américains.
Parallèlement, l’instabilité des marchés de l’énergie – causé par le conflit au Moyen-Orient – continue d’augmenter les risques d’inflation, tout comme les coûts d’exploitation.
Malgré ces défis, la croissance en Amérique du Nord suivra le rythme des investissements. Les dépenses dans les secteurs de l’IA, de la fabrication de pointe et des infrastructures ouvriront de nouveaux débouchés dans les chaînes d’approvisionnement intégrées, en particulier pour ceux qui exportent aux États-Unis.
L’incertitude commerciale, les chaînes d’approvisionnement évolutives et les conditions changeantes des marchés génèrent des risques, mais aussi des possibilités d’affaires pour les exportateurs canadiens. EDC met à la disposition des entreprises ses renseignements sur les marchés, ses solutions de financement ainsi que ses conseils d’experts afin de les aider à étendre leurs activités en toute confiance.
Vous cherchez des conseils pratiques sur la façon de faire des affaires dans le contexte commercial nord-américain? Soyez des nôtres à l’occasion de notre prochain webinaire, Gérer les risques aux États-Unis et au Mexique, le 13 août afin de profiter de l’expertise de spécialistes au sujet des tarifs douaniers, des exigences douanières, de la conformité commerciale et des stratégies visant à protéger votre entreprise lorsque les conditions des marchés évoluent.
EDC offre un éventail d’outils, de programmes et de services visant à aider les entreprises d’ici à gérer les risques, à saisir les occasions d’affaires et rayonner en Amérique du Nord :
- Pour comprendre les débouchés aux États-Unis : Accédez aux renseignements sur le marché étatsunien, aux analyses économiques ainsi qu’aux renseignements sectoriels d’EDC pour trouver des débouchés au sein de la plus importante économie au monde.
- Composez avec l’incertitude commerciale grâce au Programme d’impact commercial d’EDC : Lancé en 2025, ce programme aide les entreprises canadiennes admissibles à accéder à du financement et à du soutien supplémentaires au moment de s’adapter aux conditions évolutives des marchés.
- Obtenez des conseils en matière d’exportation au Centre aide-export : Communiquez avec les spécialistes d’EDC pour obtenir des conseils sur des stratégies d’entrée sur les marchés, les exigences douanières et les réglementations relatives à l’exportation.
- Tissez des relations d’affaires à l’international : Faites valoir vos capacités à des acheteurs et à des partenaires qualifiés grâce au Programme de jumelage d’affaires d’EDC.
- Gérez les risques à l’export avec assurance : Explorez les solutions de financement, d’assurances et de gestion des risques offertes par EDC, notamment en consultant ses analyses trimestrielles des risques pays.
Vous êtes un nouveau client d’EDC? Répondez à quelques questions afin que nous puissions vous proposer les produits et services qui correspondent aux besoins de votre entreprise.
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