Depuis que l’explorateur Jacques Cartier a touché terre dans la péninsule gaspésienne en 1534, la France et le Canada entretiennent une relation unique ancrée dans la langue, les valeurs et la stabilité économique.
Les liens sont profonds et demeurent résilients; les deux pays sont membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), du G7, du G20, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Outre la coopération en matière de défense et les partenariats dans des secteurs stratégiques, dont l’agriculture de précision, les technologies vertes, les énergies renouvelables et l’IA, la France est le troisième marché d’exportation de marchandises du Canada dans l’Union européenne (UE). En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises entre nos deux pays ont totalisé 14,2 milliards de dollars, les exportations canadiennes étant évaluées à 4,4 milliards de dollars et les importations à 9,8 milliards de dollars. Cette solide relation commerciale est appuyée par l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE), qui élimine les tarifs douaniers sur la plupart des marchandises, améliore l’accès aux marchés et simplifie la coopération réglementaire, facilitant ainsi l’entrée et la croissance des exportateurs canadiens sur le marché français.
Bien que la France, comme d’autres pays, soit aux prises avec des alliances commerciales changeantes, elle est protégée des pires effets, affirme Sasan Fouladirad, économiste et analyste des risques pays au Centre d’information économique et politique d’EDC.
« La France est moins exposée aux tarifs douaniers étatsuniens et aux tensions commerciales mondiales que d’autres grandes économies européennes, ce qui la rend plus résiliente que ses pairs, comme l’Allemagne et l’Italie, qui dépendent davantage de l’industrie manufacturière et des exportations, explique M. Fouladirad. L’apaisement des tensions commerciales pourrait relancer les exportations françaises, en particulier dans les secteurs à forte valeur ajoutée comme l’aéronautique, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques. »
La transition verte et numérique de la France
Comme le reste de l’UE, la France est en train de passer rapidement des combustibles fossiles à l’énergie durable et aux technologies propres. Alors que de nombreux pays en sont encore à se dissocier de l’énergie russe, la France investit depuis des années dans l’énergie nucléaire, et fait ainsi figure de chef de file de l’énergie sobre en carbone.
Dans le cadre de l’initiative REPowerEU, l’approvisionnement énergétique des producteurs industriels en Europe doit comporter au moins 40 % d’énergies renouvelables, créant ainsi des débouchés pour les exportateurs canadiens de technologies propres. Si cette initiative est couronnée de succès, l’Europe s’imposera comme chef de file mondial de la décarbonation et de la transition énergétique.
La politique commerciale économique de la France, réaffirmée dans la déclaration conjointe Canada-France de 2024, met l’accent sur une croissance durable et inclusive, des chaînes d’approvisionnement résilientes et un système commercial multilatéral transparent et fondé sur des règles, des points qui sont tous étroitement arrimés aux priorités commerciales du Canada.
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Intelligence artificielle et innovation numérique
Les visées de la France en matière de transformation industrielle verte, d’innovation numérique et de sécurité de l’approvisionnement en minéraux critiques présentent de nouveaux débouchés pour les exportateurs canadiens dans des secteurs comme l’agroalimentaire, l’énergie propre, l’intelligence artificielle (IA) et les matériaux de pointe. Des initiatives conjointes dans les domaines de l’énergie nucléaire, de la gouvernance de l’IA et de l’exploitation minière durable viennent encore souligner le rôle stratégique du Canada dans la transition économique de la France.
La célèbre tradition culinaire de la France et son engagement de longue date en faveur de l’énergie nucléaire peuvent sembler être des obstacles insurmontables pour les exportateurs canadiens, mais dans certains domaines, ils représentent de véritables débouchés, tout comme des secteurs en croissance tels que l’IA, la cybersécurité et les technologies financières.
La volonté de la France d’établir sa souveraineté numérique et de se doter d’une infrastructure de cybersécurité est prometteuse pour les entreprises canadiennes dans les domaines des technologies d’optimisation énergétique et de captage du carbone misant sur l’IA. De nouvelles occasions peuvent se présenter grâce à la stratégie nationale de la France en matière d’IA, qui fait partie des grands Programmes d’investissements d’avenir, dans le cadre de France 2030.
Le gouvernement français continue d’investir dans les secteurs des technologies numériques où l’innovation canadienne est bien établie, y compris les services bancaires et de placement numériques. Par exemple, Wealthsimple, une entreprise de Toronto, étend déjà sa présence en France.
Pour répondre aux demandes énergétiques de l’IA, la France dispose de plus de 30 installations opérationnelles et sobres en carbone pour exploiter l’IA (lien en anglais seulement). Pour les entreprises canadiennes spécialisées dans l’IA (en particulier celles du Québec, qui utilisent des modèles en français), cela ouvre des perspectives très intéressantes dans certains créneaux de la fabrication, de la gestion de l’énergie et des applications pour les utilisateurs finaux.
Technologies propres et transition énergétique
Les technologies propres demeurent l’un des secteurs d’exportation les plus prometteurs. Le plan France Nation Verte, doté d’une enveloppe de 86,51 milliards de dollars, accélère la transition vers une économie sobre en carbone grâce à des investissements importants dans les bâtiments verts, les transports propres, les initiatives d’économie circulaire et l’innovation énergétique. Les entreprises canadiennes dans les secteurs de l’énergie éolienne, de l’hydrogène et du captage du carbone sont bien placées pour y contribuer.
Le projet français de construction de six nouveaux réacteurs nucléaires en 2027 pourrait présenter des occasions d’exportation pour les entreprises travaillant dans les domaines des petits réacteurs modulaires, des composants de réacteurs et de la gestion des déchets nucléaires.
« La France est une puissance nucléaire et, bien que la relation ne soit pas conflictuelle, il existe une concurrence commerciale entre la France et le Canada en ce qui concerne les grands réacteurs nucléaires. Les entreprises canadiennes qui ont une proposition de valeur claire et distincte pourront pénétrer le marché français », souligne Shariq Akhlaq, responsable national de la transition énergétique à EDC.
Parmi les autres grandes possibilités d’exportation vers la France figurent l’aéronautique, le secteur de la création, les technologies propres, les technologies de l’information et de la communication ainsi que les sciences de la vie.
Agroalimentaire et technologies agricoles
Le secteur agroalimentaire français est en pleine expansion, notamment en raison de la demande relative à la potasse, aux solutions de technologies agricoles misant sur l’IA et aux biocapteurs visant à prédire le rendement des cultures et à optimiser l’utilisation de l’eau. « Les Français prennent évidemment la nourriture très au sérieux », explique Ime Ekong, directeur du développement des affaires en Europe à EDC. « Le Canada est l’un des marchés où les technologies permettent de mieux contrôler les rendements tout en utilisant moins d’eau. C’est essentiel, non seulement pour la France, mais dans le monde entier. »
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Considérations réglementaires et culturelles
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne a une incidence considérable sur les entreprises canadiennes spécialisées dans l’IA qui exportent vers la France, en particulier celles qui traitent des données personnelles. Le RGPD s’applique à l’extérieur du territoire européen, ce qui signifie que la conformité est requise même pour les entreprises exploitées uniquement au Canada si des données personnelles d’un individu de l’UE sont traitées.
La culture des affaires française valorise les relations à long terme et le professionnalisme. La prospection téléphonique fonctionne rarement; un réseau se bâtit essentiellement grâce aux mises en contact par d’autres personnes, aux salons commerciaux et aux partenaires locaux.
Selon le secteur, les exportateurs peuvent devoir faire appel à des agents ou des distributeurs, ou envisager d’établir une présence locale. Pour les produits numériques ou les logiciels en tant que services (SaaS), une approche localisée de commercialisation directe peut être efficace.
Obstacles sectoriels
La France applique les réglementations de l’UE en matière de sécurité des produits, d’étiquetage, de développement durable et de services numériques. Les exportateurs doivent également connaître les interprétations spécifiques à la France, qui peuvent être plus strictes que dans d’autres pays de l’UE. Les biens de consommation font l’objet de taux de majoration élevés pour la vente au détail. Les exportateurs devraient tenir compte des marges des distributeurs et des détaillants lors de l’établissement des prix.
Pour entrer sur le marché français, il faut connaître la culture du pays et avoir une bonne compréhension de la réglementation locale. Les consommateurs français accordent de l’importance aux marques et à la qualité, et les entreprises s’attendent à des approches personnalisées. Les exportateurs devraient se renseigner sur les habitudes d’achat régionales, le positionnement concurrentiel et les attentes en matière de prix.
- Cote de risque à court terme : faible
- Principales exportations canadiennes (2024) : Matériel de transport, produits énergétiques, métaux et minéraux, machinerie, fabrication d’aliments et cultures, et produits chimiques.
- Valeur totale des exportations canadiennes (2024) : 4,4 milliards de dollars
- Accords commerciaux avec le Canada : Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne
- PIB (nominal de 2025) : 3 100 milliards de dollars américains
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Vous pouvez également compter sur l’équipe d’économistes et d’analystes de calibre mondial d’EDC pour produire des rapports économiques en temps opportun, notamment les Perspectives économiques mondiales, l’Analyse trimestrielle des risques pays et des profils de marchés. Grâce à notre portail ExportActions, vous trouverez une vaste bibliothèque de ressources comprenant des guides, des articles, des webinaires et des balados. Consultez aussi nos perspectives et ressources liées aux technologies propres. Pour communiquer avec un conseiller en exportation d’EDC, consultez notre Centre aide-export et inscrivez-vous à MonEDC.
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