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Stuart Bergman

Canada : principaux débouchés d’exportation hors États-Unis d’ici 2035

Quand les entreprises canadiennes envisagent de prendre de l’expansion à l’international, certains marchés familiers arrivent en tête de liste : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon et la Chine.

Il s’agit de certaines des plus grandes économies de la planète et les principaux partenaires commerciaux du Canada. Or, au cours de la prochaine décennie, les débouchés d’exportation les plus substantiels pourraient se trouver sur d’autres marchés.

D’après la plus récente analyse d’Exportation et développement Canada (EDC) à propos du potentiel d’exportation du Canada à l’horizon 2035, des marchés comme la Pologne, la Malaisie, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite pourraient abriter certaines des plus riches occasions de croissance pour les exportateurs canadiens par rapport à leurs niveaux actuels d’activité commerciale.

Ces constats sont tirés du récent rapport d’EDC consacré à un sujet d’intérêt : les principaux débouchés d’exportations du Canada d’ici 2035. De quoi parle-t-on exactement? De marchés porteurs de croissance à long terme pour les exportateurs canadiens de biens et de services en fonction de la taille de l’économie, de la distance géographique ainsi que les liens institutionnels et culturels – autant de paramètres qui correspondent généralement au concept de « gravité économique ».

Pour nos exportateurs, il sera vital de continuer de mettre le cap sur des destinations bien établies. Toutefois, à l’avenir, pour faire croître leurs exportations, ils devront peut-être envisager de s’implanter sur un plus vaste éventail de marchés que ce qu’ils avaient anticipé.

Cerner les bons marchés d’exportation pour votre entreprise

L’analyse met en relief une réalité importante : il n'y a aucune liste des meilleurs marchés d’exportation. Pour une entreprise, les débouchés varient en fonction des produits ou services vendus, de la clientèle et de la façon dont elle rivalise avec ses concurrents. À vrai dire, les marchés qui semblent profitables pour les exportateurs de biens ne sont pas toujours ceux qui offrent le plus fort potentiel pour les exportateurs de services.

Pour les exportateurs de biens, les coûts de transport, les réseaux de logistique et la proximité géographique continuent de modeler la dynamique commerciale. Dans le cas des exportateurs de services, la compatibilité institutionnelle, la convergence réglementaire et les relations d’affaires jouent souvent un rôle plus dominant.

Cette distinction amène à formuler une conclusion qui s’impose d’elle-même : pour que les efforts de diversification portent leurs fruits, il ne faut pas se lancer à la conquête de tous les marchés prometteurs, mais plutôt cerner les marchés correspondant le mieux aux produits, services et atouts à long terme de l’entreprise.

Les États-Unis, l’Europe et l’Asie-Pacifique les plus riches en débouchés

Les États-Unis demeurent le premier marché d'exportation du Canada, une situation qui devrait rester inchangée dans un avenir prévisible. En effet, il serait compliqué de reproduire ailleurs les forces consolidant les liens commerciaux canado-américains. Nous pensons notamment ici à des facteurs comme la proximité, les chaînes d’approvisionnement intégrées et les relations commerciales étroites.

Selon la version actualisée de notre modèle de gravité, les exportations canadiennes de biens pourraient frôler les 930 milliards de dollars américains d’ici 2035; pour ce qui est des exportations de services, elles pourraient se chiffrer à presque 193 milliards de dollars américains. À l’avenir, d’autres mises à jour du modèle pourraient s’imposer pour tenir compte des accords commerciaux, des réalités géopolitiques et d’autres éléments. Ces mises à jour pourraient révéler un potentiel d’exportation différent.

L'Europe recèle toujours d'immenses débouchés pour les exportateurs canadiens. D’ici 2035, le potentiel d’exportation des biens canadiens dans cette région pourrait dépasser les 100 milliards de dollars américains, et plus de 40 milliards dans le cas des services. Des marchés tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et la Pologne pourraient figurer parmi les destinations les plus avantageuses pour les exportateurs.

La région de l’Asie-Pacifique est aussi prometteuse. Son potentiel d’exportation pour les exportateurs de biens pourrait franchir la barre des 70 milliards de dollars américains. La Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Australie, Singapour et le Vietnam se démarquent dans la région pour leurs multiples débouchés, leur croissance économique pérenne et leur demande en augmentation. La valeur des exportations de services pourrait alors y dépasser les 30 milliards de dollars américains.

Quels marchés d’exportation émergents présentent la plus forte croissance?

Le volet de l’analyse qui interpelle le plus, au-delà des constatations sur les principaux partenaires commerciaux du Canada, est celui qui se penche sur les marchés autres que les principaux partenaires commerciaux du Canada.

Plusieurs pays qui dominent rarement les discussions sur le thème de la diversification commerciale se présentent comme des destinations parmi les plus prometteuses pour les exportateurs canadiens. Et pour les exportateurs de services, plusieurs pays sortent du lot : la Belgique, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Pologne et la Malaisie.

Ces pays ne constituent pas forcément les destinations actuellement privilégiées pour les exportations du Canada. Ils sont plutôt des marchés où la demande, l’essor économique et les conditions commerciales laissent entrevoir d’immenses possibilités de croissance.

Conclusion : il est capital de développer une stratégie efficace de diversification des marchés

Diversifier ses marchés n’implique pas nécessairement de tenter de saisir toutes les occasions, mais plutôt d’avoir une idée claire des marchés où la demande sera la plus vigoureuse et où les produits et services auront le plus de chance de susciter un réel intérêt commercial. 

Les grands marchés bien établis continueront d’être au cœur des échanges commerciaux du Canada. Pourtant, au cours de la prochaine décennie, certains marchés négligés aujourd’hui pourraient être les plus porteurs.

Pour les exportateurs canadiens, le défi n’est pas tant de choisir s’il faut cibler les occasions sur les marchés établis ou émergents, mais plutôt de trouver la parfaite combinaison de marchés qui les aidera à renforcer leur croissance à long terme, leur résilience et leur compétitivité.

Nous tenons à remercier chaleureusement Jean Victor, analyste quantitatif dans l’Équipe des études fondées sur des données, de l’analyse économique et de la modélisation, dont les recherches ont éclairé la rédaction de la présente analyse.

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Date de modification : 2026-09-03