Perspectives économiques mondiales 2026 : croissance sous pression
Six mois après que la fermeture du détroit d’Ormuz a bouleversé les marchés de l’énergie, l’économie mondiale continue de croître. Toutefois, les chaînes d’approvisionnement ont été mises à rude épreuve, les réserves stratégiques ont été utilisées et la demande mondiale en pétrole a chuté. Les perturbations prolongées, ainsi que la flambée des prix de l’essence, du carburant d’aviation, du diesel et d’autres carburants qui en a résulté, ont entraîné une hausse des prix à la consommation et accentué les pressions inflationnistes persistantes dans de nombreuses économies. Nous prévoyons que le cours moyen du pétrole brut West Texas Intermediate s’établira à environ 86 dollars américains le baril en 2026 et à 82 dollars américains le baril en 2027, les risques étant orientés à la hausse.
Au-delà de la volatilité des marchés de l’énergie, les obstacles commerciaux d’origine politique, les risques géopolitiques persistants et les pressions budgétaires croissantes dans de nombreuses économies développées assombrissent les perspectives. Malgré ces défis, les Perspectives économiques mondiales pour l’automne 2026 publiées par les Services économiques d’EDC, qui s’appuient sur les données disponibles le 16 septembre, prévoient une croissance mondiale de 3 % en 2026 et de 3,2 % en 2027.
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Perspectives économiques pour les États-Unis : les investissements dans l’IA stimulent la croissance
C’est aux États-Unis que l’optimisme prudent se manifeste le plus clairement. La consommation a ralenti, mais les dépenses des consommateurs restent résilientes grâce à la croissance soutenue des revenus, la solidité des bilans et les effets bénéfiques des réductions d’impôt antérieures. Les investissements des entreprises constituent également un facteur majeur de résilience aux États-Unis, notamment grâce aux dépenses consacrées aux infrastructures et aux technologies des centres de données liées au développement de l’intelligence artificielle (IA). Dans l’ensemble, nous prévoyons que la croissance des États-Unis restera supérieure à 2 % durant notre période de prévision.
Conjuguée aux pressions tarifaires causées par le secteur de l’énergie, la croissance de l’économie maintiendra l’inflation au-dessus de l’objectif fixé par la Réserve fédérale américaine, laissant peu de marge de manœuvre à la banque centrale pour soutenir un marché du travail en perte de vitesse. Nous prévoyons que la Réserve fédérale haussera ses taux à nouveau à la fin de l’année 2026 et au début de l’année 2027, avant que l’inflation recule suffisamment.
L’inflation persistante et les inquiétudes liées à la dette publique ont entraîné une forte hausse du rendement des obligations d’État américaines à long terme, un défi que partagent de nombreuses autres économies du G7. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a augmenté de près de 80 points de base depuis le début de l’année 2026. La hausse de ce principal taux d’intérêt de référence pour l’économie mondiale fait grimper le coût du capital à l’échelle du globe et exerce une pression supplémentaire sur le budget des ménages et des entreprises.
Perspectives économiques du Canada : ralentissement de la croissance et incertitude commerciale
L’économie canadienne continue d’afficher un retard par rapport à son partenaire commercial principal et sa croissance devrait ralentir pour s’établir à 1 % en 2026 avant de remonter à 1,7 % en 2027. Les dépenses des ménages sont plus stables que ne le laissent supposer les indicateurs de confiance, et les exportations bénéficient d’une demande américaine soutenue, malgré la persistance de l’incertitude relative aux politiques commerciales. Toutefois, l’exposition aux tarifs douaniers et la reprise encore timide des investissements des entreprises nuisent au rendement économique du Canada.
Comme l’économie progresse en deçà de son potentiel, la faible demande contribuera à contenir l’inflation. Nous prévoyons que l’inflation atteindra une moyenne de 2,8 % en 2026 et de 2,6 % en 2027.
Dans le contexte de la croissance modérée, de l’incertitude commerciale persistante et face à des pressions inflationnistes plus limitées, la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 2,25 % pendant la majeure partie de l’année 2027. Ainsi, le dollar canadien s’échangera en moyenne à environ 0,72 dollar américain au cours de notre période de prévision. Toutefois, ces perspectives relativement stables cachent un risque de forte volatilité au cours de cette période, notamment dans le cadre des négociations liées à la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
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Perspectives économiques européennes : une reprise inégale après le choc énergétique
L’Europe reste l’une des régions les plus exposées au choc des cours énergétiques et aux contraintes d’approvisionnement qui en découlent, mais les perspectives ne sont pas uniformément moroses dans l’ensemble de la région. Plus d’un an après l’annonce d’un vaste projet d’emprunts et d’investissements, l’économie allemande reprend de la vigueur grâce à l’incidence des dépenses publiques sur l’activité. Cela portera à 0,9 % nos prévisions de croissance pour 2026.
En France, en revanche, l’incertitude politique et l’impasse qui règnent à l’approche de l’élection présidentielle du printemps prochain entravent les efforts visant à réduire l’important déficit budgétaire de l’État et freinent la demande privée, ce qui se traduira par une croissance de seulement 0,5 % en 2026.
Dans l’ensemble de l’union monétaire, la hausse des coûts de l’énergie, les pressions commerciales et les disparités en matière de capacité fiscale freineront la reprise. Dans l’ensemble, nous prévoyons que la zone euro connaîtra une croissance de 0,9 % en 2026 et de 1,4 % en 2027.
Perspectives économiques de la Chine : la vitalité des exportations masque l’atonie de la demande intérieure
En Chine, les exportations et la production industrielle restent solides, soutenues par des prix compétitifs et la réorientation continue du commerce. La demande intérieure est nettement plus faible, les difficultés du secteur immobilier, les tensions inflationnistes et les dépenses prudentes des ménages continuant de peser sur l’activité. Nous y prévoyons une croissance de 4,7 % en 2026 et de 4,5 % en 2027.
Pour les partenaires commerciaux de la Chine, cette ambivalence crée une situation délicate : une forte concurrence des produits chinois conjuguée à une demande limitée de la part des consommateurs chinois.
En résumé : la croissance mondiale se poursuit, mais la résilience comporte des limites
L’économie mondiale est passée de la phase de choc à celle de l’adaptation, mais n’est pas encore entrée dans la reprise. La croissance reste solide tandis que les ménages, les entreprises et les chaînes d’approvisionnement s’adaptent à l’évolution des conditions, mais ces ajustements s’avèrent de plus en plus coûteux.
La hausse des prix de l’énergie, le durcissement des politiques commerciales et la hausse des taux d’intérêt érodent les réserves économiques et mettent en évidence les faiblesses budgétaires et financières. Notre scénario de référence, la croissance mondiale se maintiendra en observant une légère accélération en 2027, mais il ne faut pas confondre résilience et vigueur.
Nous tenons à remercier chaleureusement Ross Prusakowski, économiste en chef adjoint et directeur de l’Équipe des renseignements sur les secteurs et les pays, pour sa contribution à la présente édition.
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