Faire des affaires en Suède : des débouchés pour nos exportateurs
Précisions au sujet de l’auteur
Susan Redding
Rédactrice senior en commerce international
Dans cet article :
- Pourquoi la Suède est-elle importante pour les exportateurs canadiens en ce moment?
- Un aperçu des relations commerciales canado-suédoises
- Les principaux secteurs et débouchés à l’exportation
- La structure du marché et la dynamique régionale
- Quels sont les éléments à surveiller pour les exportateurs canadiens?
- Des conseils pratiques pour réussir en Suède
- Ce qu’EDC peut faire
Alors que les entreprises canadiennes cherchent à diversifier leurs marchés, leurs partenaires et leurs chaînes d’approvisionnement, la Suède est en train de s’imposer comme l’un des marchés les plus porteurs d’Europe.
Comptant environ 10,6 millions d’habitants (ce qui en fait le pays le plus peuplé de la région nordique), elle n’est peut-être pas le plus grand marché de l’Union européenne (UE), ni l’endroit le plus facile pour rivaliser sur les prix, mais pour les exportateurs canadiens qui proposent des produits de haute qualité, des technologies de pointe, des solutions d’énergie propre ou des capacités industrielles spécialisées, la Suède offre un potentiel unique.
« La Suède est une économie riche et axée sur l’innovation, dotée d’un environnement commercial transparent, de solides normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et de liens profonds avec les chaînes de valeur nordiques et européennes », affirme Bryan Sirois, représentant en chef pour les pays nordiques au sein de la toute nouvelle représentation d’Exportation et développement Canada (EDC), qui ouvrira ses portes à Stockholm à la fin de 2026.
La Suède partage également bon nombre des valeurs sociétales et des priorités commerciales du Canada. Les deux pays ont à cœur les principes démocratiques, le respect des droits de la personne et le développement durable. Ils disposent tous deux d’une économie dotée de capacités industrielles avancées et mettent fortement l’accent sur l’amélioration de la productivité, le renforcement des infrastructures essentielles et la mise en place de chaînes d’approvisionnement plus résilientes.
« Nous avons tellement en commun avec la Suède, culturellement et en termes de valeurs. Cela donne aux entreprises canadiennes un certain avantage dans ce marché, affirme M. Sirois. Cet arrimage est important à un moment où les exportateurs canadiens réévaluent leurs chaînes d’approvisionnement, la concentration de leurs marchés et le risque géopolitique. »
La Suède souhaite vivement faire des affaires avec le Canada et a ciblé plusieurs domaines prioritaires, dont la défense et les technologies vertes et de transition numérique (des domaines d’excellence du Canada), pour soutenir la croissance économique du pays.
En 2025, le gouvernement suédois a lancé son initiative « En partenariat avec la Suède », qui encourage le commerce international et les partenariats d’investissement avec d’autres pays. « Nous voulons que nos marchandises se retrouvent sur leurs étagères et que leurs marchandises se retrouvent sur les nôtres », a déclaré le ministre suédois de la Coopération internationale au développement et du Commerce extérieur, Benjamin Dousa, dans un communiqué de presse. La même année, la Suède et le Canada ont conclu un partenariat stratégique qui comprend des engagements visant à renforcer le commerce et les investissements entre les deux pays.
En tant que marché d’exportation, la Suède a beaucoup à offrir. Il s’agit d’une économie très développée et prospère, dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant demeure parmi les plus enviables en Europe, malgré une contraction économique en 2023.
Selon le bureau de la statistique de la Suède, le PIB du pays s’est élevé à environ 6 600 milliards de couronnes suédoises en 2025, contre environ 6 400 milliards de couronnes suédoises l’année précédente. Cela représente une augmentation de près de 2,8 %, soit environ 959,5 milliards de dollars comparativement à 933,5 milliards de dollars. Le Fonds monétaire international prévoit une nouvelle augmentation d’environ 2,2 % en 2026, avec une croissance du PIB de 1,7 % à moyen terme.
« C’est un taux de croissance respectable pour une économie d’Europe de l’Ouest, soutient Lili Mei, économiste et analyste principale des risques pays à EDC. En général, cette partie de l’Europe a tendance à afficher une croissance plus faible, car il s’agit d’un marché établi. À plus long terme, je crois que la croissance de cette région (et de la Suède) sera propulsée par les investissements dans les gains de productivité. »
La population suédoise a augmenté à un rythme soutenu au cours des 65 dernières années, mais la baisse du taux de natalité et de l’immigration, combinée au vieillissement de la population, pourrait plomber la croissance économique à long terme. Afin de stimuler la productivité et de tirer son épingle du jeu à l’international, la Suède a annoncé des stratégies et des partenariats axés sur l’innovation, la technologie et les solutions de transition écologique. Ces stratégies s’appuient sur une longue tradition d’innovation technologique et de recherche appliquée qui ont placé la Suède en tête du tableau de bord européen de l’innovation de la Commission européenne.
« En raison des défis démographiques auxquels elle est confrontée, la Suède investit et continuera d’investir dans les gains de productivité, explique Mme Mei. Les entreprises suédoises et le pays dans son ensemble sont généralement bien placés pour adopter de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA) et la fabrication de pointe, et je pense que nous allons voir encore plus d’investissements dans ce type d’innovations. Pour les entreprises canadiennes qui excellent dans ces domaines, cela se traduit par davantage de possibilités d’exportation. »
Les entreprises canadiennes vendent une vaste gamme de produits à la Suède, allant des secteurs de l’agriculture, des pêches et de la foresterie, jusqu’aux machines industrielles et aux véhicules automobiles. Les services y revêtent également de l’importance : en 2024, les exportations canadiennes de services vers la Suède ont totalisé 1,3 milliard de dollars.
Au cours des cinq dernières années, les cinq principales catégories d’exportation du Canada vers la Suède ont été les suivantes :
- Aéronefs/aéronautique et autres matériel et pièces de transport
- Produits énergétiques
- Métaux et minéraux
- Équipements et pièces électroniques et électriques
- Machines, matériel et pièces industriels
Selon Statistique Canada, les trois premières catégories de cette liste ont connu des hausses spectaculaires de la valeur des exportations en dollars :
- Pour la catégorie « Aéronefs/aéronautique et autres matériel et pièces de transport », la valeur est passée de 15,7 millions de dollars en 2021 à près de 321 millions de dollars en 2025, une augmentation importante qui peut être attribuée en grande partie aux ventes d’aéronefs de la société montréalaise Bombardier au groupe suédois Saab.
- Les produits énergétiques sont passés de seulement 7,4 millions de dollars à 218 millions de dollars au cours de la même période.
- Les métaux et minéraux sont passés de 37 millions de dollars à plus de 99 millions de dollars.
Ces chiffres illustrent la demande croissante dont font l’objet les marchandises canadiennes en Suède et le vaste potentiel pour les exportateurs canadiens.
Accords commerciaux et accès aux marchés
Les entreprises canadiennes bénéficient d’un accès préférentiel au marché suédois par l’entremise de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, l’accord à grande portée conclu entre le Canada et les 27 états membres de l’UE. Voici certains des avantages qu’il procure aux exportateurs canadiens :
- L’élimination des droits sur 99 % de l’ensemble des lignes tarifaires.
- Une meilleure transparence et une meilleure stabilité des marchés.
- De nouvelles possibilités de participation aux marchés publics de l’UE.
- Une admission temporaire simplifiée pour les professionnels, facilitant ainsi l’établissement d’une présence locale, la conduite des négociations et le soutien après-vente.
- Le renforcement de la protection des investissements et des mécanismes de règlement des différends, ce qui accroît la prévisibilité pour les investisseurs.
- L’amélioration de la reconnaissance mutuelle des certifications professionnelles afin d’accroître la mobilité de la main-d’œuvre.
En vertu de l’AECG, les entreprises canadiennes peuvent présenter des propositions sur un pied d’égalité avec les autres fournisseurs de l’UE pour obtenir des contrats du gouvernement suédois, ce qui ouvre des possibilités substantielles dans les domaines de l’infrastructure, de la technologie et des services professionnels.
« L’une des choses à ne pas oublier concernant la Suède, c’est qu’il s’agit d’une économie hautement industrialisée, caractérisée également par une forte présence des services publics, explique Ime Ekong, gestionnaire régional principal pour l’Europe à EDC. Cela signifie qu’il existe de nombreuses occasions de présenter des propositions pour des contrats gouvernementaux à l’échelle nationale, régionale et locale. »
Le commerce entre le Canada et la Suède a considérablement augmenté depuis l’entrée en vigueur de l’AECG en 2017. Les échanges bilatéraux de marchandises entre les deux pays ont totalisé 6,2 milliards de dollars en 2025, en hausse de 135 % par rapport à 2016. Les exportations canadiennes de marchandises vers la Suède ont totalisé 962 millions de dollars en 2025, tandis que les importations en provenance de la Suède ont atteint 5,2 milliards de dollars.
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Comment les exportateurs canadiens peuvent atténuer les risques et réussir sur des marchés européens florissants.
Mme Mei décrit la Suède comme un marché où les entreprises canadiennes peuvent rivaliser grâce à leur expertise technique, leur fiabilité, leurs pratiques durables et leur haute spécialisation en vue de répondre aux besoins d’un secteur particulier. Elle souligne l’existence de débouchés très prometteurs dans différents secteurs d’importance.
Défense, aéronautique et sécurité
Malgré sa faible population, la Suède possède une industrie de la défense robuste, de calibre mondial et axée sur l’exportation. Parmi ses forces, notons les avions de chasse, les sous-marins, les systèmes blindés, les capteurs, la surveillance, la cybersécurité et les technologies de pointe en matière de défense. L’adhésion de la Suède à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et les efforts déployés par l’Europe pour renforcer ses capacités dans le domaine de la défense accentuent le besoin de chaînes d’approvisionnement sûres et de partenaires de confiance.
Les entreprises canadiennes des secteurs de la défense et de la sécurité, de l’aéronautique, de la cybersécurité et de fabrication de pointe sont particulièrement bien placées pour fournir à la Suède et au reste de l’Europe du matériel, de la technologie et des services liés à la défense. En février 2026, le Canada est devenu le premier pays non européen à être accepté au sein de l’initiative SAFE (Agir pour la sécurité en Europe) de l’UE. En vertu de cet accord, les entreprises canadiennes obtiennent un accès et un traitement préférentiels (équivalents à ceux accordés aux entreprises européennes) quant aux contrats de défense financés dans le cadre du programme de prêts de 150 milliards d’euros de SAFE afin de soutenir et d’accélérer les achats des États membres de l’UE dans le domaine de la défense.
Mme Mei révèle que certaines entreprises canadiennes sont déjà bien placées parce qu’elles sont agiles, à la fine pointe de la technologie et capables de répondre aux besoins des marchés civils et militaires (technologies à double usage). Elle souligne d’autres domaines porteurs :
- les systèmes sans équipage,
- les composants électroniques,
- la cybersécurité pour les infrastructures essentielles,
- les technologies pouvant être intégrées à de multiples plateformes de défense et chaînes de valeur existante.
M. Ekong souligne la coopération existante entre les entreprises de défense suédoises et les entreprises canadiennes. Il y a notamment le partenariat entre Saab et Bombardier, axé sur les plateformes d’aéronefs. Il y a aussi une entente, signée en août 2025, entre le producteur d’acier suédois Swebor Stål Svenska ltée et Roshel inc., un fabricant de véhicules blindés en Ontario. Les deux entreprises ont annoncé leur intention d’implanter la toute première usine canadienne consacrée à la production d’acier de qualité balistique, laquelle combinera les forces des deux pays : l’expertise de la Suède et le minerai de fer la production d’acier et la fabrication de pointe du Canada.
Minéraux critiques
Les priorités de la Suède en matière de transition écologique et de défense dépendent d’un accès sûr aux minéraux critiques. Le sous-sol riche et diversifié du Canada, son expertise minière et sa stratégie sur les minéraux critiques en font un partenaire de choix.
« Il y a un intérêt marqué de la part de la Suède à s’assurer un accès fiable aux ressources en minéraux critiques du Canada », mentionne M. Ekong.
Le Canada a une production de minéraux critiques bien établie, avec des capacités importantes concernant le cuivre, le nickel et la potasse. Le pays continue également à mettre en place de nouveaux projets relatifs au lithium, aux éléments des terres rares et au graphite.
Les possibilités pour le Canada en matière de minéraux critiques ne se limitent pas aux matières premières. L’expertise approfondie de la Suède dans les domaines de l’exploitation minière, de la technologie industrielle et de la production durable pourrait ouvrir des portes aux entreprises canadiennes dans les secteurs suivants :
- le traitement des minéraux,
- l’équipement,
- les technologies environnementales,
- l’électrification des mines,
- l’automatisation,
- les partenariats de financement et ententes d’approvisionnement.
Au-delà de la Suède, il existe une longue liste de matières premières d’importance pour les économies européennes, car elles cherchent à renforcer leurs capacités en ce qui concerne les batteries, les systèmes de transmission, les technologies de défense, les infrastructures d’énergie renouvelable et la fabrication de pointe. Le Canada est prêt à répondre à ces besoins, grâce aux efforts accrus déployés pour mettre en place des chaînes d’approvisionnement sûres et diversifiées en partenariat avec des économies partageant les mêmes vues.
Transition énergétique et technologies propres
La Suède est déjà l’un des marchés de l’électricité les plus propres d’Europe. Environ 70 % de sa production d’électricité provient de l’énergie hydroélectrique et nucléaire. L’éolien occupe une place grandissante dans le bouquet énergétique. Selon Mme Mei, le nucléaire fait de plus en plus partie des discussions sur l’énergie en Europe, surtout dans un contexte où les pays cherchent des sources d’électricité de base fiables pour répondre aux besoins liés à l’électrification et à l’IA.
La prochaine phase de croissance de la Suède aura besoin d’une électricité fiable et toujours en service pour soutenir l’électrification et la décarbonation industrielle, ainsi que des énergies renouvelables intermittentes. Les entreprises canadiennes trouveront donc des débouchés dans des domaines comme :
- les technologies de réseau;
- le stockage d’énergie;
- l’efficacité énergétique;
- les services nucléaires;
- les technologies propres;
- l’ingénierie;
- la décarbonation industrielle.
Technologie numérique, IA et cybersécurité
M. Sirois affirme que l’infrastructure numérique, l’IA, le quantique, la cybersécurité et les services numériques de pointe sont des domaines où les entreprises canadiennes peuvent trouver des débouchés et exceller en Suède.
« Parmi les pionniers de l’IA, plusieurs sont canadiens ou ont des liens très forts avec nos institutions, dit-il. Il en va de même pour l’informatique quantique. Certains des plus grands cerveaux du domaine se trouvent ici même, au Canada. »
La Suède s’est fixé comme objectif national de devenir l’un des 10 premiers pays au monde en matière d’IA et a déclaré vouloir être le chef de file mondial en ce qui a trait à l’utilisation de l’IA dans l’administration publique. Une politique suédoise en matière d’IA annoncée début 2026 a donné la priorité à l’IA dans la coopération en matière d’innovation et de recherche avec d’autres pays.
Ce sont sans doute les entreprises canadiennes qui offrent des produits éprouvés et conformes aux règles européennes en matière de protection de la vie privée, de cybersécurité et d’IA responsable qui trouveront les meilleurs débouchés. La Suède reconnaît déjà l’expertise du Canada en matière d’IA grâce à des partenariats entre AI Sweden (le centre national de l’IA du pays) et des institutions canadiennes, dont Mila, l’institut québécois reconnu comme le plus grand établissement de recherche universitaire au monde axé sur l’apprentissage machine, Unity Health Toronto et l’Université Concordia à Montréal.
L’attrait de la Suède pour les exportateurs canadiens va au-delà de son marché intérieur. M. Ekong révèle que le pays offre également aux entreprises canadiennes un accès aux pays nordiques et baltes voisins et à l’économie de l’UE dans son ensemble.
Sur le plan géographique, la Suède occupe une place stratégique au centre du marché nordique. Elle partage des frontières terrestres avec la Norvège à l’ouest et la Finlande à l’est, en plus de disposer d’un accès direct à la mer Baltique. Le Danemark est à deux pas à peine, juste de l’autre côté d’un pont-tunnel, tandis qu’il suffit d’environ une heure d’avion pour atteindre les états baltes (l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie), ou une journée en traversier. Le reste de l’UE est également facilement accessible par avion ou traversier.
Une infrastructure logistique robuste, notamment un réseau de transport de haute qualité, des ports efficaces, des douanes fiables et des technologies de pointe pour les chaînes d’approvisionnement, contribue à la viabilité de la Suède en tant que point d’ancrage régional où les exportateurs canadiens peuvent mettre en place des installations d’entreposage, une représentation commerciale, un service après-vente ou nouer des partenariats avant de prendre de l’expansion dans les marchés voisins.
La Suède constitue également un marché test idéal pour évaluer la demande potentielle dans d’autres pays. Depuis des décennies, le pays est en effet l’un des premiers à adopter les nouvelles technologies (comme les téléphones cellulaires, les paiements sans espèces et les véhicules électriques) qui sont maintenant largement utilisés dans les marchés du monde entier.
M. Ekong affirme que les exportateurs qui cherchent à utiliser la Suède comme point d’entrée dans les marchés nordiques et européens devraient forger des partenariats solides, établir leur crédibilité en Suède et miser sur ces relations pour entrer en contact avec d’autres clients éventuels dans la région.
« En Suède, on retrouve des entreprises de calibre international dans des secteurs d’importance pour le Canada, notamment l’équipement industriel, la technologie minière, les télécommunications, les systèmes automobiles, l’aéronautique et la défense, le commerce de détail, les technologies propres et les sciences de la vie, explique-t-il. Bon nombre de ces entreprises, comme Boliden, Sandvik, Ericsson, Saab, Atlas Copco et IKEA, sont des multinationales profondément intégrées dans les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales. »
La Suède est l’un des marchés à faible risque que les exportateurs canadiens peuvent envisager au regard des facteurs souverains, juridiques et institutionnels. Elle se distingue par la primauté du droit, la transparence de ses institutions, la stabilité de ses finances publiques et la prévisibilité de son milieu des affaires. Toutefois, la concurrence y est vive, les coûts élevés et l’encadrement réglementaire strict.
« Il s’agit d’un marché développé, bien approvisionné et concurrentiel, explique Mme Mei. Ce n’est pas un marché où les entreprises rivalisent uniquement sur les prix. Les entreprises doivent être plus aguerries et savoir bâtir des relations solides pour rivaliser. »
Voici les principaux défis auxquels sont confrontés les exportateurs canadiens en Suède :
- Les coûts élevés : La main-d’œuvre, l’immobilier, la conformité et la représentation locale peuvent coûter cher. Les entreprises doivent avoir des attentes réalistes en matière de prix et de marges.
- La forte concurrence : Les entreprises suédoises, nordiques et européennes sont souvent bien ancrées et technologiquement avancées.
- La complexité réglementaire : Les règles de l’UE peuvent créer un véritable casse-tête bureaucratique. Pour un exportateur d’ici, s’adapter aux exigences en matière de développement durable, de gestion de données, de normes de produits, d’approvisionnement et de rapports peut devenir lourd.
- Des acheteurs avertis : Les clients suédois s’attendent à une qualité irréprochable, une grande transparence, une livraison fiable et des affirmations soutenues par des preuves.
- Des cycles de vente axés sur les relations : Une communication directe ne signifie pas nécessairement des transactions rapides. Les acheteurs suédois sont peut-être francs, mais ils apprécient toujours la confiance et les relations à long terme.
- L’exposition aux devises : La Suède n’a pas adopté l’euro; elle fait ses affaires en couronne suédoise. Mme Mei fait remarquer que puisque la couronne suédoise est une devise flottante, sa valeur fluctue en fonction des forces du marché, comme la demande des marchés d’exportation, les écarts de taux d’intérêt et les tensions sur les marchés mondiaux. Les exportateurs devraient s’assurer de bien comprendre leur exposition au risque de change et envisager de se doter d’une couverture pour ce risque.
En Suède, la préparation, la crédibilité et la patience sont toujours valorisées. Les entreprises qui réussissent sont souvent celles qui prennent le temps, dès le début, de bien comprendre le marché, de trouver les bons partenaires et de démontrer qu’elles peuvent tenir leurs engagements dans la durée.
- Préparez-vous soigneusement avant de vous lancer. Utilisez les renseignements sur les marchés d’EDC, du Service des délégués commerciaux (SDC) et des associations sectorielles pour mieux comprendre la demande, les règlements, les concurrents, les processus d’approvisionnement et les attentes des acheteurs.
- Trouvez le bon partenaire local. Un distributeur, un intégrateur de systèmes, un partenaire de recherche ou un client stratégique peut vous aider à valider la demande et vous expliquer comment les décisions sont prises. M. Ekong est d’avis que le bon partenaire peut aider les exportateurs canadiens à tâter le terrain avant de se lancer à fond dans un nouveau marché.
- Ne confondez pas franchise et invitation à adopter une approche transactionnelle. La culture d’entreprise suédoise peut être directe et franche, mais cela ne signifie pas que les transactions se concrétisent rapidement. M. Ekong soutient que les entreprises devraient éviter d’arriver à Stockholm et de demander immédiatement : « Combien voulez-vous en acheter? ». Les premières rencontres servent à évaluer la compatibilité, à instaurer la confiance et à favoriser la compréhension mutuelle.
- Établissez votre crédibilité dès le départ. M. Sirois affirme que la crédibilité est essentielle dans un marché axé sur les relations. Les entreprises canadiennes gagnent à fournir des références clients, de la documentation technique, leurs certifications en développement durable, ainsi qu’une démonstration claire de la compatibilité de leur solution avec le marché suédois.
- Traitez le développement durable comme un contrôle préalable commercial. Les enjeux ESG ne sont pas des préoccupations secondaires en Suède. Ils font partie de l’évaluation des produits, de l’approvisionnement, du financement, de l’examen minutieux des investisseurs et de la réputation des marques. Les exportateurs devraient être prêts à étayer leurs affirmations sur les émissions, la main-d’œuvre, l’approvisionnement, l’intégration dans l’économie circulaire et la conformité.
- Pensez au-delà de la Suède, mais ne généralisez pas trop votre approche relativement aux pays nordiques. La Suède peut propulser les entreprises canadiennes au cœur des réseaux d’affaires en Europe et dans les pays nordiques, mais chaque marché dispose de secteurs, de décideurs et de normes distincts. Prenez la Suède comme tremplin pour prendre de l’expansion en fonction d’un plan sectoriel.
Si la Suède est dans votre ligne de mire pour accroître vos exportations, EDC peut vous aider à évaluer les possibilités, à comprendre les risques et à vous préparer à entrer sur le marché. Grâce à son expertise sur les marchés internationaux et à sa présence croissante en Suède, EDC peut soutenir les entreprises canadiennes en leur offrant des renseignements sur les marchés, des solutions de gestion des risques, du financement et des contacts qui peuvent les aider à percer le marché suédois en toute confiance.
EDC peut également vous aider à relever des défis pratiques en matière d’exportation, de la gestion des risques de paiement et de crédit au renforcement de votre fonds de roulement, à mesure que vous explorez de nouvelles possibilités. Et lorsque des connaissances sur le marché local ou des mises en relation sur place sont nécessaires, le SDC peut vous aider à mieux comprendre le milieu des affaires et à trouver des personnes-ressources.
Les solutions d’EDC pour les exportateurs comprennent :
- une gamme complète de produits d’assurance crédit commercial pour réduire vos risques lorsque vous faites affaire à l’étranger;
- du soutien pour augmenter votre fonds de roulement;
- une expertise pour vous permettre d’en apprendre davantage sur les marchés internationaux;
- l’accès à un réseau international d’entreprises qui ont besoin de vos produits et services.
Prêt à franchir la prochaine étape de votre parcours de diversification des marchés? Communiquez avec EDC pour discuter de vos projets en Suède.
La Suède est-elle un bon marché pour les exportateurs canadiens?
Oui. La Suède est un marché européen riche et axé sur l’innovation où les produits de haute qualité, les technologies propres, la fabrication de pointe et les capacités industrielles spécialisées sont recherchés. Pour les exportateurs canadiens, elle peut aussi servir de point d’entrée pour accéder aux chaînes de valeur nordiques, baltes et européennes en général.
Quelles sont les meilleures possibilités d’exportation en Suède pour les entreprises canadiennes?
Il y a de solides débouchés dans les secteurs de la défense et de l’aéronautique, des minéraux critiques, des technologies propres, des solutions de transition énergétique, des technologies numériques, de l’IA et de la cybersécurité. Les entreprises canadiennes qui peuvent démontrer leur savoir-faire technique, leur fiabilité, leur durabilité et leur expertise sectorielle sont mieux placées pour rivaliser sur le marché exigeant de la Suède.
Comment l’AECG aide-t-il les entreprises canadiennes à exporter vers la Suède?
L’AECG donne aux entreprises canadiennes un accès préférentiel à la Suède au sein du marché de l’UE. Il élimine les droits de douane sur la plupart des lignes tarifaires, améliore la transparence du marché, soutient l’admission temporaire de certains professionnels et ouvre l’accès aux marchés publics suédois visés par l’accord.
À quels défis les exportateurs canadiens devraient-ils s’attendre en Suède?
Les exportateurs canadiens devraient se préparer à des coûts d’exploitation élevés, à une forte concurrence locale et européenne, à des règlements complexes et à des acheteurs avertis. Le succès repose souvent sur des partenariats locaux crédibles, des affirmations claires en matière de développement durable, une documentation technique solide et une approche à long terme quant à l’établissement de relations.