[00:13:09.310] - Orateur 1
Nous, on est situé au Québec, juste à cinq minutes de la frontière avec l'Ontario. Au début, ça a commencé un peu là, notre exportation hors Québec. Puis l'intérêt, on voyait qu'il était de plus en plus grand. Ce qu'on aimait, entre autres, c'est que les gens nous voyaient, nous découvraient sur Internet. Parfois, c'était qu'on est britannique, parfois c'était à l'extérieur du Canada, mais parce que c'était des clients autochtones, ça a rapidement... En fait, je crois que ça a de déborder des frontières politiques avant que nous- mêmes, on pense à déborder des frontières politiques. Dans le monde autochtone, les frontières politiques ne sont pas les mêmes du tout. Canada, États-Unis, Mexique, c'est comme une un endroit, si on peut dire. On ne peut pas dire qu'il y a des peuples autochtones qui se retrouvent les mêmes peuples au Canada et aux États-Unis, juste l'autre côté de la frontière. J'ai l'impression que ce mouvement-là, si on peut dire, grâce aux réseaux sociaux, ça a un peu débordé des frontières avant que nous- mêmes, on pense à commencer à explorer à l'extérieur du Canada.
[00:14:23.870] - Orateur 2
Est-ce que les autochtones ont été vos premiers clients, les premières personnes à endosser un peu l'entreprise? Non.
[00:14:30.430] - Orateur 1
Parce que.
[00:14:30.960] - Orateur 2
Tu me parles un peu au niveau de l'exploitation. Tu me dis que dans le fond, il y a eu différentes personnes d'un peu partout à travers le Canada qui ont acheté, mais ça, on ne parle pas de gens autochtones. C'était vraiment consommateurs canadiens.
[00:14:44.030] - Orateur 1
En fait, les deux. Ce qui a joué un grand rôle dans l'histoire de Minitibi, c'est quelque chose qui est vraiment spécial et bien, pas bien, mais je dirais bien spécifique au monde autochtone, c'est vraiment la coupure de la culture. Donc, que plus la compagnie grandissait, plus Trisha se reconnectait avec sa culture. Il y a vraiment un grand manque pour plusieurs autochtones qui ont été... En fait, il y a comme un trou culturel. Le langage n'était plus parlé et on n'avait pas le droit de pratiquer la culture. Donc, plus Trisha s'affirmait, si on peut dire, puis savait qui elle était. Elle a toujours été autochtone, mais plus elle était confiante en elle, les gens le voyaient. Ils voyaient aussi notre confiance à travailler avec des artistes autochtones, puis notre confiance à partager ce qu'on connaissait. Du moment autochtone, je crois que c'est ça qui a eu comme un effet sur nos ventes. Puis plus près, nous, au début, c'était des clients allochtones, mais à l'extérieur, je crois que c'était plutôt des clients autochtones.
[00:15:50.280] - Orateur 2
Est- ce qu'il y a eu un moment clé.
[00:15:53.070] - Orateur 1
Où.
[00:15:53.670] - Orateur 2
Vous vous êtes dit « OK, là, on est vraiment prêt à l'exportation ». Est- ce que ça a été quoi les premières choses que vous avez fait pour vous lancer dans ce monde- là? Est- ce que ça a été des salons, la rencontre de délégués commerciaux? Quel a été le premier pas?
[00:16:10.690] - Orateur 1
En fait, un des tournants qui nous a fait croire que « OK, je pense que c'est temps, on est prête pour l'exportation », on était à un salon à Toronto qui s'appelle One of a Kind Show. C'est un des plus grands salons en Amérique du Nord au niveau de tout ce qui est artisanat et tout ça. À cette époque-là, on était encore dans nos sous- sols. Il y a une dame qui s'est approchée de nous, puis elle a dit « Moi, j'ai un magasin et tout ça. Est-ce que j'aimerais ça vendre vos produits dans mon magasin? » On jase avec elle un peu, puis finalement, ça clique, etc. Puis là, elle dit « La seule chose, c'est qu'il va falloir que vous m'envoyez ça en Suisse. » Je dis « Hein? En Suisse? » On était à Toronto, puis on l'a rencontré en Suisse. Elle dit « Oui, mon magasin est en Suisse. J'aime vraiment votre histoire, j'aime vos produits. Est-ce que ça vous pose un problème? » Moi, je suis là « Non, non, non. Tout est parfait, pas de problème. » Quand elle a quitté, j'ai regardé tout de suite, j'ai dit « OK, oui, là, il faut commencer à figurer comment on va envoyer cette commande-là en Suisse.
[00:17:15.820] - Orateur 1
» Souvent, je dis que ce n'est pas nous nécessairement qui a choisi l'exportation, mais c'est l'exportation qui nous a choisi. Dans notre tête, ça allait être un peu une exportation contrôlée, mais quand tu as cette opportunité-là qui s'offre à toi, c'est bon, tu embarques dans le bateau, comme depuis le début, on va réfléchir, puis regarder comment on peut rendre ça possible. Aussi, par la suite, il y a eu beaucoup de délégués du Canada, par exemple aux États-Unis. Les cadeaux corporatifs ont commencé à... On a commencé à recevoir des commandes de cadeaux corporatifs pour les différentes ambassades du Canada aux États-Unis. Ça aussi, ça a vraiment créé un pivot pour nous au niveau de l'exportation La.
[00:18:00.750] - Orateur 2
Première exportation que vous avez faite, ça a été faite en Europe, ça a été la porte vers l'Europe. Est- ce que vous avez continué en trouvant des distributeurs ou d'autres magasins pour vendre vos produits? Est- ce que vous avez proactivement déMariehé ou vous êtes restée dans ce magasin- là en Suisse?
[00:18:20.420] - Orateur 1
Oui. Ce qui est arrivé avec ça après, c'est que, si on peut dire, M unitipi grandissait, mais on était encore juste deux employés dans nos et deux employés « tu es chez moi » qui n'étaient pas payés à cette époque. Donc là, on se disait avant de poursuivre ça, on avait clairement un manque de produits. Donc là, Trisha n'était pas capable de fournir. C'est elle qui faisait toute la couture. Ça ne fonctionnait pas. Puis on avait fait affaire avec un centre de coupe et de couture à Montréal pour nous aider à faire nos produits. La qualité n'était pas là, donc on a un petit peu mis un frein à l'exportation en Europe pour se concentrer et ouvrir notre propre manufacture en Ottawa, notre propre centre de coupe et de couture en pleine pandémie.
[00:19:05.800] - Orateur 2
J'imagine que ça prenait des moyens financiers. Qu'est- ce qui vous a aidés? Ça a été quoi les étapes? Aller voir votre banque, avoir une marge de crédit? Parce que là, je veux dire, de passer à deux à faire une structure, peut- être pour les gens qui nous écoutent, comment on fait ça?
[00:19:23.510] - Orateur 1
Quand on a voulu faire ça, on avait.
[00:19:26.560] - Orateur 2
Beaucoup.
[00:19:27.460] - Orateur 1
Au contraire, de banques qui voulaient qu'on prenne des prêts avec eux, mais on a loué un local, on avait un peu de sous. Tu es chez moi, on a commencé employé par employé, machine par machine. Au début, c'était littéralement on commande du tissu, on vend le tissu, on achète des machines, on engage des gens. Ça a vraiment été jusqu'à tout récemment exactement très organique. Pour nous, en fait, depuis le début, dans les débuts, on freinait la croissance de notre compagnie parce que le but était de rester à la maison avec les enfants. Le choix était facile, mais on avait toujours eu un peu de sous dans le compte de banque. Quand on s'est dit « C'est là le moment, on ne va pas revenir dans dix ans pour commencer notre manufacture », c'est là qu'on veut se lancer. Écoute, advienne que pourra, comme on dit. Ça a vraiment été quelqu'un qui s'était dit « Vous faites la technique des petits pas. » Dans le temps, c'était la technique des petits pas. Non, ça a vraiment été comme ça.
[00:20:26.420] - Orateur 2
Moi, j'appelle ça une croissance organique.
[00:20:29.470] - Orateur 1
Oui.
[00:20:29.850] - Orateur 2
La technique des petits pas, peut- être, mais une croissance organique peut-être au miroir de votre vie personnelle aussi. Quand on est maman aussi, à temps plein, à un moment donné, il y a 24 heures dans une journée, pour moi- même, de vivre avec mes trois enfants, il faut aussi établir un peu peut- être ses priorités, malgré que des fois, il y a une demande pressante, mais là, il faut faire peut- être des choix à ce moment- là dans nos rangs.
[00:20:56.010] - Orateur 1
Oui, puis même, je te dirais aussi qu’en changeant pour une manufacture, nous, on avait décidé parce que avant, on était des partenaires, une société en non- collectif, puis on s'est dit « On va s'incorporer. » Ça, ça a été « J'aurais aimé être mieux entourée. » Je pense que c'est une des choses que j'aurais aimé être mieux entourée et bien entourée, donc on s'incorpore, etc. Nous, ce qu'on ne savait pas, ce qu'on ne doutait pas, c'est que pour nos banques, on devenait complètement une nouvelle compagnie. Il n'y avait pas de possibilité de marge de crédit, de carte de crédit. Je crois que j'avais une limite de 5 000 $ sur ma carte de crédit. J'ai plus de limites sur ma carte personnelle. Au début, ça a pris... Non, mais là, je disais « Oui, mais vous nous connaissez, on est les mêmes filles, vous êtes la même banque, tu es la même personne. » « Non, mais pour la banque, ce petit côté-là, ça nous a nuit au début. On était considérés comme des nouvelles filles qui n'avaient aucun historique. Disons que de faire les deux en même temps, construire une manufacture et de venir incorporer avec un un historique non existant, selon les banquiers, ça a été spécial.
[00:22:04.950] - Orateur 1
Il avait fallu vraiment le remplir des papiers. Nous, on se disait « Non, on va devenir incorporée. Justement, Minitibi va devenir une troisième entité. Mais non, avez- vous une voix nature, vos maris? » J'étais comme « Hé! » Marie-Josée, moi, j'ai toujours dit à Trish, la journée qu'on va pouvoir aller à la banque, puis qu'on ne se fera pas demander le salaire de nos maris, ça, ça va être...
[00:22:27.200] - Orateur 2
Ça fait un petit boulot, ça, c'est sûr. Quand on regarde tout le chemin parcouru, des fois, on dit « Mon Dieu, est-ce possible? » Aujourd'hui, mettons, juste qu'on comprenne bien, l'exportation versus le Mariehé local représente quel pourcentage de vos.
[00:22:42.870] - Orateur 1
Activités d'affaires? On est encore dans notre lancée vers l'Ouest du Canada ou est-ce qu'on a vraiment... C'est local, mais pour nous, c'est quand même loin local. Mais clairement, un intérêt de ce côté-là. L'année prochaine, on va vraiment commencer à déMarieher un peu plus pour les États-Unis. En ce moment, tout ce qui est arrivé, c'est très organique, mais là, on est avec nos codes HS, nos certificats USMCA. Toute cette paperasse-là, on exporte en ligne sur notre site web. On a une bonne base de clients, mais de vraiment avoir des points de vente, ça a commencé, mais vraiment d'avoir des commandes plus importantes pour des cadeaux corporatifs, ça aussi, ça a commencé tranquillement. On reçoit beaucoup d'intérêts de ce côté- là. En ce moment, cette année, c'est vraiment tout ce qui est au niveau du dédouanage, de tous les certificats qu'on est en train de s'organiser, si on peut dire, justement pour pouvoir l'année prochaine vraiment peser sur le bouton, si on peut dire, puis se lancer plus aux États-Unis avec les annonces, tout ça. On est aussi en train de refaire notre branding, donc C'est nous qui avions fait notre branding. Au début, notre logo venait de VistaP rint, donc les tout ça.
[00:24:07.110] - Orateur 1
Maintenant, on a un logo, etc, mais vraiment pour avoir quelque chose de vraiment solide pour notre exportation l'an prochain vers les États-Unis.
[00:24:17.410] - Orateur 2
Donc, ça faisait partie de votre stratégie de croissance d'aller plus au sud de la frontière. Est- ce qu'il y a eu un moment stratégique où vous vous êtes dit « OK, là, il faut rentrer un joueur comme EDC parce que notre croissance va venir des États-Unis, puis on a besoin de fonds pour se financer. Ça a été ça, peut- être un désir d'une meilleure structure au niveau financier, puis peut- être une meilleure ressource. Pourquoi ne pas continuer de façon organique justement? Pourquoi être allé chercher un partenaire comme EDC?
[00:24:49.340] - Orateur 1
Chez MidiPi, on a eu notre première croissance, si on peut dire, quand on a commencé avec la manufacture, etc. Mais déjà l'année d'après, nos locaux étaient trop petits. Donc, il a fallu louer le local adjacent, puis commencer à faire des rénovations. Donc vraiment avoir un flot de production, parce que c'est ça, on est une compagnie manufacturière, donc s'équiper en machinerie un peu plus avancée. Là aussi, on avait une meilleure idée de ce qu'on voulait faire comme produit, ce qu'on voulait plus faire comme produit. Parce qu'en fait, ça, c'est il y a deux ans, ça fait deux ans qu'on est en manufacture. Il y a deux ans, on faisait encore des produits pour bébés. Quand on s'est réaligné, il a fallu aller chercher des fonds pour s'équiper en machine, puis vraiment rendre nos locaux conformes à ce qu'on voulait faire, avec le flow de production.
[00:25:43.970] - Orateur 2
Justement, de là, juste deux mois, de l'AEDC, c'est inclus dans le capital parce que vous saviez que cette structure- là allait un jour vous mener à l'exportation?
[00:25:54.130] - Orateur 1
Exactement. On voulait être capable de pallier à la demande. Ça, c'est récurrent dans notre histoire chez Mini Tipi. On avait souvent des problèmes d’inventaire. Au début, je crois que c'est parce qu'on sous- estimait « On ne vendra jamais tout ça. » Mais oui. On a fait ce que... Oui, c'est ça. Je sais. Mais en même temps, oui, parce que à un moment donné, on a failli, en tout cas avec un problème de communication aussi avec notre centre qu'on a fait affaire à Montréal, de coupe et couture, on vend sur le site web de Simon's. Je me souviens qu'à un moment donné, il y avait eu un problème dans la production, dans la traite de production. Ce contrôle-là, je le sentais dans la voix de la personne que ça aurait pu être mis à sa fin, si on peut dire. Donc, il fallait vraiment faire quelque chose. Avec l'argent d'EDC, c'est vraiment... Je veux dire, une vraie manufacture, ce n'est plus un miel et du jus dans leur sous- sol. Donc, c'était vraiment pour pallier ça. Et pour pallier aussi, ils ont aidé à avec ça. C'était un réseau express, donc c'était IDÉA, Tino, la BDC puis EDC qui se sont mis ensemble pour nous donner du financement.
[00:27:12.340] - Orateur 1
Là- dedans aussi, il fallait acheter plus d'inventaires parce que sinon, on n'y arrivait pas. Il fallait acheter plus de tissus. À un moment donné, il fallait en acheter plus pour en vendre plus, si on peut dire. La demande était là, puis ils ont cru à notre projet.
[00:27:28.890] - Orateur 2
Oui, génial. Est- ce que justement, quand on commence à exporter, tu as touché à quelques points tantôt à ce sujet- là, est- ce que vous devez adapter votre stratégie marketing pour aller percer aux États-Unis?
[00:27:44.200] - Orateur 1
En fait, oui, il va falloir l'adapter plus. Comme je disais un peu plus tôt avec les frontières politiques Canada- États-Unis, c'est des frontières qu'on connaît, mais dans le monde autochtone, comme je disais plus tôt, ces frontières- là ne sont pas nécessairement les mêmes. En tant que Compagnon d'élimination autochtone, on est bien accueilli. Sauf qu'en même temps, c'est comme si c'était comme « Comment ça, je n'en ai jamais entendu parler d'eux autres? » C'est beaucoup la stratégie de vraiment mettre l'avant nos artistes, de mettre l'avant notre programme de royauté envers les artistes, de mettre l'avant toute notre implication dans la communauté. Ça, ça va faire partie de notre stratégie au niveau de notre clientèle autochtone pour montrer ce qu'on a déjà fait, ce qu'on continue à faire, justement, parce que c'est une question qu'on se fait presque poser à chaque jour. « F aites-vous de l'appropriation culturelle? » En fait, ça, c'est des gens clairement qui connaissent-.
[00:28:44.970] - Orateur 2
Oui, est-ce que c'est authentique?
[00:28:46.830] - Orateur 1
Exact.
[00:28:47.840] - Orateur 2
C'est ça, je pense que c'est peut- être la crainte. Mais est- ce que c'est justement de travailler avec des artistes locaux là- bas aux États-Unis qui va vous donner cette clé- là, au niveau de l'intégrité, puis au niveau, justement, pour la perception d'appropriation culturelle?
[00:29:02.980] - Orateur 1
Je crois que, d'abord, ce n'est pas l'appropriation culturelle qu'on fait, donc ça aide. Mais oui, définitivement, ça fait partie de notre stratégie d'approcher des artistes locaux aux États-Unis. Puis, en même temps, je pense qu'on est rendu là aussi. Nos artistes étaient souvent peu connus, nos premiers artistes, puis leur art est superbe et tout ça. On a grandi ensemble. Maintenant, on peut approcher des artistes un peu plus connus parce qu'on a un peu plus de notoriété, donc ça va définitivement faire partie de la stratégie vers l'expansion aux États-Unis.
[00:29:38.410] - Orateur 2
Ils vont sûrement aussi faire partie un peu de l'ambassade. Ils vont être un peu les ambassadeurs peut- être de votre entreprise aussi. Je pense que c'est donnant. Est- ce que vous avez, au niveau de l'exportation, rencontré des problèmes de conformité, de réglementation? Est- ce que vous avez rencontré ça? Est- ce qu'il y a des choses spécifiques là, pour les gens qui nous écoutent, qui veulent exporter du textile, qui.
[00:30:03.810] - Orateur 1
Doivent faire? Définitivement, le fameux code HS qui est très spécifique. Dans notre cas, le code HS, ça décrit vraiment ton produit, d'où le tissu vient, de quoi il est fait. Puis là, si c'est du tissu recyclé, on tombe dans complètement un autre et s'il est transformé. Ce code- là te permet, avec les États-Unis, qu'ils puissent vraiment identifier ce qui se trouve dans ta boite. Ça, c'est vraiment clé pour nous. Il y a aussi la certification d'exportation pour justement expédier un peu le processus aux doigts donne. Ça, c'est vraiment des éléments clés qu'il a fallu mettre en place, puis aussi une super relation avec une compagnie de livraison fiable.
[00:30:59.580] - Orateur 2
Est- ce que vous vendez en ligne aux États-Unis?
[00:31:02.180] - Orateur 1
Oui ou pas? Oui, on vend en ligne aux États-Unis.
[00:31:05.570] - Orateur 2
Quand les gens commandent en ligne aux États-Unis, ça part du Québec ou vous avez une place, un entrepôt?
[00:31:12.850] - Orateur 1
Non. Ça part encore de notre manufacture. Ça va être à regarder et à noter. Bientôt, on va voir si on envoie du stock à un 3 PL aux États-Unis. On s'était fait conseiller par une entreprise autochtone qui est au Canada et aux États-Unis, de ne pas nécessairement faire ça. Ça, ça reste à explorer pour nous. Et aussi jusqu'à quel pourcentage? Parce qu'en ce moment, on expédie avec nos commandes corporatives et nos ventes en ligne environ huit pour cent aux États-Unis. À quel pourcentage ça commence à valoir la peine d'avoir un 3 PL aux États-Unis ou non? Toi, je te vois sourire, donc ça doit faire partie aussi des réflexions que prennent AU ou A encore. Cette partie plaisir commence.
[00:32:06.100] - Orateur 2
C'est un beau problème. La croissance, c'est toujours un grand défi. C'est pour ça, justement, qu'on a besoin d'une histoire inspirante, de gens qui l'ont fait pour, oui, nous raconter les succès, mais nous raconter un peu les écueils. Est- ce qu'il.
[00:32:20.820] - Orateur 1
Y a une chose.
[00:32:22.120] - Orateur 2
Une erreur que vous avez faite qui pourrait que tu dis « Non, là, vraiment, il faut que je la partage » parce qu'il ne faut pas que les gens fassent cette erreur-là? Cette erreur-là au niveau de l'exportation?
[00:32:32.650] - Orateur 1
Je vais commencer par le début. Je suis en train de réfléchir en même temps. Pour nous, très rapidement, on s'est rendu très rapidement que notre premier fournisseur de tissus avait copié tous nos tissus. Donc, rapidement, on a changé de fournisseur et tout ça, mais rapidement, au niveau de la propriété intellectuelle, disons qu'il a fallu plus rapidement que peut- être d'autres personnes se protéger à ce niveau- là. Donc, je dirais, ne pas se estimer tout ce qui est le côté légal. Nous, on est une petite compagnie parce que dans ce temps- là, dès nos premiers tissus, on ne savait pas, mais dès nos premiers tissus, nos tissus étaient copiés. Donc, de ne pas laisser ça aller parce que à un moment donné, on n'a pas eu le choix de faire quelque chose à propos de ça, mais de connaître la loi entourant l'exportation. Là, maintenant, on a notre... On est en voie d'avoir, selon notre avocate dans les prochaines semaines, on est en voie d'avoir notre marque de commerce pour Mini Tipi et notre logo. On va faire aussi à partir de ça nos certificats de propriété intellectuelle pour nos designs aux États-Unis. Donc, pour nous, c'est vraiment important de se protéger parce que c'est moins fun d'avoir à avoir à avoir à avoir au cours à des processus légaux après.
[00:34:02.870] - Orateur 1
C'est ce que je dirais, je pense, une erreur qui n'est pas encore arrivée pour l'exportation, mais qu'on n'aimerait pas qu'il arrive non plus parce que c'est quand même notre fierté. On s'est vraiment un peu sentis démolis parce que nous, la raison, on se dit « On pourrait aller acheter encore nos tissus au magasin », mais ce n'est pas ça qu'on voulait faire. On a senti que nos artistes aussi avaient été floués là- dedans, donc vraiment les tissus authentiques, etc. On s'était sentis un peu, mais bon, on a repris du poil la bête et on est prête pour l'exportation vers les États-Unis.
[00:34:41.710] - Orateur 2
Donc, s'entourer peut- être de bons avocats pour vraiment s'assurer que la structure légale est mise de l'avant et bien mise avant d'aller vers l'exportation.
[00:34:57.180] - Orateur 1
Exactement.
[00:34:58.130] - Orateur 2
Je sais que, bon, d'un autre côté, donner un retour à vos communautés, c'est une chose vraiment importante pour toi et pour Trisha au niveau professionnel et au niveau personnel. Sur votre site web, vous dites que vous croyez au partage de vos ressources pour en faire bénéficier des autres, puis les soutenir en les aidant à s'élever les uns les autres. Je pense que c'est une valeur fondamentale de vous, mais aussi de la culture autochtone. Comment ça se traduit au niveau de la pratique, les pratiques d'affaires.
[00:35:28.120] - Orateur 1
Chez Minitibi? Oui, en fait, pour nous, la générosité, c'est une de nos valeurs principales chez Mini Tipi. On s'est toujours dit que justement, oui, on voulait faire connaître la culture, tout ça. Oui, ça se fait par la vente, de dire de différents accessoires, mais pour nous, si on ne pouvait pas en redonner une partie ou faire bénéficier les gens d'une quelconque manière, c'est pourquoi on a une compagnie pour nous. Je sais que chaque personne a un motif différent, mais pour se partir en affaires, mais pour nous, ça faisait vraiment partie des valeurs fondamentales. À chaque année, on fait des dons à différents organismes. On a aussi, pour changer le narratif, pour tout ce qui est artiste, pour nous, c'était vraiment important de redonner des royautés à nos artistes. Ça, ce n'est vraiment pas quelque chose qui est commun. On s'est rendu compte, nous, on était nouvelles, on ne savait pas trop, mais on s'est rendu compte que finalement, on se faisait contacter par des grandes compagnies. « On aimerait ça savoir comment ça va avec vos artistes, comment vous leur redonnez de l'argent? » Ça a été une tape dans le dos, mais en même temps, ça devrait être la norme, si on peut dire.
[00:36:46.940] - Orateur 1
Mais c'est intéressant qu'on ait réussi à attirer l'attention des plus grandes compagnies qui elles- mêmes, pensent à changer leur manière de faire. Aussi, on essaie vraiment de s'impliquer dans la communauté. Pour nous, la réserve la plus près de chez nous, c'est la réserve de Kittigam Zibi. Ils ont un atelier de couture là. Ils viennent chez Mini Tipi, ils travaillent avec nos employés pour faire des projets. On redonne aussi tous nos retailles de tissus à des écoles secondaires, des CFR, puis à cette école-là en particulier. On est quand même pas mal fiers de ça au niveau des tissus qui les représentent. Quand je dis « retaille », les retailles sont quand même grandes. Ce n'est pas des petits morceaux. Ça, pour nous-.
[00:37:39.100] - Orateur 2
C'est une bonne façon aussi d'éviter le gaspillage quand même, de redonner une deuxième vie.
[00:37:44.850] - Orateur 1
Aux Oui, surtout quand on sait que c'est une industrie qui est extrêmement polluante. Chez Mini Tipi, on n'a pratiquement pas de déchets. Surtout quand on se dit que c'est des tissus qui viennent d'Italie déjà, donc il faut que ça valent la peine qu'on les utilise au maximum.
[00:38:03.720] - Orateur 2
En terminant, j'aime toujours ça demander à nos invités de nous donner quelques conseils. Pour vous, la culture est un élément hyper important dans votre entreprise. C'est vraiment quelque chose que vous mettez de l'avant, la culture autochtone. Si quelqu'un, justement, qui est un autochtone, qui veut se partir en entreprise, quel serait ton conseil pour mettre de l'avant cette culture- là?
[00:38:28.040] - Orateur 1
C'est une super bonne question. Écoute, je dirais les entrepreneurs autochtones, ce que j'ai à vous dire, c'est j'espère que vous écoutez. Puis ce que j'ai à vous dire, c'est on a besoin de vous. Allez- y, on a besoin de vos enseignements, on a besoin de vos dons, on a besoin de votre vue. Est très différente du monde de l'entrepreneuriat. Vos enseignements sont importants pour guérir plusieurs choses. Pour les entrepreneurs autochtones qui nous écoutent, on a besoin des entrepreneurs autochtones pour marier notre vision de la culture de l'entrepreneuriat. On a besoin d'être là aussi pour écouter, puis pour après ça, vraiment agir. On prom voit beaucoup la réconciliation, mais ce qu'on aime encore mieux promouvoir, c'est la réconciliation. Puis, je pense qu'en ce moment, c'est le bon temps de commencer ce chemin.
[00:39:20.190] - Orateur 2
Merci pour ce mot de la fin vraiment inspirant. Merci Mélanie Bernard, cofondatrice de MiniTPi. Merci pour ton temps. Merci pour cette sagesse-là. Je souhaite tout le meilleur sur votre parcours de l'exportation hors Québec, mais aussi de l'exportation au-delà des frontières. Merci pour ton temps aujourd'hui.
[00:39:40.450] - Orateur 1
Merci beaucoup. Ça a été vraiment un plaisir.
[00:39:43.480] - Orateur 2
Merci à vous tous de nous avoir rejoints aujourd'hui dans l'émission L'impact de l'exportation balado. Si vous avez aimé l'épisode d'aujourd'hui, on est ravis que vous vous abonniez, que vous notiez et que vous laissiez un commentaire sur votre site de streaming favori. Je vous dis à dans deux semaines. Tout.