Faire des affaires en France : Occasions d’exportation
Précisions au sujet de l’auteur
Julie Beun
Rédactrice collaborateur en commerce international
Dans cet article :
- Importance actuelle de la France pour les exportateurs canadiens
- Aperçu de la relation commerciale entre le Canada et la France
- Occasions d’exportation et secteurs clés
- Structure du marché et dynamiques régionales
- Ce que les exportateurs canadiens devraient surveiller
- Conseils pratiques pour réussir en France
- Soutien d’EDC aux exportateurs
Résumé de l’article
La France offre aux exportateurs canadiens un point d’entrée stratégique vers l’Union européenne, et des occasions importantes dans les secteurs suivants : l’intelligence artificielle, les technologies propres et l’énergie, l’agroalimentaire et les technologies agricoles, la défense et la sécurité, l’aéronautique et les sciences de la vie. L’AECG améliore l’accès aux marchés en éliminant les droits de douane sur la plupart des lignes tarifaires et en ouvrant des débouchés liés aux marchés publics et dans les domaines des services et des investissements. Pour réussir, les entreprises canadiennes doivent présenter une proposition de valeur différenciée, disposer d’une bonne connaissance des secteurs et des marchés régionaux, se conformer aux exigences de l’UE et de la France, proposer des prix compétitifs et entretenir des relations de confiance avec leurs partenaires locaux.
Plusieurs siècles après avoir servi de porte d’entrée à la France vers le Nouveau Monde, la France offre aujourd’hui aux entreprises canadiennes un tremplin vers le marché européen.
En tant que deuxième économie de l’Union européenne (UE) et l’un des partenaires commerciaux internationaux les plus proches du Canada, la France présente plusieurs avantages, notamment :
- un grand marché de consommation;
- un fort pouvoir d’achat;
- des secteurs industriels de calibre mondial;
- son appartenance à l’UE, qui donne accès à environ 450 millions de consommateurs.
« Pourquoi la France ? Il s’agit d’un choix très stratégique d’un point de vue géographique, culturel et en matière d’influence au sein de l’UE », explique Anna Kane, représentante d’Exportation et développement Canada (EDC) pour la France, qui s’apprête à ouvrir un nouveau bureau à Paris cet automne. « La France n’est pas seulement un marché de choix pour les exportations canadiennes, elle est aussi une porte d’entrée vers le reste de l’Europe. »
Dans un contexte où le Canada s’emploie à diversifier ses échanges commerciaux au-delà de ses marchés traditionnels, la France se distingue par des stratégies industrielles de grande envergure qui cadrent particulièrement bien avec les atouts du Canada dans les domaines des technologies propres, de la fabrication de pointe, des minéraux critiques et de l’innovation numérique.
En raison des liens bilatéraux solides qu’entretiennent le Canada et la France, de leur engagement commun en faveur de l’innovation et de la durabilité, ainsi que des avantages qu’offre l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG), la France demeure un marché de choix pour les exportateurs.
Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, a souligné l’importance de la France pour les entreprises canadiennes dès le début de son mandat en faisant de ce pays le point central de sa première visite officielle après son entrée en fonction.
Les principales stratégies industrielles de la France, notamment sa loi de programmation militaire, le plan de transformation industrielle France 2030 d’un montant de 79 milliards de dollars et la Stratégie pour l’énergie et le climat génèrent toutes une demande dans des domaines où les entreprises canadiennes ont des atouts avérés, souligne Stuart Bergman, vice-président et économiste en chef d’EDC.
« Sur le plan des échanges, malgré la présence de difficultés commerciales à aplanir, de nouveaux débouchés voient le jour alors que nos deux pays s’emploient à s’adapter à un contexte intérieur et mondial en pleine mutation. Tandis que le Canada cherche à diversifier ses partenaires commerciaux, la France mène de front plusieurs stratégies industrielles qui s’accompagnent de besoins réels en matière d’importation dans des domaines où le Canada est reconnu pour son expertise bien établie », écrit-il dans un article de sa chronique Zone Commerce intitulé, Commerce Canada-France : Un partenariat en évolution.
Comptant un produit intérieur brut (PIB) évalué à 3 400 milliards de dollars américains en 2025, ce qui en fait la 25e économie mondiale selon le PIB par habitant, la France offre aux entreprises canadiennes un solide tremplin vers le marché européen, selon le Groupe de la Banque mondiale. Les possibilités inexploitées offertes par l’AECG renforcent son attractivité.
La France est le troisième marché d’exportation de marchandises du Canada dans l’UE et l’un de ses plus importants partenaires commerciaux en Europe. Ce partenariat commercial a généré 15,2 milliards de dollars en échanges bilatéraux de marchandises en 2025, dont 5 milliards de dollars en exportations canadiennes vers la France.
Les cinq principales catégories de produits échangés entre le Canada et la France sont les suivantes :
1. Matériel de transport
2. Produits de l’industrie extractive et produits énergétiques
3. Métaux et minéraux
4. Équipements mécaniques, électriques et informatiques
5. Produits pharmaceutiques
Plusieurs secteurs ont affiché une forte croissance des exportations canadiennes vers la France entre 2021 et 2025 :
- Produits énergétiques : hausse de 86 %, pour atteindre 555,5 millions de dollars
- Produits en métal et produits minéraux non métalliques : hausse de 153 %, pour atteindre 157,2 millions de dollars
- Machinerie industrielle : hausse de 57 %, pour atteindre 424,4 millions de dollars
- Biens de consommation : hausse de 42 %, pour atteindre 690,7 millions de dollars
Source : Statistique Canada
Accords commerciaux et accès au marché
Profondément enracinés dans l’histoire, les liens entre le Canada et la France constituent un fondement solide pour la coopération commerciale. L’AECG, qui catalyse le commerce depuis son entrée en vigueur en 2017, offre aux exportateurs canadiens un accès préférentiel au marché français.
L’accord entre le Canada et les vingt-sept États membres de l’UE comporte plusieurs avantages clés :
- Suppression des droits de douane sur 99 % des lignes tarifaires;
- Plus grande transparence et stabilité des marchés;
- Meilleur accès aux marchés publics de l’UE;
- Simplification des procédures d’entrée temporaire pour les professionnels;
- Protection renforcée des investissements et mécanismes de règlement des différends;
- Reconnaissance mutuelle des certifications professionnelles afin de favoriser la mobilité de la main-d’œuvre.
L’accord renforce également la coopération en matière de réglementation et appuie le commerce des services et les investissements.
Entre 2017 et 2025, les échanges bilatéraux de biens entre la France et le Canada ont augmenté de plus de 75 % dans le cadre de l’AECG, tandis que les échanges de services ont bondi de 97 %. À l’échelle de l’Union européenne, les échanges de biens et de services avec le Canada ont totalisé plus de 210,7 milliards de dollars en 2025, selon le Conseil de l’Union européenne.
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La France est le chef de file de l’UE dans la transition des énergies fossiles vers les énergies durables et les technologies propres, l’adoption de l’intelligence artificielle (IA), le développement de ses infrastructures et l’augmentation de ses dépenses militaires.
La bonne nouvelle pour les exportateurs canadiens, c’est que la politique économique et commerciale de la France met l’accent sur une croissance durable et inclusive, des chaînes d’approvisionnement résilientes et un système commercial multilatéral transparent et fondé sur des règles, des priorités qui sont toutes étroitement arrimées aux priorités commerciales du Canada.
Cet arrimage est renforcé par la déclaration conjointe Canada-France de 2024, qui met l’accent sur une croissance durable et inclusive, des chaînes d’approvisionnement résilientes et un système commercial multilatéral transparent et fondé sur des règles. Au-delà de la coopération en matière de défense, ces priorités ouvrent la voie à des partenariats dans des secteurs stratégiques, notamment l’agriculture de précision, les technologies vertes, l’énergie renouvelable et l’IA.
Intelligence artificielle et innovation numérique
Selon Sasan Fouladirad, économiste et analyste des risques pays au Centre d’information économique et politique d’EDC, la France a fait de la transformation numérique une priorité nationale, et l’IA occupe une place centrale dans cette démarche.
« Alors que les États-Unis et la Chine dominent le secteur mondial de l’intelligence artificielle, la France tente de s’imposer en tant que pôle européen en la matière, ainsi que de réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des technologies étrangères », explique M. Fouladirad.
« Ce secteur est en pleine croissance, car la France attire des investissements dans les grandes infrastructures informatiques nécessaires au fonctionnement de l’IA, développe la recherche et la formation, soutient les entreprises françaises spécialisées dans l’IA et aide les entreprises déjà établies à adopter cette technologie », ajoute-t-il.
Les nouvelles règles de l’UE régissant l’intelligence artificielle créent également des débouchés pour les entreprises qui peuvent aider les organisations à tester leurs systèmes, protéger leurs renseignements, documenter le fonctionnement de cette technologie et se conformer aux exigences réglementaires.
Les entreprises canadiennes d’IA sont reconnues à l’échelle mondiale pour leurs réseaux de recherche, leur expérience en commercialisation et leur expertise concrète. Les entreprises qui se spécialisent dans l’analytique de pointe, la gestion de l’énergie et les applications pour les utilisateurs finaux (en particulier celles du Québec qui utilisent des modèles en français) peuvent trouver des débouchés très intéressants dans certains créneaux, indique Mme Kane.
« Le Canada possède un écosystème dynamique d’entreprises qui réalisent d’importantes avancées dans le domaine de l’IA et conçoivent des solutions véritablement novatrices. Et ce sont précisément ces innovations qui font la différence au sein d’une chaîne de valeur aussi développée et bien établie que celle de la France », explique-t-elle.
Comme le gouvernement français investit dans sa stratégie d’IA pour l’humanité — qui prévoit notamment un cadre éthique, des mesures en matière d’éducation et de formation, ainsi qu’un soutien aux entreprises en démarrage —, des occasions d’affaires pourraient s’offrir aux entreprises canadiennes dans plusieurs domaines, notamment les suivants :
- logiciels propres à un secteur d’activité;
- services de conformité et de gouvernance en matière d’IA;
- cybersécurité;
- technologie hospitalière;
- solutions pour les domaines du transport de marchandises et de l’aéronautique.
Technologies propres et transition énergétique
La transition énergétique continue d’offrir d’importants débouchés en France, propulsée par le plan France Nation Verte, doté d’une enveloppe de 86,51 milliards de dollars, ainsi que par le financement d’initiatives pour les bâtiments écologiques, les transports propres et l’économie circulaire.
Dans le cadre du plan REPowerEU et du programme plus large de décarbonation de l’UE, l’Europe accélère ses investissements dans les énergies renouvelables, l’électrification, les infrastructures de réseau et les technologies propres afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes et de renforcer sa sécurité énergétique. Le règlement de l’UE pour une industrie « zéro net » vise également à couvrir, d’ici 2030, au moins 40 % des besoins annuels de l’Union en matière de technologies « zéro net » stratégiques grâce à la production nationale. Cet objectif pourrait faire de la région un chef de file en matière de décarbonation.
« Les technologies propres sont en plein essor; les entreprises industrielles françaises essaient de s’adapter aux mesures climatiques, aux coûts du carbone et à la volatilité des prix de l’énergie », explique M. Fouladirad.
À mesure que le pays réorganise son système énergétique en fonction des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire, des possibilités se présentent dans les domaines des énergies propres, de la modernisation du réseau, de l’hydrogène, de la réduction du carbone et de l’innovation nucléaire.
La France continue d’investir massivement dans l’énergie nucléaire et prévoit de construire six nouveaux réacteurs nucléaires dès l’année prochaine. Une telle expansion pourrait créer des débouchés pour les entreprises canadiennes dans la chaîne d’approvisionnement du nucléaire.
« La France est une puissance nucléaire et, bien que la relation ne soit pas conflictuelle, il existe une concurrence commerciale entre la France et le Canada en ce qui concerne les grands réacteurs nucléaires. Les entreprises canadiennes qui ont une proposition de valeur claire et distincte pourront pénétrer le marché français », déclare Shariq Akhlaq, responsable national de l’énergie et la transition énergétique à EDC.
Des débouchés existent pour les entreprises canadiennes qui possèdent une expertise dans plusieurs domaines, notamment les suivants :
- logiciels et équipement de gestion et d’efficacité énergétiques;
- modernisation et numérisation des réseaux intelligents;
- gestion de l’eau et des eaux usées;
- récupération de chaleur;
- techniques de recyclage et liées à l’économie circulaire;
- expertise et composants liés à l’installation de petits réacteurs modulaires;
- technologies de pointe en matière de réacteurs, ingénierie et composants;
- gestion des déchets nucléaires;
- uranium et services liés au cycle du combustible.
Agroalimentaire et technologies agricoles
Le secteur agricole français se modernise rapidement pour faire face aux sécheresses fréquentes, aux vagues de chaleur, aux pénuries de main-d’œuvre et à la pression croissante visant à réduire la consommation d’eau et l’utilisation de produits chimiques conventionnels sans pour autant diminuer le volume de production.
Dans le cadre du plan France 2030, les programmes gouvernementaux soutiennent l’innovation dans l’équipement agricole, les systèmes d’irrigation de précision, les machines automatisées, les capteurs, les drones et les outils numériques de surveillance qui détectent le stress hydrique, les maladies et les mauvaises herbes. Ces investissements créent des débouchés pour les exportateurs canadiens, affirme M. Fouladirad.
« La France investit dans des technologies qui améliorent la résilience aux risques climatiques et sanitaires, ce qui stimule la demande de solutions qui viennent renforcer la gestion de la santé des cultures et du bétail », explique-t-il.
Le marché alimentaire exigeant du pays pourrait également offrir des débouchés aux exportateurs canadiens d’aliments et de boissons, notamment dans les domaines des produits de la mer, des légumineuses, des ingrédients d’origine végétale, des aliments fonctionnels et biologiques, ainsi que des produits à valeur ajoutée ou de marque maison, explique Mélanie Carter, responsable nationale des écosystèmes agroalimentaires à EDC.
« Plutôt que de faire directement concurrence aux industries nationales bien établies de la France, les entreprises canadiennes peuvent se démarquer grâce à la qualité des produits, à la durabilité, à la traçabilité et aux offres spécialisées », ajoute-t-elle. « Pour y réussir, les entreprises devront choisir un créneau commercial clair, offrir des prix concurrentiels, respecter les exigences de l’UE et de la France et entretenir de solides relations avec les importateurs, distributeurs ou détaillants locaux », conclut Mme Carter.
La demande relative à la potasse canadienne augmente en France et dans l’ensemble de l’UE à mesure que le secteur agroalimentaire prend de l’expansion, affirme Ime Ekong, directeur du développement des affaires d’EDC en Europe.
« Les Français prennent évidemment la nourriture très au sérieux. Le Canada est l’un des marchés où les technologies permettent de mieux contrôler les rendements tout en utilisant moins d’eau. C’est essentiel, non seulement pour la France, mais dans le monde entier », explique M. Ekong.
Voici certains des débouchés qui s’offrent aux exportateurs canadiens des secteurs de l’agroalimentaire et des technologies agricoles :
- agriculture de précision et biocapteurs;
- outils propulsés par l’IA pour le rendement, l’irrigation et la gestion de la consommation d’eau;
- technologies automatisées pour la santé du bétail, le désherbage et la récolte;
- produits agricoles biologiques.
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Défense et sécurité, aéronautique et sciences de la vie
La défense et la sécurité sont des priorités urgentes pour l’UE. La France a prévu 413 milliards d’euros (environ 607 milliards de dollars canadiens) pour le renforcement de ses capacités dans le cadre de sa loi de programmation militaire, tandis que l’initiative Agir pour la sécurité en Europe (instrument SAFE) de l’UE soutient des investissements supplémentaires dans le domaine de la défense.
Le Canada participe à cette initiative depuis décembre 2025, permettant ainsi aux entreprises canadiennes d’accéder au marché européen de la défense, notamment à de grands programmes pluriannuels visant à soutenir les capacités de défense de la France.
« L’instrument SAFE est sans doute l’initiative la plus importante de ces dernières décennies en ce qui concerne la collaboration entre le Canada et la France dans le secteur de la défense », déclare Gordon Scharf, responsable de l’écosystème de la défense et de la sécurité à EDC.
« Elle donne aux entreprises canadiennes un accès préférentiel à un mécanisme d’approvisionnement en matière de défense de 150 milliards d’euros et crée un cadre pour l’intégration à long terme dans les chaînes d’approvisionnement de la défense, en France et dans l’ensemble de l’Europe », explique-t-il.
Le secteur militaire français est très développé, ce qui rend l’accès à ce marché difficile. « Le meilleur moyen d’appuyer les PME canadiennes (petites et moyennes entreprises) sera probablement de les aider à trouver des maîtres d’œuvre français et des fournisseurs de niveau 1 qui cherchent des partenaires répondant aux normes de l’OTAN pour les programmes financés par l’instrument SAFE », propose M. Scharf.
Mme Kane estime que les fournisseurs canadiens du secteur aéronautique pourraient contribuer à combler certaines lacunes alors que les constructeurs français s’emploient à honorer leurs importants carnets de commandes d’aéronefs.
« La France dispose d’une chaîne d’approvisionnement complète, de bout en bout, dans le domaine de la défense. Toutefois, le Canada peut tirer son épingle du jeu lorsque des besoins technologiques ou des besoins en matières premières doivent être comblés », explique-t-elle. Ces domaines sont les suivants :
- composantes d’aéronefs, équipement de cabine et produits d’entretien;
- systèmes de simulation et logiciels pour l’aéronautique;
- technologies liées aux carburants d’aviation durables.
Les investissements français dans les médicaments, les dispositifs médicaux et les technologies de santé susceptibles de passer du stade des laboratoires de recherche à celui des essais, de la production et de l’utilisation par les patients ouvrent également des perspectives pour les entreprises canadiennes disposant de technologies spécialisées, de compétences en ingénierie, d’une expertise en recherche ou de ressources industrielles, notamment dans les domaines suivants :
- services de diagnostic médical et de recherche clinique;
- logiciels hospitaliers et suivis à distance des patients.
Alors que Paris reste le centre de la finance, de la technologie et des services, d’autres régions offrent des débouchés sectoriels que les exportateurs ne devraient pas négliger, déclare Mme Kane.
« Si vous voulez faire des affaires en France, ne vous limitez pas à Paris; les autres régions sont très fières de ce qu’elles ont à offrir. Elles ont leurs propres objectifs et de nombreuses décisions sont prises au niveau régional », précise-t-elle.
À l’échelle régionale, les principaux domaines d’activité des industries sectoriels sont les suivants :
- Hauts-de-France : industrie lourde et projets de décarbonation, à l’origine d’une demande concrète en matière de production d’énergies plus propres.
- Paris et Paris-Saclay : hôpitaux, instituts de recherche médicale, entreprises de biotechnologie, investisseurs et sièges sociaux de laboratoires pharmaceutiques.
- Lyon : pôle majeur de la recherche et de la production pharmaceutique et des vaccins, de la biotechnologie, du diagnostic et des activités manufacturières connexes.
- Toulouse : carrefour établi de l’aéronautique commerciale.
- Bordeaux : pôle de l’aéronautique militaire, de l’aviation commerciale, de l’entretien et du secteur spatial.
Si la France offre des débouchés considérables, les exportateurs doivent également se préparer à relever les principaux défis de ce marché :
- Culture des affaires fondée sur les relations : Les relations d’affaires comptent en France. Les présentations personnelles, les recommandations par des personnes de confiance et l’établissement de relations à long terme jouent souvent un rôle important dans la conclusion de nouvelles affaires.
- Exigences réglementaires : Outre les règlements de l’UE, la France dispose de ses propres normes strictes en matière de sécurité des produits, de performance environnementale, d’étiquetage et de confidentialité des données. Faire appel à des experts locaux peut constituer une stratégie efficace pour se familiariser avec ce système. Les exportateurs doivent également connaître les interprétations spécifiques à la France, qui peuvent être plus strictes que dans d’autres pays de l’UE. Les biens de consommation font l’objet de taux de majoration élevés pour la vente au détail.
- Tarification et compétitivité : Les acheteurs français s’attendent généralement à un service solide et de grande qualité, ainsi qu’à des prix concurrentiels. Ainsi, la concurrence peut être rude. Les exportateurs canadiens devront présenter une proposition de valeur claire et disposer d’une solide stratégie d’entrée sur le marché pour se démarquer.
- Réglementations relatives à la confidentialité des données : Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) a une incidence considérable sur les entreprises canadiennes spécialisées dans l’IA qui exportent vers la France, en particulier celles qui traitent des données personnelles. La conformité est requise même pour les entreprises exploitées uniquement au Canada si des données personnelles d’un individu de l’UE sont traitées.
- Choix de la bonne forme juridique : Il existe trois principaux types d’entités commerciales pour les sociétés étrangères en France : les bureaux de liaison, les succursales et les filiales. Il est essentiel de choisir la bonne option si vous créez une entreprise dans ce marché, car cette décision aura des répercussions sur les impôts, les responsabilités, la gouvernance, les obligations comptables et les emplois.
- Conformité fiscale et TVA : Les exportateurs doivent également porter une attention particulière aux obligations d’enregistrement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), même s’ils n’ont pas d’établissement stable en France.
- Droit du travail : La France est réputée pour son environnement de travail très protecteur à l’égard des salariés. Il existe des règles propres à chaque secteur régissant les heures de travail, la classification des emplois, les salaires et les cotisations patronales.
Vous avez des questions sur les exigences réglementaires de l’UE en France ? Consultez le Centre aide-export d’EDC pour en savoir plus sur les réglementations relatives aux produits en vigueur dans l’UE, ainsi que sur les réglementations propres à la France.
En France, la réussite repose sur la préparation, la patience et un bon réseau de relations locales.
- Renseignez-vous bien sur le marché : Investissez dans l’établissement de relations, la compréhension du marché et la façon dont votre produit ou service comble une lacune grâce à une proposition de valeur unique. Utilisez les renseignements sur les marchés d’EDC, du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada et des associations sectorielles pour comprendre la demande, la réglementation, les concurrents, les processus d’approvisionnement et les attentes des acheteurs.
- Adoptez une vision à long terme : « Réussir en France exige une vision à long terme », affirme Mme Kane. « Sachez qu’il faudra du temps. Il est important de montrer un engagement à long terme sur ce marché, car c’est ainsi que l’on instaure la confiance. Viser un succès rapide ne suscite pas la confiance nécessaire pour créer, au fil du temps, un effet de levier permettant de générer de nouvelles possibilités », explique-t-elle.
- Le français est important, mais la culture l’est aussi : La maîtrise du français est un atout, mais les exportateurs canadiens ne doivent pas sous-estimer les différences culturelles susceptibles d’influencer leurs relations commerciales en France. « On part du principe que nous avons des points communs sur le plan linguistique, notamment au Québec, et que cela facilitera donc les choses. Cette hypothèse se révèle être complètement fausse, car si la langue est la même, la culture, elle, ne l’est pas », prévient Mme Kane.
- Investissez dans les relations : Participez à des salons professionnels, nouez des partenariats locaux et prenez le temps de gagner la confiance des clients et des distributeurs. Le SDC est une excellente ressource pour trouver des missions commerciales et des associations industrielles.
Si la France fait partie de votre stratégie de croissance internationale, EDC peut vous aider à évaluer les occasions, à gérer les risques et à vous préparer à accéder à ce marché. EDC offre aux entreprises canadiennes des renseignements sur les marchés ainsi que des solutions de financement et de gestion des risques pour les aider à croître à l’étranger en toute confiance.
EDC peut également vous aider à relever des défis concrets, qu’il s’agisse de gérer vos paiements et vos risques de crédit, ou d’améliorer vos flux de trésorerie et votre fonds de roulement. Lorsque des renseignements locaux ou une présence sur le marché sont nécessaires, le SDC peut fournir des conseils sur le contexte commercial et vous aider à dénicher des partenaires et des contacts potentiels.
Les solutions d’EDC à l’intention des exportateurs canadiens comprennent :
- une gamme complète de produits d’Assurance crédit commercial pour réduire les risques liés à vos activités à l’étranger;
- de l’aide pour augmenter votre fonds de roulement;
- une expertise pour vous permettre d’en apprendre davantage sur les marchés mondiaux;
- l’accès à un réseau international d’entreprises qui ont besoin de vos produits et services.
Êtes-vous prêts à franchir une nouvelle étape dans votre stratégie de diversification des marchés ? Communiquez avec EDC pour discuter de vos projets d’exportation vers la France.
Foire aux questions sur l’exportation vers la France
En quoi l’AECG aide-t-il les exportateurs canadiens qui font des affaires en France ?
L’AECG offre aux exportateurs canadiens un accès préférentiel à la France et à l’UE. Il élimine les droits de douane sur 99 % des lignes tarifaires et améliore l’accès aux marchés publics, aux services et aux possibilités d’investissement. Les marchandises doivent respecter les règles d’origine de l’AECG pour être admissibles.
Quelles sont les meilleures occasions d’exportation en France pour les entreprises canadiennes ?
Les principales occasions comprennent l’IA, les technologies propres, l’agroalimentaire et les technologies agricoles, l’aéronautique, la défense et les sciences de la vie. Les entreprises canadiennes peuvent se démarquer en offrant des solutions spécialisées qui appuient les priorités industrielles, numériques et énergétiques de la France.
Quelle réglementation les entreprises canadiennes doivent-elles respecter lorsqu’elles exportent vers la France ?
Les exportateurs doivent respecter les règles de l’UE et de la France en matière de douanes, de sécurité des produits, d’étiquetage, de normes environnementales, de TVA et de confidentialité des données. Certains produits peuvent également nécessiter un marquage CE, des évaluations de la conformité ou de l’information en français.
Les entreprises canadiennes ont-elles besoin d’un partenaire local pour faire des affaires en France ?
Pas toujours, mais un agent, un distributeur ou un représentant local peut faciliter les choses grâce à sa connaissance du marché, son réseau de clients et son service après-vente. La meilleure approche dépend du secteur d’activité de l’entreprise, de son modèle commercial et de ses projets à long terme.
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