Quelles économies sont les plus à risque?
Les Services économiques d’EDC ont classé les pays en développement les plus vulnérables en fonction de leur dépendance aux importations alimentaires et de carburants. La région de l’Afrique subsaharienne occupe la tête de ce classement. Parmi les pays les plus vulnérables, on compte le Bénin, São Tomé et Príncipe, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Zimbabwe et le Mozambique.
La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord importe plus de 50 % de son blé, de ses céréales et de son orge de l’Ukraine et de la Russie. Les principaux importateurs du blé russe et ukrainien sont l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Le Yémen et le Liban font aussi partie de la liste des pays exposés à l’onde de choc actuelle. De fait, ces pays doivent gérer des ratios déjà élevés de la dette publique au produit intérieur brut (PIB) et leur gouvernement respectif dispose de moyens limités pour atténuer le choc.
D’autres pays sont vulnérables : notamment le Sri Lanka et le Pakistan – en raison de leur dépendance aux importations de carburants – ainsi que l’Indonésie et la Turquie – qui sont parmi les premiers importateurs de blé de la planète. Du côté des marchés de la région des Antilles, les petites économies des îles de la Barbade et de la Jamaïque sont d’importants importateurs de carburants et ressentent déjà l’impact négatif de la pandémie sur les revenus essentiels tirés de l’activité touristique.
Conclusion?
Les préoccupations relatives à la sécurité alimentaire et énergétique, soulevées par la guerre en Ukraine, risquent de pousser encore plus dans la pauvreté des millions de personnes et de plonger des douzaines de pays dans une crise de la dette. C’est un fait indéniable : les cours actuels profitent à plusieurs marchés exportant des matières premières; toutefois, le maintien de prix élevés pour les aliments et les carburants fera plus de perdants que de gagnants dans les pays en développement et pourrait générer de nouvelles sources d’instabilité dans les sphères économique et politique. C’est dans ce contexte que la Banque mondiale a annoncé la création d’un fonds d’urgence de 170 milliards de dollars à l’intention des marchés touchés, un soutien plus important que celui accordé durant la pandémie. Souhaitons que la situation de ces victimes moins apparentes retienne davantage l’attention avant qu’il ne soit trop tard.
Cette semaine, nous exprimons des remerciements tout particuliers à Susanna Campagna, conseillère principale au sein des Services économiques, ainsi qu’à Daniel Benatuil, économiste principal.
Les Services économiques d’EDC vous invitent à leur faire part de vos commentaires. Si vous avez des idées de sujets à nous proposer, n’hésitez pas à nous les communiquer (Economics@edc.ca) et nous ferons de notre mieux pour les traiter dans une édition future du Propos.