Les exportations de marchandises soutenant la production industrielle sont aussi en nette progression. Les exportations minières se situent à plus de 40 % au-dessus de leur niveau d’avant la pandémie, et celles du secteur des produits chimiques et des plastiques suivent de près. Pour leur part, les exportations de produits forestiers ont le vent dans les voiles, portées par l’effervescence du secteur américain de la construction résidentielle et la vivacité de la demande mondiale de papier d’emballage (notamment alimentée par les livraisons à domicile et les emballages durables). Les exportations de biens de consommation et agroalimentaires sont aussi les bénéficiaires de cette croissance.
Les progrès sont cependant inégaux, dictés pour ainsi dire par une reprise en forme de K. Des secteurs habituels, comme l’aéronautique et le matériel de transport, se retrouvent au bas du classement. Les activités liées au tourisme et au voyage recèlent un fort potentiel, mais elles restent en berne, ce qui mine la performance des exportations de services. Les perspectives sont grandement tributaires de la gestion du variant Omicron et de la réponse de chaque pays à de nouvelles éclosions.
Le secteur automobile est une autre industrie dominante qui se trouve au bas du classement. À la différence du secteur du voyage, la filière automobile et des pièces automobiles n’est pas pénalisée par une demande léthargique, mais plutôt par une pénurie persistante de l’offre, et plus précisément des semi-conducteurs, même si les constructeurs ont promis ces dernières semaines que l’approvisionnement augmenterait en début d’année, et ce, plus tôt que prévu. La demande de véhicules est très robuste; ce faisant, dès que de nouveaux véhicules seront disponibles, la demande comprimée devrait contribuer à une augmentation immédiate des ventes aux États-Unis. De tous les secteurs, c’est celui qui se voit accoler les perspectives à court terme les plus éclatantes : il pourrait donc se hisser à nouveau au sommet en un temps record.
La croissance effrénée actuelle devrait profiter de l’ascension constante des secteurs déjà dynamiques et du redémarrage prochain des secteurs à la traîne. Le resserrement des capacités a été un trait marquant de 2021. En 2022, le trait marquant ce sera sans doute la hausse très attendue de l’investissement, à mesure que les exportations canadiennes intensifient leurs activités pour répondre aux véritables demandes du marché.
Conclusion?
La nouvelle année est déjà marquée par l’impulsion surprenante de la croissance de l’économie mondiale observée l’an dernier. Ce dynamisme est évident dans les dernières données publiées sur les fronts de la main-d’œuvre, des prix et de la capacité; il est aussi visible dans l’activité commerciale récente et à venir du Canada. À vrai dire, ce n’est pas une surprise à la lumière des fondamentaux, qui ont constamment signalé un fort regain de l’activité. Hélas, les fondamentaux de l’économie ont été éclipsés – temporairement – par le pessimisme qui accompagne la pandémie. Il est réconfortant de savoir que lorsque la situation sanitaire s’améliorera, le moteur économique tourne déjà.