1. Risque de récession au Canada
Après avoir vu son élan économique s’essouffler au deuxième trimestre de 2025, le Canada a évité de justesse la récession technique, à la faveur d’une chute marquée des importations et d’un bond des dépenses publiques. Chose certaine, toute nouvelle hausse des droits de douane éprouverait encore plus le secteur canadien des exportations. Parallèlement, l’ampleur de la dette des ménages pourrait ralentir la cadence des dépenses de consommation. Voilà le risque trônant à notre palmarès selon notre scénario de référence pour 2026.
2. Guerre commerciale mondiale
Malgré la signature de plusieurs accords commerciaux à la fin de 2025, il subsiste le risque d'un regain des tensions commerciales. L’escalade tarifaire et l’aggravation de l'instabilité engendreraient des tensions sur l'inflation, réprimeraient l'impulsion économique et mettraient à mal les chaînes d'approvisionnement alors même que les importateurs s'empressent de se constituer des stocks.
3. Négociations difficiles de l’ACEUM
Le renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) sera essentiel pour assurer le maintien de l’activité. Les modifications touchant la règle d'origine, les taux tarifaires et les secteurs sensibles posent en soi un risque à la conduite des affaires en Amérique du Nord. Une version édulcorée de l'accord menacerait la stabilité commerciale et aurait assurément des retombées négatives pour les exportateurs canadiens.
4. Risque de récession mondiale
Le protectionnisme et l’érosion des normes internationales constituent une menace à la coopération et, de ce fait, ils amplifient le risque d'une détente mondiale de l'activité. Or, tout recul synchronisé aurait pour effet de malmener le marché de l’emploi, resserrer le crédit et accroître le nombre de défauts sur les prêts, autant de conditions générant un stress systémique sur les entreprises.
5. Escalade des tensions entre la Chine et Taïwan
L’activité dans la mer de Chine méridionale est d’une importance vitale pour le commerce mondial, le transport des ressources énergiques et la logistique. La raison en est toute simple : des milliers de milliards de dollars de marchandises et une grande partie du fret maritime mondiale y transitent chaque année. Compte tenu du rôle prépondérant de Taïwan en tant que plaque tournante des semi-conducteurs, toute nouvelle dégradation de la situation sécuritaire poserait un risque grave pour les exportateurs canadiens tributaires des intrants de pointe et des corridors de transport maritime dans cette région du globe.
6. Repli mondialisé de l’activité
Les tensions commerciales et géopolitiques refaçonnent les mécanismes de la mondialisation. La fragmentation et la régionalisation croissantes incitent les acteurs commerciaux à donner la préséance à la résilience plutôt que l’efficience. Résultat : l’activité commerciale serait pénalisée par un niveau sous-optimal, des décisions d’investissement moins avantageuses et l’effritement de la prospérité dans un horizon à long terme.
7. Risque de récession aux États-Unis
Malgré sa résilience, l'économie américaine pourrait être exposée à des tensions inflationnistes et à une détérioration de son marché de l'emploi, une contraction de l'investissement commercial et des épisodes de volatilité sur le marché des capitaux. Advenant le glissement de l’économie étatsunienne en territoire récessionniste, l’économie canadienne en ressentirait sûrement les contrecoups.
8. Érosion des institutions mondiales
Des tensions s’exercent sur des institutions comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Banque mondiale. Pour les exportateurs canadiens, l’affaiblissement des instances de gouvernance internationales se traduirait par une augmentation de l’incertitude et des risques systémiques, ce qui au bout du compte ferait grimper le coût de la conduite des affaires.
9. Risque géopolitique
Comme l’attestent les récents événements au Venezuela, en Iran et au Groenland, le risque géopolitique est élevé à l’échelle de la planète. Ce risque ne se limite pas à un pays ou une région. Sa présence est révélatrice d’une tendance plus générale de la survenance d’un conflit ou d’épisodes d’instabilité. Les tensions de ce genre pourraient contraindre les entreprises à réorienter leurs voies d’approvisionnement et leurs marchés cibles. Ces décisions feraient bondir le coût de la logistique et seraient génératrices d’incertitude pour les exportateurs.
10. Révision des priorités liées à l’action climatique
Les changements dans la sphère des politiques et le risque d’une diminution des capitaux disponibles réduiraient considérablement l’investissement à destination des technologies propres. La baisse des financements affectés à l’atténuation des risques climatiques – et à l’adaptation à de tels risques – aurait des répercussions pérennes sur l’économie mondiale.