Par exemple, à l’heure actuelle, les projets financés par le secteur privé ne sont pas soumis à ces mesures fédérales; les sources de financement pourraient donc être de bons indicateurs de ce qui est touché ou pas.
« Les entreprises doivent vérifier qui achète leur produit et pourquoi. Si c’est pour certains projets d’infrastructures financés par le gouvernement fédéral, alors elles doivent se renseigner sur les critères d’évaluation de la teneur en éléments d’origine nationale. Il faut aussi s’informer sur d’éventuelles clauses de dérogation ou d’exemption en vertu des clauses Buy American; habituellement, il y en a. » Elle précise : « Un seul dollar de financement provenant d’un organisme fédéral pourrait entraîner une exigence quant à la teneur en éléments d’origine nationale. La plupart des règles concernent l’utilisation de fer ou d’acier américain, mais d’autres prévoient aussi des exigences pour les biens fabriqués avec du fer ou de l’acier. Et pour compliquer les choses, chaque organisme fédéral responsable de l’application de ces règles a ses propres critères concernant les biens “fabriqués” ou “finaux” ou la “teneur en éléments d’origine nationale”. Il faut avoir l’estomac solide pour digérer toutes ces règles provenant d’une multitude d’organismes. »
Mme Matthiesen indique aussi qu’il sera possible d’anticiper les nouvelles exigences relatives à la politique d’achat aux États-Unis au cours des prochains mois, autant à l’échelon fédéral qu’à celui des États.
Ainsi, une profonde compréhension de cette politique aidera les entreprises à adopter une approche proactive, un plan de marketing élaboré et une stratégie de conformité juridique.
« Une stratégie de conformité bien conçue permettra à votre entreprise d’avoir confiance que ses produits respectent les exigences d’un projet, souligne Mme Matthiesen. Les entreprises d’ailleurs font face aux mêmes obstacles et devront faire ce même type d’analyse interne et de démarches de représentation auprès de leur clientèle. Cet effort supplémentaire en vaut la peine; les entreprises doivent simplement mettre la main à la pâte et plonger. Et c’est à ce moment que nous pouvons les aider. »
Cependant, jusqu’à ce qu’on ait un meilleur portrait général des conséquences de la politique d’achat aux États-Unis, Jayson Myers recommande aux entreprises canadiennes d’envisager une stratégie de diversification.
« C’est possiblement un signal pour que les entreprises canadiennes explorent d’autres marchés afin d’accroître leurs ventes aux États-Unis. À mon avis, une stratégie de diversification n’est plus facultative, mais bien essentielle », ajoute-t-il.
Selon M. Myers, les entreprises ont trois options :
- Garder le cap et maintenir le statu quo.
- Envisager de s’installer sur un autre marché en ouvrant un bureau ou une usine, en s’associant avec une entreprise locale, ou même en faisant une acquisition.
- Créer une stratégie de diversification; par exemple, profiter des débouchés en Europe dans la foulée de la ratification de l’AECG.