Faire des affaires en Chine en 2026 : débouchés pour les exportateurs
Précisions au sujet de l’auteur
Danny Xu
Partenaire d’affaires en marketing pour l’Indo-Pacifique
- La Chine, marché dynamique pour les exportateurs canadiens en 2026
- Secteurs à la plus forte croissance en Chine pour les entreprises canadiennes (agroalimentaire, technologies propres et fabrication de pointe)
- Percer les marchés régionaux de la Chine : par où commencer?
- Les principaux défis du marché chinois en 2026 : miser sur la préparation
- La Chine et les principes ESG
- Réussir en Chine : stratégies pratiques
- La prochaine étape : communiquer avec EDC
- FAQ : faire des affaires en Chine en 2026
Après plus de 60 ans d’activités commerciales, d’investissements et d’échanges culturels soutenus en Chine, le Canada s’apprête à élargir ses débouchés sur ce marché.
Sous l’effet de l’expansion rapide de divers secteurs, du potentiel de croissance attendu de la consommation intérieure ainsi que de l’engagement renouvelé du Canada et de la Chine à renforcer leur coopération économique, ce marché colossal est en pleine redéfinition. En effet, en raison des récentes ententes commerciales, les exportateurs canadiens auront un meilleur accès à notre deuxième marché d’exportation.
Le premier ministre Mark Carney a effectué une visite officielle en Chine du 14 au 16 janvier 2026, la première par un premier ministre canadien depuis 2017. À l’issue de cette visite, Mark Carney et le président chinois, Xi Jinping, ont annoncé un nouveau partenariat stratégique entre le Canada et la République populaire de Chine axé sur l’énergie, l’agroalimentaire et le commerce.
Cette visite, qui s’inscrit dans la continuité des engagements fructueux de l’an dernier visant à faire progresser la coopération et à revitaliser le partenariat commercial, marque un tournant pour les relations sino-canadiennes. Les deux pays ont convenu d’approfondir leur collaboration relativement aux technologies liées au climat, d’abaisser les tarifs imposés sur d’importants produits d’exportations agricoles canadiens et d’encourager les investissements bilatéraux dans divers secteurs, dont la fabrication de véhicules électriques, les matières en bois et l’agroalimentaire.
« En tant que deuxième économie de la planète, la Chine regorge d’occasions en 2026 pour les entreprises canadiennes », affirme Peter Xu, gestionnaire régional principal d’Exportation et développement Canada (EDC) pour la Chine élargie.
« Cet essor est attribuable à plusieurs facteurs, notamment la montée continue de la classe moyenne chinoise et la croissance de secteurs importants comme l’agroalimentaire, les biens de consommation, les technologies propres et la fabrication de pointe, pour lesquels les entreprises canadiennes, réputées, ont démontré un avantage concurrentiel considérable. »
Il ajoute qu’en concluant de nouveaux accords mis en place pour répondre aux préoccupations économiques et commerciales, le Canada s’est fixé l’objectif ambitieux d’augmenter de 50 % ses exportations vers la Chine d’ici 2030. En revanche, les exportateurs canadiens doivent prévoir certaines difficultés à surmonter dans leur stratégie d’exportation. De fait, les contrôles préalables, la planification stratégique et des visites périodiques sont indispensables pour ce marché.
Le marché d’exportation chinois est vaste. Forte de plus de 1,4 milliard d’habitants et d’un produit intérieur brut (PIB) de 18 700 milliards de dollars américains en 2024, la Chine est la deuxième économie mondiale après les États-Unis.
Susanna Campagna du Centre d’information économique et politique d’EDC affirme qu’il est probable que, comme l’an dernier, la Chine maintienne sa cible d’environ 5 % de croissance du PIB en 2026, et ce, malgré la diminution des exportations vers les États-Unis.
« À la lumière de ce qui s’est passé en 2025 et de certains facteurs qui pourraient se répercuter en 2026, je pense que la Chine maintiendra la forte résilience de son secteur des exportations en misant sur les produits à forte valeur ajoutée, notamment dans le secteur de la fabrication de pointe, mais aussi en diversifiant ses marchés d’exportation; par exemple, l’Asie du Sud-Est, l’Union européenne, l’Afrique et l’Amérique latine », prévoit Mme Campagna. « Malgré l’incertitude au sujet des tarifs douaniers, la Chine affiche un excédent commercial record de 1 200 milliards de dollars américains en 2025. »
La croissance de la classe moyenne chinoise – estimée à 700 millions de personnes, soit le double de la population des États-Unis – est l’une des plus rapides au monde. Selon un rapport publié en 2024 de S&P Dow Jones Indices, ce chiffre devrait augmenter de 80 millions d’ici 2030.
Pour les exportateurs canadiens, le vaste marché de consommation, la croissance économique soutenue et la classe moyenne en plein essor de la Chine se traduisent en occasions d’accroître leur rayonnement international dans des secteurs en forte demande.
« Ces tendances indiquent que les consommateurs de la Chine sont à la recherche de produits canadiens, qui sont reconnus pour leur qualité et leur sûreté supérieures », affirme M. Xu. « De plus en plus de consommateurs de ce pays sont disposés à payer plus cher pour des produits de haute qualité, et le Canada peut répondre à cette demande. »
Depuis plusieurs décennies, les entreprises canadiennes démontrent cette capacité en fournissant des produits prisés par les entreprises et les consommateurs chinois comme le blé (qui représentait environ 60 % des exportations vers la Chine dans les années 1990), les produits agroalimentaires, les métaux, les produits énergétiques, les produits forestiers et les biens de consommation (qui étaient les exportations principales vers la Chine en 2024). Selon Affaires mondiales Canada, les exportations canadiennes de marchandises vers la Chine totalisaient 30,4 milliards de dollars en 2024, alors que le commerce bilatéral entre les deux pays avait atteint 118,7 milliards de dollars.
Qu’est-ce que le Canada exporte vers la Chine?
En 2024, le Canada a exporté 30,4 milliards de dollars de marchandises vers la Chine, ce qui représente 4 % de ses exportations de biens. Il y a aussi exporté 7,7 milliards de dollars de services, dont 75 % consistent en dépenses de voyage d’étudiants et de touristes chinois au Canada.
| Principaux produits exportés vers la Chine en 2024 | Valeur totale | |
| Produits agricoles et de la pêche et produits intermédiaires des aliments | 8,8 milliards de dollars | |
| Minerais métalliques et minéraux non métalliques | 5,5 milliards de dollars | |
| Produits énergétiques | 5,3 milliards de dollars | |
| Produits forestiers et matériaux de construction et d’emballage | 3,7 milliards de dollars | |
| Biens de consommation | 1,8 milliard de dollars |
| Principaux services exportés vers la Chine en 2024 | Valeur totale | |
| Dépenses de voyage | 5,8 milliards de dollars | |
| Services commerciaux | 1,08 milliard de dollars | |
| Transport et services gouvernementaux | 819 millions de dollars |
Source : Feuillet d’information par pays sur le commerce et les investissements internationaux du Canada de Statistique Canada (mis à jour le 11 décembre 2025)
Secteurs à la plus forte croissance en Chine pour les entreprises canadiennes (agroalimentaire, technologies propres et fabrication de pointe)
Selon Mme Campagna, les exportateurs canadiens devraient trouver d’immenses débouchés en 2026 dans les secteurs de l’agroalimentaire, des technologies propres et de la fabrication de pointe, que la Chine compte développer dans son plan quinquennal.
« Le gouvernement chinois poursuit ses démarches de transition vers les secteurs de la fabrication de pointe et de la haute technologie », observe Mme Campagna. « En parallèle, il cherche aussi à stimuler la consommation intérieure de sorte que les dépenses des ménages participent davantage à la croissance économique. »
« Pour y parvenir, Beijing prend des mesures ciblées pour mettre plus d’argent dans les poches des consommateurs, dont des subventions à l’échelle nationale pour les garderies. De plus, le gouvernement renouvelle et élargit son programme de reprise des biens de consommation pour stimuler l’achat de certains produits, par exemple les appareils électroménagers, les véhicules automobiles et les appareils électroniques », ajoute-t-elle.
Les tendances de consommation du marché chinois créent des débouchés pour le secteur agroalimentaire canadien
Florissant, le marché chinois des aliments et des boissons est l’un des marchés les plus vastes et les plus dynamiques du monde grâce à la croissance de la classe moyenne, des dépenses de consommation et de l’urbanisation. Ces tendances créent des débouchés encore plus importants pour les entreprises agroalimentaires canadiennes, alors que les produits de la mer, la viande, les produits laitiers, le canola et les aliments transformés représentent déjà environ le tiers des exportations canadiennes vers la Chine.
Le récent accord conclu entre le Canada et la Chine prévoit des mesures pour éliminer les obstacles au commerce et réduire les tarifs douaniers sur des produits agricoles essentiels :
- D’ici le 1er mars 2026, la Chine est censée réduire les tarifs sur les graines de canola du Canada à un taux combiné d’environ 15 %. Dans ce secteur, elle représente un marché de 4 milliards de dollars pour les producteurs canadiens, et donc ce changement représente une nette baisse par rapport aux niveaux tarifaires combinés actuels d’environ 85 %.
- Le Canada s’attend aussi à ce que la Chine exempte le tourteau de canola canadien, les homards, les pois et les crabes des droits anti-discrimination applicables à compter du 1er mars 2026 jusqu’à la fin de l’année.
Ensemble, ces mesures ouvriront encore plus les portes de l’énorme marché chinois pour le secteur agroalimentaire innovateur du Canada.
M. Xu précise que les principaux moteurs de la demande pour les produits agroalimentaires canadiens sont la classe moyenne chinoise, qui est en pleine ascension, et les consommateurs soucieux de leur santé qui sont disposés à payer plus cher pour acquérir des produits de meilleure qualité et plus salubre, comme des aliments naturels, à faible teneur en sucre ou fonctionnels dont les bienfaits dépassent la nutrition. Selon un sondage de Euromonitor International réalisé en 2025, pas moins de 40 % des consommateurs chinois souhaitent voir des ingrédients entièrement naturels sur les étiquettes des produits alimentaires et des boissons, alors que près de 50 % d’entre eux déclarent qu’ils veulent réduire leur consommation de sucre.
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Les plateformes de commerce électronique créent de nouveaux circuits de ventes pour les exportateurs canadiens de l’agroalimentaire
Le commerce électronique chinois connaît une croissance rapide, qui est favorisée par un taux d’accès à Internet de presque 80 % (en décembre 2024). Grâce à l’adoption généralisée de ce type de commerce, les producteurs agroalimentaires canadiens ont une nouvelle option pour atteindre les consommateurs chinois.
Les principales plateformes de commerce électronique pour les produits agroalimentaires sont, par exemple, les plateformes Tmall Global (détenue par Alibaba Group Holding Ltd.) et JD Worldwide (de JD.com, Inc.). Les deux accordent la priorité au commerce électronique transfrontalier, et les producteurs et commerçants étrangers peuvent y vendre leurs produits aux consommateurs chinois sans établir de présence concrète en Chine.
Le Canada peut-il satisfaire l’appétit grandissant de la Chine?
Oui. Le Canada est le cinquième exportateur d’aliments au monde. En 2024, les producteurs agroalimentaires canadiens ont exporté environ 100 milliards de dollars en biens, ce qui atteste de la capacité du Canada à répondre à la demande.
Les entreprises canadiennes ont un rôle à jouer dans le secteur chinois de la fabrication de pointe
La Chine accélère sa transition vers la fabrication de pointe – particulièrement dans l’industrie automobile et le secteur de la mobilité de nouvelle génération – et M. Xu voit un rôle clair pour les entreprises canadiennes qui participent à la filière automobile, surtout celles qui misent non pas sur le prix, mais sur la qualité, la technologie, et la recherche et le développement.
« La Chine est le premier marché automobile au monde en ce qui a trait à la fabrication, aux ventes et à l’exportation », rappelle-t-il. « Le Canada n’a pas ses propres marques d’automobiles, mais sa capacité d’approvisionnement est excellente dans ce secteur. À titre d’exemple, Magna International Inc. exploite 67 usines dans 25 villes chinoises, et sa stratégie consiste à se démarquer sur le plan de la qualité et de l’innovation. »
M. Xu conseille aux entreprises canadiennes qui souhaitent percer sur les marchés chinois de l’automobile et de la fabrication de pointe de concentrer leurs ressources sur la fabrication de produits de haute qualité en misant sur l’innovation, les matériaux de pointe et les connaissances spécialisées.
Ce conseil coïncide avec la nouvelle politique économique dite « anti-involution » de la Chine, qui vise à mettre fin à ce que les Chinois appellent le nei juan, une sorte de panier de crabes qui mène à une baisse des prix au détriment de la qualité. Alors que la Chine cherche à stabiliser les secteurs touchés par le nei juan, y compris les secteurs de l’automobile et des poids lourds, qui pâtissent d’une capacité excédentaire et de marges bénéficiaires en diminution, les entreprises canadiennes qui offrent des solutions novatrices et évolutives liées aux technologies des véhicules, au transport propre et à l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement sont à même de contribuer à l’amélioration de ces secteurs.
La Chine a besoin des technologies propres canadiennes commercialisées, modulables et éprouvées
En septembre 2025, le président Xi Jinping a annoncé que son pays s’engageait à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de l’économie de 7 à 10 % d’ici 2035. Il s’est aussi engagé à faire passer à plus de 30 % la part de la consommation d’énergie totale de la Chine liée aux combustibles non fossiles, à multiplier les capacités éoliennes et solaires par plus de six fois (comparativement aux niveaux de 2020) et à placer les véhicules électriques à l’avant-plan des nouvelles ventes automobiles.
Ces engagements constituent une avancée majeure pour la Chine et la communauté soucieuse des changements climatiques. Ils présagent aussi de nombreux débouchés pour les entreprises canadiennes qui ont une expertise en technologies propres, ce qui comprend les spécialisations en traitement des eaux, en amélioration de la qualité de l’air et en technologies d’énergie renouvelable.
De plus, selon Shariq Akhlaq d’EDC, qui est responsable national de l’écosystème, Énergie et transition énergétique, « la hausse de la demande d’énergie issue du secteur chinois de l’intelligence artificielle (IA) crée des débouchés pour les entreprises canadiennes appartenant aux secteurs des technologies de réseaux, des nouvelles solutions de stockage de l’énergie à long terme, de l’électronique de puissance, de la numérisation du réseau et de la cybersécurité ».
En vertu du nouveau partenariat stratégique, le Canada et la Chine ont accepté de collaborer au chapitre de l’énergie, des technologies propres et de la compétitivité climatique. En tant que « superpuissances énergétiques », le Canada et la Chine se concentreront sur l’expansion de la coopération énergétique bilatérale, le tout en réduisant les émissions et en augmentant les investissements liés aux batteries, au solaire, à l’éolien et au stockage d’énergie.
« La Chine a annoncé d’énormes investissements dans les technologies propres, et est disposée à collaborer avec des multinationales, dont des entreprises canadiennes », mentionne M. Xu. « Ainsi, les entreprises canadiennes qui ont déjà des solutions commercialisées et une importante capacité de production ont tout ce qu’il faut pour répondre à la demande découlant des projets chinois et croître sur le marché. »
La capacité à se développer est un facteur déterminant pour la plupart des acheteurs chinois de technologies propres, ce qui met sur la touche bon nombre d’entreprises canadiennes. M. Xu donne l’exemple d’un fabricant chinois qui envisageait la technologie de réduction des émissions d’une entreprise canadienne.
« La technologie était excellente en soi. Le problème, c’était que le client chinois voulait capter 2 000 tonnes d’émissions par jour, alors que l’entreprise canadienne était limitée à 200 tonnes », relate-t-il.
Il ajoute qu’en plus de produits commercialisés et modulables, les entreprises canadiennes doivent montrer que leurs technologies propres ont fait leurs preuves dans des projets en Chine. Il est donc plus facile d’y décrocher des contrats après la tenue d’un projet pilote concluant.
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Rapport 2025 d’EDC : explorez les atouts du Canada dans l’exportation des technologies propres.
La Chine, ce n’est pas un seul marché. Il s’agit plutôt d’un ensemble d’économies régionales importantes avec des grappes industrielles, des coûts et des écosystèmes de clientèle distincts. M. Xu recommande aux entreprises canadiennes de tenir compte des priorités industrielles de la Chine, qui sont illustrées dans son 15e plan quinquennal, ainsi que de la répartition sectorielle des différentes régions.
La meilleure région pour établir sa présence dépend en effet du secteur et du canal de distribution de l’exportateur. Une marque grand public se développant par l’intermédiaire du commerce électronique transfrontalier n’aura généralement pas le même point de départ qu’un fournisseur de niveau 2 du secteur de l’automobile ou qu’une entreprise offrant une technologie de traitement de l’eau.
| Région ou plaque tournante | Caractéristiques | Atouts sectoriels communs | |
| Nord de la Chine (ex. : région de Beijing) | Fabrication industrielle plus traditionnelle et zones à haut coefficient de main-d’œuvre | Fabrication industrielle, industrie lourde, pôle politique et réglementaire | |
| Est de la Chine (ex. : région de Shanghaï) | Écosystème technologique robuste | Fabrication de pointe, technologie, finances et services | |
| Sud de la Chine (ex. : corridor Guangzhou-Shenzhen) | Mélange des secteurs de la fabrication et des technologies | Électronique, chaînes d’approvisionnement des biens de consommation, technologie et grappes axées sur l’exportation | |
| Ouest de la Chine (ex. : région de Chongqing) | Présence de services et émergence de zones de croissance industrielle | Services, corridors logistiques, centres d’appels, et bases manufacturières régionales |
La Chine est un marché d’exportation fort complexe. Malgré des excédents commerciaux sans précédent en 2025, la chute du prix des biens immobiliers, la consommation intérieure modeste et la dette publique demeurent d’importants obstacles à l’affermissement de la croissance.
« La Chine espère pouvoir miser sur la consommation intérieure comme un important vecteur de croissance de son économie », mentionne Mme Campagna. « Nous observons quelques réussites dans les démarches du gouvernement visant à stimuler les dépenses de consommation intérieures, mais je pense que les résultats viendront lentement. Pour plusieurs consommateurs chinois, une grande partie de leurs avoirs consistaient en leurs biens immobiliers, et, puisqu’une crise frappe toujours ce secteur, ils sont des épargnants très prolifiques. »
Les tensions géopolitiques, dont les différends tarifaires entre le Canada et la Chine, témoignent de la complexité de la relation entre ces deux pays. Toutefois, le commerce sino-canadien demeure solide, et les rencontres récentes entre les deux gouvernements sont le signe d’un renouvellement de la relation.
Mme Campagna souligne également que, vu l’incertitude géopolitique qui plane en ce qui concerne le commerce et les tarifs, surtout pour la Chine, il est important pour votre entreprise d’avoir accès à une chaîne d’approvisionnement flexible pour pouvoir réagir rapidement en cas de changement conséquent.
« L’inclusion d’autres marchés de l’Indo-Pacifique dans sa stratégie de diversification des sources d’approvisionnement renforce la résilience à cet égard. De cette façon, on ne concentre pas toutes les ressources – et les risques – sur un seul marché », recommande-t-elle.
En Chine, les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) évoluent : les contrôles préalables demeurent incontournables, surtout lorsque l’intervention de l’État, les marchés publics et les risques liés à la conformité douanière entrent en jeu. Voyez ci-dessous les faits saillants sur les progrès ESG de la Chine et les domaines où les exportateurs canadiens doivent prendre garde aux risques.
- Enjeux environnementaux et risques climatiques : La Chine adopte des mesures de réduction des émissions de carbone et fait progresser les technologies vertes. En 2025, elle s’est engagée pour la première fois auprès des Nations Unies à respecter des cibles liées aux émissions.
- Crime financier : La Chine a renforcé ses cadres de lutte contre le crime financier et actualisé son régime de lutte contre le blanchiment d’argent en élargissant sa surveillance aux secteurs non financiers.
- Enjeux de gouvernance et risque de corruption : Selon l’Indice de perception de la corruption 2024 de Transparency International, la Chine figure juste en deçà de la moyenne régionale, ce qui témoigne de l’importance du contrôle préalable des risques, notamment dans les secteurs où l’État prend beaucoup de place.
- Enjeux géopolitiques et risques de sanction : En raison du rôle de la Chine sur la scène mondiale, il peut y avoir des restrictions réglementaires internationales qui influent sur les opérations transfrontalières dans certains secteurs.
- Enjeux sociaux : Le Canada continue de collaborer avec la Chine en ce qui a trait à certaines questions, par exemple le soutien des travailleurs, des femmes et des enfants, le respect de la diversité et la santé mondiale.
La Chine récompense la préparation et la persévérance. En général, les entreprises qui réussissent misent en amont sur leur capacité locale, se bâtissent des réseaux de confiance et s’adaptent sans cesse aux nouvelles stratégies et conditions de la concurrence.
M. Xu et Mme Campagna offrent des conseils supplémentaires pour aider les exportateurs canadiens à réussir en Chine :
- Traitez les changements réglementaires dans le cadre de vos activités courantes. M. Xu remarque que la Chine est un marché hautement réglementé.
- Bâtissez votre réseau. Pour suivre et comprendre les fréquents changements, les exportateurs canadiens doivent se bâtir un réseau sur le terrain qui est fiable et composé de ressources juridiques, de conseillers, de ressources sectorielles et de ressources de l’Équipe Canada pour le commerce.
- Effectuez vos contrôles préalables sur le terrain. Les entreprises canadiennes qui veulent faire des affaires en Chine doivent visiter leur marché cible, rencontrer leurs partenaires en personne et vérifier leurs hypothèses sur place.
- Protégez votre propriété intellectuelle d’avance. Les risques de propriété intellectuelle demeurent l’une des principales préoccupations des entreprises étrangères qui exercent des activités en Chine. M. Xu recommande vivement aux entreprises canadiennes d’enregistrer leurs brevets en Chine et d’être prêtes à réagir en cas de violation. La Chine a progressé sur ce point, par exemple par la mise en place de tribunaux spécialisés en propriété intellectuelle, mais certaines lacunes demeurent.
- Mettez au point la bonne stratégie de distribution et soyez patient. La sélection de distributeurs et de partenaires peut être chronophage et les délais peuvent varier en fonction du secteur et de l’objectif. Les exportateurs canadiens doivent être patients et s’attendre à consacrer de réels efforts pour trouver la bonne solution.
- Démarquez-vous par la qualité et non le prix. La concurrence peut être vive sur le marché chinois, surtout dans les secteurs en surcapacité et dans lesquels des tensions sont exercées sur les prix. Les entreprises canadiennes doivent être prêtes à composer avec les tensions sur les marges et à assurer leur viabilité à long terme en misant sur la qualité et l’innovation.
- Utilisez les bons outils de communication. Selon M. Xu, WeChat est la plateforme de communication la plus utilisée sur le marché chinois. Une invitation à communiquer par l’intermédiaire de WeChat est, dans la plupart des cas, le signe d’une relation d’affaires qui passera à la vitesse supérieure après une première rencontre.
- Apprenez l’étiquette des affaires en Chine. Pour réussir en Chine, il faut bien comprendre la culture, respecter de la hiérarchie, être ponctuel, ne pas être trop insistant ou trop direct, éviter de parler de politique… voilà quelques-unes des règles culturelles et de l’étiquette des affaires chinoise à respecter.
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Lisez ce guide d’EDC sur l’essentiel de l’étiquette des affaires dans ce marché clé.
EDC aide les entreprises canadiennes à s’orienter sur les marchés complexes, dont la Chine élargie. Elle y accompagne les exportateurs et les investisseurs canadiens depuis 1979. Entre autres, la Société aide les entreprises canadiennes à percer sur le marché chinois, à prendre de l’expansion et à accroître leurs activités.
Grâce à nos représentations à Shanghaï et Beijing, nos équipes sur le terrain peuvent vous fournir des renseignements sur les régions, les secteurs et les marchés, mais aussi des services de mises en relation pour vous aider à trouver votre place en toute confiance dans le paysage commercial en évolution de la Chine.
Si vous souhaitez explorer les débouchés en Chine ou si vous avez besoin d’aide en lien avec votre stratégie d’exportation, communiquez avec EDC.
1. La Chine est-elle un bon marché pour les exportateurs canadiens en 2026?
Oui. Son grand bassin de consommateurs, la grande résilience de son secteur des exportations et la hausse de la demande pour des produits canadiens de qualité supérieure continuent d’en faire un marché attrayant. De plus, de nouveaux accords entre le Canada et la Chine devraient améliorer l’accès dans certains secteurs.
2. Quels sont les débouchés les plus porteurs pour les entreprises canadiennes en Chine?
Parmi les principaux secteurs en croissance, notons les exportations agroalimentaires, les solutions de technologies propres et les partenariats en fabrication de pointe, ce qui cadre avec les priorités de la Chine.
3. À quels risques s’exposent les exportateurs canadiens qui exercent leurs activités en Chine en 2026?
Les entreprises doivent être prêtes à composer avec les changements réglementaires, les tensions géopolitiques, l’incertitude concernant les tarifs et les enjeux de protection de la propriété intellectuelle.
4. Quelle est la meilleure stratégie d’accès aux marchés chinois pour les entreprises canadiennes?
Parmi les stratégies répandues, il y a le recours à des partenaires ou distributeurs locaux, la formation d’une coentreprise ou la vente sur les plateformes de commerce électronique transfrontalier chinoises.
5. Comment les exportateurs canadiens peuvent-ils protéger leurs droits de propriété intellectuelle en Chine?
Enregistrez vos marques de commerce et brevets directement en Chine, surveillez les cas de violation et collaborez avec des conseillers juridiques locaux pour faire valoir vos droits de propriété intellectuelle.
6. Quelles régions de la Chine offrent les meilleurs débouchés aux exportateurs canadiens?
- Nord (Beijing) : fabrication industrielle, politique et industrie lourde
- Est (Shanghaï) : technologie, finances et fabrication de pointe
- Sud (Shenzhen, Guangzhou) : électronique et chaînes d’approvisionnement des biens de consommation
- Ouest (Chongqing) : logistique et bases manufacturières émergentes
7. Comment EDC peut-elle aider les entreprises canadiennes à se lancer sur le marché chinois en 2026?
EDC a des représentations à Shanghaï et Beijing qui peuvent renseigner les entreprises sur les marchés et les secteurs d’intérêt, et les aider à tisser des relations de confiance sur place pour favoriser leur expansion et leur croissance en Chine.